‹ Evangile selon saint LucChapitre 53 sur 300 · LA LANGUE DE LUC. CXXVII · texte numérisé non relu

LA LANGUE DE LUC. CXXVII

don de raconter les choses comme elles se sont passées. Les traits les plus caractérisés sont Act. xxviir, 3-10; Ἡτ, 7 8. 1x, ΕΤ ss.; ΧΙΠ, 141, sur lesquels nous n'avons pas à insister ici. Sur la femme arthritique xur, 44-15 on peut voir le Commentaire.

b) Lorsqu'il reproduit des miracles racontés par Mc., 10. expose 18 situation en termes plus précis. Nous retenons surtout παραλελυµένος, v, 18, au lieu du vulgaire παραλυτικός (Μο. 11, 3), et dans l'épisode de l'hémorroïsse, ἔστη ἡ ῥυσις τοῦ αἵματος αὐτῆς (Υ111, 44), au lieu de ἐξηράνθη 4 πηγἡ τ.α.α., qui est d’une observation vulgaire.

À la vérité, si le jeune démoniaque de Μο, 1x, 17 ss. est un épileptique, il faut convenir que Μο., écho d’un témoin oculaire, avec le don de reproduire les expressions émises pour ainsi dire par les faits, en indique plus clairement les symptômes que Le. C'est ce que nous avions indiqué dans le commentaire et ce que M. Cadbury prouve brillamment. Mais cela s'explique par la sobriété de Le. qui a retenu le nécessaire dans son style précis et dans un ordre plus exact pour ce qui est du cri.

c) Le. n'a pas voulu dire comme Mc. que les médecins n'avaient fait qu'aggraver le cas de l’hémorroïsse. Ce n’est qu’un trait négatif. Mais il est constant qu'il a mis dans un relief singulier l'action du Sauveur comme médecin des âmes, et aussi comme guérissant les corps. Il a distingué plus soigneusement que Μο. les possessions et les simples maladies.

-ᾱ) Un examen des termes devrait comprendre les Actes. Nous sommes donc contraint de renvoyer au commentaire.

Hobart avait d’ailleurs bien reconnu qu'il ne voulait produire qu'une impression d'ensemble (cumulative). La langue de Le. ne nous dit pas s’il a pratiqué. la médecine, ni combien de temps, ni avec quel succès. Mais c'est celle d’un homme cultivé, spécialement au courant de la médecine. Nous nous contentons de cette harmonie avec la tradition qui indique Luc, lequel, d’après S. Paul, était médecin.

$ 4 — Lalinismes. .

L'influence du latin sur le grec s’est produite soit parce que certains mots latins ont passé dans le grec, ou qu’on a créé des mots pour les traduire, soit parce que certaines tournures ont été traduites trop litté- .ralement. | |

Nous avons vu que Το. a évité 165 mots latins qui se trouvaient dans Μο. Pour les termes d'administration ilse sert d’équivalents : ἠγεμών pour procurator, ἐπίτροπος procurator ; ἐκατόνταρχος (ou άρχης) centurio, ἀπογραφή census, κράτιστος egregius.

Quant aux κ tournures, Blass-Deb. cite δὺς ἐργασίαν (XII, 38) — — da operam ;

CXXVITI INTRODUCTION.

ἄξιός ἔστιν ᾧ παρέξῃ τοῦτο (vir, 4); — dignus est cui hoc praestes; τιθέναι τὰ γόνατα (XXII, 44) — genua ponere; ἔχε µε παρητηµένον (χΧιν͵, 18. 19) — habe me excusatum; διέταξεν αὐτῃ δοθῆναι (viit, 55) -- iussit illi dari; εἶπεν φωνηθῆναι (XIX, 15) — iussié vocari; enfin τοῦτον... κωλύοντα... διδόναι (XXII, 2) et ὑποκρινομένους ἑαυτοὺς δικαίους εἶναι (xx, 20), où le sujet du verbe et de l'infinitif est à l’accusatif (cf. Plass-Deb. 8 406).

À supposer, ce qui n’est pas du tout certain, que ces tournures aient été mises en cours sous l'influence du latin, elles ne sont pas propres à Le. Elles faisaient partie déjà de la langue hellénistique dont il s’est servi, et n’ont rien qui lui soit personnel.

En somme on peut dire que la langue de Luc est celle que Lucien recommandera plus tard à l'historien : exposer clairement et mettre la chose dans son jour le plus lumineux, sans termes obscurs ou désuets, sans emprunter à la place du marché ou aux tavernes, mais de façon à êtré compris du plus grand nombre et à obtenir cependant le suffrage des. gens cultivés, ἀλλ ὡς μὲν τοὺς πολλοὺς συνεῖναι, τοὺς δὲ πεπαιδευµένους ἐπαινέσαι (1).

(1) Comment il faut écrire l'histoire, à Lu.

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