‹ Evangile selon saint LucChapitre 187 sur 300 · ομολογήσει (H) plutôt que οµολογηση (TS V · texte numérisé non relu

ομολογήσει (H) plutôt que οµολογηση (TS V

les évangélistes se sont amusés à faire ces petits changements à dessein? et il en tire une conséquence contre l'usage de sources écrites. Non, peut-être, si c’est pour aboutir à une précision compliquée, comme « cinq pour deux as », mais le texte de Mt. est plus coulant, et plus grec (πωλεῖται au sing.). Le traducteur serait-il intervenu? Au contraire la suite est plus pittoresque dans Mt. avec πεσεῖται (Cf. Am. nr, 5), tandis que la pensée de Le. est presque philosophique, avec ἐνώπιον τοῦ θεοῦ, qui οδί, il est vrai, une tournure sémitique, maïs propre à Lc. parmi les synoptiques, et très fréquente chez lui. Des deux facons la Providence de Dieu est fortement affirmée, jusque sur des êtres de peu de valeur, d'une facon plus déférente dans Le., mais plus en situation dans Mt. où il s'agit de la mort des passereaux. Je ne sais si on donnerait encore un sou pour deux moineaux à Jérusalem, tant ils sont nombreux. On les prend par milliers pour les cmpêcher de dévorer jusqu'à la dernière grappe de raisin.

7} Cf. Mt. x, 80. 31, plus expressif en mettant ὑμῶν οέ en tête. Quand il s’agit de vous, même les cheveux sont comptés. — Avec ἀλλὰ καὶ Le. semble dire : il y a plus, même 165 cheveux de votre tête! qui n’ont aucune valeur (du moins älors chez les paysans de Palestine). La conclusion est donc absolue, μὴ φοθεῖσθε, substitué élégamment à un φοδηθῆτε (v. 4). Sur la pensée, cf. Le. xxr, 48. Quoi que fassent les hommes — et il est entendu qu'ils peuvent enlever la vie du corps — ils ne feront rien sans le bon vouloir de Dieu qui veille sur ses amis. — διαφέρω signifie « l'emporter sur »; il n'y a donc pas à recourir pour πολλῶν à une erreur de traduction dans la source de Le. et de Mt. pour πολλῷ (Wellh. sur 1 ns ; Harx. Sprüche.).

9) Cf. Mt. x, 32. 33. La pensée du jugement de Dieu est assurément une raison de ne pas craindre les hommes, mais ce n’est pas simplement à ce titre que viennent ces deux versets. Ils révèlent le sens de tout ce qui précède, et pourquoi les disciples auront à envisager la mort. C'est qu'ils auront à porter témoignage pour Jésus, qui, à son tour, les avouera pour les siens; s’ils le renient, ils seront reniés à leur tour. C’est bien la perspective du Jugement, mais après une confession qui aura pu amener la mort, Jésus étant déjà auprès des anges. Cette vue complète celle de 1x, 26 (d’après Μο. νπι, 38) dont il ne faut done pas abuser dans le sens d’une eschatologie absolue et prochaine. Jésus envisage les persécutions qui atteindront ses disciples lorsqu'il

pour deux as? Et aucun d’entre eux n’est en oubli devant Dieu. TMaiïs les cheveux mêmes de votre tête sont tous comptés. Ne craignez point; vous valez plus que beaucoup de passereaux. ὃ Je vous le dis : Quiconque m'aura confessé devant les hommes, le Fils de l'homme le confessera aussi devant les anges de Dieu. ὃ Et quiconque me reniera devant les hommes sera renié devant les anges de Dieu. 10 Et quiconque parlera mal du Fils de l’homme, il lui sera pardonné ; mais à qui aura blasphémé contre l’Esprit-Saint, il ne sera pas

ne sera plus là et que tout Ie poids de la prédication et de la confession leur sera imposé. |

— ὁμολογεῖν ἐν est un cas Lypique. Le verbe répond soit en hébreu, soit en araméen, à la forme causative de τὴ, mais dans Ia Bible grecque le nom de la personne est au datif, sans ἐν. Cependant le syr. a traduit avec 3, et cette tournure rentre bien dans le génie de l’araméen. Or Le. l'a en commun avec Mt. x, 32. C’est donc, selon toute apparence, la preuve d’une dépendance: littéraire en grec, car si Le. avait eu sous 165 yeux un texte araméen, il aurait plutôt mis simplement l'accusatif.

