εἰς τον αιωνα (Τ Η Ύ) ou εως αιωνος
53) Jci encore on peut citer! Sam. 1, 5 : πλήρεις ἄρτων ἠλαττώθησαν, καὶ ἀσθενοῦντες (ou πευοῦντες) παρῆκαν γῆν, mais aussi Ps.xxxur, 41; οσι, 9. L'image est celle d’une cour. Selon ja coutume orientale, les riches se présentent avec des présents et en reçoivent de plus considérables de la part du monarque qui ne veut pas se laisser vaincre en générosité; les pauvres sont tenus à l’écart. C’est ce qu'Éliphaz reproche à Job : (xxn, 7 ss.) ἀλλὰ πειγώντον ἐστέρησας ψωμόν” ἐθαύμασας δέ τινων πρόσωπον... χήρας δὲ ἐξαπέστειλας χενάς. Il n'en est pas de même de Dieu. Ceux qui ont faim s'adressent à lui, et il leur donne en abondance : « si j’ai faim, je cricrai vers toi, ὁ Dieu, el tu me donneras » (Ps. Salomon, v, 10); les riches croient que tout leur est dù; il les renvoie à vide. Le rapport immédiat entre ᾽ Dieu, d’une part, et les pauvres et les riches, d'autre part, prouve bien qu'il ne s'agit pas d’une révolution sociale qui met les uns à la place des autres, mais de l'attitude de Dieu envers ceux qui demandent humblement, et ceux qui se croient le droît d'exiger. La suite suggère qu'il s'agit des biens messianiques que ne désirent pas ceux qui sont contents de leur situation dans le monde. Au contraire ce sera le paradis des pauvres (Ps. Lxxur, 4.12, très messianique). Quant aux riches, Dieu ne leur enlève pas leur richesse, mais il ne leur donne pas ses biens. C'est ce qui résulte des textes semblables où ceux qu'on renvoie à vide ne sont pas dépouillés, mais frustrés de ce qu'ils pensaient recevoir, Judith, 1, 145 Me. x, 3; Le. xx, 40, et ce doit être aussi le sens Job. xx, 9
(contre Schanz, Hahn, elc.).
54-55) Ce qui suit est évidemment messianique de l'aveu de tous, et se rat-
tache pour le rythme à ce qui précède.
B4) Cf. 16. στα, 8 8. παῖς µου ’Iawb6... οὗ ἀντελαθόμην et Ps. xovir, 3 ἐμνήσθη τοῦ ἐλέους αὐτοῦ τῷ Ἰακώδ. Mais ce sont à peine des réminiscences ; le verbe ἀντιλαμθάνομαι tout à fait comme dans Diodore de Sic. xt, {3 ὥστε doxefy τὸ θεῖον ἀντιλαμθάνεσθαι τῶν "Ελλήνων, d'une intervention divine en faveur de quelqu'un. παῖς est l'équivalent de l'hébreu Ταν, serviteur, comme dans Is. L'infinitif μνησθῆναι n’est pas final (Weiss), mais plutôt consécutif, comme s'il y avait ὥστε, cf. II Esdr. vi, 22; Épicr. 1v, 1, 50 (Rader. 154). Quand Dieu « se souvient » de quelqu'un, c'est qu’il intervient en sa faveur; cf. Gen. vu, 4; xix, 29; Ex. 11, 24; 1 Rogn.
‘1, 49. Dans tous ces cas, le souvenir est antécédent à l’action, comme l’exige la nature des choses; il semble donc que μνησθῆναι ne s'explique complètement que
8j] a rassasié de biens les affamés, et il a renvoyé les riches [à vide.
SIL a secouru Israël son serviteur, pour se souvenir de la misé- [ricorde,
55 comme il avait dit à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa [race, à jamais. »
560r Marie resta avec elle environ trois mois, et elle retourna dans sa maison.
comme une traduction de l’infin. avec 2; au moment où il s’est souvenu, Vg.- Clém. recordatus. Mais ce serait changer le texte. Tout cela indique assez clairement que le salut est commencé et que Dieu va entrer en scène.
