Le. v, 36 et Mt. 1x, 16 ἐπιθάλλει au lieu de ἐπιράπτει
15. Le. vi, 1 et Mt. xux, 1 ajoutent que les disciples mangeaient.
16. Le, vi, 4 et Μι. χι, ἆ ajoutent μόνους et µόνοις (pour les prêtres seuls). . 47. Le. κχτι, 60 et Mt. xxvi, 74 n’ont qu'un.chant du coq, Mc. x1v, 72, en a deux {de même dans la prédiction).
18. Citons encore une omission commune à Le. et à Mt., car elle est assez significative. Μο. vi, 41 et 46 note le partage des deux poissons, et qu'il en est resté. Il n’en est pas question dans Le. et dans Mt. Or dans la seconde multiplication, propre à Μο. (ντι, 1-10) et à Mt. (xv, 32-39), il y a un accord parfait sur le rôle des poissons. Serait-ce qu'ici Mt. a été influencé par Le., ne parlant que du pain, symbole de l’eucharistie?
19. Tandis que dans tous les cas précédents il y avait accord entre Le. et Mt. non pas contre Μο., mais plutôt en dehors de Μο., il y a opposition contradictoire dans les termes entre Μο. vi, 8 εἰ μὴ ῥάθδον µόνον d’une part et Le, 1x, 3 pire ῥάθδον avec Mt. 1x, 10 µήδε ῥάθδον d'autre part.
20. Un cas où Le. semble avoir voulu concilier Μο. et Mt. Tandis que Mc. disait (v, 22) εἷς τῶν΄ ἀρχισυναγώγων, et Mt. (1x, 18) ἄρχων εἷς, Luc (vint, AA) a écrit ἄρχων τῆς συναγωγῆς. Ne dirait-on pas d'une harmonisation? Il est vrai que plus loin Le. dit encore ἀρχισυνάγωγος (v. 49) avec Μο. (v. 35), sans plus se soucier de l'épxwv de Mt. (v. 23).
Plus significatif peut-être que ces cas particuliers est l'accord de Le. et de Mt. sur une locution sémitique, nettement hébraïque et cependant araméenne, xx ἰδού (nat), pour introduire une personne, une chose ou une action (cf. Gen. xxvinr, 42; xx1X, 2 καὶ ἰδοὺ φρέαρ... Υ. 9 καὶ ϊδοὺ Ῥαχὶλ... etc.).
Or cette tournure, inconnue à Μο., est très fréquente dans Le. et dans Mt. Je donne la liste parce que la concordance n'indique pas toujours καί devant ἰδού, et que certains cas où καὶ est devant ἰδού n’ont pas le même intérêt : Le. 11, 25; v, 19. 18; vit, 19. 37; vur, 415 1x, 30.38; x, , 25; χιτ, 11; ΧΙΥ, 2; xIX, 2, xxINI, 50; xx1V, 4; Act. 1, 10; var, 21: x, 30;
LES SOURCES DU TROISIÈME ÉVANGILE. LXXIIT
χι, 44: χη, 7: xv1, 1, Mt. ui, 9; mx, 16; τν, 141: vunx, 2. 24. 29.39.84: 1x, 2.8.40.920; χτι, 10; xv, 22; xvni, 3.5: xix, 16: xx, 30; xxv1, 51; xxvn, 54; xxvInx, 2. 9,
Cette habitude de dire καὶ ἰδού suggère que Lc. et Mt. ont pu, sans dépendance, avoir chacun ces mots en plus dans nos π 10 et 11. Mais d’où vient que cette habitude leur était commune?
Et en général, pourquoi ces ressemblances? La tradition orale, à elle seule, ne suffit pas à expliquer ces rencontres verbales.
Dominés qu'ils sont par la théorie des deux sources de Le. et de Mt., à savoir Μο, et les Logia, les critiques sont embarrassés. Les Logia proprement dits sont hors de cause, puisqu'il s'agit de sections narratives dans lesquelles Le. et Mt. sont censés dépendre de Μο. On est donc obligé de supposer que Le. et Mt. ont connu tous deux un autre Marc que le nôtre, ce qui est revenir à l'hypothèse d’un Proto-Marc, dont nous avons reconnu l’inanité. On admettrait plutôt que le procédé d'assimilation. entre Le. et Mt. qui domine tout le problème de la critique textuelle à commencé de très bonne heure, et s’est exercé dans des cas où les témoins du texte ne laissent rien soupçonner. |
Mais c’est là une hypothèse gratuite et insuffisante à tout expliquer.
