πραυγη (T H) où φωνη (S Υ
Zacharie et par conséquent le lieu de la Visitation (Chron. pasc., à douze mille de Jérusalem, P. G. t. XC, ο. 199); sur la carte de Mâdaba, à côté de Βεθζαχάρ, on lit τὸ τοῦ ἁγίου Ζαχαρίου (RB. 1897, p. 175 s.). Sur une petite église avec mosaïque non loin de Beit-Zakaria, cf. RB. 1903, p. 612 ss. D'ailleurs le souvenir de Zacharie — le prêtre de l’évangile ou celui du temps de Joas {II Chr. σπιν, 20), ou même le prophète, — est aussi resté attaché à un tombeau à l'est du Haram ech-Chérif, et à Tell Zakaria, où des fouilles récentes ont mis à jour une ville ancienne, peut-être ‘Azéca (1 Sam. xvnr, 1).
41) Μαρία au lieu de Μαοιάμ, ici et 11, 19.
σχιρτάω tout à fait comme Gen. xxv, 22, du mouvement de l'enfant dans le sein de la mère. Mais tandis que Rébecca ne sait que conclure de ce qui se passe en elle, et qui se trouva être un présage fâcheux, Élisabeth est éclairée par l'Esprit-Saint, spécialement mentionné par Luc, pour expliquer ce fait d’une sorte de joie de l’enfant.… C'est l’accomplissement de la parole de l'ange, v. 15. L'enfant a pu être mu même tnséinctu Spiritus Sancti, sans une perception de Ia raison, ce que Schanz déduit un peu subtilement de l'emploi de ἀγαλλίασις au lieu de yapé, et ce qui s'appuie sur l’autorité d’Augustin : hoc autem ut diceret, sicut evangelista praelocutus est, repleta est Spiritu sancto, quo procul dubio revelante cognovit quid illa eæultatio significaret infantis; id est, illius venisse matrem, οι praecursor ipse et demonstrator cesset futurus. Potuit ergo esse ista significatio rei tantae a maioribus cognoscendae, non à parvulo cognitae. Nam neque, cum hoc ante in evangelio narraretur, dictum est, credidit infans in utero eius ; sed exultavit (Ep. 187, ad Dard. να, 23).
42) : αρανγῇ des éditions critiques ne s'appuie que sur une tradition égyptienne (BL Ξ W 565 579 Or.), tandis que φωνῇ se trouve partout (κ C D syrsin. üt.); κρανγή est plus original, maïs ne passe-t-il pas la mesure ? En grec on écrivait μέγα guveiv. La tournure de Le. a une saveur sémitique, mais n'est pas une réminiscence des LXX qui n'emploient pas ἀναρωνέω dans ce contexte; ἐφώνησε φωνῇ peyäAn (Dan. v, 7 LXX) est même unique; cf. Gen. xxvn, 34; xxxix, 14,
etc. — Après εἴπεν les syrr. ajoutent : « à Marie » (syrsin. pes. Tat.-ar.).
On a voulu voir dans les paroles d’Élisabeth un véritable cantique. D'après Plum. il se compose de deux strophes (42, 43 et 44, 45), de deux distiques chacune. Mais les distiques de la première strophe seraient beaucoup trop
:maison de Zacharie et salua Élisabeth. # Or il arriva, lorsqu'Élisabeth entendit la salutation de Marie, que l'enfant tressaillit dans son sein, et Élisabeth fut remplie de l’Esprit-Saint, “ctelle éleva la voix avec ui grand cri et dit : |
« Tu es bénie parmi les femmes, et le fruit de ton sein est béni! 88 Et d'où m'’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne à moi? 44 Car, dès que le son de ta salutation est arrivé à mes oreilles, l'enfant a tressailli de joie dans mon sein. ‘Et heureuse celle qui a
courts. Ἡ. Grimme (Die Odèen Salomos, p. 140 5.) qui α traduit ce cantique en hébreu n'y voit que trois distiques (42, 43; 44; 45), à quatre accents par stique. Cette traduction est très réussie, mais ne prouve pas que l'original n'était pas araméen, car les traductions syriennes ne rendent guère moins bien l'impression de l'original, qui est de la prose.
