L'AUTEUR DU TROISIÈME ÉVANGILE. DATE DE LA COMPOSITION. XIII
allusion au prologue ἔδοξε κάμοι (Le. 1, 3), « à sa manière », rendant un grec ἐξ ἑαυτοῦ δόξης. Ἡ n'est même pas nécessaire de changer secundum en secum. On aurait donc : Jertium evangelii librum secundum Lucam. Lucas iste medicus, post ascensum Christi cum eum Paulus quasi ut iuris studiosum secundiim adsumpsisset, nomine suo ex opinione conscripsit ; dominum tamen nec ipse vidit in carne, et ideo prout assequi poluit, ία el: . a nativitate Tohannis incepit dicere.
Parmi les écrivains connus, il faut arriver à Eusèbe, pour apprendre que Luc était d’Antioche : Λουχᾶς δὲ τὸ μὲν γένος dv τῶν ἀπ᾿ ’Avrwyeing (A. 6. TI, τν, 6), ce qui ne dit pas expressément qu'il y füt né, mais du moins qu'il y avait les droits et les devoirs résultant de l’origine. Cette indication est peut-être venue à Eusèbe de Jules Africain mais on n’en a aucun indice sérieux (1). |
Ἡ ne semble pas qu’elle ait été simplement déduite du récit des Actes. Luc y est très informé de ce qui s’est passé à Antioche, mais ce n'était pas une raison suffisante pour affirmer qu’il en füt originaire (2).
La tradition des Pères étant suffisamment connue, il nous paraît plus utile d’insister ici sur les prologues anonymes, dont l'histoire et la nature semblent se débrouiller peu à peu à la suite de récentes découvertes.
Le premier type parlait en même temps des quatre évangiles, à la façon du canon de Muratori. Il est seulement difficile d'expliquer pourquoi Luc était nommé le premier, et pourquoi on lui faisait la part si belle.
Ce premier type, très succinct, nous paraît le mieux conservé dans l'inscription copte d’une chapelle de la montagne d’Assiout (3). M. Lefevre le traduit ainsi littéralement : Pour ce qui est de Luc, le médecin, il fut disciple des apôtres. Puis il suivit Paul. Il vécut quatre-vingt-quatre ans. Il écrivit cet Évangile se trouvant en Achaïe : 28 (4). Ensuite il écrivit les Actes : 24. L’Évangile selon Matthieu : 27. C'est le premier des évangiles. Il ful écrit en Judée. Quant à Marc (son Évangile) fut écrit en lialie [: 18]. L'inscription serait du vi° ou du vi siècle, mais elle représente un texte beaucoup plus ancien.
(1) Mai (Nova Pair. bibl, 1v, 1) a publié un supplément de la lettre à Aristide de Jules Africain et des extraits des questions d'Eusèbe ad Stephanum. Ce n’est pas dans 18 lettre à Aristide sur la divergence dans les généalogies, mais dans un morceau sur la plate des généalogies, très sûrement d'Eusèbe, que se trouve le texte : ‘O δὲ Aouxäc τὸ μὲν γένος ἀπὸ τῆς βοωμένης ᾿Αντιοχείας ἤν, ἐν ᾖ Ôn où πάντες λογώτατοι τοὺς Ἴωνας προγόvous αὐχοῦσιν' οὗ μὴν ἀλλά πρὸς τῷ κατὰ φύσιν “Ἑλληνικῷ τῶν ἀνδρῶν, ἐπήγετό τι πλέον ὁ Δουκᾶς ἐν λόγοις, ἅτε ἰατρικῆς ἔμπειρος ὢν ἐπιοτήμης (P. 6. XXII, 961).
(2) Pas même la glose de D συνεστραμµένων δὲ ἡμῶν (Act. πι, 28) qui serait seulement un premier indice de la présence de l’auteur par l'emploi de « nous ».
(8) Égypte chrétienne par M. Gust. LereBvre, dans Annales du service des Antiquités, X, 1, 1909. Ce travail a échappé à la vigilance de Zahn.
(4) Les chiffres ne correspondent pas au nombre des capüitula coptes connus.
XIV INTRODUCTION
Un type beaucoup plus développé est celui que contiennent certains mss. d’ancienne latine. Wordsworth et White l'ont édité d’après le codex Cavensis, avec les leçons du T'oletanus en note (p. 271). M. Buchanan a édité le texte du Corbeiensis (ff?) dans son édition de ce ms. (1).
