LE retour D'Emmaüs. ΑΡΡΑΒΙΤΙΟΝ À Simon. Propre à Luc
33) L'importance de l'événement est telle que les deux disciples, renonçant au repos qu'on goûte si volontiers quand on est rentré chez soi, partent à l'heure même pour informer les Apôtres, qu'ils espèrent rencontrer encore à Jérusalem. Et de fait, ils trouvent tout le groupe réuni. El semble bien d’après Le. que c’est le même jour, sans quoi il aurait dû lé dire. Mais ce peut être à une heure tardive, et c’est ce que dit Jean (xx, 19), qui place au soir de Pâque une apparition aux Apôtres. Il est vrai qu'ils n'étaient que dix d'après Jean, puisque Thomas était absent. Mais il est clair que ἔνδεκα dans Lc. marque moins un nombre précis que le groupe des Apôtres, comme distinct des autres disciples. — abrÿ τῇ ώρα style de Le.; ἀναστάντες aussi; Cf. 1, 39; xv, 48.20; Act, x, 20. La tradition ancienne de Jérusalem qui plaçait Emmaüs à 160 stades se préoccupait du temps qu'il avait fallu pour le retour (Hésychius, Catena), mais ne s’en
83Et s'étant levés au même moment ils revinrent à Jérusalem, et ils trouvèrent réunis les Onze et leurs compagnons %#qui [leur dirent : « Le Seigneur est vraiment ressuscité, et il a apparu à Simon. » %Et eux de raconter ce qui s’était passé sur la route, et comment il avait été reconnu par eux à la fraction du pain.
%Pendant qu’ils s’entretenaient ainsi, lui-même fut au milieu d'eux, (et il leur dit : « La paix soit avec vous! ») |
#Stupéfaits et saisis de crainte, il leur semblait contempler un
étonnait pas. Et pourquoi, dans leur empressement, 165 disciples n’auraient-ils pas pris des montures?
34) Wellhausen n'avait pas assez d'autorité comme helléniste pour prononcer que la leçon λέγοντας détonne; λέγοντες (D) est beaucoup moins naturel. C'était cependant sûrement la lecon d'Origène, car il met toujours Simon avant Cléophas (Comm. in Johann. I, v el vix; kom. in Jerem. xx; contra Cels. u, 62), sans faire la moindre allusion à une tradition qui aurait conservé le nom de Simon. Sa pensée était donc que 16 Seigneur avait apparu à Simon sur la route d'Emmaÿüs, nommé seul ici comme le plus digne. Mais cette exégèse et cette lecon sont clairement contredites par tout le thème. Si Simon est Pierre, pourquoi ne pas l'avoir nommé dès le début? et si c’est un autre Simon, pourquoi lui faire honneur de la vision? Ce sont donc bien les autres disciples qui probablement aux premiers mots des deux disciples répondent qu'en effet le Seigneur est bien (ὄντως) ressuscité et qu'il a apparu à Simon, c’est-à-dire à Pierre. Il est très étrange que Lc. ne raconte pas cette apparition en détail. Peut-être ne la connaissait-il que par Paul (1 Cor. xv, 5, ὤφθη Kay?) qui la place la première, avant celle accordée aux Douze (encore une désigaation globale). |
35) καὶ adrot pourrait s'entendre de tous les disciples (avec la leçon λέγοντες); avec λέγοντας il n'est pas nécessaire de traduire « eux de leur côté » (contre Wellh.), puisque αὐτοί se rapporte au sujet de la phrase précédente.
Sur la fractio panis, cf. v. 30. On ne peut nier que ce terme n'ait ici quelque chose de mystérieux. Én tout cas on ne saurait l'expliquer comme notre locution vulgaire : casser une croûte.
36-43. APPARITION DE Jésus AUX ΑΡΟΤΗΕΡ ET AUX DiscipLes (cf. Jo. xx, 49-23).
La circonstance est fixée par les vv. précédents. C’est sans doute la même apparition que raconte Jo. D’après Jo. (xx, 24), Thomas était absent, les Apôlres ne devaient être que dix; sur le chiffre de onze, cf. sur v. 33.
36) Kn. tient avec raison pour une glose : ego sum, nolite timere. Assurément καὶ λέγει αὐτοῖς εἰρήνη ὑμῖν sont mieux aliestés, n'étant omis que par la tradition latine ancienne (af et it) et D. Mais ils se trouvent textuellement dans Jo., où ils sont nécessaires, tandis. qu'ici on dirait bien que le début des paroles de Jésus est au v. 37. Le décret du concile de Trente n'est pas intéressé par de pareilles minuties. — Jésus ἔστη, c’est-à-dire apparut subitement comme il avait disparu subitement à Emmaüs.