55) τῷ Ἀθράαμ. d'après les modernes depuis Cajetan, ne peut être l’explication de πρὸς τούς, à cause de la différence des cas (contre syrsin. Mald., ete.); il se rattache äu v. précédent, à pvno@var : Dieu s’est souvenu de sa miséricorde en faveur d'Abraham, et de sa postérité. Ἡ faut donc regarder 55? sinon comme une parenthèse, du moins comme une incise destinée à expliquer l'emploi de μνησθῆναι; Dieu s’est souvenu de ce qu'il avait promis. Il résulte du texte grec qu'Abraham est regardé comme vivant d’une certaine façon (cf. Le. xx, 38) οἱ qu’il est appelé lui aussi avec sa race à bénéficier des biens messianiques. Il s’agit en effet de sa personne (καὶ τῷ σπέρµατι), non du peuple descendu de lui comme dans Mich. vi, 20 δώσει εἰς ἀλήθειαν τῷ Ἰακώθδ, ἔλεον τῷ ᾿Αθραάμ. καθότι ὤμοσας τοῖς πατράσυ ἡμῶν (cf. IL Regn. xxn, 51). Le salut est donc individuel. Il n'est question que de la race d'Abraham, mais la bénédiction d'Abraham devait s’élendre à toutes 165 nations (Gen. χα, 3). Le cantique est à l'aurore de l’Incarnation rattaché à la prophétie qui s'adresse à Israël, comme instrument du règne de Dieu. εἰς τὸν αἰῶνα marque le caractère définitif de ce règne et ne doit pas être trop lié à τῷ σπέρµατι.
56) Luc préfère ordinairement σύν à µετά, cf. var, 38.51; xx, 1; xx, 44.56 où ΜΙ. οἱ Μο, ont µετά ou καὶ dans les passages parallèles (cf. Inérod. p. cxx). Les avis sont partagés à peu près également sur la question de savoir si Marie a assisté à la naissance de Jean. D'après l'ordre du récit, elle était partie avant. On répond que Luc termine ce qui regarde Marie avant de commencer un autre épisode, comme il mentionne l’emprisonnement du Baptiste avant de parler du ministère de Jésus (rx, 20.21). Mais en cet autre endroit il s'agit d’une parenthèse qui.ne peut tromper personne, puisque le baptême de Jésus par Jean vient aussitôt après. En soi le texte de Luc suggère que Marie est partie avant les faits qui vont suivre. C’est l'opinion la plus générale des Grecs (contre les Latins) avec la raison décisive d’après les convenances orientales qu'ils connaissaient, qu'au moment de l'accouchement 18 maison de Zacharie n’était plus Ia . ‘ place d’une vierge. Catena : ἦν γὰρ αἶδως ἐν τῇ παναγίᾳ παρθένῳ παρθενική. On objecte la charité : aussi Marie reste-t-elle aussi longtemps que ses services sont utiles; elle se retire lorsque d’autres doivent venir en aide à Élisabeth. D'après
Éphrem (Moes. 18), Marie retourne après trois mois auprès de son mari, pour qu'on voie bien qu'elle ne le fuit pas; elle n’est pas restée plus longtemps parce que le Seigneur ne devait pas resler comme serviteur devant celui qui était son esclave (Jean).
Loisy et Harnack ont déduit de σὺν αὐτῇ que le Magnificat avait été prononcé par Élisabeth; elle est toujours censée présente, tandis qu’il faut de nouveau nommer Marie. L’argument à paru assez topique à Με" Ladeuze (1. L.); il a supposé que le Magnificat, attribué à Marie par Luc, ne figurait pas d'abord dans ce contexte. Mais Le. n’a.pas écrit Μαριὰμ δὲ, et il ne pouvait 5ο dispenser de mettre Marie en scène au départ comme à l'arrivée. Après tout un cantique, il n'était que juste de prononcer de nouveau son nom; cf. v. 34; v. 39. 11 eùt certes pu écrire « avec Élisabeth » comme syrsin. mes. Dial.-ar., mais σὺν αὐτῇ pe pouvait créer aucune équivoque, et était préférable à cause de l'entrée d’Élisaheth au v. 57. Au v. #1, Luc n'a pas reculé devant la répétition, mais elle s'imposait pour éviter l'équivoque sur αὐτῆς.