Or von Soden a publié un texte grec du même prologue (1, 327), d'après un ms. d'Athènes, présenté comme la copie d’un ms. écrit par le patriarche Méthode. M. Turner a découvert à Oxford une partie du même texte (le début) avec quelques variantes.
M. Buchanan avait conjecturé (2) que l'original était grec. Zahn est convaincu que nous possédons cet original dans le texte de von Soden, et on ne peut que lui donner raison. Cependant la traduction latine peut avoir mieux conservé le texte original. Nous donnons ici le grec d’après Zahn, en notant les changements qui paraissent nécessaires :
1. "στιν 6 ἅγιος Λουχᾶς ᾿Αντιοχεὺς Σύρος τῷ Ὑένει (3), ἰατρὸς τὴν τέχνην, μαθητὴς ἀποστόλων γενόμενος καὶ ὕστερον Παύλῳ παρακολουθήσας μέχρις τοῦ µαρτυρίου αὐτοῦ 2. Δουλεύσας τῷ κυρίω ἀπερισπάστως, ἀγύναιος, ἄτεχνος, ἐτῶν ὀγδοήκοντα τεσσάρων ἐκοιμήθη ἐν Θήδαις, τῇ μητροπόλει τῆς Βοιωτίας, πλήρης πνεύµατος ἁγίου. 3 Οὗτος προυπαρχόντων ἤδη εὐαγγελίων, τοῦ μὲν κατὰ Ματθαῖον ἐν τῇ Ἰουδαίᾳ ἀναγραφέντος, τοῦ δὲ κατὰ Mäpxov ἐν τῇ Ἰταλία, οὕτως προτραπεὶς ὑπὸ πνεύματος ἁγίου ἐν τοῖς περὶ τὴν ᾽Αχαΐαν τὸ πᾶν τοῦτο συνεγράψατο εὐαγγέλιον, δηλῶν διὰ τοῦ προοιµίου τοῦτο αὐτό, ὅτι πρὸ αὐτοῦ ἄλλα ἐστὶ γεγραμµένα καὶ ὅτι ἆνα γκαῖον nv τοῖς ἐξ ἐθνῶν πιστοῖς τὴν ἀκριθὴ τῆς οἰκονομίας ἐχθέσθαι διήγησιν, τοῦ μὴ ταῖς ἰουδαϊκαῖς µυθολογίαις περισπᾶσθαι αὐτούς, μήτε ταῖς αἱρετικαῖς καὶ κεναῖς φαντασίαις ἁπατωμένους ἀστοχῆσαι τῆς ἀληθείας. Ὡς ἀναγκαιοτάτην οὖν οὖσαν εὖθὺς ἐν ἀρχῇ παρειλήφαµεν τν τοῦ Ἰωάννου γέννησιν, ὅς ἐστιν « ἀρχὴ τοῦ εὐαγγελίου », πρόδρομος τοῦ xuplou Ὑενόμενος καὶ κοινωνὸς ἔν τε τῷ καταρτισμῷ τοῦ εὐαγγελίου (4) καὶ τῃ τοῦ θαπτίσµατος διαγωγῇ καὶ τῇ τοῦ πνεύματος (5) κοινωνία. Γαύτης τῆς οἰκονομίας µέμνηται προφήτης (6) ἐν τοῖς δώδεκα, 5. Καὶ δὴ μετέπειτα ἔγραψεν 6 αὐτὸς Λουχᾶς « Πράξεις τῶν ἀποστόλων ». 6. Ὕστερον δὲ Ἰωάννης ὅ ἀπόστολος ἐκ τῶν δώδεκα ἔγραψεν τὴν ἀποκάλυψιν ἐν τἩ νήσῳ Πάτμῳ καὶ μετὰ ταῦτα τὸ εὐαγγέλιον.
On pourrait préférer l’ordre du ms. Corbeiensis qui intervertit l’ordre des $ 5 et 6. Il fallait dire d’abord ce qui regarde les quatre évangiles, puis on pouvait revenir à Luc par un îfem. Dans le texte grec (aussi T'olet. Cav.), on suit à la fin l’ordre chronologique.
(1) Old-Latin biblical texts, n° V.
(2) The Journ. of theol. Stud., 1906, p. 105. | (3) Ou plutôt avec le ms. d'Oxford omettre αγιος, τω yever et transposer Συρος Av- | τιοχευς. .
(4) Lire του λαου d’après le latin (Zahn).
(5) Iabouc, d'après le latin (Zahn).
(6) Ajouter Μαλαχιας d’après le latin.