— εὐλογημένος se dit des hommes, εὐλογητός de Dieu (cf. v. 68 Plum.);: ἐν γυναιξίν, comme Jud. v, 24, où ἐν traduit 3, malgré l'opposition de ces deux prépositions. L'idée de l'hébreu est de distinguer une personne par rapport aux autres : elle sort du commun; cf. Gen. πι, 1. Si les LXX ont employé ἐν c'est que le principal Ctait de marquer une comparaison et en même temps le superlatif : « tellement bénie que cette bénédiction fait un rang à part parmi les femmes ». Une pareille tournure est anormale et le sens ne résulte que du contexte. Chez les Grecs on ne cite que ΡΙΝΡΑΣΕ, Νεπίεα, nr, 80 : atetbs ὠχὺς ἓν ποτανοῖς, « l'aigle, le plus rapide dés oiseaux ».
καρπός est la traduction très littérale de "13, tandis que dans Dt. xxvur, ἆ εὐλογημένα τὰ ἔκγόνά τῆς κοιλίας cou, parce que les fruits sont déjà nés. Ces premières paroles d’Élisabeth, parallèles comme les deux parties d’un distique, composent la seconde partie ὁ dé la Salutation angélique, à laquelle on ajoute le nom dé Jésus.
43) Rader. (p. 156) dite une ο constrüction sembläble dans Épictète (n, 19, 21) où ἵνα a tellement perdu son sens final qu'il est employé Comme ici avec un passé : ποῦ γάρ (ἔστιν), ἵν᾽ ὑμεῖς τὴν ἀρετὴν... ἴσην ἢ 4al κρείττονα... ὑπολάδητε. Avec πόθεν, sous-entendre yéyovev. Élisabeth a compris par l'inspiration de l’Esprit- Saint que Marie est déjà la mère du Messie, et elle le nomme « mon Seigneur », comme le ps. cx attribué à David. 11 possède donc déjà une dignité surnaturelle. De la part d’une femme plus âgée, cette modestie est de l'humilité, dictée par le sentiment religieux. :
44) Marie n'a done pas eu le temps de rien expliquer à Élisabeth; celle-ci a été prévenue par le tressaillement de son enfant. En décrivant le fait, Luc n’avait pas indiqué la cause; Élisabeth l'entend d’un mouvemñent de joie, comme celui des collines en présence de Dieu (Ps. ex (οχιν), 4, ompréw); ce serait cependant un peu forcé de dire que Jean prélude à son rôle de précurseur. C’est Élisabeth qui s'incline devant Marie, comme Jean le fera devant Jésus (Mt. τν, 14).
45) µακαρία s'applique évidemment à Marie, mais sous une forme générale,
λελαλημένοις αὐτῇ παρὰ Κυρίου. Nat εἶπεν Macias
qui est celle des macarismes de l'A. T. Grimme (2. L.) traduit très bien κ, NAN comme dans les psaumes. La Vg.-Clém. a insisté sur l'application en traduisant credidisti, ce qui ne peut se faire qu’en disant encore tibi au lieu de αὐτῃ, οἱ c'est changer le texte (WW. credidit et ei). Controverse sur le sens de ὅτι. Les latins et les coptes ont traduit « par ce que », que maintient Plum.; il lui parait superflu d'indiquer ici l’objet de la foi de Marie ; c’est l’objet de tout acte de foi de croire à l’accomplissement de ce qui est promis. Élisabeth ajouterait une idée nouvelle en confirmant l'espérance de la réalisation. Mais les Grecs et les Syriens (syrsin. pes. Tat.-ar.) ont compris « que » d’après l'analogie des cas semblables, Μο. τι, 23; Jo, vi, 69, etc. et surtout Act. Χαντ, 25. La foi de Marie est mise dans un entier relief : elle n’est pas dite heureuse à cause de l’accomplissement futur de ce qui a été annoncé à sa foi, mais à cause de sa foi elle-même. Élisabeth est chargée de féliciter Marie, non de donner une nouvelle assurance à sa foi. D'autant que le principal est déjà fait en ce qui regarde Marie. τελείωσις signifie réalisation comme dans Judith x, 9 ἐξελεύσομαι εἷς τελείωσιν τῶν λόγων. On voit que la conception surnaturelle est regardée comme un miracle tout à fait extraordinaire, non comme une vulgaire histoire à la grecque. Avant la prophétie de l’Émmanuel, Isaïe avait aussi fait appel à la foi (15. να, 9).
