Mt. υπ, 22-23. Connaissance du Christ inutile
419 — 98.99 — Mt. νι, 11.19. Le festin avec Abraham ou l'expulsion.
13 — 30 Mt. xx, 30; cf. Mc. x, 31. Les premiers, derniers.
4 xIv, 34-88 — Mt. v, 13- 16. Le sel.
45 xv, 4-7 — Mt. xvinr, 19-14. La brebis perdue.
46 xvi, 17 — Mt. v, 18. Rien ne tombe de la Loï.
AT -- 18 — Mt. v, 32. Répudiation.
48 — 33 — Mt. x, 39; cf. Μο. vint, 3; Mi. xvi, 95; Éc. IX, 24. Perdre son âme et la gagner.
Cette liste comprend quelques passages qu'on peut rapprocher du texte de Μο. (n% 4.5. 13. 18). Il n'y a pas lieu de les exclure, puisqu'il
LES SOURCES : DU TROYSIÈME ÉVANGILE. LXXV
s'agit. précisément de savoir comment ces pensées pouvaient jouer dans une mémoire. Si l’on compare notre liste C à celles de Hawkins, on notera qu'il a rangé parmi ceux qui sont très probablement dérivés de ϱ. nos.n°% 3.6.8. 12. 15.46; dans ceux où la probabilité domine encore nos n° 4. 2. 9. 11. De la même origine, mais avec une probabilité légère le n° #4. Enfin il ne cite pas nos n° 7. 10. ΕΤ.
Mais nous rappelons que le point de vue n’est pas tout à fait le même. Par exemple les passages n°% 6. 8.192. 15, relativement longs, ont certes pu être connus de Lc. dans une source écrite. Mais comme il leur a donné une pointe assez différente de celle de Mt., on ne peut pas afirmer, d’après son texte seul, qu’il dépend de lui. Et même s’il à connu ces passages, il ne les a pas employés de la même façon, ce qui suggère plutôt une réminiscence qu’un extrait fait à dessein.
Β) Dans d’autres cas, la ressemblance est tellement étroite, quoique le contexte soit différent, du moins quant aux circonstances, que l’on pourrait conciure à des extraits.
4 Ç Le. x, 12 — Mt. x, 45. Sodome jugée moins sévèrement.
— 13-15 — Mi. xx, 24-23. Vae fibi Chorozaïn…
3 — 91-22 — Mt. αι, 25-27. Confiteor tibi, Pater…
4 — 93-94 — Mt. xur, 16. 47. Révélation accordée aux disciples.
ὃ χι, 2-4 — Mt. vi, 9-19. Le Paler.
6 ἳ — 9-18 — Mt. ντ, 7-11. Petite εί dabitur.….
7 — 33 — Mt. v, 15. Où mettre la lumière? CE. Μο. 1v, 21 et Le. | = vor, 16.
8 — 34-36 — Mt. νι 22-93. La lampe du corps.
9 XI, 94-35 — Mt. ΧχΗς, 37-39. Jérusalem qui tue les prophètes.
10 XIV, 26-27 — Mi. x, 37.38. Aimer Jésus et porter sa croix.
41 XVI, 19 — Mt. vi, 24. Le Mammon.
Il faut noter que, sauf les trois derniers passages, tous les autres vont dans Le. par paires, dont les deux éléments sont parfaitement liés. La combinaison de ces deux éléments est certainement voulue. Comme d'autre part chacun des éléments est irès semblable à un passage dans Mt., on a l'impression que Le. se servait ici d’un manuscrit ou du moins de notes prises à la lecture.
Tous ces passages sont rangés dans la catégorie du plus probable (A) par Hawkins, sauf le n° 4 qui est dans la seconde catégorie (B), et le n° 7 qui n'est pas cité à cause du rapprochement avec Μο. (doublet).
