‹ Evangile selon saint LucChapitre 269 sur 300 · εκχυννοµενον (T Η) et non εκχυνοµενον (9 V · texte numérisé non relu

εκχυννοµενον (T Η) et non εκχυνοµενον (9 V

l'Eucharistie qui en est la réalité; après l'Eucharistie, il y a le vin nouveau dans le royaume céleste. Mais il ne faut pas oublier que la première perspective conduit à la seconde, et que les termes de Mc. et de Mt. sont manifestement symboliques, selon l'usage courant de comparer l'au-delà à un festin; enfin que Jésus n’a pas distingué netlement les deux règnes, qui en somme n’en font qu'un.

49-20. InstiTuTiON DE L'EucaanisTie (Μο. χιν, 22-24; Mt. xxvi, 25-98; I Cor. τι, 23-25),

49) La première partie comme Μο., sauf que εὐλογήσας est remplacé par εὐχαριστήσας, comme dans Paul (1 Cor. χι, 24) et au v. 17. εὐχαριστέω n’est jamais employé dans ΓΑ. T. pour traduire un mot hébreu, et il y a toujours son sens propre de rendre grâce. Mais il semble que dans le N. T. on emploie ce mot au sens de bénir; à la première multiplication des pains, les trois synoptiques ont εὐλόγησεν et Jo. εὐχαριστήσας, à la seconde Μο. et Mt. εὐχαριστήσας, et ici Μο. et Mt. ont εὐχαριστήσας pour le calice. Il y avait donc une tradition que la prière . de Jésus bénissant avant de distribuer le pain et le vin était une action de grâces; de là est venu l’usage du mot dans la circonstance analogue de la multiplication des pains, et le nom d'Eucharistie donné au sacrement.

Dans 19b, Το. ne dit pas comme Μο. « prenez », expression qui pouvait paraître inutile après ἔδωχεν. Après les paroles capitales τοῦτό ἐστιν τὸ σῶμά µου comme dans Me. οἱ Mt., et comme dans Paul (avec un autre ordre des mots), il ajoute les propres termes de Paul τὸ ὑπὲρ ὑμῶν, avec διδόµενον en plus. Schanz remarque avec raison la force de ce participe présent. C’est dès maintenant que le corps est donné, évidemment pour être immolé, et si l’immolation doit avoir le caractère d’un sacrifice, ce caractère est d'ores et déjà celui de l'acte du Sauveur. De plus ce sacrifice est offert pour l’utilité des disciples; il est donc satisfactoire (οί. Gal. 1, 4).

Le caractère sacrificiel de l'immolation du Calvaire est établi ailleurs. Mais on peut dire que le seul fait d'être satisfactoire donne à cette immolation le caractère d’un sacrifice. — τοῦτο ποιεῖτε els τὴν ἐμὴν ἀνάμνησυ : τοῦτο, c'est-à-dire tout ce qui précède. Il faudra répéter ce qui vient d’être fait et dit, gestes et paroles, de même que les Israélites devaient toujours recommencer la manducation de l’agneau pascal en souvenir (Ex. xt, 14; της, 9: DE. xvr, 3).

Que le rite soit un mémorial, cela ne lui donne pas la nature d’un symbole; si 16 premier acte était symbolique, les autres le seraient aussi, mais toute la réalité du premier appartiendra aux autres, comme c'est le cas de l'agneau pascal. Car il y a toujours un agneau vraiment immolé et mangé, quoiqu'il

ÉVANGILE SELON SAINT LUC; XXII, 20. ο δᾷ5δ

1Et ayant pris du pain et rendu grâces, il [le] rompit et [le] leur donna, disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous; failes ceci en mémoire de moi. » |

0Et La coupe de la même manière après le repas, disant : « Cette - coupe est la nouvelle alliance dans mon sang, répandu pour vous.

rappelle l’immolation salutaire à la sortie d'Égypte. De même ce que feront les disciples aura la réalité de ce qu'a fait le Maitre, en souvenir de lui ‘et par une relation ctroite avec le don de son corps pour eux par sa mort.

