χαι a. αι (Τ S V) plutôt que 07%. (H
27. om. τι nv 6. τα περι (T H V) et non add. (S). 28. πορρωτερω (T S V) et non πορρωτερον (H).
surnaturels, qui auraient dit (Xéyousw) au présent, mais dans le discours ndirect, « qu'il est vivant ».
24) Ceux qui sont allés au tombeau confirment le témoignage des femmes sur le tombeau vide. Mais pourquoi Jésus ne se serait-il pas montré à ses disciples s’il était vivant? Et si les disciples n’ont pas vu des anges, ne serait-ce pas un indice que les femmes n’en ont point vu? Celui qui parle donne ici l'opinion de tous deux, quoi qu’il en soit de leurs divergences particulières : elle est fort découragée. Le pluriel ἀπῆλθαν τυες s’imposait en quelque sorte après le pluriel des femmes, si l’on ne voulait expliquer qui était Simon-Pierre; Ἡ n'y donc rien là de décisif contre le v. 12; mais ce pourrait bien être la raison qui l’a fait omettre dans quelques mss.
25) ἀνόητοι cf. Gal. 1, 1; défaut de clairvoyance plutôt que d'intelligence. — πιστεύειν ἐπί est suivi de l’accus. quand il s’agit de la personne (Act. τς, 42; χι, 11; xvi, 34; xx, 19); ici les prophéties sont le fondement de la foi (Schanz, PI.). II fallait ne pas fermer les yeux sur certains passages, mais bien peser tout. Sainte Catherine de Sienne s'élève contre ce qu’elle nomme la religion du Père, excluant le Fils, c’est-à-dire ne voulant que repos et gloire sans souffrances; c'était le cas des Juifs qui ne voulaïent voir dans l’Écriture que les gloires du Messie.
96) ἔδει fait allusion au décret divin; ef. 1x, 22; xur, 33; xvir, 25; xx, 37; XXIv, 7, mais pour la première fois 1ο verbe est à l’imparfait. Il est vrai que ἔδει peut signifier un subjonctif irréel, cf. Mt. xx, 23 : ταῦτα ἔδει ποιῆσαι κἀκεῖνα μὴ ἀφεῖναι, mais ici les souffrances sont un fait accompli, el ἔδει a son sens de passé. Comme ce verbe gouverne aussi εἰσελθεῖν, il faut en conclure que le Christ est déjà entré dans sa gloire, et ce peut être une partie de cette gloire qu’un état surnaturel où l’on n’est pas soumis aux lois ordinaires des sensations.
27) Si la construction devait être prise à la lettre, Jésus aurait commencé par le Pentateuque et tous les prophètes pour aborder le reste ensuite. Mais ce
AEt quelques-uns des nôtres sont allés au sépulcre, et ont bien trouvé les choses comme les femmes les avaient dites, mais ils ne le
virent pas. »
#Et il leur dit : « Que vous êtes peu clairvoyants, et que votre cœur est lent à croire à tout ce qu'ont dit les prophètes! ?6Ne fallaitil pas que le Christ souffrit cela et qu'il entrât [ainsi] dans sa gloire? » ?7Et commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur interpréta ce qui le concernait dans toutes les Écritures. #Et ils approchèrent du village où ils allaient, et Jui fit semblant d'aller plus loin. Et ils le pressèrent avec instances, disant : « Reste avec nous, car le soir vient, etle jour est déjà sur son déclin. » Et il entra
pour rester avec eux.
commencement eût été plus important que 16 tout. Ἡ faut donc supposer une négligence dans l'emploi de la copule καὶ ἀπό, sans que la clarté en souffre trop. De même que dans Actes τη, 22 ss., le Christ commence par Moïse et passe aux prophètes dans un sens large, comprenant même les psaumes. ἀπὸ πάντων doit être plutôt collectif que distributif; il n’est pas dit qu’on doive trouver une prophétie messianique dans chacun des. prophètes ou des livres de la Bible, Mais c’est le Christ lui-même qui affirme son autorité prophétique relativement à sa Personne. — Ce n'est pas le lieu de faire une liste des prophéties messianiques, d'autant qu'on ne saurait conjecturer celles que le Christ a citées, si ce n’est peut-être Is. zur, parce que ce passage mène à la gloire par la souffrance.
