LA PARABOLE DES MINES (cf. Mt. xxv
On se demande souvent si la parabole des mines est la même que celle des talents (Mt. xxv, 14-30). Pour l'unité, tous les exégûtes non catholiques (même Hahn) sauf Plummer. Parmi les catholiques, après Ambroise; Maldonat qui croyait (à tort) que c'était de son temps l'opinion de tous : Quia ab omnibus recentioribus etiam auctoribus eadem esse dicitur. De nos jours ni Knabenbauer ni même Schanz n’admettent l'unité. Les catholiques objectent surtout la différence des circonstances dans lesquelles est encadrée chaque parabole et les divergences réelles, même dans le but. Le premier argument n’a aucune valeur si l'on tient compte de la façon dont sont répartis dans tant d’autres cas les épisodes ou les paraboles. Il suffit de dire avec Mald. : Quod ergo Lucas ulio loco et tempore quam Matthaeus propositam fuisse indicat novum non est, ul Evangelistae in loci ac temporis circumstantiis discrepare videantur, dum summae rei gestae non ordinis ac temporis ralionem habent. Peut-on dire en outre avec le même Mald. que les divergences sont le fait des évangélistes : in caeteris vero rebus, quibus videntur dissidere, non Christi verba, sed totius parabolae sensum eæplicare voluerunt? D'après Knab. cela répugne fidelitati illi qua vera Christi et res gestas ab evangelistis ad nos esse lransmissa omnino assumi debet (Luc, p. 527). Mais cette raison absolument a priori (assumi debet) s'impose-t-elle ici? S'il faut concéder aux conservateurs que le Christ a pu prononcer deux paraboles semblables, ils doivent concéder aux critiques que les mêmes paroles
dit : « En ce jour le salut est venu pour cette maison; parce que lui aussi est un fils d'Abraham. Car le Fils de l’homme est venu pour chercher et pour sauver ce qui était perdu. »
ont été reproduites d'une façon assez différente par des traditions très autorisées. Ce qui importe uniquement c'est de n'aitribuer ni à l'arbitraire des évangélistes, ni à l'instinct de Ja tradition de véritables interventions qui changeraient le sens de la parabole et son explication. En cas de divergences, si l’un des deux évangélistes a moins que l’autre, on admet très facilement qu'ils racontent le même fait, pourvu que la critique ne prétende pas que le plus a élé ajouté à la tradition authentique. C’est précisément le cas ici. Si les deux paraboles ne comprenaient que ce qui est relatif aux mines et aux talents, personne sans doute ne refuserait de reconnaître l'identité, tant les circonstances accessoires dissemblables ont peu d'importance: Dans les deux paraboles on voit un maitre mettre à l'épreuve la fidélité et l’activité de ses serviteurs. Ἡ récompense magnifiquement le travail, et punit la paresse sévèrement. On comprend qu'il en sera de même du Christ, lorsqu'il reviendra pour juger les hommes. Dans Mt. il n’y a rien de plus; le départ du maître est quelconque et n’est guère que la condition nécessaire à une gestion des biens en son absence.
Dans Luc ce départ est le point principal. La parabole est proposée pour qu'on comprenne bien que le Christ ne doït pas se manifester tout d'abord. Ἡ ne vient pas; il va s'éloigner plutôt, condition nécessaire pour qu’il revienne. Dans l'intervalle ses adversaires le combattront ; ce sera à ses serviteurs de travailler pour lui. Revenu maître de la situation, il punira sévèrement les grands coupables, mais ne se montrera pas indulgent pour la paresse des siens. Le tableau de Mt. est le plus connu, et comme il a insisté sur ce qui regarde tout le monde, la lecon qui se dégage de son texte est la plus utile. Néanmoins ce n'est que la moitié d’un diptyque qui contient toute la perspective du règne de Dieu. :
Le plus grand nombre des critiques voit dans le plus de Luc de véritables additions, ou composées librement, ou empruntées à une source antérieure, ou même (Harn. Wellh.) il y aurait deux paraboles fondues en une seule. Ce dernier système permettrait de reconnaître l'authenticité du tout, mais en sacrifiant une unité très imposante. Luc n’a certainement pas transformé arbitrairement unc parabole pour expliquer à ses contemporains le retard de la parousie; ce n'est ni selon son programme ni selon sa méthode. Et supposer une source antérieure ce n'est pas expliquer comment on est venu à ce bel ensemble. Il à iacontestablementun caractère allégorique, mais nous n'en sommes pas à refuser au Sauveur toute parabole de ce genre. Le thème n’est pas d’ailleurs le retard de la parousie, mais la nécessité pour le Christ de s'éloigner avant de venir pour juger; le but est de dissiper des illusions sur le caractère du règne de Dieu. C’est ce que Jésus a dû faire bien souvent.
Nous conclurons done qu'il a proposé la parabole telle qu’elle est dans Luc. D'ailleurs il n'y a entre les deux textes aucune dépendance littéraire. Il y à dans un sens très large une source commune, qui est la parole de Jésus; mais Le. n’a employé la rédaction de Mt. ni en elle-même, ni dans un document
IL'Axouivroy δὲ αὐτῶν ταῦτα προσθεὶς εἶπεν παραβολὴν διὰ τὸ ἐγγὺς εἶναι Ἱερουσαλὴμ, αὐτὸν καὶ δοχεῖν αὐτοὺς ὅτι παραχρῆμα μέλλει ἡ βασιλεία τοῦ θεοῦ ἀναφαίνεσθαι |’ εἶπεν οὖν ”Ανθρωπός τις εὐγενῆς ἐπορεύθη εἰς χώραν μαχκρὰν λαβεῖν ἑαυτῷ βασιλείαν at ὑποστρέφαι. 9 καλέσας δὲ δέκα δούλους ἑαυτοῦ ἔδωκεν αὐτοῖς δέκα μινᾶς καὶ εἶπεν πρὸς αὐτοὺς πραγματεύσασθς ἐν ᾧ ἔρχομαι. FO δὲ πολῖται αὐτοῦ ἐμίσουν αὐτόν, καὶ ἀπέστειλαν πρεσβείαν ὀπίσω αὐτοῦ λέγοντες OÙ θέλομεν τοῦτον βασιλεῦσαι ἐφ᾽ ἡμᾶς.