LE PHARISIEN ET LE PUBLICAIN
Plusieurs ont pensé que cette parabole terminait dans la pensée de Luc le discours eschatologique (Schanz, Holtz. Jül. ὅ. Weiss, Loisy), surtout à cause des derniers mots (v.14); l'élévation aurait lieu au jour du jugement, et de même l’hamiliation. Jésus aurait voulu inculquer l'humilité à côté de la foi (Schanz, B. Weiss, Kn.). Mais le v. 9 suggère plutôt un changement d'auditoire et une rupture du contexte; ni la parabole ni son application n'ont rien d'eschatologique. Luc laura donc placée ici soit parce que la tradition la plaçait à ce moment (Hahn), soit parce qu'il y est question de la prière comme dans 1-8. :
D'ailleurs ceux mêmes qui admettent un contexte eschatologique ne l'attribuent qu’à Luc et reconnaissent qu'il ne doit point servir à déterminer le sens de la parabole. Cette parabole est un exemple, comme celui du bon Samaritain. C’est à chacun d’en profiter, qu'il soit pharisien ou publicain; ce n'est donc pas une leçon donnée aux Pharisiens de ne pas se complaire en eux-mêmes et de ne pas mépriser les publicains, et il n’est pas question non plus de la justice légale des uns ni de la justification intérieure qui peut être le partage des autres (Buzy RB. 1917, 202 ss.). Ge n'est pas non plus une lecon sur cette qualité de la prière qui doit être l'humilité (B. Weiss), car la prière ne figure ici que pour manifester les dispositions intérieures (Jül.). Le thème est donc simplement qu’un pécheur pénitent est plus agréable à Dieu qu’un orgueilleux qui se croit
«ἨνΑΝΑΠΕ SELON SAINT LUC, xvIm, 10-14. 415
SIl dit aussi cette parabole à certains qui se croyaient assurés d’être justes, et qui méprisaient les autres : « {Deux hommes montèrent au Temple pour prier, l’un était pharisien, et l’autre publieain. {Le pharisien, debout, faisait en lui-même cette prière :
juste, c'est-à-dire, en concret, le thème abstrait de xvr, 15. Cette vérité est mise: en scène avec une maîtrise incomparable dans la personne d'un Pharisien et d’un publicain, bien qualifiés pour jouer les deux rôles. Il suffit de quelque droiture dans le sens religieux pour comprendre quelle est celle des deux attitudes qui plaft à Dieu, et le Sauveur conforme ce verdict de la conscience en nous faisant connaître celui de Dieu (J&l.).
9) εἶπεν δὲ καί, comme χιτ, 54; xIv, 12; xvi, 4, lorsque Jésus s'adresse en particulier à quelqu'un ou à un groupe, ce qui suppose ordinairement un changement dans le thème. — πρός ne signifie pas « contre », ni « au sujet de », mais vise, comme d'habitude dans Lc., les personnes auxquelles on s'adresse. Si l'on donne beaucoup d'importance à l’article devant πεποιθότας, c'est un groupe de personnes qui sont habituellement dans cette disposition (Jül.), d'où l'on conclura que ce sont les mêmes que dans xvi, 45, les Pharisiens. Cependant, si Luc ne 165 a pas nommés, c’est sans doute avec intention, et pour insinuer que la lecon devra servir à tous ceux qui seraient dans la même disposition. — ὅτι n’est pas « parce que » (Schanz), mais « que »; on n’affirme pas en effet que ces gens sont justes ; ils ont seulement l'assurance qu'ils le sont. La construction est seulement trop rapide, car πεποιθέναι semble d’abord signifier «s'appuyer avec confiance sur » comme dans Ἡ Cor. 1, 9, et il s’y glisse l'idée d’un fondement imaginaire, comme dans Ἡ Cor. x, 7: πέποιθεν ἑαυτῷ Χριστοῦ εἶναι. — δίκαιοι, cf. Is. Lvirr, 2, dans le sens de l'A. T., ceux qui observaïent la Loi. l fallait l’observer pour être juste, mais il ne fallait pas s’en croire. Ce serait déjà une erreur, même si l'on n’y joignait pas le mépris des autres. Si ces personnages confiants en eux-mêmes sont un groupe, « le reste » désignera ceux qui ne sont pas du parti. Même couple de la confiance en soi et du mépris des autres dans Am. 1, 6; ce sont des points corrélatifs. — ἐξουθενεϊν de la part de gens qui se croient supérieurs, αχ, 14; Rom. 1v, 3.10. La parabole, comme la précédente, est un cas typique dont on pourra faire l'application à d’autres personnes.