46) Μαριάμ, Voir Laoeuze, De l’origine du Magnificat, dans la Revue d'histoire ecclésiastique, 1903 p. 623 ss. C'est M. Loisy, en 1893, qui a soulevé la question de savoir si le Magnificat a été prononcé par Marie ou par Élisabeth, et c'est la note de dom Germain Morin dans la Revue biblique (1897, p. 286 ss.) qui lui a donné un certain intérèt en montrant que saint Nicétas, évêque de Remesiana en Dacic (vers 400), attribuait ce cantique à la mère du Précurseur. On s'en est occupé en Allemagne surtout depuis que M. Harnack s’est prononcé avec assurance pour Élisabeth (en 1900, dans les Sitzungsberichte der kôn.-pr. Akademie der Wiss. zu Berlin). On cite dans le même sens Vôlter, qui aurait émis cette idée dès 1896 (cf. Ὑδιτεα, Die evangelischen Erzählungen, etc. 1914, p. 41), Conrady, Kôstlin, Schmiedel, Burkitt (The journal of theological Studies, 1906, 220 ss.), Montefiore, Merx. Pour Marie : Spitta, Wernle, Weiss, Wordsworth, Emmet, etc. et tous les catholiques, entre autres Durand (RB. 1898, 74-77
Élisabeth est attestée par trois ms. latt. a (Vercellensis), b (Veronensis) t (Rehdigeranus) et par Nicétas.
Dans Irénée (latin) ut, 10, 2, le Afagnificat est attribué à Marie, et aussi dans 1v, 7, 4, sauf deux mss. qui répugnent au contexte. C'est aussi en dépit du contexte qu'on lit dans la traduction latine de la vne hom. d'Origène (P.G., ΧΠΙ, 1817): Invenitur beata Maria, sicut in aliquantis exemplaribus reperimus, prophetare. Non enim ignoramus, quod secundum alios codices et haec verba Elisubeth vatici-. natur. L'argument d’Origène exige que le Magnificat soit de Marie, et il le dit clairement par la suite.
Personne, semble-t-il, n'ose soutenir que la lecon Élisabeth soit originale; on prétend que le texte primitif portait seulement καὶ εἴπεν, et que les uns ont suppléé
cru que s’accomplirait ce qui lui a été dit de la part du Seigneur. » Et Marie dit :
Élisabeth, sélon la bonne tradition, et les autres Marie, à cause du développement de son culte. Or cette leçon ne se trouve absolument nulle part. Elle eût certes pu exister, comme Burkitt l’a démontré, sans que le sujet fût changé, comme dans plusieurs passages de Luc : 1v, 23.24; χνπι, 1-6; xxt, 9.10. Mais dans ce cas il n’y eût cu absolument aucun doute qu'Élisabeth ne fût le sujet; en dépit.du culte de Marie, l'évidence exégétique eût été telle que pas un mss. sur cent n'aurait osé compléter par Marie. Or tous les mss. grecs, tous les syriens, tous les coptes, les latins originaires d'Afrique avec Tertullien (de anima, 26) ont Marie. La lecon Élisabeth est confinte dans une certaine partie du monde lätin. On peut supposer que pour plus de clarté quelques mss. ont ajouté Élisabeth après Maria; Et ait Maria Elisabeth : « Marie dit à Élisabeth »; comme syrsin. et pes. ont ajouté « à Marie » au v. 42 et comme syrsin. pes. ont mis « à Élisabeth » au lieu de σὺν αὐτῇ au v. 56. Quelques copistes ont pu penser que l'un des deux mots était de trop, et préférer Élisabeth pour la raison qui entraîne Îles critiques modernes.
