‹ Evangile selon saint LucChapitre 264 sur 300 · νµων αι καρδιαι ( 5 V) et non αι κ. υ. (Η · texte numérisé non relu

νµων αι καρδιαι ( 5 V) et non αι κ. υ. (Η

D'ailleurs Le. attachait une grande importance à la ruine de Jérusalem (xm, 34s.; xx, 42 58.) |

84-36. AVIS EN VUE DU DERNIER JOUR (cf. Me. χηι, 83-37; Mt. xxiv, 42 et Le. χη, 4-48).

Μο. n’a pas reproduit (cf. Introd. p. οχι) la parole de Jésus sur le jour dont la connaissance est cachée (Μο. 32; Mt. 36). Dans Μο. et dans Mt. cette parole distingue, croyons-nous, ce jour de l’autre événement. Par son omission, Le. a l'air de continuer au v. 34 le sujet précédent. On s’aperçoit cependant que l'atmosphère n’est plus la même. Il fallait se réjouir du premier événement, qui marquait la délivrance et dont on pouvait observer les prodromes; il faut se tenir en garde contre la surprise de ce jour dont l'effet soudain atteindra le monde entier. De sorte que Lc. a retenu l'opposition et l'a caractériste par ce même terme de fnépa ἐχείνη. Il a de plus avec Μο. l’arrivée du Maïtre, et la recommandation de veiller, à cause de l'incertitude du jour.

34) προσέχετε ἑαυτοῖς, propre à Luc, χι, 4; Χνα, 33 Act. v, 35; xx, 98. — κραιπάλη, + N. Τ. Les simples soucis de la vie, comme xvu, 26 ss., dans la même situation, quand rien n'indique la proximité du cataclysme; cf. I Thess. v, 2, ss. le jour du Seigneur vient comme un voleur... ὅταν λέγωσιυ εἰρήνη καὶ ἀσφάλεια, τότε αἰφνίδιος... ὄλεθρος... γρηγορῶμεν χαὶ νήφωμεν... oi µεθυσκόµενοι κ. τ. À. Ce sont bien les mêmes idées, le même jour de l'avènement du Seigneur, qui sera un jour de discernement.

Dans Le. 7 ἡμέρα ἐκείνη doit désigner aussi ce grand jour du discernement, comme dans xvi, 34 8.

35) ὡς παγίς devrait terminer le verset précédent, car le γάρ est après ἐπεισελεύset, d’après les meilleures autorités, et non après παγίς. Sur l’idée, cf. Is. xxiv, 17. C’est un piège qui est caché et qui ne se découvre qu’au moment où il joue. I n’y a donc pas de prodromes à observer; la seule précaution qu’on puisse prendre, c'est d'être toujours prêt. — Luc emploie les termes les plus forts, tous les hommes de toute la terre, parce que ce n’est plus là un fait restreint, si important soit-il, comme la ruine des Juifs. En ce moment les temps sont accomplis pour tout le monde.

36) La prière en tout temps est déjà dans Le., cf. xvin, 1; suivant son habitude de la signaler, Le. l’ajoute ici à la veille de Mc. Comment le Sauveur a-t-il pu proposer comme un but à poursuivre d'échapper à des malheurs temporels, lui qui disait qu’on sauve sa vie en la perdant (1x, 24; xvn, 33)? Lui qui un instant

% Mais prenez garde à vous-mêmes, de peur que vos cœurs ne s'appesantissent dans la crapule et l’ivrognerie et les préoccupations de la vie, et que ce jour ne fonde à l’improviste sur vous .% comme un piège; car il atteindra tous ceux qui se trouveront sur la surface de toute la terre. % Veillez plutôt, priant en tout temps

afin que vous soyez en état d'échapper à tout ce qui doit arriver, et

de paraître debout devant le Fils de l’homme. » .

auparavant enseignait à ne pas. craindre la mort (v. 16 ss.)? Importait-il done souverainement de vivre assez pour voir la Parousie? Luc pouvait-il le penser après la mort de Jacques et de tant d'autres ? D'autre part on ne peut supposer avec J. Weiss que ceux qui n'échappent pas sont anéantis par le châtiment, puisqu'il doit y avoir des réprouvés (σαι, 23 ss.). IL faut donc que Jésus ait eu en vue ici surtout le danger pour l’âme des pièges des derniers jours, dont Lc. n’a pas encore parlé (Μο, xux, 5.22). Échapper au filet tendu sur toute la terre, c'était demeurer dans la fidélité à Dieu. Les autres sont raflés.