28) Τι est dif très clairement que les disciples sont arrivés au terme de leur voyage, et non pas dans une hôtellerie intermédiaire; ils vont donc être chez eux ou chez l’un d'eux. Au moment où ils vont quitter la grande route pour prendre le chemin qui les y conduit, Jésus se donna l’air (περιποιήσατο, et non προσεποιεῖτο, texte recu) d'aller plus loin. Il est tout à l'honneur de la sincérité chrétienne qu’elle se soit inquiétée de cette apparence de fiction. Or, il n’y a pas le moindre mensonge, même dans le geste, mais seulement une leçon : le Christ n'allait pas à Emmaüs ou du moins n’y serait pas allé si les disciples ne l'en avaient charitablement prié. Ἡ ne veut que leur donner une occasion de l'inviter ; occasions précieuses et qu'il ne faut point négliger.
29) En matière d'hospitalité antique, la politesse exige qu’on fasse les dernières instances, une sorte de violence : Act. xvr, 45; encore le même verbe dans ce sens Gen.'xix. 9; 1 Regn, xxvir, 23; IV Regn. v, 16. — ἑσπέρα de Luc seul dans le N. T. — sur κλύω dans cette acception, cf. 1x, 19. Entre midi et le coucher du soleil, le jour baisse, le soir approche (cf. ἠσθένησεν à ἡμέρα sis τιν ἑσπέραν, Jud. xx, 9 ms. A); encore ont-ils dû exagérer l'heure tardive pour obliger l'étranger à accepter l'hospitalité. Il semble de plus en plus que les disciples sont chez eux. Ils n'avaient pas à prodiguer les instances pour faire entrer leur compagnon de route dans une auberge.
μεῖναι σὺν αὐτοῖς. ὃ9 Καὶ ἐγένετο ἐν τῷ πχατακλιθῆναι αὐτὸν pet’ αὐτῶν λαβὼν τὸν ἄρτον εὐλόγησεν καὶ Ἀλάσας ἐπεδίδου αὐτοῖς. # αὐτῶν δὲ- διηνοίχθησαν οἱ ὀφθαλμοὶ καὶ ἐπέγνωσαν αὐτόν καὶ αὐτὸς ἄφαντος ἐγένετο
ἀπ᾿ αὐτῶν. Put εἶπαν πρὸς ἀλλήλους Οὐγά à καρδία ἡμῶν καιοµένη ἦν ἐν
en © , , + 0 ο εδω ῃ . 1 / ο ἡμῖν ὡς ἐλάλει ἡμῖν ἐν τῇ 600, ὡς διήνοιγεν ἡμῖν τὰς γραφάς;
32, εν ημιν (T S Υ) εἰ non 0m. (Π).
30) Bientôt on se met à table, et on laisse l'étranger présider le repas. Les deux disciples devaient le prendre à tout 19 moins pour un rabbi des plus doctes. — ἐν τῷ χατακλιθῆναι, non pas après le repas (Mald.), mais aussitôt qu’on est étendu pour commencer le-repas. Jésus donna-t-il l’Eucharistie aux disciples? C’est incontestablement l'opinion d’Augustin (contre Kn.) qui la juge certaine : Et quod ab illis duobus in fractione panis est agnitus, sacramentum esse quod nos in agnitionem suam congregat, nullus debet ambigere (P. L. ΧΧΧΗΙ, ο. 644). Et Jérôme en disant que la maison de Cléophas à Emmaüs fut transformée en église semble indiquer la continuation du même rite au même lieu (P. Z. XXII, 883). Bède est formel (P. L. χοῃ, 625 et 628). Mais aucun Pèregrec ne parle de l’Eucharistie avant Théophylacte. L’exégèse catholique du xvr* siècfe pencha dans le sens d'Aug., mais Chrysostome n'étant pas l’auteur de l'opus imperfectum in Matth, efle est aujourd’hui plutôt pour la négative {Schanz, Kn., Fillion.) ou pour le doute. Du moins nous ne saurions affirmer à la fois « que Jésus n’a pas renouvelé pour eux le moment tragique de la dernière cène », et que « le souvenirde l'eucharistie… parait essentiel à la conception du récit » (Loisy, τ, 168).
