‹ Evangile selon saint LucChapitre 275 sur 300 · US · texte numérisé non relu

US

Jan

ολ É NT 3 3 - me »\ PA = à 2 Je el 9 4 CET , C4 τῷ ἱερῷ, οὐχ. ἐξετείνατε τὰς χεῖρας ἐπ ἐμέ' ἀλλ AIT ἐστιν ὑμῶν À ὥρα

ο 3 { eo FA « καὶ ἡ ἐξουσία τοῦ σχὀτους.

reos, dicit principes sacerdotum et magistratus templi et seniores ad comprehendendum venisse Salvatorem etc. (Ῥ. L. χοπ, 605).

53) Ces mots s'adressent plutôt à la partie la plus relevée des agresseurs. Mais si Luc avait introduit les notables comme étant plus en harmonie avec les paroles, pourquoi aurait-il supprimé διδάσχων et l’allusion de Mc. aux Écritures ? Ἡ ajoute la fin du verset non point comme un équivalent à cette vague citation, mais sûrement d'après une bonne autorité. Déjà les adversaires de Jésus avaient voulu s'emparer de lui (Jo. να, 44), mais Dieu ne l'avait pas permis jusqu'alors. Maintenant il laisse agir la puissance des ténèbres (cf. Col. 1, 13), c’est-à-dire Satan qui a suscité Judas (v. 3). Ges paroles sont donc à prendre dans un sens figuré, quoique la circonstance de la nuit ait pu les suggérer à Jésus.

πο ne parle pas de la fuite des disciples, que d'ailleurs il n'avait pas annoncée.

54-71. — JÉSUS DEVANT LES CHEFS DE LA NATION. Jésus a été jugé deux fois : une fois par les grands prêtres, les scribes et les anciens, c'est-à-dire par les sanhédrites, une seconde fois par Pilate. Quoi qu'en ait dit une critique de dilettante, ce double jugement répond précisément à une situation où le pouvoir suprême était certainement exercé. par les Romaïns, sans que toute liberté de juger ait été enlevée aux Juifs. En effet il est évident d'après la tradition des quatre évangélistes que le premier jugement ne fut pas considéré par les sanhédrites comme définitif, ayant seulement besoin, pour être exécutable, du visa du gouverneur. Les chefs de la nation ont livré Jésus, l'accusant de messianisme, ce qui signifiait pour les Romains de menées révolutionnaires, dans le dessein de 16 faire condamner à mort et exécuter. Et il est certain qu'ils n'auraient pas livré un Juif officiellement s'ils n'avaient pu produire la conviction légale qu'il était digne de mort. Cette conviction fut acquise par une comparution devant le grand prêtre. Et il est à remarquer à l'encontre de ceux qui voient chez les évangélistes une tendance à rejeter la faute sur les Juifs, que ni Luc ni Jean ne mentionnent expressément leur sentence condamnant Jésus à mort. Mais ils la supposent, et ce n’est pas sur ce point qu’il est difficile de les concilier. La difficulté entre Μο. et Mt. d’une part et Le. de l’autre est que les deux premiers ont deux réunions des sanhédrites, tandis que le second n'en à qu'une

seule, et de plus, tandis que Me. et Mt. placent la condamnation dans la réunion de la nuit, Le. donne à entendre clairement qu'elle résulta de la comparution du matin. N'ayant qu'une séance, Le. devait nécessairement y placer l’objet principal de la comparution. Mais on pourrait envisager deux réunions, comme dans Mc. et Mt., en renvoyant cependant la condamnation à la seconde. , .

