CXXXVI INTRODUCTION
histoires pour satisfaire sa sensibilité. Mais alors il faut s’en prendre aux.
paraboles elles-mêmes : la brebis perdue, la drachme, l’enfant prodigue. Π faudra soutenir que la physionomie miséricordieuse du Sauveur est la création de génie d’un écrivain arrangeur qui prétendait modestement écrire l’histoire d’après des témoins oculaires. Ce serait faire injure à son honneur et trop d'honneur à son talent.
$ 2 — Luc et son histoire religieuse.
D'ailleurs les critiques pardonneraient aisément à Luc d’avoir paré son histoire par l’imagination. Leur grief véritable, et beaucoup plus grave s’il était fondé, c’est d’avoir transformé la donnée religieuse primitive pour la faire accepter des Grecs, ou du moins de refléter plus ou moins délibérément un état de la croyance qui aurait sensiblement évolué depuis Marc. C'est de ce point de vue qu’on envisage la théologie de Luc, que Harnack déclare superficielle, maïs qui n’en serait pas moins une
étape. importante entre le culte de Dieu prêché par Jésus, et la religion .
du Christ des premiers Pères grecs.