10) Le Temple était le lieu de la prière liturgique à des moments déterminés. (Act. mr, 4), mais la prière par excellence, le psaume avait souvent le caractère d'une effusion de l’âme envers Dieu, de sorte que chacun faisait au Temple même ses prières privées, comme en un lieu où l'on était plus sûr d'être exaucé (cf. Is. ντ, 7). — Le mot ἀνέδησαν opposé à κατέδη (v. 14) indique clairement que le Temple est un lieu élevé. Même opposition dans Josèphe (Ant. XIE, τν, 2 ἀναθὰς εἰς τὸ ἱερόν.., καταδὰς δαὐτὸς ἐκ τοῦ ἱεροῦ). Ces expressions étaient probablement consacrées, car au temps de Jésus on ne montait au Temple que de la basse-ville. — ὁ εἲς et 6 ἕτερος comme dans ντι, 41 ; xv1, 13.
11) σταθείς passif au sens intransitif comme στάς. On se tenait debout pour prier, HT Regn. vin, 55; Mt. χι, 23. Ce n’est donc pas un blâme. Néanmoïns si
Φαρισαῖος σταθεὶς ταῦτα πρὸς ἑαυτὸν προσηύχετο Ὁ θεός, εὐχαριστῶ σοι ο. " mo € Σ ο 2 , 4 ASS fn λ ὃτι οὐχ εἰμὶ ὥσπερ οἱ λοιποὶ τῶν ἀνθρώπων, ἅρπαγες, ἄδιχοι, µιοιχοί, à rai € En mn e F . 42 ef SY -- / 3 S 4 4 et
+ € s \ pa κ x κτῶμαι. 185 δὲ τελώνης µαχρὀθεν ἑστὼς οὐχ ἤθελεν οὐδὲ τοὺς ὀφθαλμοὺς
<a (Si
por τῷ ἁμαρτωλῷ. [λέγω ὑμῖν, χατέβη οὗτος δεδικαιωµένος εἲς
12. αποδεκατενω (Τ H Ύ) εἰ non αποδεχατω (8). 18. αντου (T 5 V) plutôt que εαντου (11).
l'on compare cette tenue correcte maïs raide avec celle du publicain (v. 18), on verra ici un trait pittoresque qui prépare bien la suite. — πρὸς ἑαυτόν simplement « en lui-même », oraison mentale et non liturgique — προσηύχετο n’est pas sans une pointe d'ironie; il priait comme le recommandait B. Berakot, 380 « quand l’homme sort de la maison de doctrine, il doit dire la prière suivante : Je te rends grâce, éternel, mon Dieu, de ce que tu m'aies associé à ceux qui sont dans la maison de doctrine, non à ceux qui sont assis dans les coins » (cité par Kiost.). De mème le Pharisien -croyait prier comme il croyait rendre grâce. Si vraiment il avait été assez humble pour voir en Dieu la vraie cause de sa justice, il ne l'aurait pas étalée au détriment des autres. Se met-il seul dans une catégorie (Aug. Holtz. etc.) ou y comprend-il les autres Pharisiens (Schanz, ο. etc.)}? Pour le moment il ne pense qu'à lui, sans faire des répartitions trop systématiques. Il se félicite de n'avoir pas les vices grossiers qui ne sont que trop communs parmi les hommes, et se juge en particulier bien supérieur au publicain; οὗτος ὁ avec une nuance de mépris (xv, 30). Schanz cite Pirge Aboth n, 13 : quando oras noli in precibus bona tua enumerare, sed fac preces misericordiarum et pro gratia impetranda coram Deo, comme si la lecon implicite donnée par Jésus était déjà contenue dans la doctrine des rabbins. Le texte dit seulement : « Que ta prière ne soit pas une chose fixée, mais de supplication en présence du Lieu » (pour Dieu) : ce qui suit: « ne sois pas pécheur devant toi seul » semble dire : confesse tes péchés devant les autres. — ἅρπαγες ne doit pas désigner ceux qui sont coupables de rapine (Beraubung, Jül.), autrement on aurait un decrescendo, mais ceux qui sont sans pitié quand 15 ont le droit pour eux (cf. Lev. xix, 48).