‘Au point de vue de la critique textuelle la question est tranchée. La principale raison en faveur d'Élisabeth, c’est la ressemblance du Magnificat avec le cantique d'Anne; mais cela ne fait pas du Magnificat le cantique d’une femme longtemps stérile. La pensée de Luc n’est pas douteuse; il a voulu glorifier Marie. fl est impossible qu'Élisabeth, jusque-là si modeste, se mette au premier plan de la scène et s’absorbe dans l’œuvre que Dieu a faite en elle, comme si c'était l'œuvre par excellence et le salut promis (cf. RB., 4901 p. 631). On comprendrait son cantique. quand elle s’est aperçue de la conception de Jean, ou à sa naissance; mais en ce moment ce qui la touche c’est le tressaillement de son enfant devant le fruit de Marie. La conception de Jean est dépassée. Aussi Merx prétend-il que l’œuvre de Dieu en Élisabeth, c’est la visite de Marie. Mais alors les termes du cantique ne conviennent plus. Enfin, ce qui est surtout décisif, c'est que le v. 48 est une réponse au v. 38.
— καὶ, d'après Harnack indique que la même personne continue de parler; si Marie prenait la parole, il fallait mettre δέ. — Ce n’est pas cependant le cas dans 1, 48.149.305 11, 10.49, où καὶ introduit un nouvel interlocuteur.
On à objecté aussi que si Marie avait prononcé ce psaume, il fallait mention-. ner l'inspiration de l’Esprit-Saint. Mais Luc a des nuances que tous 165 critiques, paraît-il, ne comprennent pas. Marie est au-dessus des lois communes : le Seigneur est avec elle; l'Esprit-Saint est venu en elle, v. 35; le don qui suffisait à faire naître d'elle le Fils de Dieu πο suffirait-il pas pour en rendre grâce?
— µεγαλύνω ne signifie pas seulement agrandir (Mt. xx, 5), mais déclarer grand, célébrer (Tauc. vur, 81; Eur. Bacch. 320). C'est la traduction des LXX pour le piel de 573, dans le sens de louer, glorifier en parlant du Seigneur; µεγαλύνατε τὸν χύριον σὺν ἐμοί (Ps. Lxvin, 31; cf. Ps. xxx, 4). Le passage cité est plus voisin du v. 46 que le début du cantique d'Anne : ἑστερεώθη Ἡ καρδία µου ἐν Κυρίῳ, ὑψώθη κέρας µου ἐν θεῷ µου, où le sentiment est moins humble. Le parallélisme entre le Seigneur (αμνό) et Dieu est fréquent, par exemple
HT καὶ ἠγαλλίασεν τὸ πνεῦμό pou ἐπὶ τῷ θεῷ τῷ σωτῆρί µου,
45 ὅτι ἐπέβλεύεν ἐπὶ τὴν ταπείνωσιν τῆς δούλης αὐτοῦ. » \ Y > ο. = . eu e 2 ἰδοὺ γαρ ἀπὸ τοῦ νῦν μακαριοῦσίν pe πᾶσχι αἱ yeveal, -
49 Sr ἐποίησέν pot ψεγάλά ὁ δυνατός, 49. μεγαλα (Τ Η) plutôt que µεγαλεια (5 Vi.
dans ce passage qui offre (avec Hab. m1, 18) la meilleure analogie de notre passage : Δεῦτε ἀγαλλιασώμεθα τῷ κυρίῳ, ἀλαλάξωμεν τῷ θεῷ τῷ σωτῆρι ἡμῶν (Ps. xciv, 1). La ψυχή οἱ le πνεῦμα sont à peu près synonymes pour désigner l'âme par ορροεῖtion au corps. Dans la terminologie de saint Paul, où πνεύμα exprime plutôt la partie haute, ὀνγή la partie émotive de l’âme, il οὐ! fallu intervertir les termes : mon esprit glorifie, mon âme s’est réjouie (Plum.).
