µετα δε ταντα (T SV) plutôt que μετα ταυτα ἓε (H
(Άρος. vi, 10 ἕως πότε... οὗ κρίνεις καὶ ἐκδικεῖς τὸ αἷμα ἡμῶν ἐκ τῶν κατοικούντων ἐπί τῆς γῆς). Dans le sens défensif, cf. Ps. σκχνι, 28; I Macch. vi, 22. Jülicher a raison de dire que c’est plus que ἀπηλλάχθαι (χι, 58), être délivré; mais la vengeance n'est pas l’objet premier de la demande (Holtz. PI. contre Jüt. Schanz).
4) Le juge hésitait peut-être à condamner un homme influent, quoique l'opinion publique soutînt la veuve; ἐπὶ χρόνον indique un temps assez considérable. Enfin il se décide. Sa confession intérieure a pour but de mettre clairement en relief le motif qui 19 détermine.
5) κόπος avec παρέχειν, c'est la même raison que χι, 7; cf. Μο. xiv, 6; Mt. Χαντ, 10; 641. vr, 17. ἵνα μὴ εἷς τέλος ἐρχομένη ὑπωπιάζῃ pe, a été expliqué de deux facons :
a) « pour qu'elle ne vienne pas, à la fin, me donner des coups. » (Loisy, u, 151). Jülicher α très bien plaidé pour ce sens. ὑπωπιάζειν, de ὁπώπιον, le dessous des yeux, est un verbe pittoresque, comme pocher un œil, qu'il faut se garder d'atténuer, ce qui réduirait ces mots à une redite de « faire des ennuis ». Le juge aurait peut-êre pris son parti d’être importuné, mais il se demande si la veuve, de plus en plus irritée, n’en viendra pas aux voies de fait. C’est ce que ne saurait accepter un sceplique, qui ne craint rien — que le ridicule. Cela est dit avec une sorte d'humeur ironique. — εἷς τέλος aura le sens de finalement, pour conclure.
ϐ) Mais c'est déjà une difficulté. εἲς τέλος dans le N. T. signifie « jusqu'au bout » dans Mt. x, 22; xxiv, 13; Μο. χα, 43; Jo. Χιπ, 4 (répondant à l'hébreu nv dans les Septante) ou bien « complètement » (répondant à 1536), dans 1 Thess. Ἡ, 46. Ce dernier sens est hors de cause, mais « jusqu’au bout » convient très bien, répondant au πάντοτε du v. 1, tandis que « à la fin » est ordinairement exprimé par τέλος seul. De plus Field a fait remarquer que le sens proposé est contraire à la grammaire qui eût exigé : ἵνα μὴ εἰς τέλος ἐλθοῦσα Ὀπωπιάση µε. La différence du présent et de l’aoriste (pour un seul cas isolé) était parfaitement comprise de Chrysostome; sur U Cor. xn, 7, il dit : ὥστε Ῥιηνεχοῦς δεῖσθάι τοῦ χαλινοῦ" οὗ γὰρ εἶπεν, ἵνα κολαφίσῃ, ἄλλ ἵνα κολαφίζῃ (Field). Les exemples de négligence hellénistiques fournis par Jülicher (entre autres Μο, πι, 9, 42 (?)) ne sont pas comparables à l'emploi de ces deux présents, ἐρχομένη répondant à ἤρχετο (v. 3). Le juge emploie une expression très forte, comme un homme impalienté : qui me sequatur quoquo eam, rogitando obtundat, enecet (Ter. Eun. nr, 5. 6 cité par ΡΙ.). Au surplus c’est l'esprit même de la para-
disant : Fais-moi justice de mon adversaire. Et durant longtemps il ne voulait pas. Mais ensuite il se dit en lui-même : Encore que je ne craigne pas Dieu et que je ne me soucie pas des hommes, ÿcependant puisque cette veuve m’importune, je lui ferai justice, pour qu’elle ne vienne pas jusqu'au bout me casser la tête. » 505 Île Seigneur dit : « Écoutez ce que dit le juge inique! Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuït, alors
bole, d'obtenir un résultat simplement par la continuation des importunités
. (Field, PI. Hahn, contre Schanz, Kn. Jul. Loisy, Godet, les Weiss, Buzy [R. B. 1917,
192]; Holtz. hésite). |