12) Le jeûne fut à l’origine un signe de deuil; on jeûna ensuite pour détourner la menace des fléaux et surtout pour obtenir la pluie. C'était une humiliation, ane mortification, d'où le nom de éa‘antth qu'il a dans les écrits rabbiniques. Quoique le jeûne fût en certaines occasions imposé à tout le monde, c'était aussi le fait des particuliers. Mais sans doute ils suivaient la règle qui ne fixait que deux jours par semaine pour éviter l’excès. Le Talmud de Babylone Ta‘anith 122) suppose qu’un particulier s'est imposé de jeùner toute l’année le undi et le jeudi. C'était sans doute un cas rare, aussi notre Pharisien pouvait-il e vanter de sortir de l'ordinaire.
0 Dieu, je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme 19 reste des hommes, rapaces, injustes, adultères, ou bien encore comme ce publicain. 126 jeûne deux fois la semaine, je paie la dîme de tout ce que j'acquiers. 1505 le publicain, se tenant à distance, n'osait mème pas lever les yeux vers le ciel, mais ilse frappait la poitrine, disant : O Dieu, pardonne au pécheur que je suis!
419 vous{le] dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt.
On choisissait le lundi et le jeudi (Didachè ο. 8 : Αἱ δὲ νηστεῖαι ὑμῶν μὴ ἔστωσαν. μετὰ τῶν ὑποχριτῶν' νηστεύουσι γὰρ δευτέρχ ααβδάτων at πέμπτη). D'ailleurs il y avait des jeùnes de la demi-journée ou de la journée entière, depuis le lever du soleit ou même en y comprenant la nuit. Tout dépendait de la convention que le parti- culier faisait avec Dieu, ordinairement par un vœu. — σάδδατον a évidemment ici le sens de semaine ; cf. Μο. αντ, 9; I Cor. xvi, 3.
κτῶμαι n'est pas πέκτημαι, et doit sans doute se prendre dans son sens propre d'acquérir. (La Vg. possideo s'explique par l'oubli de cette distinction dans la koiné; Field cite Argsop. Fab. Lxxxt πλὴν γὰρ τούτου τοῦ χαλκοῦ (sa trompette) où κτῶμαι ἄλλο). Cette fois le scrupule du Pharisien est vraiment excessif. Tobie si exact à payer les dîmes (Τοῦ. 1, 6-8) ne l’entendait d’après la Loi (Dt. τιν, 25. 28) que des γενήµατα; c'était comme les prémices des fruits du sol ou des animaux. Le Pharisien paie la dîme de tout ce qu'il achète, peut-être parce qu'il craint qu’elle n'ait pas été payée encore (cf. Dt. XV, 42 ss.). C’est beaucoup plus que l'exactitude déjà mentionnée σι, 42.
13) ἑστώς, moins significatif que σταθείς (v. 11) n'indique pas la position du corps, mais la situation éloignée, µακρόθεν, loin du Pharisien et par conséquent du lieu où se tenaient les personnes qui pouvaient prétendre à l'intimité du Seigneur. L'attitude du publicain est évidemment plus humble que celle qu’on prenait dans la prière; les textes de Lightfoot analogues au nôtre sont d’une époque basse. On priait en levant les mains vers le ciel (III Regn. vx, 29 ; I Macch. 11, 20), ce qui suppose qu’on levait les yeux; οὐδέ « pas même les yeux, encore moins les mains » (Holfz.) ou plutôt... οὐδέ... ἐπᾶραι, « pas même lever » (Jul. PL). C'est une attitude naturelle à ceux qui sont couverts de confusion; ‘ cf. Tac. Hisf. 1v, 72; Hén. xut, 5. — Battre la poitrine est surtout un signe de repentir, ef. ΧΧΙΠ, 48.
Le publicain s'adresse à Dieu comme le Pharisien, et secrètement, quoiqu'il n'ait pas hésité à montrer extérieurement sa confusion. — ἱλασθῆναι est un déponent passif avec le datif (commodi) de la personne, cf. Esth. τν, 47 ἱλάσθητι. +8 κλήρῳ σου. L’ art. devant ἁμαρτωλῷ n'indique pas le pécheur par excellence. IL se sent pécheur et ne se compare point aux autres.
