‹ Evangile selon saint LucChapitre 176 sur 300 · om. µε p. σκορπιξει (T Ἡ V) αἱ non add · texte numérisé non relu

om. µε p. σκορπιξει (T Ἡ V) αἱ non add

« cette déclaration est coordonnée logiquement à une argumentation qui la détruit », et le tout réflète plutôt « les préoccupations de la controverse judéochrétienne que la pensée du Sauveur » (1, 707)! Serait-ce que Luc qui s’est raillé des exorcistes juifs (Act. xix, 13) a voulu ici leur faire réparation?

21-22) Parabole dont l'application n'aurait pas eu besoin d’être faite expressément à la situation actuelle et qui tourne aïnsi à l’allégorie, mais seulement quant aux deux acteurs (cf. Comm. Mc.). Au lieu que dans Μο. et Mt. elle conserve l'allure de la conversation, Le. la pose d’une façon plus didactique. Lorsqu'un homme s'empare des armes d’un autre dans sa maison, cela suppose qu'il a remporté sur lui une victoire décisive. Les Juifs voient le Sauveur pénétrer jusque dans le domaine de Satan et lui arracher ses armes en expulsant les démons. Ce n’est pas seulement la victoire, c’est plutôt une suite de la victoire remportée sur Satan. Celle-là échappe à leur constatation, mais ils doivent la déduire de ses conséquences. Quand la victoire a-t-elle été remportée? Dans la tentation au désert, le démon ne paraît pas bien redoutable, et d'autre part il ne se regarde pas comme vaincu complètement (1v, 13). C’est probablement dans le ciel que s’était livrée cette bataille, décidée par le décret divin de la venue du Fils, comme Le. semble avoir voulu l'insinuer. Le drame se compose de deux tableaux : le fort, retranché dans sa maison, sûr de sa paix arméc. Puis un plus fort qui survient, ἐπελθών. — αὐλή n’est pas ici une cour, mais un palais princier (Por. v, 26). — τὰ ὑπάρχοντα, style de Le. Les σχεύη de Mc. et de Mt. sont remplacés par πανοπλία, l’'armure complète, qui était en effet la force du guerrier antique. Il y a en plus les dépouilles distribuées par le vainqueur, trait qui complète bien le tableau, mais dans un ensemble qui devance un peu la situation; cf. Eph. 1v, 8.

On prétend encore énerver cette comparaison, du droit du système eschatologique. D’après la première comparaison, Satan ne se chassait pas lui-même; d’après la seconde, il était chassé par un plus fort que lui (Loisy, 1, 107). Le sens primitif ne comportait rien de plus que la force supérieure de Jésus. — Mais avec quelle sûreté peut-on trouver dans Le. un prétendu sens primitif que lui-même aurait déjà transformé? Le sens primitif ne peut être que le sens évident des trois synoptiques : on ne dépouille quelqu'un qu'après l'avoir vaincu; cf. Ps.-Sal. v, 4 où γὰρ λήψεται σχῦλα ἄνθρωπος παρὰ ἀγδρὸς δυνατοῦ.

23) Ce verset n'est pas une mise en demeure aux neutres de se prononcer, mais un sévère avis aux adversaires. Dans cette bataille décisive, il ne saurait y avoir de neutres. Les adversaires ne pouvaient demeurer indifférents aux expulsions du démon; ils en ont pris occasion de se déclarer contre Jésus.

ÉVANGILE SELON SAINT LUC, XI, 24. ος 398,

que le règne de Dieu sur vous est arrivé. ? Lorsque le fort armé garde son palais, ce qu’il possède est en sûreté. ? Mais qu’un plus fort que lui survienne et le vainque, il lui enlève tout l'arsenal où il mettait sa confiance, et il distribue ses dépouilles. # Qui n’est pas avec moi, est contre moi; et qui n’amasse pas avec moi, dissipe.

Devant Dieu les deux attitudes ne sont point équivalentes : lui rassemble, eux dispersent. — συνάγω s'emploie souvent des grains et des fruits, τη, 47; χι, 47. 18. C'est peut-être une allusion au moissonneur; cf. Jo. 1v, 36 ὁ θερίζων... συνάγει . καρπὸν εἷς ζωὴν αἰώνιον, ou, dans un’sens plus large, une allusion à l’homme qui amasse, tandis que d’autres dissipent. En fait d’ailleurs l'œuvre de Jésus conduit à l’unité, le mal fait naître la division et la discorde. Le texte de Le. est exactement celui de Mt. — Μο. a seulement ailleurs une proposition d'apparence contraire (1x, 40), que nous avons rencontrée dans Le. 1x, 50. Ici la situation est bien différente. Si ceux qui chicanent ne se sont pas déclarés ouvertement, ils répandent le bruit le plus injurieux. Jésus les dénonce ouvertement et les prévient du danger qu'ils encourent.

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