La solution n’est point aisée. Si l’on se réglait d’après 16 v. 35, on conclurait à l'Eucharistie, car il semble bien que la fraction du pain soit un terme technique dans les Actes (1, 42 et xx, 7) pour désigner l’Eucharistie (malgré Zahn), conformément au style de Paul (I Cor. x, 16). Mais alors il faut être logique, et comprendre dans la fraction même la manducation, comme l'entend Luc dans les Actes. Et en effet on ne concevrait pas que Jésus ait consacré et donné le pain aux deux disciples et que ceux-ci ne l’aient pas consommé. Ce serait même par la grâce spéciale de l'Eucharistie que leurs yeux se seraient ouverts. Mais. peut-on donnèr' ce sens au v. 30 où il n’est pas question de manducation? On le pourrait d'autant mieux que si Luc dit expressément à la multiplication des pains que le peuple a mangé (x, 47), il ne le dit pas des Apôtres à la Cène, comme pour laisser dans le mystère cette manducation spéciale. Au contraire dans Act. xxvir, 35 où Paul ne consomme pas l’Eucharislie.
- Plammer a objecté que Lc. xxiv, 30 ressemble plus à la multiplication des pains qu'à la Cène, parce que Luc emploie ici (ἐπεδίδω) l’imparfait, de même que dans la multiplication des pains (κατέκλασεν καὶ ἐδίδου, ΙΧ, 16; ἔκλασεν at édioou Μο. vu, 6), landis qu’à la Cène aucun des synoptiques n’emploie l’imparfait. Mais si l'imparfait se dislinguait du parfait d’une façon notable, ce serait parce qu'il indiquerait une action répétée. L'acte de la Cène, accompli une fois, se dislinguerait de celui du chef de famille qui rompt le pain, le garde auprès de
30 Et après s'être mis à table avec eux, il prit Le pain, bénit [Dieu], et après l'avoir rompu il le leur donnait. #0r leurs yeux s'étant. ouverts, ils le reconnurent; et il disparut d’auprès d’eux. 2Et ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n'était-il pas brülant en nous tandis qu'il nous parlait dans le chemin, tandis qu’il nous découvrait les Écritures? »
lui et le distribue selon les besoins. Or ce ne peut être le sens ici, à moins qu'on ne suppose un repas prolongé, ce qui, derechef serait contre l'hypothèse d’une reconnaissance à la simple fraction du pain.
Cependant on n'ose conclure expressément à la distribution de l'Eucharistie, parce qu'il serait étrange que Jésus ait renouvelé la Gène avec deux disciples qui n'avaient pas été présents à l'institution, tandis qu'il va prendre avec les Apôtres une nourriture ordinaire (v. 43). Il semble donc que Luc aït voulu montrer dans les apparitions une sorte de crescendo, Jésus ayant daigné dans sa Sagesse préparer les disciples à une révélation aussi extraordinaire, en leur laïssant l'occasion d’en mesurer pour ainsi dire la réalité. Les disciples d'Emmaüs le reconnaissent à la fraction du pain, mais ne le voient pas manger; il mangera plus tard. Aussi insistent-ils sur la fraction du pain (v. 35). Pour donner à ce mot un sens précis, il suffit de supposer que Jésus avait sa manière à lui de rompre le pain après l'avoir béni, manière que les siens connaissaient. D'après saint Cyrille d'Al. {éommentaire syriaque et Catena) les yeux des disciples furent ouverts après que l'enseignement eùt éveillé la foi. Après tout ce que le Christ avait dit, le voyant agir comme autrefois, le retrouvant dans un geste consacré, ils le reconnurent.
84) Le moment où les yeux furent ouverts n’est pas précisé, et il n’a pas été question de manducation; cf. Gen. xxi, 19: IV Regn. νι, 20. — ἄφαντος est poétique pour ἀφανῆς; cf. II Macch. 1x1, 24, des anges : ἀφανεῖς ἐγένοντο. Eur. Or. 149% 5. ὃ (Hélène) δ᾽ ἐκ θαλάμων ἐγένετο διαπρὸ δωµάτων ἄφαντος.
