‹ Evangile selon saint LucChapitre 9 sur 300 · L'AUTEUR DU TROISIÈME ÉVANGILE. DATE DE LA COMPOSITION. XIX · texte numérisé non relu

L'AUTEUR DU TROISIÈME ÉVANGILE. DATE DE LA COMPOSITION. XIX

de la mère de Jésus. D'ailleurs saint Augustin ne savait rien de semblable lorsqu'il écrivait : neque novimus faciem virginis Mariae (de Trin. VI, 5, 7), et l’on sait ses relations avec la Palestine.

Quant à la tradition qui fait de Luc un des soixante-douze disciples, elle n'est guère conciliable avec les termes de son Prologue, encore moins avec sa qualité de gentil. Épiphane ne semble pas y attacher beaucoup de prix, puisque Luc, dispersé avec les autres disciples, aurait été en quelque sorte ramené par saint Paul (1). C’est probablement une association d'idées dans l’esprit d'Épiphane, parce que Luc a seul mentionné les soixante-douze disciples (3). Pour les mêmes raisons, Luc n'était pas le compagnon de Cléophas à Emmaüs, comme on l'avait conjecturé dès le temps de saint Grégoire le Grand (3), parce que le récit a tout l'air d'émaner d’un témoin oculaire.

Saint Grégoire de Nazianze a rangé Luc parmi les confesseurs les plus illustres. Peut-être cependant n’entendait-il pas qu'il ait scellé son témoignage par la mort du martyre, puisque saint Jean figure en tête de sa liste, et Thècle à la fin, qui avait survécu à son martyre (4).

Gaudentius (5), vers 420, le dit positivement : Andreas et Lucas apud Pairas Achaiae civilatem consummati referuntur, maïs seulement d’après un bruit. L’Achaïe a dû rapprocher Luc d'André.

Le corps de Luc, mis au tombeau à Thèbes en Béotie, fut transporté par les ordres de Constance IT dans l’église des saints Apôtres à Constantinople. C’est du moins ce que nous apprend la Passion de saint Artémius, par un certain Jean de Rhodes, M. Bidez α montré que cet auteur citait et employait l’histoire de Philostorgius, vers 425. Le passage en question lui a paru être dans ce cas. On y voit que Constance rencontra à Patras l’évêque d’Achaïe (?) qui lui apprit que le corps de saint André se trouvait à Patras et celui de Luc à Thèbes. L’empereur chargea Artémius de les faire transporter à Constantinople. Constance : ἐπύθετο πρός τινος τῶν ἐπισχόπων ὥς τὰ σώματα τῶν τοῦ χριστοῦ ἀποστόλων Ανδρέου καὶ Λουχᾶ ἐν

(1) Haer. u, 51, 11; P. G. XLI, 908. Au cinquième siècle on se préoccupa de dresser des listes des apôtres et des disciples. La liste attribuée à Dorothée de Tyr (mort au début du τν" 5.) met Luc parmi les soixante-dix disciples, maïs ce sont des disciples envoyés pour précher après la mort du Sauveur (P. G. ΧΟΠ, 1060 ss.). On ne croyait donc pas alors que Lue aït été l’un des 72 (ou 70) choisis par Jésus et envoyés par lui; cf. Lrpsius, Die apocryphen Apostolgeschichten... 1, p. 195 ss.

(2) On regrette de ne pouvoir attacher plus de poids à ce que ‘dit Épiphane au même endroit que Luc a prèché surtout en Gaule.

(8) In Job, Ῥ. L. LXXV, 517 : quem profecto alium, dum tam studiose tacuit, ut quidam dicunt, seipsum fuisse monstravit. .

(4) Or. contra Jul. I, 69, P. G. XXXV, 589; ce sont Jean, Pierre, Paul, Jacques Étienne, Luc, André, Thècle.

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