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{0. om. ο a. Inoous (H) ou add. (Τ 5 V).
la Passion, car il a noté les crachats {qu’on retrotive dans Mc. au couronnement d’épines), et la flagellation, deux faits dont sa Passion ne parle pas. En tout cas on voit ici combien il est injuste de l’accuser d’avoir mis les Romains hors de cause. D'après ce passage, et s’il était seul, les Juifs n'auraient d'autre responsabilité que d’avoir livré Jésus. IL a ajouté ὑδρισθήσεται, terme général; τῇ ἡμέρα τῇ τρίτη (Cf. Mt.), terme plus précis comme traduction des faits que μετὰ τρεῖς Ἠμέρας (Μο,); cf. sur 1x, 22. On peut mesurer ici la fidélité de Le. à sa source, et la liberté qu'il prend pour la rédaction.
34) Cette ininteiligence des Apôtres figurait déjà ας, 45 en parallèle avec Μο, Ici elle est propre à Le., et remplace peut-être dans sa pensée l'épisode de la demande des fils de Zébédée. On comprend ainsi l’état d'esprit des disciples d'Emmaüs (xxiv, 20 ss.). Le v. est conçu selon une sorte de parallélisme à trois membres, le premier étant expliqué par les deux derniers.
35-43. GuÉRISON D'UN AVEUGLE A JÉRICHO (Me. x, 46-52; cf. Mt. xx, 29-34).
Omettant la demande des fils de Zébédée et l'instruction importante qui la suit dans Mc. x, 35-45, Le. retrouve Me. à propos de l’aveugle de Jéricho, mais il place sa guérison avant d’entrer dans cette ville et non à la sortie. Difficulté célèbre (sans parler de Mt. qui met deux guérisons d’aveugles à la sortie). Si l'on estime que ces deux circonstances sont enseignées par l’auteur sacré il faudra admettre deux aveugles et deux guétrisons, l’une à l'entrée οἱ l’autre à la sortie. Mais si l’on reconnaïit avec Mald. et la communis sententia (d'après Schanz) que le miracle est le même dans Le. et dans Μο,, ce qui est l'évidence même, autant qu’on peut l’avoir en pareille matière, on n'aura pas recours à l'échappatoire d’un aveugle qui supplie à l’entrée et qui est guéri à la sortie (Schanz), car ce serait faire violence non pas à un texte, maïs à tous les deux. On dira plutôt avec M. Brassac (Manuel Biblique ΤΠ, xur° éd. p. 400 nole) que « peu
δΕί ils ne comprirent rien de cela, et cette parole leur était cachée, et ils ne savaient pas ce qu'il leur disait. %5 Comme il approchaït de Jéricho, il advint qu'un aveugle était assis au bord du chemin, demandant l’'aumône. #Entendant passer la foule, il demanda ce que c'était. 37 On lui annonça : « C'est Jésus de Nazareth qui passe. » Et il s'écria : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi! » Et ceux qui marchaient en avant le réprimandaient, afin qu'il se tût. Mais lui criait beaucoup plus fort : « Fils de David, aie pitié de moi. »
Et Jésus s'étant arrêté ordonna qu'on le lui amenâät, et lorsqu'il
se fut approché, il l’interrogea : #« Que veux-tu que je te fasse? » Il dit : « Seigneur, que je voie! » Et Jésus lui dit : « Vois. Ta foi l’a sauvé. » Et aussitôt il vit, et il le suivait, glorifiant Dieu. Et tout le peuple à cette vue donna des louanges à Dieu.
soucieux de préciser les détails (les évangélistes) placent indifféremment la guérison avant l'entrée de Jéricho ou après la sortie de cette ville », ou plutôt encore on remarquera que l’exégèse admettant couramment que les évangélistes n'ont pas toujours placé les faits selon leur ordre, chronologique, il ne s’agit en somme ici que d’une question d'ordre, comme dans la tentation du Sauveur (entre Le. et Mt.). Ce n’est donc point ici une question de vérité de l'enseignement divin ou de notion catholique de l'inspiration, mais de la conception de l'histoire évangélique, où l’ordre des faits n’est point toujours affirmé par l’autorité des évangélistes et de l'Esprit-Saint.
Mais pourquoi Le. s'est-il écarté de Μο. Ce n'est pas « afin d'expliquer la présence de la foule autour de Jésus, dans Jéricho » (Loisy, τι, 248), puisque l’aveugle s'aperçoit déjà du mouvement de la foule. Ce n’est pas non plus de peur de troubler la suite de son récit, qu’il eùt pu ordonner autrement. C'est plutôt parce que ses renseignements lui ont fourni cette précision; tandis que Μο. qui n'a rien à dire sur Jéricho que ce miracle, l'a placé au sortir de la ville sans garantir autrement le moment précis, comme dans tant d'autres cas. Son texte équivaut à dire : « Au sortir de Jéricho », dans la direction de Jérusalem, à un point qui pouvait être l'entrée de Jéricho en venant de ‘Aïn- Doug. La tradition avait peut-être retenu l’endroit mieux que les circonstances précises. Ceux qui admettent si facilement que Mt. a bloqué deux aveugles à la sortie reconnaissent implicitement qu'il n'exprime pas exactement la réalité (adiuncta eventuum.non adeo accurate refert, Kn.). Pourquoi ne pas en dire autant de Mc. ou de Le.?
