L'AUTEUR DU TROISIÈME ÉVANGILE. DATE ΡΕ LA COMPOSITION. XVII
White : Lucas Syrus natione Antiochensis arte medicus discipulus apostolorum postea Paulum secutus usque ad confessionem eius serviens domino sine crimine. Nam neque uxorem unquam habens neque filios septuaginta et quattuor annorum obtt in Bithynia plenus spiritu sancio. Qui cum ἶαπι descripta essent evangelia per Mattheum quidem in Tudaea per Marcum autem in Italia sancto instigante spiritu in Achaïiae partibus hoc scripsit evangelium significans etiam ipse in principio ante αξία esse descripta : Cui extra ea quae ordo evangelicae dispositionis exposcil ea maxime necessilas fuit laboris ut primum graecis fidelibus, omni perfectione venturi in carnem dei manifestala, ne iudaicis fabulis intenti in solo legis desiderio tenerentur neve herelicis fabulis et stultis sollicitationibus seducti. excederent. a veritate elaboraret, dehinc ut in principio evangelii, Iohannis nalivitate praesumia, cui evangelium scriberet et in quo electus scriberet indicaret contestans in se complela esse quae essent ab aliüs inchoata.
Don Chapman a eu le mérite de démontrer l’étroite affinité de ces textes avec les écrits attribués par Schepps à Priscillien (4), argumentation qui a reçu le suffrage de tous les spécialistes. Seulement dom Morin semble bien avoir prouvé que les écrits attribués à Priscillien par Schepps et après lui par tout le monde savant, étaient plutôt l’œuvre d’un priscillianite, l’évêque Instantius, qui présenta la défense du parti au concile de Bordeaux en l’an 384/385 (2).
Il en résulte que le prologue grec, traduit en latin, enrichi d’additions par Instance, doit être fort ancien. Zahn suppose la dépendance de l’histoire ecclésiastique d’Eusèbe, mais lui-même a relevé l'indépendance du prologue. Eusèbe s’est fait l'écho de l'interprétation d’Origène, défavorable à ceux qui ont écrit avant Luc. Au contraire le prologue prend les πολλοι de Le. (1, 1) pour Marc et Matthieu. Si l’on date le canon de Muratori de la fin du n° siècle, pourquoi notre prologue ne serait-il pas au moins aussi ancien? Le texte latin ne renferme pas la mention de Thèbes (en Béotie) qui a pu être ajoutée dans le grec lorsque Constance Il fit transporter les ossements de Luc de Thèbes à Constantinople.
visible, prêchant parmi les hommes son Christ, feraït revenir à lui par (son) fils l’ouvrage de l’homme parfait, (lui) qui fournissait un chemin par David (son) père à ceux qui venaient vers le Christ ». Corssen comprend que Nathan a permis au Christ de paraître, que tout cela se rapporte à la génération du Dieu invisible qui ὁ paru en le Christ. L'auteur ne voyait pas si loin. Déjà Irénée (III, xxn, 4) se demande pourquoi Luc remonte au lieu de descendre : Propter hoc et Lucas initium generationis a Domino inchoans, in Adam retulit significans, quoniam non li hune, sed hic illos in evangelium vitae regeneravit. C'est à peu près la même pensée, et le Deus indispartibilis est peut-être dirigé contre Marcion qui distinguait le Christ du Créateur (ef. Eus. P. G. XXII, 960). |
(1) Notes on the early history of the Vulgate Gospels (Oxford, 1908), p. 217-288.
(2) Revue bénédictine, xxx° année, 1913 p. 153-178,
ÉVANGILE SELON SAINT LUC. το b
XVIII | INTRODUCTION
Ἡ faut noter que l'indication sur le lieu où reposa Luc est indépendante de la notice sur le lieu où il a composé son évangile. L'intention du prologue n’est pas de dire que Luc a écrit au lieu où il s’était retiré et où il est mort. Quoique la Béotie ait fait partie de la province romaine d’Achbaïe, puisque l’auteur nommait les deux pays, il entendait les distinguer. Au sens propre l’Achaïe est la partie septentrionale du Péloponnèse, et comprend Corinthe.
Le texte copie, on l'a vu, ne parlait que de l'Achaïe. C’est seulement dans saint Jérôme que la confusion se fait et que l’œuvre littéraire de Luc est placée en Béotie (1). |
ll y a donc une tradition relativement ancienne, et répandue, que Lue a écrit son évangile en Grèce (2). C'est là surtout qu'il a prêché, dit encore saint Grégoire de Nazianze (3).
Ἡ n’y rien à objecter à cette tradition. Nous verrons que le troisième évangile a été pensé et écrit pour des Grecs. Pourquoi n’aurait-il pas été d’abord raconté à Corinthe? Mais nous ne saurions admettre qu'il a été publié avant que Luc ait eu connaissance de celui de Marc.
Saint Luc est le patron de la peinture chrétienne. Et certes elle lui doit plus qu’à personne. C’est dans son évangile que les peintres du moyen âge et de la renaissance ont pris leurs thèmes favoris, l'Annonciation, la Visitation, l'adoration des bergers, la présentation au Temple, l'enfant Jésus parmi les docteurs, la pécheresse, les disciples d'Emmaüs, et tant d’autres. Lui-même aurait été peintre, en même temps que médecin.
Cette tradition vient de l'Église de Jérusalem. Nicéphore Calliste, du xive siècle, la récite d’après Théodore le Lecteur (4). L'impératrice Eudocie, fondatrice de l'Église de la lapidation de saint Étienne, aurait envoyé à Pulchérie une icone de la mère de Dieu peinte par saint Luc. Si ce Théodore anagnostès est de 530 environ, comme le dit Krumbacher (3), il aurait été postérieur de moins d’un siècle à Eudocie. Etsi l’on possédait alors à Jérusalem une très antique image de la Vierge, pourquoi l’attribuer à un médecin si la tradition n’en faisait pas un peintre? Ce peut être toutefois l'expression d'une autre tradition que suggère le texte lui-même, sur le soin que prit l’évangéliste de s'informer auprès
(1) Texte cité plus haut, p. τα (P. L. XXVI, 18).
(5) Les mss. de la Peschitta ont souvent la souscription : Perfectum est evangelium sancium, Praedicatio Lucae quod locuius est graece in Alexandria magna; on disait la Palestine pour Matthieu, Rome pour Marc, Éphèse pour Jean; Alexandrie la grande réclamait Luc.
(8) Or. XXXU, 11; P. G. XXXVI, 228.
(4) U disait dans son livre : καὶ ὅτι à Εὐδοκία 1% Πουλχερίᾳ τὴν εἰκόνα τῆς θεοµήτορος ἣν ὁ ἀπόστολος Λουχκᾶς καθιστόρησεν, ἐξ Ἱεροσολύμων ἀπέστειλεν (Ρ. 6. LXXXVI, 165).
(5) Bysant. Lilleraturgesch, p. 291.