PREMIÈRE PARTIE : LES RÉCITS DE L'ENFANCE, I, 5 — II
C’est surtout sur ces récits que s'exerce la critique négative. Nous savons tous que l'imagination s’est donné libre carrière pour orner les débuts dans la vie des hommes qui ont étonné l'humanité. Mais il est sûr aussi qu'il y à une hbar-
5ETENETO : ἐν ταῖς ἡμέραις Ἡρώδου βασιλέως τῆς Ἰουδαίας ἱερεύς τις ὀγόματι Ζαχαρίας ἐξ ἐφημερίας. ᾿Αβιά, καὶ γυνὴ αὐτῷ ἐκ τῶν θυγατέρων
monie entire les dispositions et parfois les humbles événements de leur enfance et leurs destinées ultérieures. Le tout est de contrôler 165 témoignages et les vraisemblances. Nous ne songeons pas un instant à contester que le récit de Luc est empreint de surnaturel à toutes les lignes. Mais aussi est-ce l’entrée dans le monde de Jésus-Christ, sanctificateur de tant d’âmes, Ce qui est tout à fait extraordinaire et de nature à gagner la confiance, c’est que ce Sauveurluimême ne parait dans toute cette histoire que comme un enfant, dont la précocité n'apparaît que vers sa douzième année. Cette simplicité, cette sobriété dounent une leçon à ceux qui prêtent aux enfants de génie tant de traits mirifiques. Et certes Jésus eût pu prophétiser et faire des miracles dès le berceau, mais quelle doctrine profonde de l’Incarnation contient le soin qu'a pris l’évangéliste de nous montrer en lui un enfant semblable à tous les autres! Le surnaturel est dans les profondeurs, ou plutôt dans les hauteurs divines, dans le ciel qui s'ouvre, qui s’unit à l'humanité, non point dans des prodiges factices comme dans les apocryphes.
Aussi ces deux chapitres ont-ils toujours été pour la piété chrétienne l'aliment le plus doux. La dévotion à la sainte Enfance est aussi féconde en fruits d’humilité et d'amour que celle même de la Vie publique du Sauveur, et ne le cède qu'à la contemplation de Jésus crucifié, précisément parce que l'enfant Jésus ne fait rien d’extraordinaire si ce n’est cette chose inouïe d’être l'un de nous.
Quant au détail des épisodes, certains critiques en ont cherché l’origine un peu partout. C’est encore le bouddhisme qui offre les analogies les moins éloignées, quoique la comparaison soit toujours très choquante. On peut voir l’article très bien informé de M. de la Vallée-Poussin sur Le bouddhisme et les Évangiles canoniques dans la Revue biblique (1906, p. 353 ss.). Nous n'y reviendrons pas dans le Commentaire.