37) Sans s'inquiéter qu'on lui reproche une « contradiction formelle » (Loisy\
ἔμφοβοι γενόμενοι ἐδόκουν πνεῦμα θεωρεῖν. yat εἶπεν αὐτοῖς Τί τεταραγµένοι ἐστέ, καὶ διὰ τί διαλογισμοὶ ἀναβαίνουσιν ἐν τῇ καρδίᾳ ὑμῶν ; 39 ἴδετε 1 . ! \ 4 f et 9 4 > or ; .
τὰς χεῖράς µου nat τοὺς πόδας pou ὅτι ἐγώ εἰμι αὐτός Ψηλαφήσατέ µε
χαὶ ἴδετε, ὅτι πνεῦμα σάρχα καὶ ὀστέα οὐχ. ἔχει καθως EMÈ θεωρεῖτε ἔχοντα. 40 καὶ τοῦτο εἰπὼν ἔδειξεν αὐτοῖς τὰς χεῖρας καὶ τοὺς πόδας. Ἔτι δὲ ἀπίστούντων αὐτῶν ἀπὸ τῆς χαρᾶς χαὶ θαυμαζόντων εἶπεν αὐτοῖς ᾿Ἐιχετέ τι βρώσιµον ἐνθάδε; Foi δὲ ἐπέδωκαν αὐτῷ ἰχθύος ὁπτοῦ µέρος. ἀ καὶ
38. εν τη χαρδια (T H) plutôt que εν ταις καρδιαις (S V). 40. Avec 8 V, et non om. (T H doubles ου).
avec le v. 34, Le. indique la première. impression des disciples. On leur avait dit que le Seigneur était ressuscité, mais qu'est-ce qu'un ressuscité? Ils reconnaissent Jésus, mais leur première impression est de le prendre pour un esprit, au sens populaire, quand on croit voir l'âme d’un mort. D'ailleurs Le. a ses raisons pour accentuer cette impression; l'apparition va précisément montrer la: différence entre un esprit et un ressuscité. Α Emmaüs il semble que Jésus a disparu avant de manger. — πτοηθέντες où θροηθέντες; le sens n’est guère différent.
38) τί n'est pas synonyme de διὰ τί (Hahn), mais plutôt l’objet à l'accus. de τεταραγµένοι ἔστε; les pensées montent au cœur (Act. να, 23; I Cor. Ἡ, 9; cf. Is. 1xv, 18; Jer. in, 16; xxxn, gr. xxxix, 35), tournure hébraïque : comme si des pensées confuses ét incertaines sortaient de profondeurs inconnues pour se présenter à la raison. Celle-ci ne sait que dire.
39) Les sens extérieurs trancheront la question. Les mains et les pieds, parce qu'ils portent encore les traces de la crucifixion, font reconnaître le Maître; et si la vue ne suffit pas à distinguer un corps de l’image d’un corps, le toucher est la marque décisive de la réalité du corps dont. il peut suivre les dimensions. La gradation est donc rationnelle : il était plus-aisé de reconnattre le Christ que de se convaincre qu'il était réellement ressuscité corporellement. Glorieuses traces des blessures, source perpétuelle de charité pour les âmes qui les contemplent : in quo non solum fidem firmat, sed etiam devotionem aeuit ; quod vulnera suscepta pro nobis coelo inferre maluit, abolere noluit ; uf Deo Patri nostrae pretia libertatis ostenderet (Ambr.). — Saint Ignace (ad Smyrn. ur, 2) : καὶ ὅτε πρὸς τοὺς περὶ Πέτρον NABev, ἔφη αὐτοῖς' λάδετε, φηλαφήσατέ µε καὶ ἴδετε, ὅτι οὐκ εἰμὶ δαιµόνιον ᾿ ἀσώματον ἃ probablement cité d’après le Ἰζήρυγμα πέτρου (de princip. proem. 8). Sur l'opinion de saint Jérôme qui attribue ce daemonium incorporale à l'évangile des Nazaréens, cf. AB. 1912, 592 s.
40) Le texte de Jo. est : καὶ τοῦτο εἰπὼν ἔδειξεν καὶ τὰς χεῖρας καὶ τὴν πλευρὰν αὐτοῖς. On voit que ce n’est pas tout à fait notre v. 40, et si l’on a pris ce verset dans Jo. en remplaçant le côté par les pieds, comment se fait-il que tout le monde se soit trouvé d'accord sur ce changement? Car Soden cite un'seul ms. qui aurait conservé τὴν πλευρὰν αὐτοῦ. Tatien devait naturellement mettre les deux, οἱ l’on
esprit. #Et illeur dit : « De quoi êtes-vous troublés, et pourquoi des pensées incertaines s’élèvent-elles dans votre cœur? % Voyez mes mains et mes pieds; oui, c’est bien moi. Touchez-moi et rendez-vous compte qu’un esprit n’a pas de chair et d'os comme vous constatez que j'en ai. » MEt à ces mots il leur montra ses mains et ses pieds.