Dans le N.T. on ne retrouve le sens de confesser quelqu'un que dans saint Jean; Jo. 1x, 22; 1 Jo. nr, 23; 1v, ὃς Ἡ Jo. 7, avec l'accusatif. — Luc commence par écrire ἔμπροσθεν (bis, v. 8), puis vient à son ἐνώπιον (bis, v. 9), tandis que Mt. a toujours ἔμπροσθεν, Au lieu de κἀἐγώ il met le Fils de l’homme, qui ne doit être ici que synonyme de « moi », qu'on trouve au v. 9. Ce terme n'est donc pas primitif ici, mais a peut-être été choisi par Le. pour préparer le v. 10. «-Les anges », au lieu de « mon père qui est dans les cieux » paraît primitif à Harnack, à tort, car le Christ semble avoir ici les anges pour assesseurs ; il serait donc le juge tandis que la situation suggère plutôt qu'il fait office de témoin pour rendre à ses fidèles le service qu’ils lui ont rendu (Loisy}. — Au v. 9 Το. emploie encore (cf. v. 3) le passif impersonnel.

40) Comme dans Mt. τη, 32, en donnant à la parole contre l'Esprit-Saint le nom de blasphème; cf. Mc. ut, 29, où il n’est pas question du Fils de l’homme. Tous les critiques, même Schanz, jugent ce passage mieux placé dans le contexte de Me. et de Mt. où les Pharisiens accusaient. Jésus de chasser les démons par Béelzéboul. Quel est le sens dans Le? D’après les uns (Schanz, Kn., B. Weiss, God., Holtz., Kloster.), il ne s’agit plus des disciples, mais de deux catégories de personnes, les uns qui refusent le Christ sous sa forme d'humilité, peutêtre sans mauvaise foi; les autres qui blasphèment la bonté de Dieu manifestée par l’action de l'Esprit-Saint dans les disciples. On revient ainsi à peu près au sens de Mt., mis au point par Le. d’après les premières années de l’Église. Mais dans ce cas le blasphème contre l'Esprit devrait être placé après les versets 41 et 12; encore le contexte ne serait-il pas meilleur avec ce qui précède. Il faut donc dire (Hahn, Well.) que Jésus parle encore de ses disciples. S'il a prévu qu’ils pourraient le renier, il peut leur adresser ces sévères paroles. Il semble donc distinguer entre ceux du dehors qui parlent mal du Ghrist, peut-être parce

© .. 73 : 3 ἰς τὸ ἅγιον πυεῦμα βλασφημήσαντι οὐκ ἀφεθήσεται. Ὅταν δὲ εἰσφέρωσιν EC] 1 3 A] Al … μᾶς ἐπὶ τὰς συναγωχὰς γαὶ τὰς ἀρχὰς Ha τὰς ἐξουσίας, μὴ μεριμνήσητε πῶς ᾿ \ 4 κο ο τί ἀπολογήσησθε à τί εἴπητε 15 τὸ γὰρ ἅγιον πνεῦμα διδάξει ὑμᾶς ἐν net 13 Eirey δέ εἰπεῖν. ἴπεν δέ τις ἐκ τοῦ ὄγχλου αὐτῷ

LA

qu'ils ne le connaissent pas, et qu'ils n’ont pas éprouvé la grâce de l'Esprit-Saint mais les chrétiens qui renieraient le Christ contre le mouvement de l’Esprit-Saint, blasphèment l'Esprit-Saint. Ce péché ne leur sera pas remis. Pourtant Le. .s'abstient de dire : ni dans ce monde, ni dans le monde futur. Peut-être veut-il seulement mettre en relief son extrême gravité. Si le contexte parait historiquement moins bon que celui de Μί., il ne laisse pas d'être plausible, car entendu de cette façon le verset se soude très bien avec ce qui précède, où l'on suppose. le reniement du Fils de l’homme, et il a pour contrepoids la promesse de l'Esprit-Saint (tandis que, dans le premier système, on ne justifie ce verset que comme un motif de consolation pour les disciples puisque le péché de leurs adversaires ne sera pas remis!). On peut d’ailleurs δα Jésus a Γα1ἱ ἀοιιχ applications différentes de cette parole; d'autant que dans Mt. x, 25 l'injure qui qualifie le Maître de Béelzéboul se trouve’ dans un contexte où il est question des persécutions \ (cf. Zahn). — καὶ πᾶς style de Le; τῷ δέ style périodique.