6) Écoutez, dans le sens de remarquez bien! c'est quelque chose comme da formule : « Que celui qui a des oreilles pour écouter, écoute ». Allocution pittoresque, qui permet à Jésus de qualifier le juge par l'addition de τῆς ἀδικίας, tournure sémitique qui en grec constitue un terme plus fort que le simple
7) Application de la parabole par δέ, qui marque une opposition énergique. Le mot de θεός dit tout. Inutile, en face du juge d’iniquité, de le présenter comme très juste et très bon. Il suffit d'ajouter qu'il s’agit de justice et des élus. Ces élus crient jour et nuit, et cependant il n’est pas dit que leur voix sorte d'outre-tombe. Ils sont donc dans l’angoisse, et il serait étrange qu'ils pensent moins à leur délivrance qu'à la punition de leurs ennemis, lesquels d’ailleurs ne sont même pas nommés. Ges élus (ἐκλεπτοέ) sont dans la situation de ceux de Μο. στι, 20. 22. 27; cf. Mt. xxiv, 22. 24. 31; Col, πι, 12, de fidèles serviteurs de Dieu en proie à des persécutions — καὶ μακροθυμεῖ ἐπ᾽ αὐτοῖς est très controversé.
a) Une solution en apparence facile fait dépendre le verbe du µή précédent, sans. tenir compte de où, De plus on donne à pazpoluust le sens de patienter : « el il patienterait » {Loisy, après Schanz, Holtz.). Cette solution est en parfaite harmonie avec 8, et s'appuie sur un texte qui paraît tout à fait semblable, d'autant qu'il y est question des prières d’une veuve, Eccli. xxxur, 22 : καὶ 6 Κύρως οὗ μὴ θραδύνῃ οὐδὲ μὴ parpolupoer ἐπ᾽ αὐτοῖς. Mais dans Eccli., οὗ µή est répété et le second verbe est au futur, équivalent au subjonctif, ἐπ αὐτοῖς désigne les adversaires; tandis que dans Le. ἐπ᾽ αὐτοῖς ne peut pas être pris au neutre {en cela, Loisy), et ne peut s'entendre que des élus. b) Le plus grand nombre, semblet-il, renonce donc à faire dépendre μακροθυμεῖ de ui; c'est une nouvelle phrase qui commence. Alors les uns (ὁ. Weiss) entendent μακροθυμεῖ dans son sens Le plus ordinaire de supporter avec longanimité : « et à l'égard desquels il se montre patient », donc non pas impatient comme le juge, mais ce sens aboutit à une banalité s’il s'agit du caractère de Dieu, ou à une subtilité obscure, si l'on
‘insinue que les élus avaient bien aussi leurs défauts, sur lesquels le v: 8b reviendra. D’autres entendent ce verbe au sens de tarder (Jül.) qui serait très impropre, et d'autres encore au sens de patienter. Nous l’entendons : et a-t-on le droit de dire à leur sujet qu'il est trop patient? Dieu se montrant patient envers les persécuteurs de ses élus, on pourrait croire que ceux-ci sont abandonnés. Le v. 82 va répondre que non. Cette patience de Dieu semble en contradic-
καὶ votés, καὶ μακροθυμεῖ ἐπ᾽ αὐτοῖς; SAéyo ὑμῖν ὅτι ποιήσει τὴν ἐκδίκησιν
+ + LS 3 Le RE Al , αὐτῶν ἐν τάχει. πλην 6 υἱὸς τοῦ ἀνθρώπου ἐλθων ἄρα εὑρήσει τὴν πίστιν |
tion avec la rapidité du jugement au v. 82, mais la contradiction n’est qu’apparente. Les élus trouvent le temps long (IT Pet, πι, 8-10). Qu'ils persévèrent à prier, la réponse viendra vite, si l’on veut bien l'entendre! Cette solution est la seule qui tienne compte de tous les éléments du texte, et son apparence paradoxale ne fait que la recommander puisqu’en somme il faut bien supposer que l’exaudition tarde (Field, les deux versions anglaises, ancienne et révisée). Ce n’est pas une amélioration de couper comme B. Weiss : « et tarde-t-il donc? » Et il n’est pas nécessaire de supprimer la difficulté en regardant καὶ μακροθυμεῖ ἐπ᾽ αὐτοῖς comme une glose de copiste empruntée à Eccli.
