RÉCOMPENSE PROMISE AUX APÔTRES (cf. Mt. x1x
Parmi vous il ne doit pas en être ainsi, mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus jeune, et le chef comme celui qui sert. En effet, quel est le plus grand, celui qui se met à table ou celui qui sert? N'est-ce pas celui qui est à table ? Or je suis au milieu de vous comme celui qui sert. *## Vous êtes, vous, ceux qui sont demeurés constamment avec moi dans mes épreuves, *’et moi je dispose en votre faveur, selon que mon Père a disposé en ma faveur ‘ du royaume, afin que vous mangiez et que vous buviez à ma table dans mon royaume, et vous serez assis sur des trônes, jugeant les douze tribus d'Israël.
On trouve dans Mt. la même idée de la fidélité récompensée par la promesse des trônes, mais dans Mi. elle n’a aucun rapport ni avec la dernière cène, ni avec les avis sur la manière d'exercer l'autorité. Or il semble bien que ces paroles soient tout à fait en situation à la dernière Cène; mais on peut très bien en détacher ce qui précède, car si la leçon d’humilité est parfaitement . compatible avec la promesse de l’exaltation (xiv, 11; xvur, 14), 16 conseil sur l'attitude à prendre ne préparait pas à l’image des trônes. Si donc 28-30 sont ici bien à leur place, ce n’est pas une raison pour ne pas mettre 24-27 à la place qu'ils occupent dans Me. et dans Mt. |
38) Lié à ce qui précède par δέ, opposition très légère entre le Maïtre-serviteur et ses apôtres. Est-ce parce qu'il a compris que les deux thèmes ne se suivaient pas très bien, que D a inventé sa singulière transition (cf. v. 27)? A la différence du. vague ἀκολουθήσαντες de Mt., les termes de Le. sont comme un regard jeté sur l'existence menée en commun pendant plusieurs années, et sur une fidélité qui parait privée de récompense, puisque Jésus va mourir. — διαμεμενηκότες par la préposition et le temps parfait indique la persévérance qui dure encore (P1.); les πειρασµοί sont les difficultés de la vie, les embûches des Pharisiens et des Hérodiens, la réprobation visible des chefs religieux, malgré leurs ménagements hypocrites. Cet éloge après une dispute sur le rang ne laisse” pas d’étonner, et montre dans le contexte de Le. la grande indulgence du Christ.
29) διατίθεµαι se dit plutôt d’une disposition testamentaire : τὴν δὲ δασιλείαν εἰς τὴν ᾿᾽Αλεξάνδραν διέθετο (Jos. Anf. XIII, xvi, 1). Mais ici on ne peut pas insister ni mettre ce mot en relation avec διαθήκη (v. 20), puisque διέθετο ne peut pas 5ο dire d’un testament du Père.
C'est donc simplement disposer en faveur de quelqu'un. Faut-il joindre θααιλείαν avec διατίθεµαι « je vous donne une autorité royale comme mon Père me l’a donnée, je la partage avec vous » (Schanz, PI)? Non, car au v. 30 l’empire demeure exclusivement celui du Christ (Holtz. Hahn). Donc διατίθεµαι se continue par le v. 30. Mais alors il ne faut pas entendre καθώς d’une assimilation (contre Holtz.) « de la même façon από », mais de la raison qui permet d’agir, « selon que », « du moment que ». — δασιλείαν (cf. Apoc. xvir, 19) « pouvoir royal », ΄ ce qui permet au Christ de régler la situation, car il le possède déjà.
30) C'est la table du Christ et son royaume. Il va mourir, mais il est certain
χαθήσεσθε ἐπὶ θρόνων τὰ Ῥέμων, :ἰδοὺ ὁ Σατανᾶς ἐ ésn τήσατο ὑμᾶς τοῦ σινιάσαι ὡς τὸν σἵτου' ὃξ ἐγὼ δὲ
ἐδεήθην π mé \ 7 PU h πίστις ο αἱ σύ ποτε ὅπι 4 2 2920009 % pi σοῦ ἵνα pi ἐκ re /| πιστις σου λα. συ ποτε Επιστρεφας στήρι-
que son Père tiendra sa promesse en donnant un royaume à celui qui a déjà l'investiture royale. Les temps messianiques étaient conçus comme un banquet (κιν, 45 etc.). — Éslw ou ἐσθίω, même sens. Si on lit καθῆσθε (subj. de κάθηµαι), ce mot dépend de ἵνα; καθήσεσθε (fut.) indique une promesse distincte, dans l’avenir. — Luc ne dit pas « douze » trônes, comme Mt., sans doute parce que Judas est sorti; mais les douze tribus sont de style. — D'après Hollz. κρίνοντες n'est pas une allusion au jugement dernier, mais au pouvoir normal qui sera exercé par les Apôtres, comme au temps où les Juges gouvernaient Israël. Mais comment Luc qui connaissait le jugement de Jésus sur Israël (xx1, 24) n'aurait-il pas vu un inconvénient à représenter le règne messianique comme un règne sur les douze tribus d'Israël ? Ou bien il prenait ces mots dans un sens symbolique, pour le nouvel Israël, ou plutôt il entendait le jugement proprement dit, et définitif. L'horizon serait postérieur à celui de la table, ce qui donne raison à la lecon χαθήσεσθε, préférable d’après Ia tradition manuscrite.