κτησασθε (1 8 V) et non κτησεσθε (H
n'est pas, à un certain degré, le fait de tout le monde. La sagesse vient après, en tant qu'exprimée par la parole. On ne saurait dire que ἀντειπεῖν se rapporte à στόμα (PL), puisque les deux verbes dépendent de ᾗ, marquant l'impuissance soit à trouver des raisons contre, soit à les exprimer par la parole. Cf. Act. vi, 40 : καὶ oùx ἴσχυον ἀντιστῆναι τῇ σοφἰᾳ καὶ τῷ πνεύµατι ᾧ ἐλάλει, de saint Étienne, et Act. 1v, 44 : οὐδὲν εἶχον ἀντειπεῖν. — ἀντικείμενοι, cf. χπι, 47, seuls cas dans les évangiles, mais I Cor. £vr, 9. |
16) Le. continue le discours direct adressé aux disciples, ce, qui lui permet de restreindre la proposition générale (θανατώσουσιν) à quelques-uns (ἐξ ὑμῶν). Dès lors aussi le sujet de ce verbe est plus clairement distinct que dans Μο. de ceux qui livrent les disciples. La désignation du frère et du père comme. échantillons (Μο.) est remplacée par une énumération descendante qui commence par les père et mère, précédés d’un καὶ qui signifie « même », tandis que les autres sont simplement copulatifs.
17) Textuel comme Mc. Il ne s'agit pas d'une haine actuelle de chacun des hommes envers tous les chrétiens, mais, comme dit Cajetan : significatur contrarielas professiontis christianae ad vitam et professionem omnium aliorum, quae est fundamentum odii in aliis erga Christianos. C’est un devoir pour le chrétien de diminuer cette haine pour amener les hommes au christianisme en dissipant les préjugés, mais sans dissimuler les exigences de la morale et de la foi.
18) Propre à Le., et très difficile à concilier avec l'annonce des martyres (v. 16). L'expression est proverbiale (Act. Χαντ, 34; 1 Regn. xiv, 45; Il Regn. χιν, 145 ΠΙ Regn. I, 52), οἱ signifie : vous n'aurez pas à déplorer le moindre mal dans votre personne. Le verset suivant l'explique : rien ne compte que le salut de l'âme, comme cela a été dit déjà (xrr, 4 ss., spécialement v. 7). Il faut donc entendre le proverbe au sens sprirituel (Schanz, PI.). L’étonnant est que cette idée soit exprimée au moyen d’un proverbe relatif à une partie du corps. Probablement Le. envisageait la résurrection. Il ne serait peut-être pas trop subtil de distinguer le sens de Act. xxvrr, δὲ: un cheveu d'aucun de vous ne sera perdu, c’est-à-dire détaché de sa tête, ἀπὸ τῆς πεφαλῆς (cf. les passages cités de l’A. T., tomber de la tête), et le sens du v. 18 : un cheveu détaché de votre tête ne périra certainement pas, οὗ µή avec le subj. aor. dans le sens du futur, avec une certaine emphase. En perdant la vie, vous n'avez même pas perdu un cheveu, tout se retrouvera dans la résurrection avec une vie nouvelle. — D'autres suppléent : sans la permission de Dieu (Hahn), ou l'entendent des communautés chrétiennes par opposition au petit nombre des martyrs (J. Weiss) :
saires. 15Et vous serez livrés mème par des pères et mères et des frères, et des parents, et des amis, et on fera mourir quelques-uns d’entre vous, !’et vous serez haïs de tous à cause de mon nom. 18 Et pas un cheveu de votre tête ne périra. Sauvez vos âmes par
. votre patience !