35) Dans le texte de Le., rien n'indique à ce moment un voyage en Pérée. D'après χνη, 44, Jésus a pu descendre dans la vallée du Jourdain entre Galilée et Samarie vers Beisan, et continuer dans la direction du sud. D'après Jo. x1, 54, venu à Béthanie il s'était retiré à Éphrem. Si Éphrem est Tayebeh, Jésus pouvait venir à Jéricho par ‘Aïn-Douq. Une seule chose est certaine, c'est que
ἐγγίζειν ne signifie pas seulement la proximité, mais l'approche -pour entrer (Mald.). Le nom de l’aveugle donné par Mc. est passé sous silence, mais le signalement est le même et permet de conclure à l'emprunt liftéraire, avec ἐπαιτῶν (cf. xvi, 3) au lieu de προσαίτης : l'adjectif (Μο.) se comprend mieux comme apposition au nom, le partic. (Lc.) comme apposition au verbe.
36) Les aveugles s'installent le Ίος des routes surtout quand ils pressentent un certain concours de peuple. Mais rien ne faisait prévoir l’arrivée de Jésus avec beaucoup de monde. L'aveugle ne sait ce qu'est ce bruit. Le trait est pittoresque, mais nécessaire à l'intelligence des faits. Ἡ vient au bon moment, tandis que dans Μο. la foule est indiquée dès Le début. C'est un cas, peut-être unique, où Le, est plus détaillé et plus vivant que Μο. D'ailleurs c’est son style, διαπορευοµένον (vi, 1; ΧΗΙ, 22) πυνθάνομαι seulement dans Le. ct Act. sauf Mt. τε, ἆ et Jo. 1v, 52 pour le Ν. T.; cf. ἐπυνθάνετο τί ἂν εἴη ταῦτα (xv, 26), mais ici sans ἄν parce quel’aveugle ne demande pas ce que cela peut bien être, puisque le cas n’est pas tellement Ctrange, mais ce que c’est (PL). L'interrogation est d'ailleurs plus naturelle à l'entrée qu’à la sortie. )
37) ἀπήγγειλαν, Cf. vi, 30. — Ναζωραῖος est la forme courante de Ec. dans Actes, que Mc. n'emploie jamais. C’est la transcription grecque de ‘za, adj. gentilice qui suppose une forme n'y, avec le changement d’ailleurs étonnant de y en ζ. De fait on trouve dans la version syr. palest. (ms. Α) la forme ny: (Dacman, Aram. Gram. p. 178).
38) Le nom de Jésus de: Nazareth évoque aussitôt pour l'aveugle l’idée du Messie; seuls les miracles de Jésus avaient pu faire naître la conviction populaire, puisqu'il n'avait extérieurement rien du Messie; aussi l’aveugle demande un miracle. Assurément l’origine davidique du Sauveur pouvait être connue, mais l’insislance à se servir du nom.Fils de David indique quelque chose de plus. Ce fait prélude, dans la pensée des évangélistes, à la manifestation des Rameaux.
39) οἱ προάγοντες fait image, en harmonie avec le thème de Le. qu'on approchaït de la ville. — σιγάω dans Le. et Paul seuls pour le Ν. T., au Heu de σιωπάω (Me. Mt. Le. Ν. Τ.).
40) Nous retrouvons ici les rapports ordinaires entre Mc. et Le. Dans Me. on ne soupconnerait pas par cet endroit que aveugle a perdu la vue; Jésus l'appelle : comment viendra-t-il? On l’encourage, il jette son manteau et se précipite. Dans Le. Jésus donne l’ordre qu’il soit amené; c’est précisément ce qu'exige la situation d'un aveugle.
44) Même style sage et méthodique. Jésus ne répond pas (Me.), il interroge. — Χθριε, au lieu de ῥαδδουνεί.
42) Comme Μο., en remplaçant ὅπαχε, naturel mais vague, par ἀνάθλεφον qui est le miracle demandé.
49) 7 παραχρῆμα Le. seul dans le N.T. sauf Mt. ντι, 19.90. L’aveugle suit, comme dans Μο., mais non plus « dans la route », puisqu'on va entrer en ville. En revanche Le. ajoute qu'il glorifiait Dieu, comme v, 25; x, 13; xvn, 15 de personnes guéries. Les autres joignent leurs louanges, comme v, 26; χπι, 17.