VI. RÉSURRECTION ET ASCENSION, XXIV
C'est ici que Luc nous instruit le plus fortement de ne pas attacher trop d'importance aux apparences chronologiques de son récit. Qui ne croirait qu’il a voulu placer l’Ascension au soir de la résurrection, s’il ne s'était lui-même expliqué dans les Actes? Et si l’on traitait son cadre comme rigide, où trouverait-on à y placer les apparitions en Galilée
‘dont parlent Matthieu et Jean?
Avant de le regarder comme un historien qui met les faits bout à bout dans l’ordre chronologique, et bien résolu à n’en omettre aucun, il faudrait avoir réussi à réduire selon ce canon toute cette analyse de son livre, en le comparant de plus aux autres évangélistes. Manifestement dans sa notion d'écrire avec ordre il inclut le développement vraisemblable des faits, tel que l'historien doit le conclure des renseignements qu'il a recueillis. Et l'historien qui compose de la sorte aboutira peutêtre à un arrangement moins près de la réalité que l’humble chroniqueur qui met tout à la suite. Mais peut-être donnera-t-il une image plus exacte, comme lorsque Luc s’y prend à quatre fois pour montrer la haine des Scribes aboutissant à une condamnation à mort 4n peëlo (ντ, 11; ΧΙ, 54; xIx, 47; xx, 19).
Mais il suffit i ici d’avoir constaté ce que suggère le plan de Luc à qui veut se rendre compte de sa méthode d'écrire l’histoire.