2 Or lorsque vous verrez Jérusalem entourée par des armées,
alors sachez que sa désolation est proche. 3 Alors que ceux qui seront en Judée fuient vers les montagnes, et que ceux qui seront
ou des premiers confesseurs sortis indemnes des tribunaux (Holfz.). Mais tout cela est arbitraire et peu en harmonie avec le contexte. D’après saint Épiphane, Marcion avait effacé ce verset; quelques modernes l'ont imité, contre toutes les règles de la critique. |
19) D'après Holfz., J. Weiss, Loisy etc. vous aurez sauvé votre vie; après le danger de la comparution devant un tribunal, ce sera comme une vie nouvelle. Alors on entend ὑπομονή dans le sens d'endurance : « celui qui aura eu la patience d'attendre la fin sans se décourager » (Loisy Il, 416), au lieu de résister à main armée (J. Weiss). — Mais on ne doit pas oublier que les disciples sont devant les tribunaux; il faudrait donc que ὑπομονή signifie endurer tout, en vue d'avoir la vie sauve. Ce n’est assurément pas défendu par la morale chrétienne, mais ce n’est pas ce que suggère la comparaison avec l’enseignement de Jésus pour ces circonstances (ση, 4 ss.). Le sens de ὑπομονή est l'endurance des persécutions. Si on cède, on perd la vie, si on résiste on l’acquiert, donc évidemment la vie éternelle, représentée ici par les âmes; cf. 1x, 24; xvnr, 33. Mais les critiques nommés ont bien raison de dire que Le. ne s’écarte pas de Μο.; il faudra seulement en conclure que Mc. doit être interprété d’après Le. qui l’a bien compris. Tout supporter jusqu’à la fin, c’est-à-dire endurer même la mort, — pour le nom de Jésus — c’est se sauver, gagner son âme.
20-24. La RUINE DE JÉRUSALEM (Μο, χτ, 44-18; Mt. xxrv, 45-20).
20) Voici enfin la réponse à la question posée au v. 7. Luce, plus méthodique, indique plus clairement que e’est bien le point, τότε γνῶτε,
Il est vraiment impossible de méconnaître que Le. a écrit ici en clair ce qui était enveloppé dans Mc. d’un symbolisme que des lecteurs venus de La gentilité auraient difficilement compris. Mais rien n'oblige à conclure que ce soit après les faits.
De mème que Le. a évité au v. 14 « le commencement des douleurs », il ne parle pas ici de l’abomination de 18 désolation (Me.), quoiqu'il retienne la désolation, ñ ἐρήμωσίς, ce qui est assez caractéristique de sa manière. Le lieu indéterminé, ὅπου οὗ δεῖ est Jérusalem, et puisque Jésus a annoncé sa destruction, il est très naturel que le signal de sa ruine soit l'investissement par des armées, comme au temps de Sennachérib, de Nabuchodonosor et plus récem-
ment de Pompée.
21) Le. reproduit d’abord le mot traditionnel, tel qu'il est dans Μο. et dans Mt.
κ = ο , . toy 3 ο .
οἱ ἐν τῇ Ἴρυδα ᾳ Φευγέτωσαν εἰς τὰ Bon, καὶ οἱ ἐν µέσῳ αὐτῆς ἐκχωρείτωσαν, νὰ ἑ ἐν λος έσθ ᾽ . 29 α 2 2 Γ καὶ οἱ ἐν ταῖς χώραις μὴ εἰσεβχέσθωσαν εἰς αὐτήν, ὅτι ἡμέραι ἐκδικήσεως
αὗταί τω τοῦ πλησθῆναι πάντα τὰ Ὑεγραμμένα. 3 οὐαὶ ταῖς ἐν γαστρὶ ἐχούσαις καὶ ταῖς θηλαζούσαις ἐν ἐχείναις ταῖς ἡμέραις ἔσται γὰρ ἀνάγχη µεγάλη ἐπὶ τῆς γῆς καὶ ὀργὴ τῷ λαῷ τούτῳ, yat πεσοῦνται στόµατι
24, Om. και εσονται à. παιροε(τ V) plutôt que add. (Β) : Β, καιροι xx eo. x. :
fuite de ceux qui sont dans la Judée vers les montagnes; mais de plus, il explique ce mot par rapport à la capitale. D'ordinaire les gens des campagnes se sauvent vers les places fortes, acceptant le pillage pour essayer de sauver leurs vies. Mais cette fois ceux qui sont à Jérusalem feront bien d’en sortir, et, pour être complet, Le. ajoute que ceux qui sont dans les bourgs ne devront pas s’y réfugier. Les vv. 15 et 16 de Μο. (Mt. 17-18) sont passés sous silence, ayant été déjà employés par Le. (Χνῃ, 31) à propos de l'avènement du Fils de l’homme, qui sera soudain et sans prodromes. Ayant indiqué le signe de l’investissement, Le. a pu penser que l’on aurait.le temps nécessaire pour prendre quelque chose à la maison, ne fût-ce qu'un manteau.
