LA BREBIS RETROUVÉE (ΟΕ. Mt. xvur
3) B. Weiss s'étonne de « cette parabole » au sing.; done la source de Το. ne contenait que l'enfant prodigue! donc Le. a ajouté ici deux autres paraboles! Ce serait une sotte manière d'écrire; mais c’est plutôt la critique qui est sotte. Les deux comparaisons ne forment qu’un discours parabolique (Jul. Loësy).
4) τίς ἐξ ὑμῶν χι, 5; τίς γὰρ ἐξ ὑμῶν xiv, 28; ici Le. ajoute ἄνθρωπος, par simple pléonasme, comme ME. ντ, 9; χη, 14, cf. Eccl. τ, 12 (Jäl.), ou bien Le. a voulu dès ce début dire ce que font les hommes, pour conclure à ce qu'il en est de Dieu; ou encore simplement par opposition à γυνή (v. 8) comme dans 1 Cor. vu, 1. D'ailleurs le même mot se trouve dans Mt. xvui, 19 et peut avoir été emprunté. Cet homme possède un troupeau à lui; cent brebis sont une petite fortune, et La perte d’une seule est cependant sensible. L'homme les faisait paître dans le désert, qui équivaut aux montagnes de Mt.; on peut penser au désert de Juda, tout vallonné de collines qui se recouvrent en hiver d’un tendre gazon, et où paissent les troupeaux. Le pasteur ne laisse pas les brebis sous la garde d'un autre, car la pointe de la parabole est précisément dans son empressement à tout quitter pour chercher la brebis perdue. D'ailleurs le risque n’est pas très grand, car il n'y avait pas dès ce temps-là beaucoup de bêtes féroces dans ces déserts, et les vols furtifs ne sont pas à craindre dans un pays découvert, où tout le monde est au courant du moindre incident, Cette conduite n’est
disant : « Cet homme accueille des pécheurs et mange avec eux. » 8 Or il leur dit cette parabole : # « Quel homme parmi vous, possédant cent brebis, et ayant perdu l'une d'elles, ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert, et ne va après celle qui est perdue jusqu’à ce qu'il l’ait retrouvée? ὅ Et quand il [l’a retrouvée, il la met sur ses épaules tout joyeux, et revenant à sa
done pas imprudente; c'est celle que chacun des auditeurs aurait adoptée; elle n'en trahit pas moins un grand zèle à retrouver la brebis.
Luc la dit perdue et non pas égarée (Mt.); peut-être pour rester dans SON. ᾿ thème d'objet perdu commun aux trois paraboles. Assez souvent il généralise au détriment du pitioresque (cf. 8 et 9; 32). — καταλέίπει et non ἀφήσει (Mt.), comme χατέλιπον (xx, 31) et non ἀφῆκαν (Μο. xur, 22): il emploie ordinairement ἀφίημι dans. le sens de « laisser, remettre », mais dans le sens de « quitter », seulement quand il suit Me. : Le. τν, 39; xvarr, 28. 29 : Me. 1, 31 ; x, 28. 29: et Le. v, 44 sur le type de Mc. 1, 18. πορ. ἐπί, pour indiquer le but, la chose cherchée, cf. Act. vin, 26; 1x, 11; Χνπ, 14. |
5) Le nécessaire pour la parabole est dit par Mt. en termes très simples. Luc,
d'ordinaire succinct, a peut-être ajouté à sa source le trait du bon pasteur qui porte sa brebis; en tout cas il a dû lui plaire pour son sentiment exquis. L'idée de joie est dans Μι., elle est essentielle à la parabole, mais la place du mot χαίρων est de Le., cf. xix, 6; Act. vi, 39, et fait image. D'ordinaire on n'aime guère à porter des fardeaux. Le bon pasteur enlève allègrement la brebis sur ses épaules, mouvement spontané que les mères connaissent bien. Sur le pasteur divin, cf. Is. στ, 41; xzix, 22: Lx, 45 Lxvi, 19. . 6) Le pasteur a ramené sa brebis perdue vers les autres, cela va sans dire. et a reconduit le troupeau vers le parc voisin de sa maison, où il entre enfin. Le bruit s'était déjà répandu qu’il avait perdu une brebis. Il suppose qu'on avait pris part à sa peine, puisqu'il invite amis et voisins à prendre part à sa joie (1, 58). Ce trait de sensibilité est propre à Lc., et prépare l'application. au v. suivant.
