LE RICHE ET LE PAUVRE LAZARE
Plusieurs Pères ont pensé que Jésus avait raconté une histoire vécue. Aujourd'hui on ne parle plus que d'une parabole, ou plutôt d'un récit imaginé pour meltre en présence deux types différents. Les paroles de saint Augustin (in ps. 33, 25, P. L. xxxvi, 327) : si christiant sumus credamus; si non credimus fratres, nemo se fingut Christianum. Fides nos perducit. Quomodo illa dixit Dominus, sic sunt, si elles affirmaient que l’existence historique du riche est de foi, seraient une application exagérée de son littéralisme. Il semble plutôt qu'il a regardé comme de foi le mode de la damnation en lui-même. Mais si le récit
449 __ ÉVANGILE SELON SAINT LUC, Xvi, 19-31.
est parabolique il faut, avec Kn., prendre garde ne singula curiosius ad conditionem vitae alierius transferantur.
La parabole est divisée très arbitrairement par quelques modernes en deux parties (19-26: 27-31). Plusieurs (J. Weiss, Jül., Loisy) voient dans la deuxième une transformation du sens primitif. Le but premier était de mettre en présence le riche et le pauvre, sans aucune allusion à leur moralité respective. S’il y a ici-bas des malheureux, ils ne doivent ni se désoler, ni se plaindre; leur tour viendra d'être heureux. Pour les riches ce sera l'inverse, « les conditions sociales du temps présent devant être interverties dans l'éternité » (Lotsy, τι 168). Cela allait encore pour les pauvres, d'autant que dans la doctrine de Jésus, la souffrance est un bien (Jül.). Mais le riche? Sa situation est cruellement retournée. Il faut que ce soit un châtiment. Alors il est devenu, pour l’auteur de l'addition, le type de l’incrédule, qui refuse de croire à la résurrection du Christ, et qui avait abjuré même la foi en Moïse.
Les anciens commentateurs regardaient avec raison la parabole comme un tout, mais la fin (26-31) ne leur paraissait guère que comme un complément qui n’en change pas le sens, déjà fixé au v. 25. Ce sens, d’après le P. Buzy (RB. 1917 p. 192), c’est qu'un riche peut être damné, et un pauvre sauvé : le riche faisait suffisamment l’aumône selon Les usages, et si le pauvre revenait à sa porte, c’est qu'il y trouvait son compte. Ἡ va de soi que leur sort dans l'autre monde a été réglé par la justice, mais nous ne savons d’après quelles
- fautes ou quelles vertus.
Le plus grand nombre des catholiques (aussi Holtz. Pl. ete.) interprète la parabole dans le cadre de l'économe infidèle. Le riche n’a pas usé de sa richesse pour se faire des amis dans le ciel, il sera donc condamné. Schanz ajoute que la richesse endureit le cœur.
B. Weiss découvre dans la seconde partie (26-31) le secret du tout : l'impénitence du riche est la cause de sa damnation.
Et en effet la seconde partie prétendue est étroitement liée à la première. La première opinion regarde le v. 26 comme un verset de transition. Mais il répond exactement à la question posée au v. 24. Voir dans la finale une réflexion chrétienne sur l'incrédulilé des Juifs est une pure conjecture, qui ne doit pas être acceptée si tout s'explique dans la bouche de Jésus parlant aux Pharisiens. Le point de départ est la maxime : on ne peut servir Dieu et l'argent. Les Pharisiens ne jugent pas que cela soit impossible, et ne se croient pas moins justes selon la Loi pour aimer l'argent. Jésus répond par la connaissance qu’il a des sentiments de Dieu, en affirmant néanmoins que le nouvel ordre qu'il annonce n’est point contraire à la Loi. Les Juifs croyaient à un autre monde où Dieu réglerait la destinée selon les vices ou les vertus pratiquées ici-bas; cette foi n'est pas changée. La loi morale demeure. Ce qui n'empêche pas qu’iln'en soit de l'argent comme a dit le Sauveur. Pour mettre cette vérité dans tout son jour, il raconte une histoire dont les traits seront très accusés, comme
9Η était un homme riche, et il se revêtait de pourpre et de fin lin, faisant chaque jour une chère splendide. ®0r un pauvre
pour le Juste de Platon. Les faits parlent assez haut. Le contraste du riche et du pauvre, porte à porte, sans que le riche soit ému de compassion, soulève le cœur. Les choses ne sont pas bien de la sorte. Le luxe dans ces conditions est une abomination. Dans l’autre monde Dieu le châtie. La description de la misère du pauvre devait être développée et saisissante, mais il est clair que l’histoire n’a pas été dite en premier lieu pour promettre le paradis aux pauvres; le pauvre sauvé sera censé l'avoir mérité; sa présence au paradis était nécessaire pour la suite de l’histoire du riche. Le riche inhumain sera condamné; le service de largent a produit ce résultat. Est-ce donc une morale nouvelle? Non, c'est celle des prophètes et de Moïse. La deuxième partie ne change rien au sens de La parabole elle contient seulement le trait décisif contre les Pharisiens. Il né faut pas s'étonner 515 se moquent de l’enseignement de Jésus. Ils ne comprennent même pas celui de Moïse. Le trait de la résurrection fait partie intégrante de l'histoire, dont il est la conclusion décisive. Il eut sans doute une saveur spéciale pour Luc et ses contemporains, témoins de l'infidélité des Juifs, même après la résurrection de Jésus. Ge n'est pas une raison pour leur en attribuer l'invention.