82) Il fallait une réponse positive à la question, précisément parce qu'elle posait implicitement l'objection de la patience de Dieu. Le jugement, quoi qu'on en pense, aura lieu ἐν τάχει, avec une promptitude qui est cependant mesurée par les desseins de Dieu. Ce sera encore tôt! Naturellement la promptitude n’est pas relative au temps où parle Jésus, mais à celui de la prière. Mais ce serait une échappatoire de traduire ἐν τάχει « d’un façon rapide », sous prétexte qu’un jugement longtemps différé peut être exécuté rapidement (God.). :
L'application de la parabole est terminée. À moins qu'on n’admette l'analyse de Jülicher, on ne saurait dire avec le P. Buzy (RB. 1917, p. 202) que « l'unique leçon essentielle et principale vise la persévérance chrétienne .dans la prière en général ». Ce serait une répétition de l'ami importun, avec ‘lequel la veuve eût dû faire couple. Iei ce qu'on nomme l’appendice est toute l'application. Loisy a vu beaucoup plus juste que Jülicher : « Si le juge injuste a fini par donner gain de cause à la veuve, à plus forte raison Dieu, qui est juste et bon, exaucera-t-il les prières qui lui seront faites avec persévérance par ses fidèles opprimés… Ainsi comprise, la parabole de la veuve est parfaitement équilibrée en elle-même, proportionnée à la lecon qu’on en veut déduire, et exempte de toute allégorie » (II, p. 186). Par exemple la veuve n’est certainement pas l’Église. J'ajouterais . cependant que l’idée de justice à faire est essentielle à la parabole dont elle . constitue la pointe spéciale.
80) Les termes sont clairs, la perspective mystérieuse, l’accent voilé de tristesse.
— πλήν comme souvent dans Le. indique une opposition mitigée. Il n'y aura pas de difficulté de la part de Dieu; mais les hommes? — Le Fils de l'homme est le Messie glorieux, et sa venue est l'avènement dont il a été parlé au ch. xvu, 22-37. |
— ëpa donne à l'interrogation plus de force. Il n'y a pas de réponse, mais que la question doive se poser, c’est déjà douloureux à celui qui va être immolé pour son œuvre, et la réponse prévue ne peut être que : Hélas! ou il n'en trouvera pas, ou elle sera bien rédnite. — La foi doit être celle qu'on lit toujours dans Le., la conviction que Dieu peut faire un miracle, qu'il le fera par Jésus, c'est-à-dire la foi en Dieu qui comprend une conviction sincère sur la mission de Jésus (ν, 20; vu, 9; vur, 25 etc.), foi qui dans les Actes sera plus ouvertement
qu'il se montre patient à leur sujet? $Je vous dis qu'il leur fera .justice promptement. ilais le Fils de l’homme, quand il viendra, {rouvera-t-il la foi sur la terre? »