A) Mais voici un troisième phénomène, tout à fait décisif, et auquel ni Harnack ni Hawkins n’ont donné l'attention qu’il mérite. Le. a des groupements qui correspondent dans Mt. à des groupements semblables. Non qu’à l'intérieur de ces groupements l’ordre soit toujours le même. Maïs ces inversions avec des additions et omissions dépassent à peine les libertés que Lc. prend avec Mc. et elles sont très naturelles dans
LXXVI ι INTRODUCTION.
des discours. Le fait dominant est que Le. tient compte du contexte tel qu'il est aujourd’hui dans Mt., alors que les idées auraient pu être groupées tout autrement. En d'autres termes, il a souvent la même suite que Μί., ce que nous avons considéré à propos de Mc. comme le signe le plus sûr de dépendance. Et si ce signe est plus rare ici, sa portée est plus grande, car il est plus facile de retenir par cœur une suite de faits qu'une suite de sentences surtout dans les cas où la pensée a un tour imprévu. Nous devons passer en revue un à un ces treize groupements: 1) Le. πι, 7-9 — Mt. πι, 7-10. Prédication du Baptiste. — 16-17 — Mt. — 11-12. | id.
19, 2-13 — Mt. τν, 2-11. La tentation, avec une inversion.
C'est-à-dire que Le. est ici d'accord avec Mt. sur la prédication du Baptiste et la tentation. Ἡ est vrai que l'ordre est donné par Μο., dans les grandes lignes, mais c’est un des cas où Le. est avec Mt. plus qu'avec Marc : présentation du Baptiste avant la citation biblique; Le. et Mi. ajoutent πυρί à Μο. 1, 8.
Que dans ce cas Le. et Mt. accusent une dépendance littéraire, cela est aussi évident que dans tout autre. On n'aime pas à le reconnaître parce qu'il faut en conclure que la soi-disant source Q commençait — ainsi que Mt. — par la prédication du Baptiste et la tentation encadrant le Baptême.
2) Le sermon des béatitudes dans Le. présente l’ordre suivant par rapport à Mt.
Le. vi, 200. 91. 29. 93 — Mt. v, 3. 6. 99, 23. Béatitudes.
— 27-28 — Mt. v, 43-44. Amour des ennemis.
— 29-30 — Mt. v, 39-42. Ne pas rendre le mal.
— 31 — Mt. vu, 42. Règle d'or.
—. 32-33 — Mt. v, 46-47. Amour des ennemis.
— 36 — Mi. v, 48. Soyez miséricordieux (parfaits).
— 37-38 — Mt. ντ, 1.9. Ne pas juger, donner.
α 7 = ὧν os Voir notre liste C.
— 44-42 — Mt. vu, 3-5. La poutre.
— 43-44 — Mt. va, 16-20. Le fruit de l'arbre.
— 45 — Mt. χι, 84, 338. Voir notre liste C.
— 46 — Mt. νι, 91. Ne pas dire Seigneur... sans pratiquer. — 47-49 — Mt. vit, 24-27. Conclusion : la maison bâtie.
Sauf trois passages ajoutés par Le. (en plus des vae) qui peuvent être des réminiscences de Mt., et sauf une inversion (Le. v, 31), Le. a suivi exactement, pour tout ce qu’il retenait, l'ordre tel qu’il est dans Mt. Ce ne peut être le fait du hasard.
3) Le. vu, 1-40 -- Mt. vi, 5-10. 19. Entrée à Capharnaïüm; épisode du
centurion.
LES SOURCES DU TROISIÈME ÉVANGILE. LXXVIE
Ces deux faits sont groupés de la même façon dans Le. et dans Mt, après le discours inaugural. On y trouve, dans la bouche du centurion, deux constructions grammaticales rares, qui suggèrent une dépendance littéraire : oùx εἰμὶ ἱκανὸς ἵνα... εἶπε λόγῳ (Le. ναι, 6; Mt. vint, 8).
4) Le. ναι, 18.19. 99. 98 — Mt. χι, 2-6. Le message du Baptiste.
— 24-28 — Mt. χι, 7-11. Réponse de Jésus.
— 31- 35 --- = Mi. χι, 16-19. Ce que pense la génération de Jean et de Jésus.