20) Comme dans Paul, si ce n’est que le second commandement relatif à la coupe de renouveler l'acte est omis et remplacé par τὸ ὑπὶρ ὑμῶν ἐκχυννόμενον comme dans Μο. et Mt. Il n'est pas dit expressément que le calice soit donné ni que les disciples aient bu (Mc.) ou doivent boire (Mt.), mais cela est contenu dans le ὡσαύτως; ce qui s’est passé pour le pain se passe pour le calice, avec les changements qui tiennent à l’objet différent. Si Le. n'a pas dit expressément : « ceci est mon sang », il le disait équivalemment, car « répandu pour vous » parallèle à διδόµενον suppose la présence du sang offert. Même sans cela on -trouverait dans Paul la même idée; mais ici on dirait bien que sa formule a été retouthée par Le. d'après les synoptiques pour plus de clarté. Luc avait donc toute leur substance, y compris l'alliance, que même il mettait plus en relief. — De ces différences dans les textes, Holtzmann (etc. etc.) conclut que les paroles du Christ n'étaient pas d'abord des paroles opérantes sacramentellement; c'était l'explication d’une action symbolique (sinnbildlich). Mais il suffit que ces paroles soient d'accord sur 16 sens pour opérer ce qu'elles signifient. C’est dans la magie seulement qu'un mot omis ou changé gâte toute l'opération. On conviendra d'ailleurs que les variations sont vraiment très minimes, et qu'il était néanmoins à propos que l'Église adoptât une formule imposée à tous les prêtres. Encore est-il que même maintenant ce qui est essentiel c'est le sens, et qu'on peut omettre enim sans que la transsubstantiation cesse de s’opérer. D'ailleurs les critiques pourraient-ils citer des exemples anciens de formules opérant sacramentellement et reproduites toujours de la même manière dans les textes? On sait qu'en tout cas ce n’est pas le fait des quelques symbola que nous connaissons employés dans les mystères (cf. RB. 1919, p. 203 s.).

— L'article dans τὸ ποτήριον s'explique le mieux dans Le. parce que la coupe a déjà été mentionnée (Υ. 47); dans Paul c'est peut-être la grande coupe avec laquelle on remplissait les autres, tandis que le pain a une individualité moins déterminée; même au v. 47 beaucoup de témoins ont l'article; il n’est donc pas ᾿ très significatif. — La nouvelle alliance est dans le sang répandu, comme Pexplique τὸ ὑπὲρ κ. τ. À. qui se rapporte à αἷμα pour le sens, et non à ποτήριον (Schanz), et même pour la forme, puisque ce mot est neutre et précède immédiatement, quoique non au même cas. — ἐκχυννόμενον, de ἐχχύνω hellénistique rare pour ἐκχέω, avec redoublement du v à l'instar du dialecte éolique (Kühner-Gertkh, 1, 9). |

Nous revenons maintenant au problème textuel, trop important pour n'être pas traité dans le commentaire. Westcott-Hort ont une certitude morale que

le texte de Luc ne contenait pas le v. 195 {à partir de τὸ ὑπέρ), ni le v. 20! La raison intrinsèque, c’est que le texte long divise l'institution de la coupe en deux parties. Or cette raison est caduque, car la première coupe appartient à la pâque légale, en parallélisme avec la manducation de l'agneau, mais elle fait une apparente difficulté, et c'est précisément cette apparence qui a causé la perturbation dans les textes.

Notons d'abord qu'absolument tous ont la consécration au pain, 192, de sorte que la difficulté ne porte que sur les coupes. On a voulu en supprimer une. Sans parler d'un ms. boh. qui supprime 165 vv. 16-17-48, le moyen le plus simple et le moins réfléchi était de supprimer la seconde, c’est-à-dire le v. 20. C'est ce qu'ont fait quelques mss. latins (qui ont aussi retranché 19b) non pas à la suite de D, mais en entraînant D, dont la dépendance des latins n’est pas. contestable. Donc D α df?ilb 6, ou d'après Soden, la version africaine et l'italique (sauf c q r 2° f), avec syrcur. Il en résultait un inconvénient, c'est que la coupe précédait le pain, ce qui était contre l’ordre de Μο. de Mt. et de Paul. Aussi le syreur., en supprimant le v. 20, a-t-il transposé les v. 17 et 18 après le v. 19, où il omet διδόµενον, ce qu'ont fait aussi les mss. b e (en supprimant aussi 195]. — Mais cette combinaison n'était point parfaite, il manquait au texte les paroles importantes de la consécration du sang. Syrsin. y a remédié, en insérant dans le v. 17 une partie du v. 20 de Le., μετὰ τὸ δειπνῆσαι el ἐστιν το αἷμα µου διαθήκη καινή, par où cette forme de consécration est rapprochée de celle des deux premiers synoptiques en s’éloignant de Paul. — Enfin la Peschitto fait la correction la plus réfléchie, en omettant d'avance les vv. 17 el 18 (éd. Grwilliam). 11 est vraiment difficile de ne pas voir que toutes ces corrections avaient le même but, supprimer une coupe. Quand on a découvert Syrsin. on a accordé beaucoup trop de crédit à son antiquité; il est connu aujourd’hui pour un ms. qui arrange les textes sans se gêner. C’est bien le caractère de celui-ci : « Après qu'ils eurent dîné, il prit une coupe et rendit grâce sur elle et dit : prenez cela, partagez entre vous, ceci est mon sang, nouvelle alliance. »