On a expliqué le Magnificat, sans se préoccuper de la division en strophes, qui doit plutôt être fixée par le sens des phrases. Schanz, Plummer (cf. RB. 1895 p. 166) encore Klost. admelient quatre strophes : (46-48; 49 et 50; 51-53; 34 et 55). Mais il paraît plus sùr d'en compter cinq, soit d'après le rythme, soit d’après le sens. Le cantique a été traduit en hébreu par le P. Zorell (Zeitschrift für kath. Theol., 1905 p. 784 ss.) et par M. Grimme (Die Oden Salomos, p. 141), ct tous deux ont abouti à cinq grands vers (distiques ou tétrastiques), comprenant dix accents. Quoi qu'il en soit des accents, la traduction étant le plus souvent nécessitée par les réminiscences de ΤΑ. T., les deux auteurs ont naturellement abouti au même rythme et on obtiendrait des résultats à peu près semblables avec Paraméen. Mais ce qui est décisif, c’est que ὅτι au v. 49 dépend aussi clairement de ce qui précède que ὅτι du v. 48. 11 faut donc commencer une phrase (Nesile, Soden), c'est-à-dire une strophe à ἰδοὺ γάρ, 48. Les deux dernières strophes sont très marquées, 52 et 53, 54 et 55. Ἡ reste donc une strophe pour les vv. 50 et 54, qui contient d’ailleurs une opposition parallélique entre ceux qui craignent Dieu et les orgueilleux. La marche du cantique serait donc celle-ci. Dans la première strophe, Marie rend grâce à Dieu de la faveur qu'il lui a faite, à elle son humble servante. Dans la seconde, elle relève encore la grandeur de cette grâce, montrant clairement qu'elle interprète la situation comme Élisabeth, qui l’a saluée mère du Messie. Cette disproportion entre sa bassesse et l’œuvre que Dieu veut accomplir lui suggère dans une troisième . strophe que c’est une œuvre de miséricorde. Dieu, miséricordieux pour ceux qui le servent, a en horreur les orgueilleux. C'est que ses voies ne sont pas celles des hommes. Il se plaît à élever ce qui est bas, à abaisser ce qui est haut. Cette pensée exprimée plus d'une fois par les sages, suppose l'intervention de Dieu dans les choses humaines; Marie voit cette intervention déjà commencée, et Dieu distribuant ses biens sans acception de personnes, répondant aux vœux des pauvres, renvoyant loin de lui les riches.
C’est, dans la quatrième strophe, lapplication du principe posé par la troisième à des catégories sociales qui représentent en fait les fidèles de Dieu et les orgueilleux ses ennemis. La dernière strophe insiste sur-le salut commencé, que Dieu poursuivra, se souvenant de ses promesses.