— σταθῆναι non pas au sens passif d’être présenté, amené auprès du Christ (Schanz, Kn.), qui serait contre l'usage constant de Le., où le verbe signifie se tenir debout.(x1, 18; xvi, 44.40... Act. n, 14 etc. etc. PL). C'est donc se tenir debout dans une situation honorable. Le mot de jugement n’est pas prononcé il est accompli déjà dans le discernement opéré par le cataclysme. C'est la même pensée que αντι, 34.

Comme le jour est incertain, l'avertissement est adressé aux auditeurs de Jésus, que Le. a laissés dans le vague et qui représentent ses disciples, la communauté chrétienne jusqu'au jour dont la date est ignorée.

Nous ne prétendons pas avoir dissipé toutes les obscurités sur lesquelles se sont exercés déjà tant de théologiens et de critiques. Si nous nous en tenons à l'interprétation proposée depuis longtemps déjà dans la Revue biblique (1906 Ρ. 382 ss.), c’est que nous la croyons solide, non sans avoir discuté de nouveau la question, spécialement l’hypothèse augustinienne qui fait une grande part au symbolisme, avec le désir de la trouver justifiée. L'obscurité ne saurait étonner personne en pareille matière. Ce qui est étonnant, c'est la prétention des disciples de Reimarus de voir ici une prophétie claire, et clairement démentie par les faits, une pierre de touche de la fausseté du christianisme. Le christianisme ne saurait être comparé à la pointe d’une larme batavique qu'il suffit de toucher pour tout faire exploser. Ces textes, comme tous les autres, doivent être interprétés selon la pensée probable des auteurs, et selon les nuances de cette pensée d’après le groupement des phrases et le choix des mots. Dans notre cas spécialement, il ne faut pas oublier les points certains qui dominent l'esprit de Luc ou l'inclinent vers une certaine manière : 1) Jésus a annoncé la ruine de Jérusalem, des villes de Galilée et en général du peuple juif; 2) le règne de Dieu sur la terre, inauguré par lui et rejeté par les Juifs, devait passer aux gentils;

3) Jésus a annoncé son retour, lié au discernement suprême des bons et des méchants ; 4} entre les deux événements il y avait nécessairement un intervalle, qu'on jugerait devoir être considérable, mais dont Jésus n’a rien voulu dire,

ὅτ"Ἡν δὲ τὰς ἡμέρας ἐν τῷ ἱερῷ διδάσκων, τὰς δὲ νύχτας ἐξερχόμενος 9 ον ν , n 9 5 ηὐλίζετο εἰς τὸ ἔρος τὸ χαλούμενον Βιλαιῶν 38 yal πᾶς ὁ hadc ὤρθριζεν

recommandant à ses disciples de veiller pour n'être pas surpris; 5) dans la pensée de l'évangéliste, cet avertissement s’appliquait aux chrétiens déjà répandus dans le monde romain, à un moment où plusieurs disciples étaient déjà morts; 6) ces premiers chrétiens pouvaient à peine concevoir un règne de Dieu, inauguré par le Messie, et se continuant sur terre sans le Messie; 7) l'Ancien Testament avait habitué à des expressions très fortes, tirées de l’ordre du monde et de ses bouleversements, qu'on employait soït pour les événements de l'histoire, soit surtout pour donner quelque idée du grand jugement annoncé par les prophètes, et dont l'objet n’était pas toujours le même.

Si l’on tient compte de ces considirations, il ne paraïitra pas clair du tout que Luc écrivant en l’an 64 par exemple, ait associé la fin du monde à la destruction de Jérusalem, ou n'ait prévu qu’un intervalle antérieur à la mort des derniers survivants parmi les auditeurs de Jésus. S'il avait écrit après l’an 80, l'hypothèse ne pourrait même pas être posée.

Mais il faut en venir à la pensée de Jésus.