Nous n'avons parlé que de la lacune du v. 20. Celle de 195 est plus difficile à expliquer, mais aussi n’a-t-elle aucun appui en dehors de quelques latins anciens et de D. Elle peut avoir eu pour mobile de se conformer à Me. et à Mt. L'élimination du v. 20 une fois décidée, on a dù remarquer que ce v. 20 était plus semblable à Paul qu'aux synoptiques, et être conduit par cette raison à éliminer encore 19b. |

Le texte de Marcion n’est pas certain; d’après la dernière manière de Zahn (Einleitung.. 11, 357), il n'avait qu’une coupe. D'après Harnack (Marcion… Ρ. 215), il avait Le v. 20, sans καινή, mais avait probablement effacé 17 et 18. La présence du v. 20 dans Marcion, certaine d'après Ter. τν, 40, esl très forte contre l’omission de certains latins. Le Diatessaron arabe n'a aussi qu’une coupe, ne tenant pas compte du v. 17; d’ailleurs la double consécration est d'après Mt.; mais la présence de « faites ceci en mémoire de moi », est un indice assuré que Tatien lisait dans son texte le v. 19. — La doctrine des douze Apôtres reproduit la formule du calice avant celle du pain (rx, 4-3), contrairement au texte des

ÉVANGILE SELON SAINT LUC, XXII, 21. ο. B47

71Cependant voici que la main de celui qui me livre est avec moi

synopliques et de saint Paul. Serait-ce pour avoir regardé la première coupe de Luc comme eucharistique?

Les choses étant ainsi, la partie contestée est admise sans hésitation par Tischendorf, Soden, Souter etc.; elle n’est rejetée par W.-H qu’en contradiction avec leur principe sur la valeur des témoins. Dans leur hypothèse (omettant 495 et 20) du texte court original, on aurait été choqué de l’ordre de Le., calice (sans consécration) et pain. Les uns (b ϱ) y auraient remédié en transposant le v. 17 après 192, les autres en faisant un emprunt à saint Paul. Mais 165 mss. révèlent bien d’autres combinaisons. Et l’étonnant est que cet emprunt ait été fait de la même façon par tous les mss. grecs, sauf un évangéliaire, soutenus par les versions égyptiennes et la Vg.; leur accord est aussi parfait qu'il peut l’être. En pareil cas on doit opposer le bloc uniforme aux dissidents qui ne s’entendent pas, d'autant que ces dissidents ne sont que des versions, sauf D qui est latinisant.

Il se peut en somme que le texte indique un emprunt fait à Paul. Mais pourquoi ne serait-il pas le fait de Luc lui-même? Ce qui l’indique bien c’est l’unanimité des mss. grecs malgré l'indépendance du texte par rapport à celui de l’épitre aux Corinthiens.

21-23. ANNONCE DE LA TRAHISON (Mc. x1v, 18-21 ; ME. xxvi, 21-25 ; 1ο, χμ, 21-80). Voici encore un cas (cf. νι, 12-46 ; νπι, 19-34) où Le. s’écarte de l’ordre de Μο., et un cas où il faut choisir entre les deux ordres, car on ne pourrait pourtant pas placer l'annonce de la trahison avant et après la Cène. L'ordre dans les évangiles n'est donc pas toujours strictement historique, quoique la suite chronologique soit de la nature de l’histoire, et l'inspiration ne préserve pas l'écrivain sacré de cette dérogation à une règle de l'histôire parfaite. D'ailleurs on ne peut guère hésiter entre les deux ordres. Si. Luc avait vraiment eu l'intention de remettre les faits dans leur ordre chronologique, on lui donnerait la préférence, mais sa « suite » (καθεξῆς, 1, 3) peut très bien être un arrangement littéraire. Après le repas pascal et la Cène, Luc a placé une série de discours ; il n’aura pas voulu en distraire l'annonce de la trahison de Judas. Quoi qu'il en soit, si l’on préfère l'ordre de Luc, il faut être logique et reconnaître que selon cet ordre Judas a communié, donnant ainsi, dès la première cène eucharistique, l’exemple du sacrilège. L'horreur qu'inspire cette pensée ne doit pas influer sur l’exégèse. :