22) Propre à Le. La raison qui justifie la fuite, c’est que Jérusalem est condamnée par Dieu, selon les Écritures. — ἐχδίκησις, Luc seul parmi les évangélistes ; cf. xvir, 7-8; Act. vu, 24, mais fréquent dans l'A. T.; ici, au sens de châtiment; cf. Επ. 1x, 1 fyyirev ñ ἐκδίκησις τῆς πόλεως etc. Ni Μο. ni Mt. n'emploie τὸ γεγραμμένον (ou 16 pluriel) pour indiquer les Écritures ; c’est du style de Luc (aviu, 31; sx, 17; xxu, 37; xxiv, 44; Act. x, 295 xxiv, 14). Sans parler des anciens prophètes, l’abomination de la désolation avait été prédite par Daniel (x, 27). Elle allait alors (d’après Μο. et Mi.) s’accomplir dans son sens 16 plus complet: Peut-être Luc qui avait omis la citation obscure a-t-il voulu s’y appuyer sous une forme vague.
232) Textuellement comme Me. et Mt, mais Le. n'ajoute pas le trait mysté-
ieux : priez pour que votre fuite n'ait pas lieu en hiver. Jésus conseille la fuite, mais il sait bien que son conseil ne sera pas suivi de tous. Donc malheur aux femmes qui auraient plus besoin de tranquillité et de soins.
230 et 24) Il est évident que Le. entend restreindre tout ce qu'il dit à la ruine de Jérusalem. Est-ce encore une manière d'écrire en clair ce qu’il lisait dans : Μο, 19-20? On peut le conjecturer, quoiqu'ils n'aient rien de commun, si ce n’est ἔσται γάρ, répondant à ἔσονται γάρ. Il a voulu achever de décrire le malheur qui menaçait les villes d’après une prophétie authentique de Jésus; cf. xix, 48 8.
23b) ἀναγκή à même chez les classiques (surtout au pluriel) le sens de malheur; mais on serait tenté de l'entendre ici spécialement de la disette, plus cruelle aux femmes dont il a été question; cf. ἐν ἀναγκαίοις καιροῖς (Sylloge, 270, 14) et une table ἀναγκαία (Suidas), c'est-à-dire une maigre chère. Le peuple est évidemment le peuple juif. La colère peut être celle de Dieu; un persécuteur même n'est que l'instrument de la colère divine; ef. I Macch. 1, 64; 11, 49;
dans la ville s'en éloignent, et que ceux qui seront dans les campagnes ne viennent pas s’y réfugier, car ce sont là des jours de vengeance, de facon que tout ce qui est écrit soit accompli.
23 Malheur à celles qui seront enceintes et à celles qui allaiteront dans ce temps-là! Car il y aura grande nécessité dans le pays et [déchaînement de] colère sur le peuple, 3 αἱ ils tomberont au fil de
ur, 83 Dan. var, 19. Cependant on\ne voudrait pas exclure la colère de l'ennemi (ef, Ps.-Sal. πι, 25.28; xv, 6; xvir, 14) qui répondrait mieux à ἀναγκή : la calamité atteint ie pays (la Palestine), la fureur des soldats frappe le peuple.