144) Comment Dieu a-t-il envisagé ces deux attitudes? C'est ce que Jésus va nous dire, avec une certaine réserve voulue qu'il faut respecter. — rasé indique certainement une comparaison; mais, si l’on s'en tient au texte, elle porte surles deux personnes et non sur deux justices. On ne peut donc dire avec Buzy (RB. 1917, 206) : « Le pharisien avait sa justice légale, le publicain obtint sa.
EN -- ? - . ὉἩ € πὸν ofxoy αὐτοῦ παρ ἐχεῖνον ὅτι πᾶς ὁ
Προοσέοε D αὐτὸ var τὰ On στ ἰδέ δὲ ροσέφερον δὲ αὐτῷ καὶ τὰ βρέφη ἵνα αὐτῶν ἅπτηται' ᾖἰδόντες δὲ
: - CE 1 ? ο . D μαθηταὶ ἐπετίμων αὐτοῖς. 165 δὲ Τησοῦς προσεκαλέσατο αὐτὰ λέγων ᾿"Άφετε
y D? sr f 4 { À # L ’ -” 3 , ΄ N ο τὰ παιδία ἔρχεσθα, πρὸς µε καὶ μὴ χωλύετε αὐτά, τῶν γὰρ τοιούτων ἐστὶν ἡ
- CE As 4 pa 4 7 ο Ἱἁμῆν λέγω ὑμῖν, ὃς ἂν μὴ δέξητ αι την βασιλείαν τοῦ
ς παιδίον, où un εἰσέλθῃ εἰς αὐτήν.
justification intérieure. » Il n’y a qu'u upe justice i ici, et ce n’est pas non plus une question de degrés dans cette justice.
L'un, le publicain, le dernier nommé, est pardonné, il est agréable et juste aux yeux de Dieu; 601. IV Esdr. χα, 7 : δὲ énvent gratiam ante oculos tuos, et si iustificatus sum apud te prae multis. De mème que prae, παρά peut signifier non seulement plus que, mais « plutôt que », « de préférence à »; cf. Ps.-Sal. 1x, 17 où fpetiow τὸ σπέρµα ᾿Λθραὰμ. παρὰ πάντα τὰ ἔθνη, et Ps. xLv, 7 : ἔχρισέν σε... παρὰ τοὺς μετόχους σου (Heb. 1, 9). C'est nécessairement le sens ici, puisque la comparaison est entre deux personnes, non entre deux justices. Le publicain par sa prière est devenu agréable à Dieu plutôt que le Pharisien; c’est-à-dire que la prétendue prière de ce dernier n'a pas avancé ses affaires : tout ce qu’on peut dire c’est qu’il n’est pas condamné. Jésus en a fini avec son exemple. Il ne fait aucune application. La conclusion n'est pas que « Les pharisiens n'ont pas le droit de mépriser les publicains » (Buzy L. L.), car tous 165 publicains n'avaient pas cette humilité, on pourrait plutôt dire qu'il ne faut mépriser personne. Mais cette autre conclusion serait alors trop large.
Ce qui résulte de l'exemple pour tout le monde, et ce qu'il sera plus utile aux gens qui ont confiance dans leur justice de considérer, c'est que Dieu préfère un pécheur repentant à celui qui, ayant accompli plus que la loi, se décerne un brevet de justice.
149) Notre-Seigneur, qui aimait à inculquer l'humilité, a sans doute prononcé plus d’une fois cette sentence (xiv, 41 ; Mt. στης 19) qui est très bien approprite ici, car le publicain a donné tous les signes désirables d'humilité, contrastant avec l’orgueil du Pharisien. Le futur du second verbe (bis) peut bien renfermer une allusion au moment où toutes choses seront mises à leur vraie place, mais la tournure proverbiale suggère toutes sortes de circonstances, plutôt qu’une seule. IL faut être devin plutôt que critique pour dire avec Loisy : « Le rédacteur. songeait au grand avènement, et voyait dans le publicain le type des élus, dans le pharisien le type des damnés » (x, 193). Le commentaire récent de Klostermann (1919) ne semble rien soupconner de semblable.
45-17. Jésus AccüEILLE DES ENFANTS (Cf. Μο. x, 43-16; cf. Mt. xix, 13-15).