H Comme ils étaient encore incrédules à force de joie et dans l'étonnement, il leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger? » REt ils lui donnèrent un peu de poisson rôti; # et il le prit οί 16 mangea en leur présence.
peut croire que τὴν πλευράν serait demeuré dans beaucoup d'exemplaires si V’âddition eût été le fait des copistes. Nous retenons donc le verset, trés naturel dans Le., malgré l'omission dans D, ancienne latine (ab de ff?r1), syrsin et cur. © — Harnack (Marcion… 229*) rend avec raison Marcion responsable de l’omission. Si on lit ἐπέδειξεν, cf. Le. xvir, 44; Act. 1x, 39.
41) Il est clair que l'incrédulité ne paraît ici que pour amener l'épreuve suprême et l'argument convaincant; aussi Le. a-t-il soin de lui donner pour cause la joie : ce serait trop beau! vix sibimet ipsi prac necopinato gaudio credentes (Tite-Live, xxxix, 49, Schanz).
42 5.) Le ressuscité n'avait pas besoin de nourriture. — Alors pourquoi en prendre? — Si c'était pour convaincre ses disciples, ne leur faudrait-il pas conclure que la nourriture était le [αἱ ordinaire des ressuscités? Telles sont nos perplexilés, semblables aux leurs. Sans doute les manifestations de la gloire du Sauveur furent si éclatantes, que les disciples ne risquaient pas d’assimiler
entièrement cette vie à la nôtre. Il fallait plutôt les convaincre de la réalité de la résurrection, et c’est pour cela que le Christ consentit à leur donner un signe oùils pourraient bénir sa condescendance sans méconnaître sa gloire. — Le poisson salé n'élait pas rare à Jérusalem, et l'on est obligé d'y recourir aujourd’hui encore assez souvent. — Le rayon de miel n’est sûrement pas authentique. On peut concéder à M. Loisy qu'il a pu être ajouté dans une intention symbolique : « Peut-être n'est-il pas hors de propos de rappeler que le miel avait sa place dans l'ancienne liturgie du baptême » (xr, 770).
44-49, JÉSUS RÉVÈLE LE PLAN DIVIN. — Ses paroles soudent le passé, c’est-à-dire les Écritures, avec l'avenir, ou la mission des Apôtres, dans sa Personne. La mission se trouve dans Jo. xx, 21 à Jérusalem et aussi dans Μο. Χνι, 15-18, et dans Mt. xxvir, 48-20, lors d’une réunion en Galilée, mais en termes différents. Il est incontestable que si Luc n'avait pas écrit les Actes, on croirait que son intention était de placer ces instructions au soir de la résurrection, qui serait aussi le jour de l’Ascension., Comme cet écrivain soigneux n’a pas pu se contredire à ce point, il faut donc que le raccourci de l'Évangile tienne lieu des quarante jours des Actes. Mais il faut induire de là ce principe général que certairies apparences d'affirmation historique ne doivent pas être serrées de trop près, et laissent de la marge à l'interprétation. Ἡ faut de plus constater que Lc. n'attache pas beaucoup d'importance aux modalités historiques de chrono-
… 4 / 9 3 εν NS ν λαβὼν ἐγώπιον αὐτῶν ἔφαγεν. 44 Εἶπεν δὲ πρὸς αὐτούς Οὔὗτοι
£ ! αλ 2 L Ἆ κο» # À \ CRE et CS οἱ λόγοι µου οὓς. ἐλάλησα πρὸς ὑμᾶς ἔτι ὢν σὺν ὑμῖν, ὅτι δεῖ πληρωθῆναι
Al + πάντα τὰ γεγραµµένα ἐν τῷ vou ἹΜωυσέως καὶ προφήταις καὶ ψαλμιοῖς περὶ ἐμοῦ. ἀδτότε διήνοιξεν αὐτῶν τὸν νοῦν τοῦ συνιέναι τὰς γραφάς. 46 yo εἶπεν αὐτοῖς ὅτι οὕτως γέγραπται παθεῖν τὸν χριστὸν καὶ ἀναστῆναι Ex
νεκρῶν τῇ τρίτῃ ἡμέρᾳ, ET καὶ κηρυχθῆναι ἐπὶ τῷ ὀνόμιατι αὐτοῦ µετάνοιαν
μάρτυρες τούτων. ή καὶ ἰδοὺ ἐγὼ ἐξαποστέλλω τὴν ἐπαγγέλίαν τοῦ πατρὸς pou ἐφ᾽ ὑμᾶς' ὑμεῖς δὲ καθίσατε ἐν τῇ mode ἕως οὗ ἐγδύσησθε ἐξ δύναμιν.
44, om, τοις a. προφήταις (T 8 V) et non add. (H).