III. LA MANIFESTATION DU SAUVEUR EN GALILÉE, IV, 14-1x
Les lieux étaient indiqués par la tradition. Luc a plutôt estompé le croquis du paysage de Marc, comme nous le verrons en les comparant sur ce point. Mais il semble avoir eu une intention chronologique très marquée, non point par des indications précises de temps, mais en ‘signalant un développement qui lui a sans doute paru plus vraisemblable. C’est ainsi qu'il distingue plusieurs périodes : Jésus seul; Jésus appelle des disciples; Choïx des apôtres; Mission des apôtres.
On conviendra que c’est là une histoire parfaitement ordonnée. Mais la réalité ne suit pas toujours l’ordre logique. Qu'en est-il? Il ne peut y avoir de doute que sur le moment de la vocation des premiers disciples, que Marc et Matthieu placent tout au début.
Luc a pour lui la vraisemblance; avant qu’un docteur ait des disciples, il faut qu’il ait commencé à faire connaître sa doctrine. Mais Jésus était
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au-dessus de ‘cette loi. Et le témoignage de Jean confirme en quelque manière celui de Marc et de Matthieu. Voyons cependant ces moments l'un après l'autre.
4) Jésus prêche seul, 1v, 14-44.
Dans ce petit ensemble, Luc se préoccupe encore du développement, et, comme pour le cas de Zacharie, la parole de Jésus est d'abord mal reçue. Il était d’ailleurs assez indiqué que Jésus ργδομᾶί d’abord dans sa patrie. Mais que l’ordre de Luc soit plutôt un ordre rationnel qu’un ordre réel, c’est ce que son texte lui-même suggère (τν, 23), puisque Jésus avait déjà attiré l’attention à Capharnaüm. L'ordre de Marc et de Matthieu est très probablement l’ordre réel. :
Ce qui suit ce début est dans l'ordre de Μο. La doctrine de Jésus, l'expulsion d’un démon, la guérison de la belle-mère de Simon, plusieurs guérisons et exorcismes provoquent l'attachement des foules à ses pas.
2) Disciples et adversaires, v, 1-vi, 1.
La vocation de Simon-Pierre et de Jacques et Jean, puis celle de Lévi donnent à Jésus des adhérents fidèles, mais en même temps elle attire l'attention des Scribes et des Pharisiens. Cette belle opposition littéraire résulte du renvoi à ce moment des premières vocations. C’est à l’occasion des disciples que naissent les controverses sur l'accueil fait aux pécheurs, le jeûne et le sabbat. Après quoi les adversaires se demandent ce qu'ils feront du maître. Fidèle à son thème de développement psychologique, Luc ne les montre pas comme Μο. déjà décidés à s'en défaire. La guérison d’un lépreux et celle d’un paralytique ont été placées dans l’ordre de Μο. avant la vocation de Lévi.
3) Constitution de la hiérarchie et Loi nouvelle, vi, 12-49.
Le choix des douze apôtres et le discours qui suit forment une merveilleuse opposition : Jésus prie et choisit ses apôtres sur la montagne; il vient instruire la foule dans la plaine. Le concours de peuple devait être indiqué dans l'intervalle. Le choix des apôtres est placé au même endroit que dans Μο., qui n'a pas le discours. Il précède logiquement la promulgation d'un principe, qui sera celui d’une nouvelle société. Le discours lui-même est réduit à une introduction qui marque en traits accentués le renversement ‘des valeurs selon les idées vulgaires et selon le nouvel idéal, puis recommande la charité de miséricorde et de zèle. C’est moins la promulgation d’une loi qui doit remplacer la loi de Moïse, que l’esquisse de la perfection nouvelle vers laquelle les hommes doivent s'élever, au-dessus de leurs préjugés égoïstes.
4) Comment est reçue la parole de Dieu, νι, L-virr, 21.
Grave question qui devait préoccuper celui qui a écrit : « Crurent tous . ceux qui étaient ordonnés vers la vie éternelle » (Act. ατα, 48). Cette
pensée domine toute cetle section, avec des épisodes qui s’y ramènent