Ce groupement est d'autant plus remarquable qu’il y a encore plus de ressemblances dans le récit que dans les paroles, et qu'il vient, dans Le. et dans Mt., après l'épisode du centurion, quoique d'autres faits soient , intercalés.
5) Le, 1x, 57-60 — Mt. ντα, 49-22. Deux vocations: Le. en intercale une troisième. ι
6) Le. χι, 14.15 — Mt. χι, 22-24. Guérison d’un sourd attribué à
| Béelzéboul. - — 17-23 — Mt. χι, 25-31. Argumentation de Jésus. — 24-26 — Mt. xn, 43-45. Retour de l'esprit mauvais. — 29-32 — Mt. xt, 38-42. Jonas, les Ninivites, la reine du Sud.
Il est vrai que Mc. a aussi l'épisode de Béelzéboul, mais présenté tout autrement. Et c’est l'intérêt considérable de ce cas. Luc ayant omis cet épisode parce qu'il avait interrompu 19 fil de Μο., et l'ayant repris plus loin, ne dépend pas du tout de Μο., mais bien et très clairement d'un texte semblable à celui de Mt.
Mais le plus notable c’est qu’il a comme Mi. le groupement de Béelzéboul avec le triplet Jonas, Ninivites, reine du Sud. Des divergences secondaires ne peuvent effacer l’impression produite par cet accord, qui n'est nullement exigé par le rapprochement des idées, et que Le. a atténué par l'insertion de beatus, venter (xt, 27. 28). Si néanmoins il le conserve, n'est-ce pas pour suivre un document qui le contient?
7) Le. χι, 39-41 — Mt. xxi1, 25-26. Pureté du dedans et du dehors.
.— 42 — Mt. xx, 29. Dime et justice.
— 43 — Mt. xxim, 6. Vaniité.
— 44 — Mi. Χχι, 27. Tombeaux anciens.
— Àÿ verset de transition.
—— 46 — Mt. xxut, 4. Les fardeaux.
ο — 47-48 — Mt. xxur, 29-32. Fils des prophètes! — 49-50 — Mt. χχη, 34-36. Le sang d’Abel.
Au premier abord chaque évangéliste semble utiliser à sa manière des matériaux relatifs aux Pharisiens et aux Scribes. Mais il y a déjà une suite voulue entre les imprécations et la dernière menace. De plus tout le discours de Le., s’il est fortement remanié, ne contient aucun élément qui ne soit dans Mt. ΧΧΗΙ. Qu'on se représente Luc en présence de ce
LXXVIIL INTRODUCTION.
long discours de Mt., et le traitant comme il faisait pour Me. Il éliminera tout ce qui a une couleur tout à fait juive : Mt. αχτῃ, 2.38 super cathedram; 3, les phylactères; 8-10 nolile vocari rabbi; 15 les prosélytes ; «16-99 les subtilités rabbiniques ; 24 avaler le chameau. Ἡ a pu omettre aussi 24, γεννήµατα ἐχιδνῶν qu'il avait déjà nr, 7; et les vv. 43 à 12 qui ne sont guère dans le contexte. De plus il a coupé le discours en deux, adressant la première partie aux Pharisiens, la seconde aux Scribes, mais la preuve évidente que c'est lui qui a divisé l’unité, c'est que dans Mt. les tombeaux, terme de comparaison, amènent les tombeaux des prophètes (27-30), suture vraiment sémitique, et que Le. a rompue (v. 44 et 47-48).
8) Le. xx, 2-9 — Mt. x, 26-83. Courage dans les persécutions. — 10 — Mt. xx, 32 ou Μο. ur, 29. Voir la liste C. — 11-12 — Mt. x, 49.20 plutôt que Μο. ΧΙ, 11. Secours de l'Esprit.