47) ἀγαλλιάομαι est souvent dans les LXX; il faut donc qu'il ait été employé par la hoïnè pour ἀγάλλομαι, mais on n’en cite pas d'exemple. L’actif ἀγαλλιάω n’est certain que dans notre cas et Apoc. xix, 7. Avec καὶ, qui met'en grec les deux verbes sur le même plan, il est difficile d’insister sur la nuance de l’aoriste, comme si Marie rappelait sa joie au moment de la visite de l'ange et de la conception de Jésus; on sait que dans la ᾖοΐπέ les temps avaient beaucoup perdu de leur précision. Cependant le plus probable est que zal est une tournure hébraïque (εξ, v. 49), la copule remplaçant la conjonction « car » (cf. Ps. 1x, 45, etc.). La joie de Marie se transforme en louange pour exprimer sa gratitude. Le Dieu sauveur revient souvent dans les psaumes, pour représenter l’hébreu vw" qui marque surlout le secours efficace donné dans le péril. La pensée que Dieu sauve est une source de joie; Παρ. mm, 18 : χαρήσομαι ἐπὶ τῷ θεῷ τῷ σωτῆρί µου. On se réjouit en s'appuyant sur (ἐπί) Dicu.
48) cf. 1 Regn. 1, 11 ἐὰν ἐπιθλέπων ἐπιθλέφῃης ἐπὶ την ταπείνωσιν τῆς δούλης σου, dans la bouche d’Anne, mère de Samuel, mais non dans le cantique. C'est le principal argument de ceux qui attribuent le cantique à Élisabeth, dont la situation comme longtemps stérile ressemblait à celle d'Anne plus que celle de Marie. Mais la ressemblance est bien plus sensible avec le Ps. xxx, 8, qui joint . les idées de joie et de ταπείγωσις. D'ailleurs si ταπείνωσις signifie plus ordinairement une situation humiliée ou une humiliation passagère, ce mot peut aussi rendre un état de bassesse ordinaire. Un passage du Siracide renferme des idées assez semblables à celles qu'exprime Marie : σοφία ταπεινοῦ ἀνυψώσει χεφαλὴν αὐτοῦ, παὶ ἐν µέσῳ µεγιστάνων καθίσει αὐτόν (αι, 1), et surtout : καὶ οἳ ὀφθαλμοὶ xuolou ἐπέβλεψα» αὐτῷ εἰς ἀγαθά, καὶ ἀνώρθωσεν αὐτὸν Ex ταπεινώσεως αὐτού (χι, 12); ici ἐκ ταπεινώσεως rend l’hébreu Παν δν, « de la poussière de l’ordure ». Dans tout le contexte du Siracide il s’agit d’un homme d’une condition modeste (plutôt que d’un paresseux νωθρός), que Dieu préfère aux grands. Harnack suppose qu’à la place du v. 34, ajouté depuis, Marie exprimait son étonnement d’être appelée, elle pauvre femme, à la dignité de Mère du Messie. Pourquoi donc ne pas
« Mon âme glorifie le Seigneur, “et mon esprit a tressailli de [joie, en Dieu mon sauveur,
48 parce qu'il a regardé la bassesse de sa servante. Car voici que désormais toutes les générations me diront bien- [heureuse,
9 parce que le Puissant a fait pour moi de grandes choses, et son [nom est saint.