19) δέ, transition plutôt qu'opposition. — ἦν « il y avait » un homme riche; πλούσιος étant épithète de ἄνθρωπος plutôt qu'attribut. Il se revêtait habituellement de fin lin (comme tunique) et de pourpre (comme manteau). Quoique la pourpre soit surtout l’étoffe royale, on trouve 165 mêmes vêtements pour une femme riche : ἐκ δὲ βύσσου καὶ ὶ πορφύρας ἑαυτῇ ἐνδύματα (Prov. XX, 40); οἱ: ApOc. ΣΥ, 19. |
— εὐφραινόμενος (CE xv, 32) indique de joyeux festins, et cela chaque jour, quoique Féclat en fût splendide. Théophyl. explique λαμπρῶς par ἀσώτως καὶ πολυτελῶς. L’avarice est encore plus odieuse que la prodigalité, mais un avare est dur pour lui-même. Comment ce riche si large pour ses plaisirs et ceux de ses amis n’avait-il rien à donner au pauvre Lazare?
20) Le nom propre du mendiant est le principal argument pour traiter ce récit comme une histoire vraie. Mais « Jésus mettait dans les paraboles tout ce qu'il fallait pour 165 rendre vivantes. Dès que l'usage d’un nom propre avait son utilité pour la mise en scène, on ne voit pas pourquoi il s'en serait privé » (Loisy, n, 168). La version sahidique et une scolie grecque ont nommé le riche Nineve, d'autres (PrisciLuten, éract. τε, et Ps.-CypRien, de pascha computus, 17), Finees, noms que Harnack a identifiés (ap. Jül.) mais sans bonne raison. Il y eut donc deux traditions sur ce nom. Le riche n'avait pas besoin de nom, car c’est un type : un riche dans ces conditions sera toujours puni. Un mendiant comme Lazare sera-t-il toujours sauvé? On peut se le demander. Il n’est pas là comme le iype du mendiant récompensé, mais comme un homme souffrant dont le riche aurait dû avoir pitié. — Renan était persuadé que la résurrection de Lazare dans saint Jean venait de la parabole mal entendue; J. Weiss opine au contraire que la tradition johannine a influé sur la rédaction de la parabole, au moins quant au nom. Les deux hypothèses sont aussi vaines l'une que l’autre.
τραπέζης τοῦ πλουσίου ἀλλὰ καὶ οἱ yves ἐρχόμενοι ἐπέλειχον τὰ ἕλκη 3 ο 9 9 - A νι A CEE eu αὐτοῦ. éyévero δὲ ἀποθανεῖν τὸν πτωχὸν χα ἀπονεχθῆναι αὐτὸν ὑπὸ τῶν
« ; . s τὸν χόλπον Αβραάμ’ ἀπέθανεν δὲ nat ὁ πλούσιος καὶ ἐτάφι
-” e e 35 καὶ ἐν τῷ ἅδῃ ἐπάρας τοὺς ὀφθαλμοὺς αὐτοῦ, ὑπάρχων ἐν βασάνοις, ὁρᾶ 5 N r μα « Αθραὰμ, ἀπὸ μαχρόθεν καὶ λάζαρον ἐν τοῖς xArois αὐτοῦ. «καὶ αὐτὸς
Le nom de Ὢπον (Dieu aide), d’où Λάζαρος, était assez commun au temps de Jésus (cf. RB. 1895, p. 96; 1903, p. 263 et Linzparski, Handbuch.…)
— ἐδέθλητο, d'un iafirme, cf. Mt. vin, 6; Act. τῃ, 2. — Le πυλών n’est pas nécessairement l'indice d’une maison somptueuse; c'est le grand encadrement en pierres qui donne entrée sur la cour intérieure où se trouvent des portes plus modestes, cf. Act. xrr, 43. On peut imaginer les anciens mendiants romains à la porte d’un palazzo. À Jérusalem on montre comme la maison du mauvais riche une maison assez élégante du temps des mamelouks, près de la ve station de la voie douloureuse.
