‹ Evangile selon saint LucChapitre 175 sur 300 · BéeLzéeouz vaincu (cf. ME. χι, 25-30; Μο. πι · texte numérisé non relu

BéeLzéeouz vaincu (cf. ME. χι, 25-30; Μο. πι

Lc. est beaucoup plus rapproché de Mt. que de Μο. Dans Μο, l'épisode est surtout une réponse topique à la. calomnie des scribes. Dans Mt. et encore plus dans Le., la victoire du Christ est mise en pleine lumière. Il faut prendre parti pour ou contre lui.

119) Après la demande publique d'un signe, Luce semble dire que Jésus a pénétré une pensée secrète, ce qui étonne. On ne saurait dire que διανοήµατα (+ Ν. T.) signifie « machinations », car Le sens est « pensées » (Xénoph. Plat.), ni que ce mot s'applique à l’arrière-pensée contenue dans πειράζων, car Jésus va répondre aux pensées du premier groupe. C’est done que Le, ne tient pas compte du v. 16 qu'il a ajouté ici comme un second titre, anticipé, et s’en tient à sa source, et en effet Mt. xx, 25 a ἐνθυμήσεις (Β. Weiss). Dans la source de Luc, les premiers adversaires tenaient sans doute en a parte des propos si désobligeants. D'ailleurs nous avons déjà rencontré un cas semblable 1x, 46 s. Luc veut nous enseigner que, quoi qu'on dise, Jésus se règle pour répondre sur la pénétration qu'il a des cœurs.

17 et 18) Au lieu du ton animé de Μο. qui débute en relevant laccusation, Le. (avec Mt.) pose d’abord la petite parabole et en fait Fapplication; puis (seul) il revient sur l'accusation; donc 185 est plutôt d’après Me. v. 24 que d'après Μο. v. 30 (Holtz. Loisy). L'essentiel de la comparaison de Μο., c’est qu'une chose dont les éléments sont en désaccord (un royaume), ou sont désagrégés (une maison), ne peut se maintenir. Mt. à ajouté une ville. Luc a réduit à un seul exemple, car dans son texte οἴχος ἐπὶ οἶκον πίπτει ne dépend pas de διαμερισθεῖσα, puisqu'il s'agit de deux maisons, non d'une maison désagrégée. C'est un exemple de la désolation du royaume. — πίπτειν ἐπί τι xur, 4: xx, 48; χχιπ, 90; les maisons (ou les familles symbolisées par les maisons) ‘tombent l’une sur l’autre, et non pas « maison sur maison tombent l'une après l'autre »

17 Mais lui, connaissant leurs pensées, leur dit : « Tout royaume divisé contre lui-même est dévasté, et les maisons tombent l’une sur l'autre. 8 Si donc Satan aussi est divisé contre lui-même, comment son empire tiendra-t-il? Puisque vous dites que c'est par Béelzéboul que je chasse les démons. 19 Maïs si je chasse 165 démons par Béelzéboul, par qui vos fils les chassent-ils? Aussi eux-mêmes

seront-ils vos juges. 20 Mais si je chasse les démons par le doigt de Dieu, c'est donc

(Hahn). Α la rigueur un démon pourrait céder par ruse pour dissimuler l'entente de l’exorciste avec le chef des démons. Mais l'argument de Jésus vient après que de nombreux démons ont confessé leur impuissance. Ce serait une ruse dangereuse pour celui qui l’emploierait, de se faire battre toujours. Loin d'attaquer par ce procédé bizarre, Satan se confesserait vaincu. C'est la conclusion qui résultera d’une seconde comparaison dans les trois synoptiques, mais déjà Le. la tire avec Mt. du fait des exorcismes victorieux de Jésus.

49) Auparavant cependant il prend l'offensive, εἰ δέ, et fait remarquer à ses adversaires comment leur imputation pourrait les convaincre d’injustice et de parti pris. Π y avait alors parmi 165 Juifs des exorcistes; οἱ υἱοὶ ὑμῶν, locution sémitique, s'entend mieux des disciples des Pharisiens comme dans Μί., que des Juifs en général; le mot vient donc de source. Mais les Pharisiens n'avaient pas 16 privilège des exorcismes, alors fréquents : Act. xix, 13, Jos. Ant. VII, v, 2. Les exorcistes avaient la réputation de combattre les maléfices de Satan. Personne ne les accusait de pactiser avec lui. Pourquoi donc cette accusation . contre Jésus seul? Les autres témoignent en sa faveur, puisqu'ils font le même office, ce qui juge la calomnie el les calomniateurs. Le futur ἔσονται ne vise pas spécialement le jugement dernier, mais le moment où la question sera sérieusement posée et impartialement résolue.

20) Conclusion : si l'expulsion des démons — où il faut voir la déconfiture du règne de Satan — vient de Dieu, c’est donc que le règne de Dieu est arrivé par l’action de Jésus. Ici encore il faut sous-entendre les nombreuses victoires ct la manière souveraine du grand exorciste. Que l’on compare les recettes juives, par exemple celle d'Éléazar qui essayait d’allécher le démon (Jos. Ant. VID, τα, 5) et l’imperium du Maître! C'est probablement cette manière forte que Le. veut dire par ἓν δακτύλῳ θεοῦ (Mt. ἐν πνεύµατι Θ.); cf. Ex. ντι, 197 xxxI, 185 Ῥί. τε, 10; Ps. vx, 4. Les exorcistes juifs ont été appelés en témoignage pour leur bonne intention; il n’a rien été dit de leur succès, qui ne pouvait être que sporadique. S'il signifiait la victoire du Dieu d'Israël, cette victoire ne s'était pas manifestée avec ampleur, tandis que dans le cas de Jésus elle apparaissait décisive : son nom était : le règne de Dieu arrive! — φθάνω chez les classiques a toujours le sens d'arriver le premier ou de devancer; mais dans la koîné c’est simplement être arrivé; cf. IF Esdr. nr, 1 ἔφθασεν ὁ μὴν ὁ ἕδδομος. Ceux qui ont décidé que Jésus n'a pu envisager le règne que dans l'avenir sont contraints de nier l'authenticité de cette parole. Nous apprenons de Loisy (1, 706) que :

995 ᾿ ÉVANGILE SELON SAINT LUC, xl, 21-23,

4 ms Pémav δὲ ἰσχυρότερος αὐτοῦ ἐπελθων νικήσῃ αὐτόν, τὴν πανοπλίαν αὐτοῦ

µ 3 VE) 9 >» ο

αἴρει ἐφ᾽ ᾗ sers, καὶ τὰ σχῦλα αὐτοῦ διαδίδωσιν. 276 ph ὢν μετ ἐμοῦ

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