‹ Evangile selon saint LucChapitre 49 sur 300 · LA LANGUE DE LUC. CXVII · texte numérisé non relu

LA LANGUE DE LUC. CXVII

ὄνομα (ᾧ ou À ὄνομα) 1, 26. 27; 11, 25; virr, 44: ΧΧΙΥ, 13, ou bien évéuorut, δεν, 27; x, 38; xvi, 20; χτΧ, 2 (cité ci-dessus pour καλούμενος), ΧΧΙΠ, 50 ; XxIV, 18 répond au même dessein de produire des persdnnes inconnues, surtout semble-t-il parce que ces noms peuvent paraître étranges aux Grecs. Aussi la première tournure ne se trouve qu’une fois dans Μο, (κιν, 32), et une fois dans Mt. (Χχντι, 57) et de même la seconde (Mc. v, 22; Mt. xxvir, 32). Toutes deux sont classiques, tandis que καὶ τὸ ὄνομα αὐτῆς (Le. τ, 4) rappelle les LXX (I Regn. 1, 1), et de même χαὶ τὸ ὄνομα τ.π. Μαριάμ (1, 21).

οὖχι ἀλλά. La négation suivie de l'opposition suit fréquemment (54 fois) une interrogation dans Épictète. C'est donc dans Le. Χη, 54; ΧΠΙ, 3. 5 un indice léger de la manière argumentative, comme dans Rom. rt, 27. Les autres cas du Ν. T., Le. 1, 60; xvi, 30; I Cor. x, 29; Jo. 1x, 9, sont moins caractéristiques, mais appartiennent encore à un grec littéraire. L’araméen est presque contraint d'insérer un mot entre Nb et N°5n pour éviter une allitération.

πρός avec l’accusatif au lieu du datif sans préposition avec un verbe qui signifie parler (à) est une paraphrase qui se développe depuis Polybe (1). Elle avait cependant un point d'attache dans Homère et dans les locutions (attiques} λογίζεσθαι πρὸς ἑαυτόν etc. (K.-G. 11, 4, 519), et c'est sans doute par la pente naturelle qui amenait πρὀς avec £aurobs et ἀλλήλους que Μο. s’est servi de πρός pour « parler à », mais seulement avec l'un de ces pronoms {1v, 4t;x, 26; χιτ, 73 xv, 31; xv1, 8). Mt. n’a pas même cet usage. Π semble donc que Le., qui naturellement emploie aussi le datif, a voulu varier son style. πρός après un verbe signifiant parler a toujours le sens de « parler à », si ce n’est dans Le. xx, 19 « parler à propos de », qui est d’après Μο, χιτ, 12.

Au lieu de πρὸς τοὺς πόδας de Μο. v, 29, Le. dit παρὰ τ. π. (virr, 44), qui est sa locution préférée νι, 38; vin, 35; Χνῃ, 16 et 5 fois dans Actes. Cependant il a πρὸς r. π. x, 39 οἱ Act. v, 10 et l’on ne saurait assigner une raison de cette différence. |

στραφείς, toujours de Jésus, le plus souvent pour indiquer une attitude oratoire (vrr, 9; 1x, 55; x, 23; x1v, 25; xx1n1, 28). Mais aussi de la manière la plus pathétique (ντ, 44; xx11, 64), geste qui supplée aux indications de Mc. sur la physionomie de Jésus. Μο. n'a jamais ce mot et Mt. seulement quand il est indiqué par la situation : 1x, 22; xvi, 28.

τις, si rare dans Μο. et dans Mt. est assurément un des caractères littéraires de Le. (cf. Paul, Héb. et Jo.). Sur la locution τίς ἐξ ὑμῶν; voir ci-dessus, p. vit.

τό avant une interrogation indirecte qui est traitée comme un substantif, devant τίς ou vé(r, 62; 1x, 46; x1x, 48; χχιι, 29. 24; Act. xxir, 30;

(4) Scnum, 11, 242.

CXVTIT INTRODUCTION.

Rom. ντῃ, 26), ou devant πῶς (Le. xxuxr, 2. 4; Act. 1v, 21; I Thess. 1v, 1). Comme on voit, cette tournure est propre à Le. (avec Paul). On ne voit pas que l'article change rien au sens (Blass-Deb. 8 267); c'était donc une sorte d'élégance grecque; cf. XÉN. Oec. var, 3 : γελάσας ἐπὶ τῷ τί ποιῶν καλὺς κἀγαθὸς χέχλησαι.

L'usage de l’article avant une préposition suivie de son régime est plus courant. Cependant τά ne se trouve que dans Mc. 1, 9: v, 27 et Mt. xxiv, 17; dans Le. τό ou τά dans 11,39; x, 7; xfx, A2; xxir, 37: χχιν͵ 19. 27. 35, souvent dans Act. dans Paul (y compris Heb.), mais pas ailleurs dans le N. T. (4). C’est donc encore un indice de langue littéraire.

τοῦ avec linfinitif pose une question délicate. Sans parler des cas où ce génitif dépend d’une préposition, il'en est d'autres où, selon l’usage grec, il dépend d’un nom, adjectif xvrt, 1, ou substantif #, 57; 11, 6; χι, 6 ou encore d’un verbe tr, 9; IV, 42; v, 7;1x, 51; x, 19. Quelques cas sont douteux, marquant une simple explication {épexégèse) comme 1, 73; xx1v, 25 ou une conséquence, comme xx1v, 16, ou touchant au sens final, comme u, 21. >

Ce sens final est incontestable dans 1, .. 77. 19; 11, 24. 27; ναι, 5; χπ, 42: κχτ, 22; xxII, 91: xxIv, 45, et souvent dans les Actes. De même dans Mt. 11, 43; x, 13; xx, 1: χα, 3 > xx1V, 45 (mais non dans Mt. xxt, 99). Dans saint Paul, ni Blass ni Moulton ne reconnaissent le sens final; Hawkins indique Rom. 1, 24: γι, 6; να, 3; val, 42; χι, 8 bis. 10 (citations); 1 Cor. x, 13; Gal. τη, 10 (cit.); Phil. 1m, 10, ce qui est à tout le moins très exagéré (2). Si l’on y ajoute Heb. χι, 5, c'est tout ce que le N. T. contient de τοῦ avec l’infinitif au sens final. C’est donc une caractéristique de Luc. D'ailleurs cet usage est classique depuis Thucydide, et appartient aussi à la koïinè, même dans les papyrus.

Outre ces caractérisques de Luc dans les rapports entre les mots, sir J. Hawkins a noté les mots qui reviennent le plus souvent dans Le. et peu ou pas dans Mc. ou dans Mt. Sa liste comprend les mots qui se trouvent au moins quatre fois dans Le., et, s’ils se trouvent dans Mc. ou Μί., ils sont dans Le. au moins deux fois aussi souvent que dans Mt. et Mc. ensemble. Π y en a 151 dans cette situation. Nous citons les plus caractéristiques.

ἀναστάς, ἀναστάντες 10 fois et 18 dans Act.; Mt. 2, Μο. 6 +.

ἀνήρ 27; Act. 100; Mt. 8; Μο. 4; Paul 59; Jo. 8; ailleurs 10.

ἀπὸ τοῦ νῦν 5 fois; Act. 1; Paul 1 +..

γε 8, Act. 4; Mt. 4; Paul 18: Jo. 1 +.

(1) Hawkins, Hor.syn. 47 ss.

(2) Dans notre commentaire de Rom. nous avons retenu 16 sens final de x, 24 et de νι, 6, où le sens épèxégétique ou consécutif suffirait peut-être; — les citations ne comptent pas.

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