— εἱλκωμένος au lieu de ἡλκωμένος, de ἑλκοῦν, probablement à l'instar de ἕλκειν, impf. εἴλκον. Au passif terme médical : « qui a des ulcères »; cf. ἕλκος, « ulcère ».
21) À la peine que causent à Lazare ses ulcères se joint la faim, car ἐπιθυμῶν indique bien qu'il ne mangeait pas à sa faim, et que dans cette maison on n'avait pas l'usage de distribuer aux indigents les restes de la table du riche. Peut-être les jetait-on à la rue, ce qui attirait les chiens. La mention du riche rappelle que le tableau de cetle pauvreté est aussi une allusion à son peu de cœur. — On s’est demandé si les chiens figuraient ici comme plus compatissants que les hommes, ou du moins comme adoucissant à leur façon, sans le vouloir, la démangeaison des ulcères. On peut citer pour ce sens l’enfant guéri par un chien dans l'Asclepium d’Épidaure : raï γλῶσσαι ἐθεράπευσε (Sylloge, 803, 1. 86 et cf. 802). Mais ἀλλὰ καὶ indique plutôt un nouveau trait pénible; abandonné de tous, n'ayant pour compagnons que les chiens de la rue qui s’assemblaient autour de lui, et lui disputaient peut-être sa maigre pitance, Lazare ne pouvait même pas les chasser et le$ empêcher de lécher ses plaies. — Le riche savait tout cela et ne faisait rien. Était-il nécessaire de nous dire qu'il n'avait pas d’entrailles?
22) ἐγένετο δέ marque la péripétie. — ἀπενεχθῆναι, cf, Apoc. xvir, 3; xxt, 10. Les anges emportaient les âmes des justes (Targum sur Cant. τν, 19), mais où Jülicher a-t-il appris qu'ils se chargeaient aussi des impies? Dans IV Macch. xt, 17, Abraham, Isaac el Jacob reçoivent ceux qui ont souffert, conformément à l'espérance des justes de l'A. T. d'aller auprès de leurs pères (Gen. x1u, 47; cf. xuvr, 30; Jud. n, 10; I Reg. r, 21). L'expression ici est beaucoup plus forte. Lazare qui n’avait plus de société que les chiens est devenu l'enfant chéri d'Abraham et repose sur son sein; il n'est pas dit que ce soit pendant le repas
nommé Lazare gisait près de son portail, rongé d’ulcères, ?f et désirant se rassasier de ce qui tombait de la table du riche; mais les chiens encore en passant léchaient ses ulcères.
20r il arriva que le pauvre mourut, et il fut emporté par les anges dans le sein d'Abraham; le riche mourut aussi et on lui donna la sépulturé. # Et dans le séjour des morts, étant dans les tortures, et levant Les yeux, il voit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. 2 Et il s’écria : Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu'il trempe le bout de son doigt dans l’eau et rafraichisse ma langue, car je souffre dans cette flamme.
(και, 28 5.) comme pour le disciple bien-aimé (Jo. xur, 23). Cette expression ne ᾿ semble avoir été employée chez les Juifs qu’à propos de Rabbi Judas le Saint (Lightf. ad h. 1.). — Le riche. est enseveli, c’est-à-dire qu’il recoit les honneurs . de la sépulture, sans doute dans un tombeau creusé dans le roc à grands frais et préparé d'avance. ἐτάφη est donc encore un privilège du riche, quoique ce petit mot ait quelque chose de sinistre après une vie de plaisirs.
23) La métaphore du sein d'Abraham en était déjà une indication assez claire : Jésus n’avait pas l'intention de décrire tel qu'il était le sort des défunts. Ce serait même trop de dire qu’il en parle expressément d’après les conceptions populaires, qui étaient assez variées, et qui distinguaient l'état des morts avant et après la résurrection. Ici on dirait que Lazare et même le riche ont des corps. C'est-à-dire qu'usant du droit de la parabole sémitique d'aller à son but sans trop se soucier des modalités, le Sauveur fait parler les morts comme s'ils étaient vivants et énrouvaient les sentiments des vivants. Cela pour le mode de la narration. Car pour la lecon elle-même il suppose comme base de son enseignement la foi israélite sur le jugement de Dieu, les récompenses pour les justes et la réprobation des méchants.
