αντον (1 S V) et non om. (H
qui parle est un disciple; il devait donc partir avec les autres, il demande un délai (πρῶτον). Dans Lc. c’est Jésus qui invite et l’autre demande un délai (πρῶτον). Or, si le premier cas paraît beaucoup mieux à sa place dans Le, tirant de cette place même toute sa physionomie, le second cas est plus naturel tel que Mt. le rapporte : le voyage est fixé, un empêchement se présente; tandis qu'il parait étrange que Jésus sur le chemin appelle précisément quelqu'un dont le père vient de mourir. D'ailleurs ces petites modalités ne changent rien à La substance du fait. Peut-être dans Le. le premier cas a-t-il attiré un cas semblable, et dans Mi. au coritraire le premier cas a-t-il été déplacé pour rejoindre le second. :
Ciément d'Alex. (Sfrom. ur, 4) nomme tout uniment cet homme Philippe, comme 511 en était certain. Et en effet il pouvait le savoir par une tradition. Sans doute pensait-il au diacre Puilippe. L'appel du Seigneur est bref et formel, ce qui est d'autant plus remarquable qu'il passe dans un pays inconnu; c’est qu'il connaît la volonté de son Père et qu'il lit dans les cœurs.
L'homme consent, mais il demande un délai. Il n'était pas chez lui, sans qu’on sache pourquoi (ce qu'explique dans Mt. sa situation de disciple), et demande à y retourner. — ἀπελθόντι attraction, pour ἀπελθόντα. Le. emploie selon son habitude le partic. coordonné au lieu de l'infinitif (ἀπελθεῖν ML.).
Le motif parait si légitime que plusieurs (encore Hahn) jugeant que le refus serait trop dur, l’entendent de demeurer auprès de son père jusqu’à sa mort. Dans ce sens ἀπελθόντι serait superflu. Le fils demande à s'éloigner ou à retourner chez lui, précisément pour ensevelir son père, donc pour un délai très court. . ‘
60) On comprend mieux dans Mt. que ce délai soit refusé, puisqu'on va s’embarquer, tandis que dans Le. le disciple doit aller annoncer le règne de Dieu. Il n’a donc pas tant mis l'accent sur la nécessité de suivre Jésus immédiatement que sur la nécessité, pour un disciple, d’être dégagé de ses liens de famille. Sinon, il y en aura d’autres pour remplir le devoir qui s'impose. La réponse suppose un passage du sens spirituel au sens littéral. Ceux qui sont morts, c'est-à-dire qui n’ont aucune préoccupation de l’ordre divin (cf. xv, 32), auront à ensevelir ceux qui leur appartenaient et qui leur sont enlevés. Sur ce changement du figuré au littéral, cf. Jo. v, 21-29; χι, 25 s. (PL). Dans la ZnTW 1920, p. 96, M. Perles a cru reconnaitre dans Le. (et dans Mt.) une faute
permets-moi d'aller d'abord ensevelir mon père. » II lui dit : « Laisse les morts ensevelir leurs morts. Mais pour toi va annoncer le règne de Dieu. » 6! Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur, mais d’abord permets-moi de prendre congé de ceux qui sont dans ma maison. » % Jésus lui dit : « Quiconque a mis sa main à la charrue et regarde en arrière n’est pas propre au royaume de Dieu.
de traduction d'après un texte non ponctué. Le grec représente en araméen pbs κόπο vapab Nino paw. θάψαι suppose la lecture 309. (pe‘at), tandis qu'il fall lire 12pn° par el} : « laisse les morts 6 signe de l'accusatif)
. à l'ensevelisseur de ceux-ci ». Tout devient clair, mais trop clair, et banal. — σὺ δέ, vocation spéciale; ἀπελθών répondant du tac au tac à ἀπελθόντι, mais dans une autre direction; διάγγελλε, répandre partout, plutôt que publier à haute voix. Il semble que le Sauveur pense déjà à la mission des disciples. Cette circons-.. tance explique que l'élu devait tout sacrifier à cette vocation d'honneur. Et c'est peut-être aussi pourquoi cet épisode est ici placé dans Le., car on ne saurait douter que le futur apôtre ait obéi.
