LA LANGUE DE LUC. CXXIE
un discours de Paul; cf. If Cor. χπ, 4. Combien ne devait-on pas parler de cette vision et d’autres dans l'entourage de Paul!
πανοπλία armes du démon Le. χι, 22 ou de Dieu Éph. ντ, #1. 13, mais toujours par rapport à l’homme.
προχόπτω, Il, 02 et Gal. 1, 14 d’un adolescent qui fait des progrès dans la doctrine.
συνεσθίω, conséquences religieuses des repas pris en commun, Lc. xv, 2; Act. x1, 3, Gal. 11. 12.
συνχαίρω, Le. xv, 6. 9 avec une arrière-pensée de la joie du salut du prochain; idée de sympathie bien paulinienne 1 Cor. x, 26; xm1, 6; Phil. 1, 17. 18.
σωτήριον (τὸ), Le. 11, 30; τπ, 6; Act. xxvitr, 28: Éph. vi, 47.
ὑπωπιαζω, ΧνΙΠ, 5 ; 1 Cor. 1x, 27.
ὑστέρημα, xx1, 4 et I Cor. χνι, 17; Il Cor. vis, 19. 14: χι, 9 terme lié à l'importante question des collectes.
| φόρος xx, 22; Rom. ΧΙ, 6. 7, à propos du devoir des disciples.
γαρίζομαι comment ce terme est-il propre à Le. et à Paul et cher à tous deux? surtout avec l'idée de rémission gracieuse des péchés suggérée dans Le. ντ, 42. 43, et clairement exprimée dans Rom. var, 32; Col. τή, 18: Éph. τν, 32.
Ceux qui ont vécu en communauté savent que tous y parlent la même langue, distincte de celle d’un autre groupement; ils n'hésiteront pas à conclure, du seul tableau qui précède, que Paul et Luc ont été compagnons d’apostolat, le premier rôle appartenant à Paul.
La portée de ces comparaisons a été mise en doute par M. Cadbury (1). Ἡ a montré que Luc (Le. et Actes) et le second livre des Macchabées ont plus de mots employés par eux seuls dans la Bible grecque que Luc et Marc. Et cependant Μο. a été une source de Lc., ce qu'on ne peut dire de. Il Macchabées. L’objection prouve seulement le peu de valeur de ces comparaisons purement statistiques, car il n’est pas un seul de ces mots propres à Luc et à Ἡ Macch. qui ait quelque portée (2).
S'habiller de la même façon indique qu’on appartient au même monde: un air de famille et les manières prouvent beaucoup plus. Le second des Macchabées est écrit comme Le. dans un grec choisi, c’est toute leur parenté. Et au contraire Le. suit Mc. de très près, mais non pour la langue, qu'il a sûrement voulu améliorer.
V. Il faut cependant rendre hommage à M. Cadbury pour sa tentative
, (1) The Style an& Literary Methode of Luke, 1919, p. 7. | .
(2) Voici ces mots : ἀγωνία, * ἀνάπηρος (aussi Tobie, xiv, 2), * ἀντιθάλλειν, * ἀσχεῖν, -ἅτερ, Ἐ αὐστηρός, * διανύειν, εἰστρέχειν, ἐκπλήρωσις, ἐπιτροπή, ἔσθησις, εὔθυμος, ἱερόσυλος, μετρίως, περιρηγνύναι, πρεσθεία, * προσκλίνεινν συνελαύνειν, σύντραφος; συντυγχάνειν͵ * ὑποζώννυναι. Sur ce nombre, il n'y a que 7 miots qui se trouvent dans l'évangile; ils sont ici marqués d'un astérisque.
CXXIV INTRODUCTION
de classer le style de Luc dans le domaine de l’hellénisme, en comparant les termes relativement rares de son vocabulaire à ceux des principaux atticistes, Dion Chrysostome, Lucien, Aristide, Élien, le second Philostrate (1). Le résultat n’est pas trop incertain, pourvu qu'on se contente d’une donnée générale. M. Cadbury pense qu’il ne faut pas exagérer la différence entre les atticistes et la langue hellénistique cultivée, et que celle de Luc est vraiment littéraire, contenant une assez forte proportion de termes recherchés par les atticistes.
Nous avons déjà vu plus haut qu'il semble avoir évité à dessein quelques-uns des mots condamnés par les atticistes. Il ne faudrait pas cependant le prendre pour un puriste, et il a employé quelques-uns des mots que Phrynicus allait réprouver moins d’un siècle après (9) :
αἰχμαλωτισθῆναι (xx, 24) — Phryn. λέγε αἰχμάλωτον γενέσθαι (p. 500).
ἀλέκτωρ (XXII, 94. 60. 61) — Phryn. λέγε δὲ ἀλεκτρυών (p. 307).
ἀποχριβῆναι pass. — Phryn. διττὸν ἁμάρτημα (p. 186).
βασίλισσα (x1, 91) — Phryn. βασίλεια βασιλίς (p. 306).
γογγύζειν (v, 90) — Phryn. on doit laisser ce mot aux loniens (p. 463).
γρηγοροῦντες (xr1, 37). — Phryn. (p. 200) ce verbe condamné doit être remplacé par le parfait de ἐγείρω, ἐγρήγορα d’où il a été formé.
δύνη (xv1, 2). — Phryn. (463) ne le permet que dans une phrase dépendante; autrement il faut dire δύνασαι,
ἐγκάθετος (xx, 20). — Condamné malgré l'autorité d'Hypéride (Phryn. M7).
ἐθέλω qui n'est jamais employé par Le. semble seul admis par Phryn., p. 415 et non θέλω.
ἐμπτύω (xVIIT, 82) condamné, doit être remplacé par καταπτύω (Phryn. 66).
εὐχαριστεῖν (XVII, 16) — il faudrait dire χάριν etdévar (Phryn. 69).
ἴδιος dans le sens du pronom possessif (vi, 44 etc.) condamné, p. 499.
καθώς (passim) — condamné p. 495.
κληρονομεῖν avec l'acc. de la chose (x, 25) n’est pas blâmé expressément par Phryn. (p. 206) qui parle seulement de l’acc. de la personne; les attiques employaient le gén. pour les deux.
κρούειν τὴν θυράν (xt, 25) est jugé moins bon que κόπτειν τ. 0. (p. 266).
λυχνία (ντ, 16; xt, 33) à remplacer par λυχνίον (p. 367).
μὲν οὖν au début d’une phrase (xr, 28), condamné (p. 428). Phryn. eût écrit : µαχάριοι μὲν οὖν...
µεσονύχτιον (XI, 5) — Phryn. (126) : ποιητικόν, οὗ πολιτικόν.
γοσσός (11, 24) et νοσσίο, donc aussi νοσσία (Χ1Π, 94) réprouvés (p. 287) faute d’un ε (att. νεοττός).
(1) Op. laud. Cf. RB. 1920, juillet.
(2) The new Phrynichus. par Rutherford.