XLVI. INTRODUCTION
constances. Il prie au Baptême (nr, 24), après le premier enthousiasme, il se retire dans le désert pour prier (v, 16); il prie avant de choisir ses apôtres, longue nuit de prière (σι, 12); avant la confession de Pierre (1x, 18) pour lequel il a prié spécialement (χχιι, 32) ; il priait lorsque eut lieu la Transfiguration (1x, 29); c’est sa prière qui a inspiré aux disciples le désir d’avoir une prière enseignée par lui (xt, 1); il a prié pour ses bourreaux sur la Croix, et c'était une prière que de remettre son esprit entre les mains de son Père (χαχα, 34, 46).
Aussi Jésus a-t-il recommandé très souvent la prièreià ses ο disciples, une prière instante comme celle de l’ami importun (xt, 5- -13) ou de la veuve qui lasse l'indifférence du juge (αντ, 1-8), une prière qui α pour objet d'obtenir l'Esprit-Saint (x1, 43), une prière de tous les temps (xx, 36), une prière qui soit une prière, et non pas une manifestation de suffsance, celle du publicain qui crie miséricorde, et non l'exposé du Pharisien, content de lui (xvur, 41-43).
Ce n'est pas d’ailleurs que l’homme doive se tenir toujours courbé devant Dieu, ne songeant qu'à sa misère, et, par là-même, bornant ses pensées à son intérêt. La prière qui demande est inspirée à chacun par ses besoins.
C'est surtout l'Église qui a la fonction de rendre gloire à Dieu. Le troisième évangile lui à fourni ses cantiques : le Gloria in excelsis à la messe, le Magnificat aux Vépres, le Munc dimittis aux Complies. Le Benedictus, aux premières lueurs de l’aurore, salue celui qui est Oriens ex alto. Cette apparition radieuse du Sauveur fait luire dans tous les cœurs la reconnaissance après la joie. Parmi les termes favoris de Luc nous relèverons cette sainte joie, louer Dieu, bénir Dieu, glorifier Dieu, dont le nom revient si souvent (1).
Et il se trouve encore que cet évangile si tendre aux pécheurs est aussi l'inspirateur de la pureté. L'huile embaumée de la pécheresse, si salutaire pour nos plaies, pénètre moins que le parfum virginal qui α entraîné tant d’âmes à la suite de Marie. Le Fils de Dieu est tellement nôtre, si semblable à nous, si mélé à notre chair et à notre sang, que quelques-uns auraient jugé plus digne de son cœur compatissant qu’il fût entré dans le monde comme tous les hommes. Mais, sans parler des convenances de l’'Incarnation (2), il venait pour enseigner à tout sacrifier pour le succès du règne de Dieu. Le mariage n’éloigne pas de Dieu, ᾿ et des époux chrétiens savent l’aimer de toutes leurs forces,.de toute leur âme, de tout leur esprit, ce qui est toute la perfection. Pourtant ne fallait-il pas donner l'estime d’une vertu triomphant d’un instinct
“ (1) D'après Hawkins, « Dieu » est nommé 52 fois dans Mt., 47 fois dans Me., 122 fois
dans Le. (Hor. Syn., p. 24, note 1).
(2) S. Tomas, Somme, III, Χαντ, 1.