reconnaître ici ce sentiment, quand il est clairement exprimé? Marie, qui s'est dite la servante du Seigneur (v. 38) se dit encore sa servante. De même humilitas, en latin pré-chrétien, ne signifie guère que basse condition; Marie ne parle pas de son humilité, elle met cette vertu en pratique (Hald.). . — ièob γάρ s'applique à tout ce qui précède; c’est une nouvelle phrase qui rend raison des sentiments de Marie envers Dieu. ἀπὸ τοῦ νῦν appartient au style de Luc (v, 10: x, 52; xxu, 18. 69; Act. στι, 6, et seulement encore Jo. vu, 41; Ἡ Cor. v, 16), et se présente assez naturellement comme la traduction de nv (LXX, passim); ce n’est pas cependant du grec de traduction car on le retrouve dans les papyrus (Ώειβεμανν, Neue Bibelstudien, 80 s.). Le point de départ est le cri d’Élisabeth (v. 45). Lia (Gen. xxx, 13) s’écrie au moment de la naissance d'un fils de sa servante : « je suis bien heureuse, car toutes les femmes me disent bienheureuse » (µακαρίζουσιω traduction directe de l’hébreu; l'araméen n’a pas d'équivalent immédiat); en effet c'est surtout au sujet de leurs enfants qu’on félicitait les femmes (ef. Le. χι, 27). Mais dans la bouche de Marie c'est une prophétie, pleinement réalisée, qui engage toutes les générations, dans l’ordre du temps, sinon toutes ensemble. Supposer qu'Élisabeth parla ainsi après son macarisme adressé à Marie (v. 45), c’est lui prêter peu de suite dans les idées et une formelle inconvenance. Il est clair que c’est Marie qui parle; elle accepte les félicitations de sa cousine, mais son humilité leur donne un tour différent. Élisabeth l'avait dite heureuse à cause de sa foi personnelle; Marie attribue les louanges des générations à l'œuvre de Dieu en elle. Ce qui la remplit de joie est donc bien ce à quoi Élisabeth a fait allusion, la conception du Seigneur. C'est le thème du cantique, indiqué avec une extrême délicatesse, mais indiqué. |
49) ὅτι pourrait à la rigueur commencer une nouvelle phrase, comme 39 (cf. Is. xxvur, 27), mais se rattache bien plus naturellement à ce qui précède.
— ἐποίησέν por μεγάλα cf. DE. x, 21 ἐ. ἐν σοὶ τὰ μεγάλα... cf. Ps. 1xx, 19; et cf. pour ce qui suit Ps. ox, 9 : ἅγιον καὶ φοθερὸν τὸ ὄνομα αὐτοῦ. Mald. a noté que Marie ne prononce plus le nom de Dieu, mais donne une haute idée de sa nature et de son action. ὁ δυνατός en parlant de Dieu, Soph. nr, 17, et δυνατός plusieurs fois comme attribut de Dieu (Ps. xxur, 8; 1xxxvint, 8); l'expression simple fait grand effet. Nestle met un point après δυνατός. Mais Mald. traduisait déjà cuius nomen est sanctum; sic enim Hebraei loqui solent, et c'est encore l'opinion de Blass (p. 267); en effet l'hébreu emploie assez souvent la copule au lieu du relatif; cf. Gen. xxiv, 29 et ici même Le. 1, 5. 27. Merx rappelle les inscriptions palmyréniennes : « à celui dont le nom est béni » {nv ja);
ss D
52 καθεῖλεν Συνάστας ἀπὸ θρόνων ra! ὕψωσεν ταπεινούς;
c'est ainsi qu'a compris syrsin., mais il n’y a pas à changer le texte grec. Le puissant ést dit saint, parce qu'il est objet de crainte et de respect. L'idée de sainteté, dans le sens de Majesté suprême et redoutable est caractéristique des religions sémitiques; ἅγιος est rare en parlant des dieux dans l’hellénisme païen (CLermoNT-GANNEAU, Études d’arch. orientale, ΠΠ, 1896, p. 10%; Cumonr, Les religions orientales, p. 362 s.). Plus haute est l'idée de Dieu, puis elle reconnait son absolue perfection morale; nouvelle raison pour que son nom soit révéré. Marie prélude à la. première demande du Pater.