Luc suit Mc. de très près, surtout pour la pensée, car il omet certains traits des sentiments de Jésus.
16) Comme Μο., avec de légers changements, Gé au lieu de καί, d'autant que καί revient avant τὰ βρέφη. Ce mot indique un âge plus tendre que παϊδία, cepen-
que l'autre : car quiconque s'élève sera abaiïssé, et quiconque s’abaïsse sera élevé! »
150r on lui amenait même les petits enfants, pour qu'il les touchät; ce que voyant, Les disciples les réprimandaient. f6Mais Jésus les appela, disant : « Laissez les enfants venir à moi, et ne les empê- ᾿ chez pas; car le règne de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. 1En vérité je vous [le] dis : celui qui ne recevra pas le règne de Dieu comme un enfant n’y entrera pas. »
ISEt un certain personnage l'interrogea, disant : « Bon Maïtre,
dant il est ici synonyme, puisque ces enfants peuvent s'approcher. « Même » des enfants, c'est-à-dire non pas seulement des malades. On pensait que le contact de Jésus leur porterait bonheur. — ἅπτηται au lieu de ἄφηται et ἐπιτίμων au lieu de ἐπετίμησαν, probablement pour marquer une situation qui se prolonge jusqu’à l'intervention de Jésus.
16) Cette intervention se produit par προσεκαλέσατο, qui manifeste suffisamment pour Le. les sentiments de Jésus, aussi ne mentionnera-t-il ni son indignation (contre les disciples) ni ses gestes tendres et bienveillants. Le tableau était suffisamment esquissé pour placer les paroles du Maître. Le texte est comme dans Μο., sauf le καὶ ajouté devant µή κχωλύετε (la seule ressemblance avec Mt.
contre Μο.) où il était indispensable en dehors du style parlé de Mc. — τῶν τοιούτων, d’après Schanz, à cause de l’article, d'autres enfants de même sorte. Ce sont les enfants comme tels qui seraient recommandés à la sollicitude des Apôtres. Mais ce sont plutôt ceux qui ressemblent aux enfants par leurs sentiments (PI. etc.), et les enfants eux-mêmes, puisqu'ils servent de type.
17) Textuellement comme Μο., auquel est dû probablement que Le. met ἁμήν devant λέγω ὑμῖν, ce qui ne se trouve qu’une fois (x, 37) dans la section qui lui est propre (τς, 51-xvut, 14).
48-27. DANGER DES RICHESSES; CE QU'ON GAGNE EN Y RENONÇANT (Μο. x, 47-27; Mt. xx, 16-26).
L'épisode du riche suit l'accueil fait aux enfants comme danc Mc. et dans Mt. La péricope peut se subdiviser : épisode du riche, morale sur le danger des richesses; cependant dans Lc.,la distinction est moins aisée, parce que le départ du riche n’est pas mentionné εί qu il évite de mettre en scène les disciples. À cela près il suit Mc. de très près, sauf de menus points de style et le retranchement des sentiments et de leurs manifestations extérieures. Dans Mc. on sortait, le riche court et se prosterne, Jésus 16 regarde et l'aime, Le riche fait la grimace et s’en va, les disciples sont stupéfaits, de plus en plus saisis, Jésus les regarde encore : tout cela est supprimé. C’est bien la maniëre de Le. de conserver très exactement les faits et l’enseignement dans une sorte d'état abstrait, sans s'attacher au mouvement concret de. la vie.
18) Au lieu de εἷς (Mc. Mt.) dans le sens de τίς, ce qui était peu grec (cf. héb. SOS), Le. écrit τὶς ἄρχων, pour indiquer une position sociale distinguée, que suggérait d’ailleurs clairement l'épisode lui-même. Luc ne nous dit pas que l’on
480 ÉVANGILE SELON SAINT LUC, xvut, 19-9 22.