Il nous paraît impossible de révoquer en doute le fait des deux réunions, confirmé par Jean, qui en place une chez Anne et l’autre chez Caïphe. Le

᾿ΗΝΑΝΟΠΙΒ SELON SAINT LUC, ΧχΧΙ, 34-71. 567

étaient venus vers lui, grands prêtres et officiers du Temple et anciens : « Étes-vous venus avec des épées et des bâtons, comme contre un brigand? % Alors que chaque jour j'étais avec vous dans le Temple vous n'avez pas porté la main sur moi; mais c’est ici votre heure, et la puissance des ténèbres. »

silence de Le. n’est point un argument décisif contraire, car il a pu simplifier. De même qu'il n’a qu'une multiplication des pains et, comme nous le verrons, qu'une seule scène d'outrages par la soldatesque, il a pu penser qu’en ne mentionnant que la réunion du matin il disait le nécessaire pour ses lecteurs. Ce qui rend la première réunion très vraisemblable, c'est l'empressement naturel des sanhédrites à constater qu'ils avaient bien entre leurs maïns leur victime, et ils ne purent sans doute s'empêcher de lui faire quelques questions, de lui témoigner leur haine. Même Le. avait fait plus en quelque sorte, puisque les sanhédrites étaient venus jusqu’à Gethsémani. Les paroles que Jésus leur adresse en ce lieu ressemblent assez à ce qu'il répondit à Anne d’après Jo. xvi, 20. De plus Le. a placé dans cette nuit l'unique scène d’outrages qu'il ait retenue. Il pou- . vait donc estimer qu’il n'avait rien omis d’essentiel, même s'il avait Μο. sous les yeux. ΄

Mais c’est sans doute parce qu'il croyait que la scène décisive avait eu lieu le matin. Et sur ce point il semble qu'on doive lui donner raison. Si vraisemblable que soit la réunion de la nuit, il était difficile qu’elle eût le caractère d'une réunion officielle. Les sanhédrites avaient-ils attendu en corps chez Caïphe ou chez Anne? Alla-t-on les réveiller à leurs demeures pour les amener? Ces difficultés ne sont pas très graves s’il ne s’agit que d’un petit nombre de sanhédrités et d’une réunion privée; elles militent contre une réunion même incomplètement plénière, et contre la tenue régulière d’un procès criminel, même si l’on n’attachait pas trop d'importance à la légalité d'un acte qui ne pouvait pas être une condamnation exécutoire. On a dit (Holtz. Schanz) que Le. avait transporté le procès au matin pour suivre la coutume romaine. Mais c'était aussi la coutume juive de ne pas juger la nuit (Sanh. τν, 5 s.). Cette observation revient donc à dire que l’ordre de Luc est plus vraisemblable, d’une vraisemblance qui est de nature à indiquer la réalité. Marc a pu se laisser aller à raconter tout le procès à propos de la première comparution, et il est sùr qu'on ne voit pas bien d'après son texte le motif de la seconde réunion. En ajoutant qu’elle avait pour but de faire mettre Jésus à mort, Mt. (xxvir, 1) a peut-être conservé une trace de la tradition suivie par Luc. Cependant Mc. et Mt. d’un côté, Le. d'un autre, ont donc deux manières de raconter le procès. Mais peut-on aboutir à propos du triple reniement de Pierre à un seul récit des mêmes faits? Les mêmes principes sont en jeu dans les deux cas, et ce qui est admis pour {9 reniement peut l'être aussi pour le moment où fut obtenu Paveu de Jésus. Il n'y a pas plus de raison de supposer deux fois la même question et la même réponse que dans tant d’autres circonstances où la chronologie des faits est seule enfcause (contre’Kn.).“D'après l’ordre qu'ilfavait adopté, Le. avait l'avantage de dire sans interruptionjtoutice quifregardait Pierre.