7) ἤ sans comparaison antérieure, comme Mt. χνπι, 8; Μο, 1x, 43. 45. 475 I Cor. Χιν, 19. — Le parallélisme est parfait. ἐν τῷ οὐρανῷ n’est point un synonyme rabbini-que de Dieu ρου ΤΡ), mais renferme déjà l’idée du v. 10. La joie sera ο6πό--
rale dans le ciel, pour tous les habitants du ciel. — M. Loisy note ici : « La j joie au ciel pour la conversion des pécheurs n’a pas de signification eschatologique, le temps de la conversion ne se confondant nullement avec la fin du monde » (α, 141). Sans doute, mais c'est la preuve que l'enseignement de Jésus portait sur les destinées individuelles de l'âme. Aussitôt que le pécheur est converti, on se réjouit dans le ciel, parce qu’il est désormais dans la voie du salut. quoi qu’il en soit de la fin du monde! La conclusion de Mt. donne à la parabole une pointe un peu différente; s'adressant aux disciples Jésus leur recommande les égards pour les« petits », tandis que Le. oppose au mépris des Pharisiens.
" pour les pécheurs la joie du ciel pour une seule conversion. Les autres diffé-
ι x , “ 3 - «| , ΄ et ο. LS 4 .p καὶ τοὺς γείτονας, λέγων αὐτοῖς Zuvyapnté mot ὅτι εὗρον τὸ πρόβατὀν pou ἐ 1 A:
3 , 7 4 eo, © e L 3 ο NO .
Dee
Al
ἁμαρτωλῶ μετανοοῦντι À ἐπὶ ἐγενήχοντα ἐννέα δικαΐίοις οἵτινες οὗ χρείαν ἔχουσιν µετανοίας. ὃ Ἡ τίς γυνή δραχμὰς ἔχουσα δέκα, ἐὰν ἀπολέσῃ «δραχμήν μίαν, οὐχὶ ἅπτει λύχνον καὶ σαροῖ τὴν οἰκίαν καὶ ζητεῖ ἐπιμελῶς Ἔως οὗ εὕρῃ; Val εὑροῦσα συνκαλεὶϊ τὰς φίλας καὶ Ὑείτονας λέγουσα
Συνχἀρητέ por ὅτι εὗρον την δραχμὴν ἣν ἀπώλεσα. ᾖ9 οὕτως, λέγω ὑμῖν,
rences de détail sont télles qu’on ne saurait affirmer que Le. et Mt. ont eu une source écrite commune, ni que Le. a suivi Mt. D'autre part, Fa parabole est bien la même, et rien n'indique que Jésus l'ait prononcée deux fois.
Jülicher s’est plu à montrer l'embarras de l'exégèse protestante en présence de ces « justes ». Plummer propose encore de supposer ou que le Sauveur fasse l'hypothèse — qui serait fausse — de justes véritables, ou qu’il emploie l'ironie vis-à-vis de justes prétendus comme les Pharisiens. Il n’y a point à changer le sens du texte qui parle de justes. Ce n’est pas à dire que Dieu ait plus d'amour pour un pécheur que pour tous ces justes, non plus que le pasteur ne préférait pas la brebis perdue aux autres avant qu’elle fût perdue. Mais il en est du pécheur comme de la brebis perdue; il semble qu'il n’y en ait plus que pour lui. Dieu le recherche, le poursuit, le ramène, et alors c’est une explosion de joie qui n’a jamais eu l'occasion de se produire à propos des justes. Les Pharisiens se représentaient Dieu en admiration devant les justes, désirant qu'ils ne se contaminent pas par le contact des pécheurs. Quelles sont donc ses vraies dispositions ? Jésus répond : ce sont celles d’un pasteur qui cherche sa brebis perdue. Il n’a pas à chercher les justes, ni à se réjouir de leur conversion, puisqu'ils n'ont pas besoin de pénitence.