ζωὴν αἰώνιον Ἀληρονομήσω; Ἰδεἶπεν δὲ αὐτῷ 6 Ἰποοῦς Τί pe λέγεις ἀγαθὸν; οὖδεὶς ἀγαθὸς εἰ μὴ εἲς ὁ θεός. " τὰς ἐντολὰς οἶδας M µοιχεύσε, Mn φονεύσης, MA Ἀλέφῃς, Μὴ φευδομαρτυρήσης, Τέμα τὸν πατέρα σου Aa τὴν μητέρα. ὁ δὲ εἶπεν Ταῦτα πάντα ἐφύλαξα Ex νεέτη-
τος. «Σάλούσας δὲ ὁ ᾿Ιησοῦς εἶπεν αὐτῷ "Ent ἕν σοι λείπει πάντα ὅσα ἔχεις πώλησον nai διάδος πτωχοῖς, Καὶ ἕξεις θησαυρὸν ἐν οὐρανοῖς, καὶ δεῦρο ἀχολούθει por. "5 δὲ ἀκούσας ταῦτα περίλυπος ἐγενήθη, ἦν γὰρ. πλούσιος σφόδρα. 3 Ἰδὼν δὲ αὐτὸν ὁ Ἰησοῦς εἶπεν Ἠῶς δυσκόλως οἱ τὰ ρήματα ἔχοντες εἰ 35 Υάρ ἐστιν χάμηλον
À tx Tohuatos βελόνη À πλούσιον εἰς τὴν βασι-
ω [0] à a Ρο ορ mn st €
21. om. µου p. νεοτητος (T H) ou add. {S Y). 22. om. τοις 4. oupavats (T 5 V) plutôt que add. (H).
sortit d'une maison où il ne nous avait pas fait entrer (mais Μο. x, 10), et ne montre pas l’empressement qu'on peut nommer juvénile, du riche qui court et se prosterne devant Jésus. — Le participe ποιήσας selon le style de Le. qui coordonne.
19) cf. Com. Marc.
20) Les Gommandements comme dans Μο., sauf l'omission de μὴ ἀποστερήσῃς qui était dans leur esprit, mais non dans le texte de la Loi, et la place de μὴ µοιχεύσης avant μὴ φονεύσῃς, selon l’ordre de B des LXX (Ex. xx, 13 s. ; Di. v, 17 5.) et du papyrus Nash (RB. 1904, 245); cf. Rom. xui, 9; Jac. 1, 41; PxILoN, Dec. x, 24. — Le commandement relatif aux parents était à rappeler plutôt à un homme jeune encore. |
21) D'autre part, ἐκ νεότητος semble indiquer un certain âge, et la prohibition de l’adultère ne regardait guère un très jeune adolescent. Et cependant il est impossible de supposer que Mt. a tiré son νεανίσχκος des deux mois en apparence contraires de Μο. et de Le. Peut-être peut-on supposer que le riche, encore jeune, et un peu étourdi, ne pense qu’au dernier commandement qu’il à observé depuis sa tendre jeunesse. Il ne manque pas de jeunes gens de trente ans qui parlent de leur jeunesse. — ἐφύλαξα comme Mt.; l'expression est plus claire que ἐφυλαξάμην (Me.).
22) Le. omet le regard et le sentiment de Jésus; cependant l'amour de Jésus nous éclaire sur son exigence. Le riche a observé les commandements el il est donc en règle pour parvenir à la vie éternelle, selon la doctrine même de Jésus dans Le. x, 28. Ici le maître va demander davantage parce qu'il destine l'inconnu à un rôle dans l'établissement du règne de Dieu; c’est ce que Mi. a mis en clair : « Si tu veux être parfait ». Luc ἃ cru sans doute qu'il n'y avait pas de doute possible, précisément à cause de son récit antérieur (x, 28). I n'y a pas ici d'opposition entre la justice de la Loi et la justice évangélique (Loisy, π, 348), mais plutôt comme 16 dit Loisy (même page), le Sauveur « ouvre à
que dois-je faire pour obtenir la vie éternelle? » 1 Jésus lui dit : « Pourquoi m'appelles-tu bon? Personne n’est bon, si ce n’est Dieu seul. ? Tu connais les commandements : tu ne commettras point d’adultère; tu ne tueras point; tu ne voleras point; tu ne porteras point de faux témoignage; honore ton père et ta mère, » *!Mais lui dit : « J'ai observé tout cela dès la jeunesse. » 2 Ayant entendu {cette réponse], Jésus lui dit : « Ἡ te manque encore une chose : Vends tout ce que tu possèdes; et distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux; et viens, suismoi. » #Mais lui ayant entendu cela devint triste; car 1] était très riche. | #L’ayant vu [ainsi] Jésus dit : « Combien malaisément ceux qui possèdent la richesse entrent-ils dans le royaume de Dieu! 15 Π est plus facile à un chameau d'entrer par le chas d’une aiguille qu’à un
son désir de perfection une carrière plus large que celle des devoirs ordinaires ». Naturellement la distinction n'est pas posée dans les termes scolastiques de préceptes et de conseils, d'obligation et de surérogation, mais dans la situation concrète d'un appel à suivre Jésus qui recrutait des ouvriers pour établir le règne de Dieu. — Au lieu de ὑστερεῖ Le. dit λείπει, classique dans le sens de « faire défaut »; il ajoute πάντα, terme qu'il affectionne, et emploie un verbe composé, διάδος.