Faut-il donc reconnaître que Le. a connu Mt.? Mais s’il le connaissait - assez pour lui emprunter ces minuties, comment se fait-il que son emprunt dans les sections marciennes se soit borné là?
Et on exclut de la même.façon l'influence de Le. sur Mi. π y à cependant ici une distinction à faire. Si notre Mt. est une traduction, comme le pensait la tradition ancienne, le traducteur obligé de s’en tenir au. texte, et par conséquent à limiter ses emprunts, n’aurait-il pas pu se servir, pour de menus détails, du texte de Lc., déjà existant? Nous ne voyons pas ce qu'on pourrait objecter à cette hypothèse, qui parait suggérée par nos n°4 et 6.
Il est sage cependant de réserver le concours de plusieurs causes, le même besoin d’être clair (n° 2. 14) ou complet (n°° 12. 15), des habitudes courantes de parler et d'écrire, enfin même ce concours de causes non ordonnées que l’on nomme le hasard.
IV. Mais voici d’autres observations plus graves. Dans une partie qui est environ le sixième de l’un et de l’autre, et qui est surtout relative à l’enseignement de Jésus; Le. et Mt. sont tellement semblables, et jusque dans les termes, que l’on doit admettre qu'ils ont eu une source grecque commune, s'ils ne se sont pas connus.
M. Harnack (Sprüche...) a retenu cinquante-neuf ou plutôt soixante (1) passages comme appartenant à la source commune de Le. et de Mc. Dans Hawkins, Âorae synopticae (p. 108 5.), la liste comprend soixante-
(4) Le n° 34 est double (p. 108 s.).
EXXIV INTRODUCTION.
“quatorze passages, dans les Studies in 1he Synoptic problem (p. 113 55.) quatre-vingt-quatre répartis en cinquante-quatre, vingt-deux, et huit passages, très probablement, probablement, peu probablement dérivés de cette source (Q). M. Stanton (The Gospels as historical documents, II, Appendice If} ne met que trente et un passages dans la série des très probables.
Sur la détermination des passages semblables dans Le. et Mt. et propres à ces deux seulement, il ne peut y avoir beaucoup de divergences. C’est une question de fait, à résoudre avec une synopse. Mais si l'on cherche à déterminer une dépendance littéraire, il nous paraît opportun de faire plusieurs catégories.
C) H y a des passages (C) qui sont de peu de longueur, qui n’offrent pas une ressemblance très étroite où qui, alors, ont le caractère de sentences, de proverbes. En pareil cas deux solutions sont possibles. On peut toujours supposer qu’un auteur les a empruntés à un autre, sauf à les modifier à l’occasion; maïs ils peuvent venir de la tradition orale, qui conserve fidèlement ces mots bien frappés. À défaut d’un contexte significalif, cette solution sera même la plus probable.
Voici les passages où nous ne voyons tout au plus qu ‘une vague réminiscence.
1 Le. νι, 39 — Mt. αν, 14. Le guide aveugle.
— 40 — Mt. x, 24. 255. Le maître supérieur au disciple.
3 — 45 — Mi. χή, 34-35. Ce qui sort du cœur.
4 XI, À --- Mit. χτι, 141: cf. Μο. στ, 45. Le levain des Pharisiens.
5 — 10 -- Mt. χι, 32; cf. Me. zx, 29. Sur l'esprit de blasphème.
6 — 51-53 — Mt. x, 34-36. L’évangile, cause de divisions.
7 — 34-56 — Mt. xvi, 2-3. Signes du temps et des temps.
8 — 57-59 — Mit. v, 25-26. Se réconcilier avec son adversaire.
9 xU1I, 25-24 — Mt. νι, 13. 14. La porte étroite. :
40 — 925 — Mt. xxv, 11-13. Frapper à la porte. Je ne vous connais pas, |