La difficulté est celle-ci. S'il a distingué deux événements, pourquoi parler des deux pour répondre à une question qui ne visait que le premier? N'est-ce pas parce qu'il n’en faisait qu’un seul, divisé tout au plus en deux actes? Répondre que c'était parce que l'un était le symbole de l'autre, ce n’est pas résoudre l'objection, parce que rien dans le discours ne suggère ce rapport.

La seule réponse décisive est fournie par la critique littéraire, dont on n'avait aucun soupçon au temps de Reimarus. D'après Le. xvu Jésus a prononcé un discours purement eschatologique sur l'avènement du Fils de l'homme, et dans une circonstance antérieure. Ce discours avait à tout le moins dans la tradition une existence indépendante, comme {11 avait un objet propre. Lorsque nous voyons dans Mc. quelques traits manifestement relatifs à cet avènement (Mc. x, 24-27) dans un discours répondant à une question différente, que suggère la critique? — Que Μο. a groupé les deux discours en un, à quoi il pouvait être conduit par les termes mystérieux de la réponse sur la ruine du Temple, la tradition ayant conservé des paroles de Jésus qui pouvaient s'appliquer aux deux faits (Mc. xur, 19-23). Donc, à s’en tenir à Mc., on devrait critiquement juger plus probable qu’il a mis ensemble deux thèmes que la tradition distinguait. Mais Le. ne confirme-t-il pas 16 fait que Jésus a répondu en unissant les deux thèmes? La critique doit juger ce cas comme les autres où elle constate que Le., ayant déjà traité certains thèmes, les reproduit en termes un peu différents pour suivre l’ordre de Mc. C’est le cas des doublets. Elle se garde bien d'affirmer que le thème a été traité deux fois sous ces deux formes expresses, et l’exégèse catholique ne l'affirme pàs non plus, puisqu'elle constate que. les évangélistes ont distribué à leur manière les traditions qu'ils reconnaissaient pour authentiques. .

— Mais Mt. apporte son suffrage à l'union des deux thèmes dans le même discours, ce qui permet de conclure à un seul sujet.

$7 Pendant le jour il enseignait dans le Temple, la nuit il sortait pour aller camper au mont dit des Oliviers. 35 Et tout le peuple se levait de bon matin pour venir l’entendre dans le temple.

— Non, car Mt. suppose que la question avait un double objet, la ruine du Temple et la consommation du siècle. Dès lors nous demandons à la critique : Tient-elle le texte de Mt. pour primitif? Alors la difficulté tombe d'elle-même. Il n’est pas étonnant que Jésus ait traité deux thèmes différents pour répondre à deux questions distinctes, Mais la critique tient plutôt la question pour arrangée en vue de correspondre aux deux thèmes traités. Soit, mais alors Mt. avait donc conscience de traiter deux thèmes distincts, et en effet il a mis dans ce même discours (Mt. xxrv, 37-42) presque tout ce que Lc. avait attribué au thème de l'avènement eschatologique (Le. xvir, 26-32.34.35). Nous saisissons ici clairement, et l’évangéliste nous le donne en effet à entendre clairement, le procédé qui consiste à grouper 165 deux thèmes. Il est à peine perceptible dans Μο., il est net dans Μί.; Le. a conservé le souvenir de la distinction, mais a atténué cette distinction pour ne pas s’écarter de Mc. Comment la critique, qui doit constater ces faits, ou du moins les proposer comme probables, serait-elle encore impressionnée par l'argument de Reimarus? N'est-il pas étrange que se montrant si sceptique — trop sceptique, beaucoup trop sceptique — sur les affirmations de Jésus à cause de la transformation que la tradition aurait fait subir à sa pensée, elle soit si intransigeante sur un seul point? Ayant déterminé à sa guise ce qui doit être la pensée dominante et exclusive de Jésus,.— et qui résulte peut-être seulement d’un rapprochement de textes dont il faudrait au contraire distinguer les perspectives d’après des paroles très authentiques, — elle fait subir à ces paroles le traitement que Procuste infligeait à ses victimes, surtout en raccourcissant inflexiblement les vues sur l'effet à produire dans l'humanité par l’évangile, et le développement du règne de Dieu déjà commenté, et qui cependant devait venir bientôt encore.

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