Ici ἀπ᾿ αὐτῶν, car Luc a insisté sur leur compagnie, et on ne doit pas penser à
une personne qui serait demeurée tout en se rendant invisible. Le Christ a quitté les disciples, en disparaissant soudain. — C’est le seul cas connu de ἄφαντος avec. un complément de personne; Luc a construit d’après l’analogie de ἀφανίζειν ἀπό, et sans doute cette construction était admise, puisqu'elle se retrouve dans le grec moderne (MM).
. 32) Dérnier trait et charmant, trop exquis sans doute pour les copistes qui ont changé καιοµένη en κεκαλυμµένη (D), ou appesanti (les syriens). ΤΙ n'y a même pas à songer à une confusion entre TD « ardent » et 115 « appesanti » pour la tradition syrienne, car la version sah. à soit « voilé », soit « appesanti », ο excaccatum, L optusum, ε exterminatum. — Tous ceux-là ont pensé avec Loisy que le cœur couvert ou alourdi, c’est-à-dire l'intelligence voilée ou appesantie est « plus conforme aux habitudes du langage biblique et en meilleure harmonie avec le contexte » (τι, 764). Mais qu’il faut savoir gré à Luc de ce cœur échauñfé, brûlant aux paroles du Christ!
‘ La réalité des faits exclue, M. Loisy nous propose la carte forcée de Strauss
38 KCai ἀναστάντες αὐτῃ τῇ Spa ὑπέστρεψαν εἰς Ἱερουσαλήῃ., καὶ εὗρον ἠθροισµένους τοὺς ἔνδεχα καὶ τοὺς σὺν αὐτοῖς, 34 λέγοντας ὅτι ὄντως ἠγέρθη ὁ Χχύριος καὶ ὤφθη Σίµωνι. rat αὐτοὶ ἐξηγοῦντο τὰ ἐν τῃ ὁδῷ καὶ ὡς ἐγνώσθη αὐτοῖς ἐν τῇ λάσει τοῦ ἄρτου. 36 'Ταῦτα δὲ αὐτῶν λαλούντων αὐτὸς
86. και λεγει αντοις etpnvn ὑμιν (8 V) ou οπι. (T H doubles cr.).
réfutant Paulus. Nous ne pouvons pas accepter l'explication rationaliste de Renan : « qui montre les deux disciples soupant avec un juif pieux el versé dans les Écritures, qu'ils avaient rencontré sur leur chemin, puis oubliant sa présence et s'imaginant que Jésus est là qui rompt le pain, et se persuadant enfin, parce que leur compagnon s'est éclipsé pendant leur rêverie, que l'étranger et Jésus ne faisaient qu'un » (η, 767). « Hypothèse fantaisiste », mais qu’il est « impossible de réfuter » si l’on s’obstine à méconnaïtre le caractère symbolique du récit. C'est à savoir : « Le Christ est ressuscité : 165 Écritures l'avaient annoncé. Il est vraiment vivant : on le retrouve « dans la fraction du pain ». La foi à la résurrection de Jésus et la foi à la présence du Christ au milieu des siens dans le repas de la communauté se sont affirmées en même temps » (x, 767). Et voilà pourquoi l’Eucharistie n’est pas accomplie d’après le texte, et comment elle est essentielle à la conception du récit (11, 763). C'est sans doute pour prouver le sens symbolique que M. Loïisy nous dit encore : « Mais il faut avouer que le narrateur se tient dans le vague, et que le récit est comme suspendu entre ciel et terre » (η, 763). Hélas! il n’est que trop vrai; Luc nous tient souvent dans le vague! Mais pour une fois il indique le village où l’on allait, sa distance exacte de Jérusalem, le nom d’un des disciples, le jour précis, l'heure de la reconnaissance. Ἡ α pris soin de dire que les disciples ont 16 plus vite possible mis les Apôtres au courant. Que pourrait-on lui demander de plus pour bien marquer son intention de raconter un fait réel et historique? Que n’a-t-il eu toujours le même goût de la précision!