24) Trois traits de la ruine : ceux qui sont massacrés, ceux qui sont vendus comme esclaves et dispersés un peu partout, la capitale foulée par des ennemis. Ce dernier trait (plutôt avec παταπατῶ qu'avec πατῶ) est l'expression consacrée pour marquer la désolation des Juifs, plus douloureuse encore parce que leur ville était souillée par un ennemi impur; cf. Dan. var, 13 τὰ ἅγια ἐρημωθήσεται els καταπάτηµα (LXX), I Macch. ur, 45.51; 1v, 60; II Macch. vi, 2 (ms. V); Apoc. χι, 2 : ἐδόθη τοῖς ἔθνεσιν, καὶ τὴν πόλιν τὴν ἁγίαν πατήσουσιν. Le futur composé (style de Luc) après les deux autres futurs simples indique un temps d'arrêt. Il est rempli par le dernier mot : — ἄχρι οὗ πληρωθῶσιν καιροί, cf. Tob, χιν, 5 : ἕως πληρωθῶσιν καιροί, jusqu'à ce qu’une époque donnée soit entièrement écoulée. Mais pourquoi χαιροὶ é0v&v? D’après Schanz, le contexte exige que ce soit le temps fixé par Dieu pour exécuter ses jugements. Mais comme les jugements s’exercent contre les Juifs, la désignation « temps des nations » serait assez impropre. Il faut l'entendre réellement du temps accordé aux nations, en tant qu'elles succèdent aux Juifs dont 165 temps sont terminés. C’est encore une manière de dire que la vigne sera donnée à d’autres (xx, 16). — ἄχρι style de Luc. Manifestement c'est une perspective ouverte sur la période qui suivra la ruine de Jérusalem, et rien n’oblige à penser que les temps des nations seront plus courts que ceux des Juifs. Luc n’a pas placé l’apostolat de toutes 165 nations avant la ruine de Jérusalem (Μο. xu1, 40); après, 16 temps ne manquera pas. Cependant il n’est rien dit là-dessus, non plus que sur la conversion des Juifs (Rom. xr, 25).
25-27. L’AVÈNEMENT DU Fics DE L'HOMME (Μο. xur, 24-26; Mt. xxiv, 29-30).
Saint Augustin a expliqué cet endroit de l'avènement du Christ dans son Église, tel qu’il se réalise constamment en s'appuyant sur les textes de Luc, dont il se sert pour donner le sens de Μο, et de Mt. La critique moderne ne veut pas entendre parler de cet avènement spirituel, et il est certain que Me. et Mt. ne supportent guère cette explication. Pour l'adapter à Le., on pourrait noter qu’il ne parle pas de la réunion des élus (Μο. v. 27), ni de « cet autre jour » (Mc. v. 32). Il aurait donc entendu la parousie finale de Μο. et de Mt. au sens spirituel de l’avènement du règne de Dieu. Mais cette solution se heurte à ce qui est dit au v. 24 du temps des nations. Ce temps fait l'office d’un intervalle, donc entre deux événements distincts, et Luc, comme Mc. et ΜΙ., se transporte ici dans απο perspective mondiale. On essayera de noter dans le Commentaire les particularités de sa pensée par rapport à Μο., en soulignant ce qui pourrait
δ90 ÉVANGILE SELON SAINT LUC, XXI, 25.
vaionc καὶ αἰχμαλωτισθήσονται εἰς τὰ ἔθνη πάντα, καὶ Ἱερουσαλὴμ ἔοτ µαχαιρης AR σι κυ 199 ‘6 η τ ας. ερουσαλὴμµ, ἔσται πατουµένη ὑπὸ ἐθνῶν, ἄχρι οὗ πληρωθῶσιν Ἱαιροὶ ἐθνῶν. yat ἔσονται 1 3 \
σημεῖα ἐν ἡλίῳ vai σελήνη nai ἄστροις, καὶ ἐπὶ τῆς γῆς ouvoyh ἐθνῶν