Les miracles
Luc regarde son évangile comme un motif de croire. C’est sans doute en grande partie à cause des miracles qu'il renferme. En a-t-il augmenté beaucoup le nombre par rapport à Mc: et à Mt?
Son évangile contient vingt récits de miracles. Sur ce nombre iln’y en a que six qui appartiennent à sa tradition particulière : la pêche miraculeuse (v, 1-41); la résurrection à Naïn (νη, 14-17); la femme courbée (xux, 40-17); l’hydropique (στ, 1-6); les dix lépreux (αν, 12-19): l'oreille de Malchus (xx, 51). Ce dernier miracle est le seul qui se trouve dans un passage où Lc. est parallèle à Μο. et à Mt,, et c'est dans l’histoire de la Passion, pour laquelle il a évidemment des informations particulières. Quand il rapporte les mêmes miracles que Μο., il n’y ajoute aucune circonstance qui grossisse le surnaturel. Et il se soucie si peu d’en augmenter le nombre qu'il a omis plusieurs miracles de Μο. (vir, 30;
vi, 33; vi, À ss.; VII, 22 ss.) sans parler de Mt. La femme courbée et
l’hydropique appartiennent à la controverse avec les Pharisiens sur la
question du sabbat. L'étonnant c’est que Le. leur ait fait une place. Il a cru devoir enregistrer ces faits, moins intéressants pour les gentils par leur côté légal, parce qu'ils étaient solidement établis. Il est raisonnable de penser qu’il a fait de même dans les autres cas. On prétend que si Le. a retranché la guérison du sourd bègue (Μο. vu, 32- 35) et de l’aveugle à Bethsaïda (Μο. vir, 22-26), c'est qu'il en estimait le