Si l’on excepte le v. 40, tout ce petit discours se trouve dans Mt. x, quoique l’ordre des morceaux soit interverti. Ce qui saute aux yeux, c'est la dépendance littéraire pour le premier morceau, car il contient quatre idées dont la suite n’est pas nécessaire : ce qui est caché sera révélé ; ne pas craindre pour le corps; exemple des passereaux; confesser le Christ pour être confessé par lui. Le plus frappant est. l'allusion aux cheveux, intercalés dans les deux cas parmi ce qui est relatif aux passereaux. Entre les morceaux, l’ordre de Lc. peut se soutenir aussi bien que celui de Mt.; mais l’ensemble est plus naturel dans un discours de mission (Mt.) que dans la circonstance indiquée par Lc., avec un défaüt de lien entre le v. 4. et Le v. 2.
9) Le. χτι, 22-31 — Mt. νι, 23-33. La Providence.
— 33-34 — Mt. νι, 20-21. Un trésor dans le ciel. -
Les deux passages se suivent dans Le. sauf le v. 32 qui a tout l'air d’une transition, tandis que le v. 34 de Mt. correspondant est une conclusion parfaitement naturelle. La soudure est donc l’œuvre de Le., mais pourquoi lier ces deux idées, si ce n’est parce qu'il les trouvait dans le même endroit?
40) Le. χτι, 39-40 — Mt. xx1v, 43-44. Comme un voleur.
— 44. Intervention de Pierre.
— 42-46 — Mt. xxiv, 45-51. Veiller.
Exhortation sur la vigilance, coupée dans Le. par l'intervention de Pierre, mais dans la même suite, avec des mots semblables, διορυχθῆναι (39 et 43) διχοτοµήσει (46 et 54), tandis que Μο. xm, 33-37 est fort éloigné. Qr:cette exhortation est plus naturelle dans un discours sur l’avènement du Fils de l’homme (Mit.), que dans un discours sur le salut. Dans Mt. l'avènement est le thème général, qui n'est amené par Lc. qu'au moyen d'une iransition où πότε ἀναλύσῃ ἐκ τῶν γάμων (ΧΙ, 36) est probablement
LES SOURCES DU TROISIÈME ÉVANGILE. LXXIX
une æréminiscence de la parabole des vierges qui précède dans Mt. 44) Le. xt, 18. 19 — Mt. χι, 31-32 plutôt que Mc. 1v, 30-32. Le sénevé. — 90. 94 — Mt. Χιπ, 98. Le levain.
Ce sont deux des sept paraboles mises à la suite dans Mt. On ne manque pas de dire que ce chiffre trahit l’artifice. Mais quand on ajoute avec Wellhausen que l’auteur de ce conglomérat avait le chiffre sept dans le sang (1), ne reconnaît-on pas qu'il est selon l'esprit sémitique, et par conséquent que son ordre est antérieur à celui de Le.?
43) Le. xvu, 23-24 — Mt. xx1v, 26-27. Parousie, éclair.
— 26. Hors d'œuvre.
— 96.91. 90 — Mt. xxiv, 37-39. Les jours de Noé: — 33 — Mt. x, 39. Voir liste C.
— 34-35 — Mt. xx1v, 40-41. Pris ou laissé.
— 96 (à omettre).
— 31 — Mt. xxiv, 28.
Ce sont deux discours sur le même thème, l'avènement du Fils de l’homme, et que, sauf le v. 25 et le v. 33, il n’y ait rien dans Le. qui ne soit dans Mt. xxiv, ce ne peut être le fait d’une simple réminiscence, d’autant que, sauf pour le v. 37 de Le. la suite est la même des deux parts. Luc a préféré faire un discours distinct sur l'avènement, sauf à y ΄ revenir-dans le contexte de Mc. au grand discours eschatologique (xxx, 23-27), et cela est plus clair, très probablement plus conforme aux faits; mais par là même, n'est-ce pas Hitérairement postérieur au groupement de Mt.?
19) Enfin nous meitons à part un phénomène qui paraît moins significatif.
Le, αντ, 4-2 — Mt. xvuir, 6-7 ou Μο. 1x, 42-50. Le scandale.
— 3 — Mi. Χναι, 15. Le pardon.