24) πλήν, terme favori de Le., qui assez souvent indique une transition. Cependant ici on est tenté de voir une opposition douloureuse entre la pensée: du sang répandu et celle de la trahison. Luc ne pouvait pas dire que Judas mangeait avec Jésus (Mc.), puisque, d'après son ordre, le repas est terminé, et même la Cène; il dit donc plus vaguement ἐπὶ τῆς τραπέζης, el ne pouvant pas dire : « mange le pain sur ma table » (cf. Il Regn.1x, 7.10), il a parlé seulement de la main, posée sur la table, ce qu'il faut prendre au sens littéral ou plutôt comme une métonymie, à cause de per” ἐμοῦ (cf. Neh. v, 17, mais avec ἔρχομενοι et à l’aceus.). La main, au lieu du traître, parce que c'est la main qui livre. -

τοῦ ἀνθρώπου κατὰ τὸ ὡρισμένον πορεύεται, πλὴν οὐαὶ τῷ ἀνθρώπῳ ἐκείνφ δι’ οὗ παραδίδοται. ai αὐτοὶ ἤρξαντο autres πρὸς ἑαυτοὺς τὸ τίς ἄρα εἴη ἐξ αὐτῶν ὁ τοῦτο µέλλων πράσσειν. 24 Ἐγένετο ὃ δὲ καὶ φιλο-

22) Le. passe rapidement; pas de signe sur ce que le traître louche au plat, puisque le repas est terminé; c'est donc bien lui qui a changé, Jo. (στ, 23-26) étant ici avec Μο. et Mt. — ὅτι comme dans Μο. {mais non Mt.), dans un sens eausal, mais adouci. Au lieu de ὑπάγει χαθὼς γέγραπται, il y ἃ πορεύεται avec le sens de mourir (cf. Ps. Lxxvir, 39), et κατὰ τὸ ὡρισμένον, mot étranger aux syn., mais cf. Act. nr, 23; x, 42; χνπι, 26.31. C'est donc un changement de style par rapport à la tradition ; de même πλήν encore une ‘fois, mais ici nettement adversatif. Opposition entre le Fils de l'homme et cet homme. Rédaction plus concise en évitant la répétition de 6 υἱὸς τοῦ ἀνθρώπου, et en mettant la réflexion finale : « Mieux vaudrait pour cet homme qu’il ne fût pas né.

23) Le. n'a pas voulu interrompre les paroles du Sauveur Dar la question des Apôtres qui pourtant a dû éclater aussitôt spontanément. D'ailleurs la forme de cette question : « est-ce moi » [que tu veux dire)? tout en étant très naturelle, n'éclaircit pas complètement sur le sentiment qui l'avait dictée. Aussi Le. renvoie à la fin une phrase synthétique, commencée aussi par ἤρξαντο qui montre les Apôtres enquêtant entre eux, c’est-à-dire probablement échangeant des suspicions sur celui qui devait commettre (xx, 41; Act. 1, 17 etc.) cette action (cf. Jo. xur, 22). C'est gloser la. situation très correctement, sans en rendre la physionomie particulière. — L'optaiif pour la question indirecte est propre à Luc dans le N. T. |

24-27. L'AUTORITÉ CHRÉTIENNE EST UN SERVICE (cf. Me. x, 41-45; Mt. xx, 24-28).

La même leçon sur le véritable caractère de l'autorité parmi les disciples de Jésus, sur le service qui incombe davantage à mesure qu'on est plus élevé, cette leçon est placée dans Μο. et dans Mt. à la suite de la pétition des fils de Zéhédée (ou de leur mère Mt.) qui est passée sous silence par Le. Plusieurs critiques, Mald. et même Kn. préfèrent la situation de Mc. et de Mt. : Eodem modo licet existimare eum (Lucam) ad narrationem de coena complendam aliqua- ita adiunæisse, ut tamen ea non eadem serie qua narrentur evenisse sint putanda (Kn. in Matth. 11, 438). Des critiques ajoutent qu'il y eut une tendance croissante, qui a trouvé son maximum dans le quatrième évangile, à enrichir le dernier repas de discours et de monitions du Christ. Et en effet cet avis paraît beaucoup plus naturel après la démarche des fils de Zébédée qu'à la Cène, où une rivalité des disciples sur les préséances paraît si choquante, quand elle aurait eu pour occasion de prendre les meilleures places, ce qui serait d’ailleurs ajouter au texte de Le. On objecte qu'on ne voit pas la raison qui aurait pu porter Le. à un déplacement, si ce n’est pour suivre l’ordre des faits. Mais il a pu se décider pour des raisons de Composilion littéraire, parce que la question

sur la table. ??Car le Fils de l’homme s'en va, selon ce qui a été décrété, mais malheur à l’homme par qui il est livré. » #Et eux commencèrent à se demander les uns aux autres, qui pouvait être celui d’entre eux qui commettrait cette action.