ὁ δὲ Πέτρος ἠκολούθει µακρὀθεν. ὀδπέριαφάντων δὲ π δρ ἐν µέσῳ τῆς αὐλῆς καὶ “συνκαθισάντων ἐλάθητο ὁ Ἠέτρος µέσος αὐτῶν. ὕθίἰδοῦσα δὲ αὐτὸν παιδίσχη τις χαθήµενον πρὸς τὸ φῶς καὶ ἀτενίσασα αὐτῷ εἶπεν Kai οὗτος σὺν αὐτῷ ἦν 576 δὲ ἠρνήσατο λέγων OÙx οἶδα αὐτὸν, Ὑύναι. ὀδκαὶ μέτὰ βραγὺ ἕτερος ἰδὼν αὐτὸν ἔφη Kai σὺ ἐξ αὐτῶν eût ὁ δὲ Πέτρος ἔφη "Avbowrs, οὐχ εἰμί. D καὶ διαστάσης ὡσὲὶ ὥρας pus ἄλλος τις διισχυρίζετο λέγων Er’ ἀληθείας καὶ οὗτος μὲτ αὐτοῦ ἦν, καὶ γὰρ Γαλιλαῖός ἐστιν. 60 εἶπεν δὲ ὁ Πέτρος "Ανθρωπε, οὐκ οἶδα ὃ λέγει. καὶ παραγρῆμα ἔτι

57, om. aurov p. Ίρνησατο (Ἡ V) plutôt que add. (T 8).

54-62. LE TRIPLE RENIEMENT DE Pienne (MC. τιν, 66-72; M. xxvr, 60-75; Jo. XVII, 16. 17. 25-27), ,

Les différences avec Μο. seront indiquées dans le commentaire.

54) συλλαθόντες est tout ce que Le. dit enfin de l'arrestation de Jésus (cf. Act. τ, 16; x, 8; Me. xiv, 48; Jo. χναι, 12). On était loin de la ville, d’où ἤγαγον (comme Jo. xvi, 13), et ensuite on l'introduit, εἰσήγαγον, dans la maison du grand prêtre. Ce dernier n'est nommé ni dans Μο. ni dans Le. Mais Luc mettrait-it Anne avant Caïphe (nr, 1; Act. 19, 6), s’il n'avait joué un rôle dans la passion? On peut donc conjecturer qu'il pensait à Anne, nommé dans Jean χνπι, 43 (Holtz. Schanz etc.). Pierre suivait comme dans Me., et c’est lui qui désormais absorbe l'attention, et dont l’histoire sera dite sans désemparer. C’est peut-être ce que Luc appelait écrire. καθεξῆς.

53) C’est bien exactement la situation de Μο. (54) avec le feu (omis par Mt.), mais dans un ordre à la fois chronologique et impersonnel : ils (les serviteurs, Mc.) allument du feu au milieu de la cour, s’assoient et Pierre au milieu d'eux. Naturellement Pierre se chauffait; en le disant Mc. (54 et 67!) insinuait déjà qu'il pensait un peu trop à son bien-être dans un tel moment.

56) D’après les quatre évangélistes, c'est une servante qui provoque le premier reniement, mais dans Jo., c'est à l'entrée avant que Pierre ait pris place autour du feu. Luc s’en tient à Μο., que rappelle πρὸς τὸ φῶς (54). — àrevitw est de son style (1v, 20 et 10 fois dans les Actes; avec IT Cor. χπι, 7.13 + N. T.), comme ἐμθλέπω du style de Me. (4 fois, ML. 2; Le. 2; Jo. 2). L'accusation est dans le style indirect. Le καί ne prouve pas qu'on ait parlé d’un autre, car il se trouve dans les quatre évangélistes (Jo. 25) sans que personne soit nommé auparavant. Nous : dirions de même : « Lui ausei en était! » Cela suppose qu'on cherche les complices. Tout le monde pense au procès; aussi la servante dit-elle σὺν αὐτῷ, pour désigner Jésus.

57) La négation est plus nette que dans Mc., mais Le., précis dès le début, n'ira pas plus loin; Pierre a loujours soin de nommer son interlocuteur : γύναι, ἄνθρωπε (bis).