Le trésor dans le ciel n'est pas simplement synonyme de la vie éternelle. C’est un avantage particulier acquis dès le moment où l’on s’est dépouillé, car le cœur s'élève d'autant (χα, 33; cf. xvi, 9).
23) C’est 16 texte de Mc. sans la mise en scène et avec l'expression simple-
‘ment rationnelle « très riche » au lieu de ἔχων χτήµατα πολλά (Μο. αἱ Mt.), « un gros propriétaire », |
24-27) Le. n'a pas dit que le riche fût parti. Il lui suffisait que Jésus ait constaté son chagrin pour que la lecon puisse être donnée. Il s'occupe peu des sentiments des auditeurs qui ne changent rien à la doctrine. Peut-être aussi a-t-il évité d'attribuer cette sorte d'étonnement à des hommes pauvres et surtout à des disciples, qui avaient tout quitté et qui devaient savoir pourquoi. Quoi qu'il en soit, Le. passe.
24) Ἰδὼν δὲ αὐτόν remplace καὶ περιθλεψάµενος qui s'entend des disciples. Noter que au lieu du futur (Mc. et Mt.) Le. dit εἰσπορεύονται, car le règne de Dieu existe déjà (αι, 20; xvir, 21), et Jésus avait proposé au riche d'y entrer, en se faisant un peu violence (xvi, 16).
25) Le v. 24 de Mc. est bien intéressant pour comprendre avec quelle insistance, sans craindre de se répéter, Jésus formait ses disciples; mais Le. passe aussitôt à l’image qui grave l'enseignement. Au lieu de διὰ τῆς τρυμαλιᾶς, mot vulgaire, διὰ τρήµατος (comme Mt.), οἱ au lieu de ῥαφίδος (Μο. Mt.), βελόνης terme classique (οἱ. Introd. p. οχΠ).
282 e ÉVANGILE SELON SAINT EUC, XVIN, 26-29.
ο . xs ο 2 .
εἰσελθεῖν. 0 εἶπαν DE οἱ ἀχούσαντες Kai τίς δύναται σω-
Χείαν Toi ὓὂ ε θῆναι; 276 δὲ εἶπεν "Τὰ ἀδύνατα παρὰ ἀνθρώποις δυνατὰ παρὰ τῷ θεῷ ἐστίν. 2 [εἶπεν δὲ 6 Πέτρος ᾿Ιδοὺ ἡμεῖς ἀφέντες τὰ ἴδια ἠκολουβήσαμέν σοι. 3 ὁ δὲ εἶπεν αὐτοῖς ᾿Αμὴν λέγω ὑμῖν ὅτι οὐδεὶς ἔστιν ὃς ἀφῆγεν οἰχίαν ἢ γυναῖκα À ἀδελφοὺς À γονεῖς À τέκνα elvene τῆς βασιλείας τοῦ θεοῦ, 30 ἐς οὐχὶ ph ἀπολάβῃη πολλαπλασίονα ἐν τῷ παιρῷ τούτῳ χαὶ ἐν τῷ αἰῶνι es οχομιένῳ Éwnv αἰώνιον.
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31 [[zsahaBwv δὲ τοὺς δώδεκα εἶπεν πρὸς αὐτούς «᾿Ιδοὺ ἀναβαίνομε ν εἰς
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vid τοῦ ἀνθρώπου" 3 παραδοθήσεται γὰρ τοῖς ἔθνεσιν καὶ ἐμπαιχθήσεται καὶ
+ , 2 Nu ; -- , … ὑβρισθήσεται καὶ ἐμπτυσθήσεται, ὃδ καὶ μαστιγώσαντες ἀποκτενοῦσιν αὐτόν,