ZI] y eut aussi une rivalité parmi eux : lequel d’entre eux pouvait passer pour le plus grand? Mais il leur dit : « Les τοῖς des nations les gouvernent, et leurs princes reçoivent le nom de Bienfaiteurs.

de l'autorité lui a paru liée à celle des trônes (28-30) ou simplement parce que la comparaison du v. 27 était bien placée au dernier repas.

| Quoi qu’il en soit, la péricope de Le. est composée très régulièrement, et si elle s'éloigne assez du texte de Μο., elle garde fidèlement la substance des paroles de Jésus. On peut mesurer ce rapprochement en comparant d’une part Le. et les endroits parallèles indiqués, et d’autre part Le. 1x, 46-48 et les parallèles dans Me. 1x, 33-37; Mt. xvur, 1-5. C'est ce qui ne permet guère de dire que l'épisode de Le. ici soit complètement distinct dans la tradition de celui des parallèles. Jésus a-donné la même lecon deux fois, il aurait pu la donner une troisième. Mais les termes des deux premières sont différents. Pourquoi ceux de la troisième prétendue auraient-ils coïncidé presque entièrement avec ceux de la seconde? C’eût été possible, mais nous avons à rechercher d’abord quelles sont les vraisemblances dans l'emploi des souvenirs traditionnels.

24) Se rattache étroitement à ce qui précède par δὲ καὶ, mais simplement pour la suite des faits, car on ne voit pas qu'une enquête sur le traitre ait conduit à la dispute sur le rang, d'autant que φιλονειχία signifie seulement rivalité (Field). — δοχεῖ εἶναι ne peut signifier « qui parait être », mais « qui doit passer pour », être tenu pour le plus grand, le plus élevé en dignité, comme la suite le fait entendre. Le verbe est au présent, parce que c’est à présent que doit être réglée la. question par Jésus, mais on envisage l'avenir, comme le prouve l’avis donné, et donc la situation dans 16 règne de Dieu dont le Maitre vient de parler (ν. 18). C'est cé qui rend la dispute moins odieuse. Les Apôtres n'ont pas encore bien compris la tristesse de la situation ; leur attention se porte moins sur une séparation, — et par la mort du Maître, — que sur la réunion qu'ils croient prochaine et triomphante.

25) L'autorité chez les gentils est décrite comme dans Me., et c'est précisément cette comparaison qui donne son accent à l'épisode. Dans Le. il y à le terme précis, « les rois » et καλοῦνται εὐεργέται. Le verbe au moyen plutôt qu'au passif; les rois prennent ce titre, ou tout au moins se le font donner. Les temps hellénistiques ont prodigué aux princes les titres honorifiques de Soter et d'Évergète en Syrie comme en Égypte, sur les monnaies et sur les inscriptions; Trajan est τὸν παντὸς όσμου σωτῆρα καὶ εὐεργέταν (I G. τα, 4, 978, restauré avec cerlitude). Peut-être Le. en écrivant κυριεύουσιν el ἐξουσιάζοντες au lieu de παταχυριξύουσιν El κατεξουσιάζουσιν (Μο.), lui qui aime les verbes composés, a-t-il évité délibérément de jeter sur l'autorité royale la suspicion de tyrannie (Schanz). C'est simplement un fait que les rois des gentils se donnent pour

-- 96 + = κι e . , CES καλοῦνται. "δὐμεῖς δὲ οὐχ οὕτως, ἀλλ’ ὁ pellwv ἐν ὑμῖν γινέσθω ὡς ὁ

. , 1 4 + : CE 1% διακονῶν ; οὐχὶ à ἀναχκείμενος ; ἐγώ δὲ ἐν éco ὑμῶν εἰμὶ ὡς ὁ δια-

πονῶν. 8 Υμεῖς dé ἐστε οἱ Giapemevmnôtes met’ ἐμοῦ ἐν τοῖς πειρασμοῖς

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