#S’étant donc emparés de lui, ils l’'emmenèrent et le firent entrer dans Ja maison du grand prêtre. Or Pierre suivait de loin. 5 Comme ils avaient allumé du feu au milieu de la cour et s'étaient assis ensemble, Pierre était assis au milieu d’eux. Une servante le vit assis près de la flamme, et l'ayant regardé fixement, elle dit : « Celui-ci aussi était avec lui. » 5’Mais il nia, disant : « Je ne le connais pas, femme. » #Et peu après, un autre, l'ayant vu, dit : « Toi aussi tu es l’un d’eux. » Mais Pierre dit : « Homme, je n’{enl] suis pas. » Et une heure environ s'étant écoulée, un autre encore affirmait fortement : « En vérité, celui-là aussi était avec lui, car il est Galiléen. » 5 Mais Pierre dit : « Homme, je ne sais ce que tu veux

58) Mc. α deux interpellations personnelles, et entre les deux une à la cantonade. Dans Le. une seule interpellation personnelle au milieu. Les écrivains ne songeaient sans doute en cela qu’à varier leur style. Et c’est peut-être simplement pour la variété que Le. met ici un homme au lieu de la même servante (dans Mt. une autre). Mais il conserve la tournure avec καί et l’indétermination, ἐξ αὐτῶν (Me.), l’un des disciples. Et de nouveau Pierre nie, aussi brièvement que possible, mais toujours dans le style direct, tandis que Mc. a ici une réponse indirecte, comme Mt. La troisième réponse sera dans Μο. et dans Le. en style direct, dans Mt. et dans Jo. (pour la première fois) en style indirect. Qui s'attacherait à ces variations, quoique naturellement le style direct soit plus grès de la vérité?

59) Autre divergence un peu plus grave. Là où Mc. ef Mt. disent μετὰ puexpév, d'autant que la comparution a pris du temps, Le. qui en a omis le récit met ici un intervalle d’une heure. Le second interlocuteur était un ἕτερος, cette fois : c'est un ἄλλος; c'est le moindre changement de style, tandis que dans Μο. et Mt. ce sont les assistants, dans Jo. une personne désignée par sa parenté avec Malchos. D'ailleurs Le. se rapproche de Μο. par le reproche d’être Galiléen, sans expliquer comme Mt. que Pierre se trahit par sa langue. Ce troisième personnage se croit sûr de son affaire (διισχυρίζοµαι, Act. χα, 15 + N. T.).

60) Dans Mc. les réponses de Pierre sont dans un crescendo qui fléchit au milieu; dans Mt. le crescendo s’enfle toujours. Dans Lc. la troisième réponse est au point de la première dans Μο. Dans Jo. il y a juste ce qu'il fallait dire pour exprimer le reniement. On voit ici comment le désir d'épargner le chef des Apôtres pouvait se concilier avec le devoir de la stricte vérité. Luc est pathétique, mais non pas véhément ; il a déjà omis dans le même sens les reproches de Jésus à Pierre (Μο. vrr, 33; Mt. xvr, 23). Schanz prétend même que dans Le. la négation va en diminuant : Je ne le connais pas; je ne suis pas de ses disciples; je ne sais ce que tu dis. Il semble plutôt que Pierre est de plus en plus embarrassé. — παραχρῆμα est du style de Le., comme εὐθύς du style de Μο. ἔτι λαλοῦντος αὐτοῦ est un effet littéraire, d'autant que le gén. absolu est employé selon les règles. Pas plus ici que dans la prophétie de Jésus Le. "ne

570 ÉVANGILE SELON SAINT LUC, xxIf, 61-63.

… Mn , 29: à / .

λαλοῦντος αὐτοῦ ἐφώνησεν ἀλέχτωρ. (lux στραφεὶς ὃ πύριος ἐνέβλεψὲν η,

ο > . ? + = ᾽ τι [loir ἀλέκτορα φωνῆσαι σήμερον ἀπαρνήσῃ µε vois.’ yat ἐξελθὼν ἔξω ἔνλαυσεν πιχκρῶς. 05 Kai οἱ ἄνδρες οἱ συνέχοντες αὐτὸν

ὁ παίσας σε; Ouai ἕτέρα πολλὰ β]ασφημοῦντες 3” , LA F ἔλεγον εἰς αὐτόν.

ω LA 4 - “ -- ὼ 66 Kai ὡς ἐγένετο ἡμέρα, συνήχθη τὸ πρεσβυτέριον τοῦ λαοῦ, ἀρχιερεῖς τε

Page 1