‹ Evangile selon saint LucChapitre 213 sur 300 · LA DRACHME RETROUVÉE · texte numérisé non relu

LA DRACHME RETROUVÉE

8) Une drachme est aujourd'hui, chez les Grecs, l'équivalent d’un franc. Les dix drachmes n'étaient pas tout ce que possédait la femme. Mais elle tenait à ce très petit trésor, et même à sa dixième partie. Les pauvres maisons étaient peu éclairées; elle allume sa lampe (ἄπτει var, 46; χι, 33; Act. xxvinr, 2 + N. Τ.). Ἡ y avait des objets répandus par terre au hasard : elle met de l’ordre et balaie. 1] serait étonnant qu'elle n'ait pas mis ses commères au courant de sa peine.

9) Elle convoque donc ses amies, comme le pasteur. Manifestement ce trait a de l'importance. En pareil cas, les bons rapports obligent à partager le contentement.

40) De même pour un pécheur. — ἐγώπιον est une précaution de style rabbinique (ο, Introd. p. ο). Ici les anges sont nommés, correspondant aux voisins et aux voisines, tandis qu'il n'est pas queslion de Dieu. C’est que désormais la pointe de la parabole est tournée vers les Pharisiens qui ne se réjouissaient pas, οἱ qui plutôt murmuraient. IL n’est point question ici des justes. Dans la première parabole, les quatre-vingt-dix-neuf brebis étaient malgré tout un objet de sollicitude, tandis que les neuf drachmes, mises sans doute dans un endroit sùr,

“maison il convoque ses amis et ses voisins, leur disant : Réjouissezvous avec moi, car j'ai retrouvé. ma brebis qui était perdue. 7 C'est ainsi, je vous [le] dis, qu’il y aura plus de joie dans le ciel pour un pécheur repentant que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de pénitence. 8 Ou quelle femme possédant dix drachmes, si elle a perdu une drachme, qui n’allume une lampe et ne balaie la maison et ne cherche soigneusement jusqu’à ce qu’elle [l’Jait retrouvée? Et après qu'elle a trouvé elle convoque ses amies et voisines, disant : Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la drachme que j'avais perdue. 10C'est ainsi, je vous [le] dis, qu’on

n'ont vraiment rien à craindre. Peut-être aussi Le. a-t-il évité de répéter des tournures trop semblables, d'autant que 165 justes ne sont nullement en cause directement dans tout ceci.

Les deux paraboles, à cette légère différence près, qui n'est pas essentielle, ont donc le même sens. Dans toutes deux on insiste sur la recherche, et sur la joie. Les anciennes allégories étaient trop précises. Cependant il est certain que le pasteur et la femme sont comparés à Dieu, tandis. que les anges, nommés explicitement au v. 10, sont représentés par les voisins et par les voisines. En tant qu’elle met Dieu en scène, la double parabole est encourageante pour les pécheurs et les dispose au repentir. ..

Mais comme elle à son terme et son sens dans la joie des anges, elle est un reproche pour les Pharisiens. De plus elle justifie le Sauveur qui fait l’œuvre de Dieu auprès des pécheurs. Ἡ n’y a pas à s'étonner qu'il ait proposé deux paraboles successives pour inculquer la même pensée. La parabole argumente d’après ce qui est en usage parmi nous. Un second exemple ne peut que rendre l'argument plus sensible et plus convaincant.

Selon notre manière de comprendre la composition littéraire, on suivrait un ordre différent. D'abord la drachme, exemple emprunté à la nature insensible; puis la brebis, qui appartient au monde sensible et amorce déjà la comparaison des pécheurs οί des justes, comparaison qui serait traitée dans la troisième parabole. Luc, fin littérateur, a pu y penser, mais il aura respecté l’ordre traditionnel, plus spontané : d’abord un homme, comme serait un des auditeurs, puis une femme dont l'exemple n’est qu'une confirmation, et enfin la grande parabole qui n'est même plus appliquée, tant les traits en sont saisissants εί clairs.

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