‹ Evangile selon saint LucChapitre 217 sur 300 · αντον p. πατρι (H) plutôt que 07%. (T 8 V · texte numérisé non relu

αντον p. πατρι (H) plutôt que 07%. (T 8 V

lait dire, sans l'émotion d'un père, sans aucune préoccupation morale. ὑγιαίνοντα, « se bien porter » est le souhait de tant de lettres : « Tout le monde se porte bien!»

28) Cette circonstance excuse en partie la dureté de l’ainé. Il n’a pas vu son frère en misérable équipage, il n’a pas entendu le cri de son repentir. Ce prodigue a fait la fête, ne s’en trouve pas plus mal, revient en bonne santé, sans doule parce qu'il n’a plus le sou, et on le fête encore à son retour! Qui, parmi les justes, n’éprouverait involontairement quelque chose des sentiments du frère atné? Le père le comprend si bien qu’au lieu de répliquer : « Libre à lui, qu'il fasse à sa tête! » il sort pour l’engager à entrer. Le récit est toujours aussi naturel, sans être trop circonstancié.

29 s.) C'est ici le triomphe de ceux qui voient dans l'aîné un Pharisien, Il exprime « la position servile et mercenaire du Juif légal dans la théocratie.… qu'était pour lui son père? Un maître »... enfin ce qui touche au grotesque, c'est : « un état d'âme où l'on remplit le devoir tout en l’abhortant, et où, en ne commettant pas le mal, on en a soïf » (God. et, d’après Jül., beaucoup de protestants). Jülicher a fait justice de ces exagérations. L'aîné a tort de se fâcher, maïs ce n’est pas une raison pour qu'on doute de sa parole. Il s'est conduit en bon fils, et il pouvait se croire honoré de servir son père (Le Cid de Victor Hugo dans la Légende des siècles) ; son tort est de reprocher à ce père de ne lui avoir jamais donné même un chevreau pour faire une petite fête entre amis. S'il l'avait demandé, il l’eût sûrement obtenu. Son père ne l'offrait pas, ne sachant pas s'il en avait envie, d'autant qu’il avait la libre disposition de bien des choses. La réserve de l'aîné était excessive et n'empêchait pas la sincérité de son dévouement filial. Mais il ne veut pas dire « mon frère », el il excite sournoisement le père en disant : « ta fortune ». Quand il parle des déportements de son frère dont le bruit était sans doute venu jusque-là, ou qu'il soupçonne d'après sa conduite antérieure, il manque d'indulgence, et va même jusqu'à condamner celle de son père. C’est un esprit étroit assurément, mais rien n'indique un hypocrile. Combien de vrais justes sont dans ces sentiments, et ne peut-il pas se faire que trop d’indulgence ne dégénère en faiblesse? Si La parabole est si belle, c'est qu’elle figure 16 pardon divin.

gras, parce qu’il l’a recouvré bien portant. 3 Alors il se mit en colère et ne voulait pas entrer; son père étant sorti l'y engageait. 39 Mais lui répondit à son père : Voilà tant d'années que je te sers, et je n’ai jamais désobéi à un de tes.ordres, et à moi tu n'as jamais donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais lorsque ce tien fils qui a mangé ton bien avec des courtisanes est revenu, tu as tué pour lui le veau gras. %! Mais [le père] lui dit : Mon enfant, tu es en tout temps avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi; & mais il fallait festoyer et se réjouir, car ton frère que voici était mort et il est revenu à la vie, et il était perdu et il a été retrouvé.

31) Le ton du père n’en est pas moins cordial, parce qu’il sait comprendre aussi {a fâcherie de son aîné. Ce ne sont pas là les rapports de Jésus avec les Pharisiens, surtout au point où nous en sommes de son histoire. « Comment accorder ces déclarations », dit le P. Buzy, « avec ce que nous savons des pharisiens par l'Évangile lui-même? » (RB. 1917, 190). IL n’y a qu’à ne pas les accorder, pour ne pas recourir à « un légitime artifice de controverse » (!), moyennant lequel « le Sauveur consent provisoirement à reconnaître aux pharisiens les qualités qu'ils s’attribuent, à les regarder comme des justes, des fils chéris de Dieu, des créatures privilégiées. » IL n'y a pas ici d'artifice, mais le sentiment affectueux d'un père envers un fils auquel il n'a jamais rien eu à reprocher, puisqu'ils ont vécu ensemble, leurs intérêts amicalement confondus. Cette intimité ne vaut-elle pas mieux qu'une fête joyeuse ?

32) Et le bon père espère rallier l'aîné à ses sentiments de joie, puisqu'il s'agit de « son frère ». Il justifie surtout sa joie à lui, qui est le motif dominant . de ces touchantes paraboles.

Page 1