la foi en 16 Seigneur Jésus (Act. nr, 16; xx, 945 xxiv, 24). Ce que les termesne disent pas clairement, c'est si cette absence de la foi viendra d’un insuccès ou d'une rechute. Mais si on les entend d’après d'autres endroits, c’est la seconde hypothèse qui est vraie. Aux derniers temps la charité diminuera (Mt. xx1v, 42), ce qui suggère aussi la diminution de la foi, à cause des difficultés plus grandes de ces temps (Μο, χιπ, 22), que Paul a caractérisées par la venue du fils de perdition {Il Thess. n, 3 $s.). Jésus avait déjà fait pressentir pour les temps de l’avènement une sorte d’oubli de Dieu (xvn, 26 55.). — Il est plus que difficile de relier étroitement ce demi-verset à ce qui précède. En effet, si les choses sont dans un si triste état, où trouvera-t-on sur la terre assez de foi pour prier Dieu avec la constance que suppose le v. 7? Il faudrait donc prendre le v. 7 au conditionnel : Dieu vengerait ses élus s'ils criaient, mais y aura-t-il alors assez de foi pour crier de la sorte? D'autre part cette manière implique contradiction dans l'hypothèse d'un contextè ctroit, car si le Fils de l'homme vient, c'est bien pour délivrer ses élus qui ont prié comme il faut. On doit donc renoncer à expliquer le v. 7 et le v. 82 par 8b. Ce n'est pas une raison pour conclure (avec J. Weiss, Jül. etc.) que c'est une réflexion suggérée à Le. par le triste état de l'Église. C'était le moment où la foi se répandaït, et les difficultés, que Luc connaissait bien, ne lui paraissaicnt pas, à lire les Actes, comme des obstacles décisifs à ses progrès. Mais on peut croire avec Buzy (4. L.) que ce demi-verset n'est qu'un fragment d'un discours plus étendu où la situation était mieux marquée, quelque chose qui répond aux textes de Μο. et de Mt. cités ci-dessus. A prendre le texte de Le. tel qu'il est, on peut supposer une légère pause avant πλήν. Tandis que les fidèles désireront voir un des jours du Fils de l’homme et ne le verront pas (χνπ, 22), ils pourront au contraire demander leur droit et l'obtenir, grâce à la foi qui animera leur prière. — Mais en sera-t-il toujours ainsi? ct le Fils de l'homme à son avènement, dans la perspective suprême, trouvera-t-il? etc. Ce qui ne l'empêéchera pas de venir, les temps étant révolus, et de surprendre le monde dans la situation indiquéé au ch. xvu, 26 58.
Il n’est pas sans intérêt de rapprocher de cette péricope une prière juive qui poursuit la vengeance du sang, plutôt que la délivrance des opprimés, mais avec une certaine ressemblance dans les termes. Deissmann (Licht vom Osten p. 314) a le premier expliqué correctement l'inseription n° 816 de la Sylloge de Dittenberger. Ce sont plutôt deux inscriptions de Délos, d’origine juive et non chrétienne, du nes. av. J.-C. et non du u° s. après. Voici la traduction de l’une d'elles : « J’invoque et j’adjure le Dieu Très-haut, le Seigneur des esprits et de toute chair, contre ceux qui ont tué par ruse ou empoisonné la malheureuse Héraclée morte avant le temps, qui ont versé injustement son sang innocent (ἐγχέαντας αὐτῆς τὸ ἀναίτιον αἷμα ἀδίκως), afin que le même sort atteigne ceux qui l'ont tuée ou empoisonnée ainsi que leurs enfants. Seigneur qui vois tout (et vous anges de Dieu), envers lequel toute âme aujourd’hui s'humilie avec supplication, afin que tu venges le sang innocent et que tu le poursuives AU PLUS TÔT.»
474 ÉVANGILE SELON SAINT LUC, Xvill, 9.
Prey δὲ καὶ πρὸς τινας τοὺς πεποιθότας ἐφ᾽ ἑαυτοῖς ὅτι εἰσὶν δίκαιοι nat τὴν παραβολὴν ταύτην. 0 Ανθρωποι δύο ἀνέ-