44-12) cf. Mt. x, 19 s. et Μο. xur, 44, même Le. xx1, 14 8. ᾿

Il y a plus de ressemblance entre Le. et Mi. ou Μο., qu'avec l’autre passage de Le., et dans ces trois derniers endroits le contexte est plus satisfaisant : après avoir annoncé les persécutions, le Seigneur promet aussitôt l'assistance du Saint- Esprit dans les comparutions. Il est difficile d'admettre que Le. ayant trouvé ce passage beaucoup plus loin dans Μο. l'ait transporté jci arbitrairement, le remplaçant dans le discours eschatologique par des termes plus éloignés de ceux de Mc. et de Mt. Il pensait donc que ces mêmes paroles avaient déjà été dites plus tôt, et en οΏ οί Mt. les place dès 19 ch. x. Dans son contexte, Luc parait revenir sur un point important, non pour fournir une réponse au blasphème des persécuteurs (Schanz), ni simplement parce qu'il vient de parler de l'Esprit-Saint (Holtz.), mais pour donner un dernier encouragement aux disciples, gens simples, bien décidés à ne pas renier leur Maître, mais qui pouvaient être intimidés d'avance et embarrassés, à la pensée de défendre leurs convictions devant des puissances.

41) Schanz note à tort que l’omission des συνέδρια « indique des circonstances plus tardives : les persécutions de la part des autorités païennes viennent se joindre à celles des Juifs »; car c'était déjà le cas dans Mt. x, 18 et Με. χπι, 9. Ce qui est plus récent, c’est la langue; les chefs et les τοῖς sont remplacés par les ἀρχαί οἱ les ἐξουσίαι, (cf. Le. xx, 20), deux mots que Paul joint volontiers : Eph. πι, 40; Col. 1, 16; Tit. τα, 1; cf. Col. n, 40. 15, et qui ne 5ο distinguent guère : αἱ ἀρχαί (Thuc. v, 47) les magistrats; Ἡ ἐξουσία (Den. Hal. χι, 32) l'autorité (des décemvirs). Le nom ne parait pas avoir été employé au pluriel en dehors du

Ν. Τ. (cf. Rom. x, 4); nous disons tout à fait de même : les autorités. — rû

ra

pardonné. !'Et lorsqu'on vous amènera aux synagogues ou devant les magistrats et les autorités, ne cherchez pas avec ‘inquiétude comment vous défendre, ni ce qu’il faudra dire. 15 Car le μμ... vous enseignera au moment même ce qu’il faut dire. »

1805 quelqu'un parmi la foule lui dit : « Maïtre, dis à mon frère de partager l'héritage avec moi. » 14 Mais 1] lui dit : : « Homme, qui

«la manière » importe surtout dans une défense raisonnée, comme l'indique ἀπολογοῦμαι, “cf. Rom. ut, 15; Π Cor. x, 19 dans un sens général, et précisément dans le sens spécial de défendre sa foi ou sa conduite xxr, {45 Act. xx, 33; XxIv, 10; xxv, 8; xxVI, 1. 3. 94 + Ν. T. A cette expression choisie, au lieu du vague λαλήσητε (ME. Me.), τς ajoute, ἢ τί εἴπητε, qui prépare à δεῖ εἶπεῖν (v. 12). On pourrait supprimer À τί 19 avec D 157 af it syrcur et pes sah Clém. Or. il est Cyr (Jér.); vraisemblable que ces mots ont été écrits d’après Mt. ou comme une locution courante, mais non que Luc ait répété deux fois τί.

12) On reconnait ici aussi le goût de Le. pour la précision des formules, fût-ce . au prix d’une atténuation. Au lieu de parler lui-même, l'Esprit-Saint enseigne à parler (cf. Jo. χιν, 26; I Cor. 1. 19).

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