— Le riche n'est pas dans la géhenne, lieu brûlant réservé aux méchants, mais dans l’Hadès, cadre plus vaste, répondant au Chéol, qui comprend aussi le séjour des justes, quoique séparé. C'est ainsi que dans Hénoch (xxnr, 2) on voit trois cavités sombres et une lumineuse; cette dernière « est séparée pour les esprits des justes, celle où est la source lumineuse » (Hén. xxu, 9 trad. Martin). Il est assez naturel qu'elle soit située au-dessus des autres; c'est pourquoi le riche lève les yeux, et non pas seulement pour s'orienter (Schanz).
Les tourments des réprouvés sont souvent décrits dans les apocalypses juives; le feu est le principal (Hén. x, 13; xc, 34). Clibanus gehennae ostendetur, et contra eum iocunditatis paradisus (IV Esd. vir, 36). Le nom propre de Lazare rend ici le récit plus coulant. |
24) L'eau fraîche était un des charmes du Paradis, cf. le Ψυχρὸν ὕδωρ désiré par les serviteurs d’Osiris (KarBez, 1615, 4842; 1488; 1705). Le paradis chrétien est un refrigerium (cf. LaBrioLte, Bulletin d'anc. litt. et d'arch. chrét. 1919, p. 214 55.). Ce que demande le riche est si peu de chose! S'il compte sur Lazare, ce n'est pas une preuve qu'il l'ait bien trailé ici-bas. La parabole devait les
+ » > ‘ = ὧδε παραχκαλεῖται σὺ δὲ ὀδυνᾶσαι. 6 nat ἐν πᾶσι τούτοις μεταξὺ ἡμῶν val ὑμῶν χάσμα μέγα ἑστήριχται, ὅπως οἱ θέλοντες διαβῆναι ἔνθεν πρὸς ὑμᾶς μὴ LS em y = 3 = ‘ δύνωνται, μηδὲ ἐκεῖθεν πρὸς ἡμᾶς διαπερῶσιν. 3 εἶπεν δέ ᾿Πρωτῶ οὖν σε,
LS εν LS 3 2, 4 πάτερ, ἵνα πέμφης αὐτὸν εἰς τὸν οἶκον τοῦ πατρὸς µου, ᾿δἔχω γὰρ πέντε
« , - σα 37 ἀδελφούς, ὅπως διαμαρτύρηται αὐτοῖς, ἵνα ph καὶ αὐτοὶ Ἓλθωσιν εἰς τὸν τόπον
26. om. οι a. Εχειθεν (H) plutôt que add. (TS V). 27. ουν σε (1 5 V) plutôt que σε ουν (H).
remettre en présence. Peut-être aussi le riche était-il habitué à demander à Lazare de le servir. ὕδατος, gén. de la matière — καταφύχειν + N. Τ. et ὀδυνᾶσθαι propre à Le., et seulement ici (et v. 25) dans le sens physique, sont des termes employés par les médecins. — I] était naturel qu'un Juif appelât Abraham son père, et qu’il ait confiance dans son intercession, comme s’il avait dans l’au-delà une sorte de plein pouvoir de Dieu. Ce qu'il faut noter surtout, c’est que le riche ne réclame point contre sa sentence, et n’en demande pas la révision. Il sollicite simplement un très léger adoucissement par les bons offices de Lazare, en faisant appel à la compassion d'Abraham. :
25} Abraham répond par un refus. Certains critiques (J&l. etc.) ont bien raison de noter qu'il ne reproche pas au riche son inhumanité. Mais ils ont tort d'interpréter à leur façon le verdict d'Abraham : Chacun aurait droit à une somme de bonheur et devrait supporter certains maux : celui qui a été heureux dans ce monde sera malheureux dans l’autre. Jülicher lui-même remarque que les biens et les maux sont ordinairement partagés, et que la situation dans l'au-delà doit être réglée d'après la justice. C’est reconnaître qu’Abraham ne sè croit pas appelé à justifier le jugement rendu par Dieu. Τ refuse à celui qu'il nomme encore son fils, parce que le riche n’a plus aucun bien à espérer. Il a recu durant sa vie des biens qu'il a regardés comme les siens. (C’est ce qu'indique σου après τὰ ἀγαθά, d'autant qu'il ne se trouve pas après τὰ κακά). Maintenant, par suite d’un juste jugement, les situations sont retournées, et c'est fini. D'après l'enseignement donné depuis le début de ce chapitre surtout, il est clair que le riche aurait pu et dù se servir de ses biens pour êlre bien traité dans l'au-delà, et que Lazare lui en offrait l’occasion (Aug. Mald. Schanz etc.). Mais il ne songeait qu’à jouir de sa fortune : felicitatem dileæit seculi, nec.aliam vitam, praeter islam, în qua superbus tumebut, adamavit (Auc. Quaest. ev. Ἡ, 38). Rien d’effrayant comme le bonheur temporel de ceux qui limitent leurs espérances à cette vie. Ils ont recu leur part de félicité. Le riche doit donc reconnaître, non pas qu'il est puni justement, ce qui n’est pas en question, mais qu'il n’a plus aucun bien à attendre. Sa situation dans les tourments est