— = Mt. xvin, 21-22. Combien de fois.
Le scandale et le pardon des injures sont deux idées qui ne s’appellent pas. Luc les α probablement groupées parce qu'elles se suivaient dans un exemplaire écrit, mais il a traité son sujet très librement. Le scandale dans Mc. et dans Mf. est énoncé dans les mêmes termes, mais ce passage se trouve dans Μο. faire partie d’une petite section (1x, 41-x, 12) que Le. n'a pas suivie de près.
On voit que nous n'hésitons pas à admettre entre Le. et Mt. un rapprochement littéraire, sur un texte grec. Mais nous n’avons pas voulu préjuger sa nature. Personne ne prétend que Mt. se soit servi de Lec., même ceux qui distinguent le Matthieu araméen et notre Mt. Mais l'opinion dominante de la critique indépendante, qui voudraït se poser en chose jugée, c'est que Lc. et Mt. ont tous deux suivi une source com-
(1) Einleitung, p. 67.
LXXX INTRODUCTION
mune, qu'on a nommée les Zogia, qu'on nomme plutôt aujourd’hui simplement la source, Q (1). °
L'identité substantielle de cette prétendue source avec notre Mt. canonique ne peut être prouvée qu'après avoir commenté cet évangile. Nous devons cependant dire ici ce qui résulte ou ne résulte pas de la confrontation du texte de Le. avec certains passages de Mt.
Tout d'abord il ne résulte pas de cette comparaison qu’on puisse reconstituer dans toute son étendue une source Q. Ce qu’on peut dire c'est qu’elle contenait pour le moins les passages où la dépendance littéraire paraît certaine. Mais elle pouvait être beaucoup plus considérable. Luc ne peut servir qu'à fixer un minimum.
Tel qu’il est, ce minimum ne peut être nommé seulement un recueil de discours, puisqu'il contenait la prédication du Baptiste et la Tentation, encadrant sûrement le Baptème, l'épisode du centurion, le message de Jean-Baptiste. Comment supposer que son auteur aurait fait une très petite part aux derniers discours de Jésus, qui sont dans Mt., et pouvait-il les reproduire sans des introductions historiques, sans aucune allusion au séjour à Jérusalem et à la Passion? |
On a cru, il est vrai, que Papias avait parlé d’un recueil de Logia ou de discours du Seigneur, et ces discours auraient été l’original araméen de l’évangile attribué à Matthieu, mis en contraste par Papias avec l'évangile de Marc qui contenait à la fois des faits et des paroles. Il faut donc revenir à l'exégèse de ce texte célèbre. Je ne le ferais pas cependant si je ne m'étais persuadé qu'on a fait fausse route de deux côtés : -
Καὶ τοῦθ) ὁ πρεσθύτερος Éheyev Μάρχος μὲν ἑρμηνευτὴς Πέτρου γενόμενος, ὅσα ἐμνημάνευσεν, ἀκριθῶς ἔγραψεν, οὐ μέντοι τάξει τὰ ὑπὸ τοῦ χυρίου À λεχθέντα À πραχθέντα, οὔτε γὰρ ἤκουσεν τοῦ χυρίου οὖτε παρηκολούθησεν αὐτῷ, ὅστερον δέ, ὡς ἔφην, Πέτρῳ: ὃς πρὺς τὰς Ἰχρείας ἐποιεῖτο τὰς διδασκαλίας, SAN οὐχ ὥσπερ σύνταξιν τῶν κυριακῶν ποιούµενος λογίων, ὥστε οὐδὲν ἥμαρτεν Μάρχος οὕτως ἔνια γράψας ὡς ἀπεμνημόνευσεν, ἑνὺς γὰρ ἐποιήσατο πρόνοιαν, ποῦ μηδὲν ὧν ἤκουσεν παραλιπεῖν À ψεύσασθαί τι ἐν αὐτοῖς,.. Ματθαῖος μὲν οὖν Ἑδραΐδι διαλέκτῳ τὰ λόγια συνετάξατο, ἡρμήνευσεν © αὐτὰ ὡς ἦν δυνατὸς ἕκαστος (Eus. H. Ε'. πι, 39):
« C'est bien ce que le presbytre avait coutume de dire : Marc, qui avait été l'interprète de Pierre, écrivit exactement tout ce dont il se souvint, mais non dans l’ordre, de ce que le Seigneur avait dit ou fait. — Car il n'avait pas entendu le Seigneur et n’avait pas été son disciple, mais bien, plus tard, comme je disais, celui de Pierre. Celui-ci donnait son enseignement selon les besoins, sans se proposer de mettre en ordre les discours du Seigneur (2). De sorte que Marc ne e fut pas en faute,
(1) Première lettre de Quelle, source, et l’usage a prévalu même en Angleterre. (2) A noter par les partisans exclusifs de la catéchèse orale!
