‹ Evangile selon saint LucChapitre 52 sur 300 · LA LANGUE DE LUC. | CXXV · texte numérisé non relu

LA LANGUE DE LUC. | CXXV

οἰχοδεσπότης (x11, 39 etc.), devrait être dit : οἰχίας δεσπότης, p. 470.

ὄρθρος (xx1v, 1) vulgaire pour le moment qui précède le lever du soleil: le terme correct est ὄρθρον du moment où il fait encore nuit (p. 341).

οὖθείς (XXII, 35; xxurr, 14) est encore réprouvé (p. 271) quoiqu'il soit en usage depuis Aristote.

παιδίσχη (x11, 45; xxI1, 6), au sens de servante, hellénistique plutôt qu'attique (p. 312).

πανδοχεῖον et πανδοχεύς (x, 34. 35), faute au lieu de πανδοχεῖον et πανδοχεύς (362). oo

πάντοτε μὴ λέγε, ἀλλ᾽ ἑκάστοτε καὶ διαπαντός (p. 183). Mt. Μο. Le. ont πάντοτε chacun deux fois, et διὰ παντός une fois,

ποταπός (1, 29 ; vit, 39). D'après Phryn. (198 5.) il faut-écrire ποδαπός pour dire « de quel pays ». Et si l’on veut dire « de quelle sorte », il faut employer ποῖος.

σίναπι (ΧΗι, 19; XVII, 6) où λεκτέον, νᾶπυ δέ (p. 349).

σκορπίζεται (οἱ. σχορπίζει ΧΙ, 23), ionien, l’attique est σχεδάννυται (Ρ. 295). : Noter aussi συγγενίς (1, 36) réprouvé par les atticistes (Zobeck sur Phryn. 451 s.).

VI. La manière et le langage du troisième évangile et des Actes prouvent-ils que l’auteur était médecin ?

Cette question α été traitée d'abord presque exclusivement en Angleterre. Dans son Æistory of Physick from the Time of Galen to the beginning of the Sixteenth Century (1725-1726), le docteur John Freind, très familier avec les médecins grecs, remarqua que Luc s'était servi en parlant des maladies de termes plus appropriés que les autres auteurs sacrés. Il a noté déjà quelques points (1). Le sujet fut repris par M. J. K. Walker dans le « Gentleman’s Magazine » de 1841, mais ne fut traité à fond que par le Rev. William Kirk Hobart, dans son célèbre ouvrage intitulé : The medical language of St. Luke : a proof from internal evidence that «the Gospel according to St. Luke » and « The Acis of the Apostles » were written by the same person, and that the writer was a medical man (2).

Personne n’a entrepris la tâche de revenir aux médecins grecs, et par conséquent on n’a rien ajouté en faveur de la thèse (3).

Elle a cependant groupé des adhérents convaincus, même en Allemagne, surtout Harnack (4) et Zahn (5), qui ont mis en lumière quelques traits plus décisifs empruntés à l'arsenal de Hobart.

(4) D’après Cadbury, op. mox laud. note des éditeurs, p. 52 s.

(2) In-8° de xxvr-305 pp. Dublin, 1882.

(3) Cependant cf. Plummer sur Le. vi, 1; vi, 40 et vin, 23 pour ψώχω, καταρτίζω et ἀφυπνόω, mais ces mots n’ont rien de caractéristique.

(4) Lukas der Arzt, Anhang 1, p. 122-137.

(6) Einleitung.… 11, p. 435 55,

CXXVI INTRODUCTION

Tout à l'opposite, M. Clemen a prétendu monirer qu'un médecin ne saurait avoir écrit le troisième évangile et les Actes. Un médecin devait savoir que des caillots de sang ne sortent pas du corps (Le. xxtr, 44), qu'on ne met pas du vin avec l'huile sur les plaies (Le. x, 34), que des écailles ne tombent pas des yeux (Act. 1x, 18) (4)!

Nous avons indiqué les raisons de Clemen pour ne pas revenir sur cette fantaisie.

Mais avec beaucoup plus de sérieux, et tout récemment, M. Cadbury a attaqué très vivement Ja thèse de Hobart (2). Les arguments, même réduits et renforcés par MM. Harnack, Zabn et Moffatt (8), ne prouvent

. pas que Luc ait été un médecin, puisqu'on pourrait prouver de la même manière que Lucien a fait sa médecine, ce qui serait controuvé.

Il est certain que Luc n'a pas affecté d’être médecin, comme ce médecin dont parle Lucien qui employait le dialecte ionien pour se donner des airs d’Hippocrate (4), et qui soutiendrait avec Harnack (5) que Luce a inventé un miracle pour l'amour de la médecine? Un médecin qui écrit l'histoire adopte naturellement le style de l’histoire, et d'autre part un homme du monde peut être assez au courant de la médecine pour parler comme eût fait un médecin. Il faut ajouter que les termes techniques de la médecine actuelle sont rarement empruntés à une langue moderne. C'est un jargon spécial, le plus souvent tiré du grec, tandis. que les médecins grecs écrivaient leur langue et tenaient à être compris de tous.

Ce serait donc une méthode insuffisante de s’appuyer uniquement soit sur des termes techniques à propos de maladies déterminées, soit sur des termes employés de préférence par les médecins, même en dehors des cas pathologiques. C'était la méthode de Hobart, et c’est cette méthode qu’attaque M. Cadbury, en montrant que d’autres écrivains ont employé les termes dits spéciaux, et Lucien en particulier. Nous avouons donc que“la démonstration de Hobart n'est pas une démonstration proprement dite, mais, telle qu’elle est maniée par Harnack, elle établit bien que l’auteur du troisième évangile et des Actes a écrit comme eüt fait un homme au courant de la médecine et versé dans sa littérature. Galien lui étant sensiblement postérieur, il s’agit moins d’une comparaison des textes que de l'attitude. de Luc, et de certains passages.

a) Quelques cas, racontés par Luc seul, décèlent le coup d'œil du médecin et sont exposés dans un langage qu'un médecin eût employé. Cela est d'autant plus décisif que Luc n’a pas, comme Μο., le souci et le

(1) Cité par Cadbury 1. L., p. 64.

(2) The alleged Medical language of Luke, 1919, p. 39-72. (8) An Introduction.…., p. 298 ss.

(x) Comment il faut écrire l'histoire, ? 16.

(5) L. 1., p. 130 sur Le. xxu, 50 8.

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