25 Abraham dit : Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens durant ta vie et Lazare de même les maux : maintenant 1] est ici consolé, et toi tu souffres. SEt dans toutes ces [régions], il a été établi entre nous et vous un grand abime, de sorte que ceux qui * voudraient passer d'ici auprès de vous ne le pourraient pas, et on ne passe pas non plus de là-bas vers nous. ?7Et il dit : Je te prie donc, père, de l'envoyer à la maison de mon père, #— car j'ai cinq frères, — pour leur attester [ce qu'il en est], afin qu'ils ne viennent
arrêtée aussi bien que celle de Lazare dans la béatitude. D’après Holtzmann (Jül. etc.), l'argument du v. 25 est ab aequo, celui du v. 26 ab impossibili. Ce n'est pas tout à fait exact. Le v. 25 argumente de l’ordre divin qui est définitif, le. v. 26 de la réalisation de cet ordre divin par la limite infranchissable des deux régions.
26) En effet on ne doit pas lire ἐπὶ πᾶσι τούτοις (encore Holtz.) « d'ailleurs », qui indiquerait un nouvel argument, mais ἐν πᾶσι τούτοις, Jülicher l'entend comme dans Eccli. xcvin, 45; Job. {, 22; 11, 10; χα, 9, « malgré tout cela »; Abraham serait tout de même touché, mais empêché par une impossibilité matérielle. Il semble plutôt que l'impossibilité matérielle a été fixée précisément pour sauvegarder l’ordre établi. De sorte que καὶ ἐν πᾶσι τούτοις doit s'entendre d’une explication sur la situation des deux compartiments « dans toutes ces » régions de l'Hadès (Schanz, et dubitativement PL.). Ils sont séparés par un grand intervalle (cf. I Regn. ντ, 47); sur les traductions latines de χάσμα, cf. RB. 1991, juillet, Le verbe στηρίζω, employé pour une faille béante ne peut signifier consolider, mais fixer, établir d'une façon stable. Il n’est pas dit qu'on désire passer, mais qu'on ne le pourrait pas, quand même on en aurait le désir. Ἡ faut toujours se garder d'oublier que c’est ici une parabole racontée pour être comprise.
27 5.) Persuadés que Jésus décrit des sentiments tels qu'on les éprouve réellement dans l’au-delà, plusieurs anciens se sont étonnés de la tendresse et de la sollicitude du riche damné. Ils ont imaginé qu'il ne craignaïit que pour luimême, la damnation de ses frères menaçant d'augmenter sa propre peine. Il semble pourtant désirer sincèrement leur conversion, ce qui n’est pas en effet la préoccupation qu’on puisse attribuer à un réprouvé. Il faut le répéter encore une fois. Le riche sent et parle comme le ferait quelqu'un que le châtiment éclaire sur les conséquences de [a faute, et qui voudrait y soustraire des personnes chères. La parabole nous permet ainsi de comprendre pourquoi il s'était si complètement contenté d’une vie de luxe en négligeant la charité; il ne prêtait pas l'oreille aux enseignements divins. Il insiste donc (οὖν) parce que l'impossibilité de passer n'existe pas de la région heureuse à la terre. C’est encore à Lazare qu'il songe comme envoyé, parce qu'il est bien connu dans sa maison, et il sait qu’on ne lui permettrait pas d'y aller lui-même. — ἵνα dans le même sens que ὅπως (v. 28). — Prévenus par ce témoignage, les frères éviteront l'erreur dans laquelle 16 riche est tombé. Pour eux il.est temps encore.
2 μας sa = (3 rot 3 \ 2 31 3 μι 3 + έαν τις ἀπὸ νελχρῶν πορευθῃ πρὸς αὐτοὺς μετανοῄσουσιν. εἶπεν δὲ αὐτῷ
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E: M NN mu nes κ ο) 27 : κ“... 2 .
ι À ὠυσέως και των προφητων οὐχ. ἆλουουσω; CUO ÉGY τις EX νενρων αναστῃ