50) Cf. Ps. cu, 17 : τὸ δὲ ἔλεος τοῦ χυρίου ἀπὸ τοῦ αἰῶνος καὶ ἕως τοῦ αἰῶνος ἐπὶ τοὺς φοβουµένους αὐτὸν. Ce ps. indique bien la suite des idées dans le Magnificat. C'est parce que Dieu est puissant et dépasse l’homme de son infini qu’il éprouve pour lui de la pitié ou de la miséricorde. Ce sentiment s'exerce sur ceux qui le craignent, c'est-à-dire le reconnaissent et le servent. Cette crainte, en effet, n'exclut pas le sentiment filial; même psaume, v. 13 : « comme un père a pitié de ses fils, le Seigneur aura pitié de ceux qui le craignent »; cf. encore v. 11. On put donc nommer ceux qui s’attachaient au culte de Dieu, même s'ils n'étaient que prosélytes (cf. Le Messianisme... 219) φοθαύµενοι, synonyme de σεβόµενοι, « vénérants ». On trouve la même idée dans les Psaumes de Salomon, x, 4 et xu1, 11, où 165 φοθούμενοι sont en parallélisme avec les saints et les serviteurs de Dieu.
51-53) Les aoristes sont expliqués de plusieurs manières : 1) ils signifient ce que Dieu a fait dans le passé; 2) ce qu'il fera dans l'avenir, au moment de la grande transformation messianique; 3) ce qu’il a coutume de faire; 4) ce qu'il a commencé en Marie selon son plan.
Lé premier sens doit être rejeté, parce que l’allusion à des faits distincts, comme l'élévation de David, la réhabilitation d'Anne, ne serait pas assez claire. Le deuxième sens a un appui dans l'idéal messianique, conçu comme un changement des situations sociales; mais si le passé peut en soi être interprété comme prophétique, cela parait difficile ici où les aoristes de 51-53 sont encadrés entre ceux qui précèdent et celui du v. 54. La troisième opinion ne peut guère s'appuyer sur l'existence de l’aoriste gnomique, qui est douteuse dans la koiné (Rader. p. 124; cf. Deb. $ 333). Il faut donc supposer que les aoristes répondent à des parfaits hébreux, mais cela n'empêche pas de leur attribuer la nuance de la dernière opinion (Holtz.) qui explique les aoristes comme une suite des précédents, ἐπέθλεψεν et ἐποίησεν, de telle sorte que l'idée générale a son point de départ historique dans la situation présente. Ce que Dieu fait d'ordinaire, il l'a fait spécialement dans la circonstance présente dont Marie comprend qu'elle est le début du règne de Dieu.
54) Cf. Ps. Laxxvul, 44 : où ἐταπείνωσας ὡς τραυµατίαν brephoavov,, παὶ ἐν τῷ
5 Et sa miséricorde [s’étend]de génération en génération, sur ceux | [qui le craignent:
5lil a déployé la puissance de son bras, il a dispersé ceux qui [s’élevaient d’orgueil aux pensées de leur cœur.