61) Le troisième cas, propre à Luc, est plus vulgaire. Ce troisième semble avoir aussi été invité. Luc l'indique, mais en variant la formule; c’est lui qui accepte de suivre, du ton de quelqu'un qui garde tout son sang-froid, et qui croit faire une demande toute naturelle. Il y a, semble-t-il, une nuance entre ἐπίτρεψόν µοι πρῶτον (v. 59) et πρῶτον δὲ ἐπίτρεφον. Le δέ marque une réserve. — ἀποτάσσειν est toujours au moyen dans le Ν. Τ. Il a le sens de prendre congé des personnes (Mec. νι, 46; Act. Σνπι, 48. 21; If Cor. 1, 43), comme en grec classique ἀσπάζεσθαί τινα, où encore de renoncer aux choses (Vg.-Clém. renuntiare his quae). Mais pour renoncer à ses biens, l’homme n'avait qu'à ne plus y penser, et ἀποτάσσομαι ne signifie pas : « mettre en ordre ». Donc il pense à ceux qui sont chez lui (Tert.; Irén.); cf. BGU ur, 884 (1) 12 (πι ap. J.-C) πρὶν οὖν ἀπέλθῃς πρὸς Χαειρήμονα, ἀνά(δαινε) προς µε, ἵνα σοι ἀποτάξομαι et Ρ. Oxyrh. var, 1010 (x ap. J.-C. (MM.); l’accus. avec εἰς est simplement pour le datif comme 1v, 23; xt, 7. Ce devoir, s’il y avait devoir, est beaucoup moins impérieux que dans le cas précédent, et sans doute la résolution de l’homme
n’était pas de celles que rien ne peut ébranler.
62) Jésus répond par une phrase qui à le caractère d’un proverbe. Le laboureur qui veut tracer un sillon droit ne doit pas regarder autour de lui ni causer : ὃς ἔργου μελετῶν ἰθείαν αὔλακ) ἐλαύνοι µηκέτι παπταίνων μεθ᾽ ὁμήλικας, ἀλλ᾽ ἐπὶ ἔργῳ θυμὸν ἔχων (Πες. Opp. 443 ss.) : nisi incurvus praevaricatur (Ῥμνε, H. Ν. xvil, 49, 49). Delirare, c’est sortir du sillon (lira). A plus forte raison ne faut-il pas regarder en arrière. De même pour le règne de Dieu. C’est regarder en arrière que de s’exposer aux séductions des anciens attachements ou mème des souvenirs. — Βλέπων εἰς τὰ ὀπίσω, cf. xvir, 34; Jo. vi, 66; xvin, 6; Phil. πι, 143; cf. Gen. x1x, 17. 26. — εὔθετος cf. Le. χιν, 35; Hab. vi, 7. Pluminer | ÉVANGILE SELON SAINT LUC. 19
290 ες ÉVANGILE SELON SAINT LUC, 1x, 62.
cite un principe des Pythagoriciens : εἰς τὸ ἱερὸν ἐπερχόμενος μὴ ἐπιστρέφου, cité par Simplicius dans son commentaire d'Épictète.
Jésus ne dit pas à ce dernier : viens ou va prècher, et il ne lui dit pas non plus : va-t-en. Ii n'approuve pas qu’on se donne à lui de cette manière. Le premier n'avait sans doute qu'un élan passager qui n'aurait pas tenu ; le dernier à des soucis qui ne font pas augurer une âme entiérement adonnée à l'œuvre
“de Dieu : Jésus n'insiste pas, et rien n'indique que leurs dispositions étant changées Îls alent élé admis. Le second avaît un scrupule très légitime, mais qui devait céder à un devoir plus urgent, auquel il s'engage sans plus hésiter.