‹ Evangile selon saint LucChapitre 230 sur 300 · αντον (5 V) plutôt que om. (T H · texte numérisé non relu

αντον (5 V) plutôt que om. (T H

12. απηντησαν (H V) plutôt que υπήντησαν (T 8): — αντω (T V) et non om. (4 S); — εστησαν (T S V) plutôt que ανεστησαν (Η).

maître, on s'attendait à apprendre que Dieu traite ses serviteurs de telle ou telle manière. Mais une fois de plus (ef. var, 47; x, 86; χιν, 33) nous constatons que les paraboles ne procèdent point avec cette rigueur. C'est sans doute pour adoucir la transition que syrsin. et cur. ont au v. 9 : « est-ce que ce serviteur regarde comme une faveur de sa part à lui d’avoir fait ce qui a été commandé » (cur. : ce qu'il lui a commandé)? Mais on ne saurait s'arrêter à cette correction. Au lieu donc de toucher le sujet du côté de Dieu, de dire comment il récompense ou ne récompense pas ses serviteurs — et nous savons par ailleurs (xx, 37) comment il les récompense, — la parabole se dirige nettement vers le sujet de l'humilité. Le Sauveur ne refuse pas d'admettre qu'on ait observé tous les commandements, puisque πάντα (omis par syrsin. et cur., par d'autres encore) est certainement authentique.

Ἡ ne dit pas non plus que ce soit peu de chose, encore moins qu’on demeure pécheur malgré cela. Il invite simplement les Apôtres à s'établir dans des sentiments d’humilité, exprimés par la formule : « nous sommes des serviteurs ἀχρεῖοι, inutiles. »

Sur ce mot, il ya plusieurs opinions. a) Tout ce que fait l’homme est inutile à Dieu, parce qu’il n’a besoin de personne; idée métaphysique très juste, mais qui n’est pas suggérée directement par la parabole; elle apprécie les actes des serviteurs selon leur valeur et non par rapport à Dieu, qui n’est pas même . nommé. b) Inutiles (B. Weiss, Hahn), c'est-à-dire qui ne font rien d'extraordinaire et qui par conséquent n'ont pas de récompense à réclamer; ce n’est pas non plus le point. ο) Inutiles parce qu’ils n'ont fait qu’observer les commande ments; s'ils avaient fait plus, ils auraient été utiles (Hald.); mais quel serviteur dé Dieu oserait se dire utile? d) ἀχρεῖοι n’est pas non plus « incapable de faire ce qu’on attendait de lui » (Mt. xxv, 30), et d’autre part il serait trop aisé de se débarrasser de ce mot en le supprimant (comme le syrsin.). e) Il faut donc s’en tenir à l'expression de Bengel : Miser est quem Dominus servum inutilem appella (Mt. xxx, 80); beafus qui se ipse.

Le mot ne doit pas être analysé en toute rigueur, ni surtout comme un verdict de la part de Dieu. Les serviteurs de la parabole n'avaient point été inutiles dans la rigueur du terme, mais ils devaient s’estimer inutiles, et comme l’humilité doit avoir un fondement réel, ce fondement est indiqué : « nous avons

ordonné, dites : Nous sommes des serviteurs inutiles; nous avons

fait ce que nous devions faire. »

Et comme il se rendait à Jérusalem, il passa entre Samarie et Galilée. 2Et comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre, qui se tinrent à distance, 15 οἱ ils élevèrent La voix, disant : « Jésus, maitre, aie pitié de nous. » 1 Εΐ à cette vue :

fait ce que nous devons faire ». (Jül.) On n'a point coutume de s’enfler pour cela. Si la parabole, au lieu de comparer les serviteurs des hommes ef les serviteurs de Dieu, mettait en relief ce qui distingue les deux services, il y aurait lieu de noter qu'un esclave peut être précieux, et même indispensable à son maître, ce qui n’est pas le cas par rapnort à Dieu, et d'autre part que les disciples de Jésus sont les enfants de Dieu plutôt que ses serviteurs. Mais ces considérations ajoutent au thème qui est assez riche par lui-même. Voir ici « Le non-mérite des œuvres » (Godet), ou « L’infériorité de la simple pratique des commandements » (Mald.), c'est introduire dans l’exégèse des précisions théologiques étrangères au sujet.

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