Quoi qu'il en soit d’ailleurs d’une différence dans l'interprétation du rythme, le sens général n’est pas douteux. Il n’est pas douteux non plus que Marie n'ait suivi d'assez près le cantique d'Anne. Sans doute les ressemblances verbales sont moins frappantes avec ce cantique qu'avec d’autres passages, mais nulle part on ne trouve un ensemble aussi semblable pour la suite des idées. Le cantique d'Anne, placé dans la bouche d'une femme, d’une mère, débute par l'action de grâce et la louange du Saïnt; il poursuit par une condamnation de l'insolence orgueilleuse que nous croyons retrouver dans Le. 1, 51. Puis les grandes transformations opérées par lahvé : les forts brisés, Les faibles devenus forts; ‘les rassasiés mendient, les affamés sont à leur aise. Le cantique se ter mine par une vue sur le jugement de Dieu et sur le Messie. Que le cantique du Jivre de Samuel ait été composé d’abord pour lui-même, cela est bien établi par le P. Dhorme (Les livres de Samuel, ad. loc.), maïs il n’en était pas moins devenu le cantique d’Anne. Étant messianique par sa nature et placé dans la bouche d’une femme, il s’offrait naturellement comme une ébauche du cantique de la mère du Messie. Il n'en est que plus remarquable que le Magnificat ne s'attache pas davantage à ses expressions. Le Magnificat n'est pas composé avec un livre. Il suppose la connaissance du thème d’Anne et les sentiments exprimés par les psaumes, le tout fondu dans une composition originale. Les catholiques qui l’attribuent à Marie sont tentés d'atténuer la ressemblance avec le cantique d'Anne, parce que Loisy, Harnack, etc. en ont argumenté pour l'attribuer à Élisabeth, stérile comme Anne. Mais il n'était pas nécessaire que les deux situations se ressemblassent de tout point. L'ange lui-même avait comparé la situation de Marie à celle d'Élisabeth; Marie a pu songer à celle d'Anne. Mais précisément elle évite l’allusion à la stérilité qui se trouvait dans son cantique. Élisabeth l’aurait-elle conservée, nous ne saurions le dire, mais c'est un fait que le cantique écarte ce trait, et c'est de 1ὰ seulement qu’on eût pu argumenter. On sait assez à quel point les Juifs avaient coutume de s'inspirer de l'Écriture, sans se préoccuper aucunement des circonstances historiques du contexte. Le cantique d'Anne est un cantique messianique, Marie l'adapte à sa personne. La ressemblance permet seulement d’insister sur le caractère mes sianique du Magnificat.
Il est inutile de répondre à ceux qui voient dans le cantique un psaume juif (Hillmann, Hilgenfeld, Spitta); il faudrait en enlever ce qui le caractérise, et Mer Ladeuze (1. 1., p. 638 5.) a bien montré combien sont arbitraires ces amputations, en particulier celle des deux derniers versets. Lui-même cependant est frappé du peu de rapport du cantique avec la scène qui vient de se passer entre Marie et Élisabeth, et il incline à penser que ce cantique, composé soit par Marie, soit même par un membre de la communauté chrétienne, n’a pas été composé dans cette circonstance. La composition du cantique par un chrétien a bien peu de vraisemblance. Il lui eût été presque impossible de ne pas insister davantage sur la personne du Sauveur. Si l’on a pu soutenir que le cantique est d’origine juive, c'est qu'il ne dit rien de ce qu'a fait Jésus. Un chrétien, composant librement un cantique mis dans la bouche de sa Mère, se serait-il abstenu de lui prêter quelque prophétie sur le rôle de son Fils? N'est-ce pas la tendance de toutes les apocalypses? Or le cantique ne contient qu'une prophétie, celle qui répond exactement à la félicitation d'Élisabeth. On supposerait