LES SOURCES DU TROISIÈME ÉVANGILE. . LXXXI
ayant écrit certaines choses selon qu'il se les rappelait. Il ne se souciait que d’une chose : ne rien omettre de ce qu'il avait entendu, et ne rien rapporter que de véritable... (1) Quant à Matthieu il α mis en ordre les discours du Seigneur en langue hébraïque, et chacun les a interprétés comme 11 pouvait. »
Quel est le sens du mot λόγια) Du côté des conservateurs, Lightfoot et Zabn l'ont expliqué « écriture sacrée ou inspirée ». Et il est certain que ce sens se trouve dans Philon. Mais, comme objecte entre autres Hawkins (2), que l’on consulte les quarante-six endroits où λόγιον se trouve dans les Septante ou dans les fragments hexaplaires, 165 quatre endroits du Ν. Τ., les citations des Pères anciens, on se convaincra que ce mot signifie une parole divine ou sacrée. Ce point nous paraît assuré, et c’est: compromettre une bonne cause que la défendre aux dépens du sens naturel des mots.
Pourtant avant de consulter des concordances, il faut consulter Papias lui-même. On n'avait de lui qu'un ouvrage, intitulé : Λογίων κυριακῶν ἐξηγήσεως « d'explication des discours du Seigneur ». C'est 1ὰ qu'il parlait de Marc et de Matthieu, employant de chacun d'eux le même mot Λόγια, toujours vraisemblablement dans le même sens. C'était apparemment pour s'expliquer sur son but et sur son titre.
Ἡ parle de Marc pour prendre sa défense, mais à vrai dire il fait Ja part du feu. Il soutient la vérité des faits, il ne prétend pas que l’ordre soit irréprochable, et par là il entendait sans doute l'ordre des faits, mais dans ce que nous possédons, il insiste sur l’ordre des discours. Marc n'a pas fait la composition des discours, les paroles du Seigneur ne sont pas rangées dans un bel ordre. Cet ordre se trouve dans Matthieu. Peut-être ce dernier même ne donnait-il pas entièrement satis- . faction à Papias; puisqu'il parle des traducteurs, on dirait que c'est pour : les rendre responsables de ce qui n'allait pas très bien dans le ou les textes grecs. Si nous avions tout son texte, nous saurions s’il ne donnait pas la préférence sur Marc et sur Matthieu à un autre, qui ne saurait être Luc, puisqu'il a l’ordre de Marc et a rompu le bel ordre des discours de Matthieu. Selon moi ce ferlius gaudens ne peut être que Jean. Mais sans insister sur cette hypothèse, on voit que si Papias entendait par Logia les discours du Seigneur, il n’a pas dit que Matthieu ait composé un livre exclusivement de ces Zogia, maïs qu'il les α mis en ordre.
Pourtant il dit aussi que ces discours ont été traduits, et s’ils ont paru à Papias mériter d'être l’objet spécial d'un ouvrage d’exégèse, on a pu penser aussi à en faire des traductions et des éditions distinctes.
(4) Comm. de Marc, p. xx.
(2) Oxford Studies... p. 106 s.
ÉVANCILE SELON SAINT LUC. ἴ