®1[1 a fait descendre les potentats de [leurs] trônes, et il a élevé [les humbles;
βραχίονι τῆς δυνάµεώς σου διεσχόρπισας τοὺς ἐγθρούς σου. ἐποίησαν — κράτος répond probablement à 5 MY, δεξιὰ Kuoiou ἐποίησεν δύναμιν (Ps. οσνῃ, 15); ἐν βραχ four revient très souvent dans les LXX. Ce demi-verset est du grec de traduction; en rec on dirait «il a montré la force de son bras »; cf. Sap. σι, 21; III Mac. v, 43 : « les Juifs... louèrent leur Dieu saint, et ils pensaient alors que bien disposé il montrerait aux Gentils orgueilleux la force de sa main puissante », Les orgueilleux le sont par une disposition de leur cœur, c’est-à-dire d'aprés les idées des Hébreux, de leur esprit et de leur volonté; cf. Ps. rxv, 6 : où ἀσύνετοι {mais Sym. ὑπερήφανοι) τῇ καρδία, 226 138, lit. « ceux qui ont le cœur fort, qui se croient forts ». Les orgueilleux ne sont pas représentés comme rangés en bataille, mais plutôt comme formant une conjuration (cf, Ps. 1, 1 s.). En effet Marie insiste sur leurs dispositions intellectuelles. Ils s’enorgueillissent dans leurs pensées. Ce ne sont pas des ennemis d'Israël qui affrontent la lutte contre lui et contre son Dieu; leur superbe s'attaque directement à Dieu. Or Dieu haït les orgueilleux (Job. xxxvir, 45 et souvent dans les Ps. et Eccli.). C’est une vérité que les Grecs avaient fort à cœur; elle était altérée lorsqu'ils motivaient la haine des dieux par l'envie. L'orgueilleux chez les Hébreux se complaisait en sa force; le grec se vantait en paroles splendides : Ζεὺς γὰρ μεγάλης γλώσσης κόμπους ὑπερεχθαίρει (Sopx. Anf. 127).
Marie se place ici très nettement.sur le terrain moral, ce qui est une indication pour la suite. En cela même elle se rapproche du cantique d'Anne; ce qui suit est encore plus semblable.
52) Cf. 1 Sam. 11, 7 : Κύριος πτωχίζει καὶ πλούτίζει, ταπεινοῖ καὶ duaduyot, mais c'est à Eccli. x, 14 que ressemble le plus ce passage : θρόνους ἀρχόντων καθεῖλεν ὁ κύριος, καὶ ἐκάθισεν πραεῖς avt” αὐτῶν. C'est la même pensée dans Ps. cxzvr, 6 et Job. κα, 49; v, 11; Ez. xx, 26. L'idée peut être tout à fait générale, et c'était même un lieu commun chez les Grecs, suggéré par les fréquents changements de {a fortune; Euripide (Troad. 612 5.) : ὁρῶ τὰ τῶν θεῶν ὡς τὰ μὲν rupyodo” ἄνω, τὰ μηδὲν ὄντα, τὰ δὲ δοχοῦντ᾽ ἀπώλεσαν. Mais cette idée trouvait une application spéciale dans l’œuvre messianique; le fils de l'homme « renversera les rois de leurs trônes » (Héxocn, livre des Paraboles, Σιν, 5). Des usurpateurs avaient envahi le trône de David, Dieu devait les renverser (Psaumes de Salomon xvrr, 8), pour les remplacer par le Messie, comme au début de la dynastie le jeune David avait été mis à la place de Saül. Il est possible que ces pensées se soient présentées à l'esprit de Marie, après la promesse de l'ange que son Fils occuperait le trône de David. Les δυνάσται sont les souverains qui n'ont pas droit au
‘titre de rois (Drrrexs. Or. 229, 11; 383, 179, etc.); ici en général les princes; ταπεινούς à SON sens ordinaire : ceux qui sont dans une condition modeste. ÉVANGILE SELON SAINT LUC. 4
53 πεινῶντας ἐνέπλησεν ἀγαθῶν rai πλουτοῦντας ἐξαπέστ ειλεν χενούς. δ4 ἀντελάβετο ᾿Ἱσραὴλ παιδὸς αὐτοῦ, μυ ησθῆναι ἐλέους, 35 γαθὼς ἐλάλησεν π τη τοὺς πατέρας ἡμῶν, τῷ ᾿Αβραὰμ. καὶτ δ0 Ἔμεινεν δὲ Mani σὺν αὐτῇ ὡς μᾶνας τρεῖς, καὶ ὑπέστρενεν εἰς τὸν
ἓι τὶ (ην TD € ή «ὶ = &
ka 3 κα οἴχον αὐτῆς.