NT δὲ "Ελισάβετ ἐπλήσθη ὁ ᾿γρόνος τοῦ τεκεῖν αὐτήν, καὶ ἐγέννησε viov. δ καὶ ἤκουσαν οἱ περίοικοι καὶ of συγγενεῖς αὐτῆς ὅτι ἐμεγάλυνεν Κύριος τὸ ἔλεος αὐτοῦ per’ αὐτῆς, καὶ συγέχαιρον αὐτῃ. ὃν Kai ἐγένετο ἐν τῇ ἡμέρᾳ τῇ ὀγδόη ᾖλθον περιτεμεῖν τὸ παιδίον, καὶ ἐκάλουν αὐτὸ ἐπὶ τῷ
>! - ο nn Z n ει 00 1 3 M ε y, , ὀνόματι τοῦ πατρὸς αὐτοῦ Zayaplav. καὶ ἀποχριθεῖσα ἡ μήτηρ αὐτοῦ πι
plutôt avec Harnack que c’est Luc lui-même qui a composé le cantique, et quia. eu le tact assez fin pour lui donner la tonalité des circonstances. Et de fait Harnack a signalé quelques particularités de son style. Mais personne ne nie qu’il lait rédigé; seulement il est si manifestement sémitique dans tous les détails, beaucoup plus que le reste même de la narration, que le rôle de Luc s'est borné, selon toute apparence, à celui de rédacteur. On peut accorder à My Ladeuze que le Magnificat n'a pas été inspiré à Marie tout d’abord par la situation de la Visitation; elle se concentre, il est vrai, dans la pensée de ce que Dieu a fait en elle à Nazareth. Mais aussi est-ce de cela qu'Élisabeth l’a félicitée. Le tressaillement de Jean n'était qu'un signe, et en somme Marie répond une fois du moins et avec précision à un mot de sa cousine, ce qui suffit. Rien n'empêche de croire que ces pensées aient été l'épanouissement de sa reconnaissance depuis l’Annonciation, et surtout en chemin, et qu’elles aient pris déjà une forme presque définitive au moment où Marie leur laissa un libre cours en constatant que sa cousine était informée. On ne trouve dans le cantique aucune pensée recherchée, et, disons-le ouvertement, aucune image originale. Peut-être a-t-on quelquefois exagéré sa valeur littéraire; il contient trop de réminiscences pour faire beaucoup d'honneur au génie poétique. Pourquoi attribuer à Marie une supériorité profane dont son Fils n’a pas non plus fait de cas? En revanche tout y coule de source, et l’Église admirera toujours le sentiment religieux de l’humble servante qui ne voit que Dieu dans la gloire qui l'attend. Elle a compris la bonté de Dieu pour les petits, et sa compassion pour les pauvres. Ce seront les sentiments de Jésus.
37-80. NAISSANCE DE JEAN-BAPTISTE, SA CIRCONCISION. LE CANTIQUE DE ZACHARIE.
57) τοῦ τεκεῖν dépend de χρόνος, cf. Gen. xxv, 24, et Le. 11, 6; en latin fempus pariendi rend moins exactement que ut pareret (Schanz), à l'instar de l’hébreu n199. αὐτήν est plus dans l'esprit du sémitisme, qui multiplie les pronoms, que de l'hellénisme.
58) ἐμεγάλυνεν, dans le sens propre, et non pas comme au v. 46; d'après l'usage des LXX, faire un large emploi (van), d’un bien, cf. Gen. xix, 19; 1 Regn. ση, 24 (B); Ps. xvn, 50, ou d’un mal (Ps. xt, 9). C'était un grand acte de bonté envers Élisabeth, un miracle. — συνέγαιρον, cf. xv, 6. 9. Dans 165 trois cas la Vg. a traduit congratulari. Le rapprochement avec Le v. 14 Ῥιβσὸτο plutôt : se réjouirent avec elle. On comprend, par les circonstances de cette naissance, que c’est un sujet de joie pour d’autres que pour les parents. Ambr. hubet sanctorum editio laetitiam plurimorum, quia commune est bonum.
59) La circoncision le huitième jour (Gen. xvri, 42; xxt, 4; Lev. xu, 3). Ils viennent pour le circoncire, c’est-à-dire, les voisins et les parents. Cet office
5 Quant à Élisabeth, le temps fut révolu où elle devait accoucher, et elle enfanta un fils. δεί ses voisins et ses parents apprirent que le Seigneur avait signalé sa miséricorde envers elle, et ils se réjouissaient avec elle. Et puis le huitième jour ils vinrent pour cireoncire l'enfant, et ils l’appelaient du nom de son père Zacharie. Et sa mère ayant pris la parole, dit : « Non, mais il s’appellera Jean. » δἱ Et ils lui dirent : « Il n’est personne dans
n’était pas réservé aux prêtres, puisque des femmes mêmes pouvaient l’accomplir (1 Mac. 1, 60; Ἡ Mac. vi, 10: Jos. Ant. XIT, v, 4). Mais comme cette opération chirurgicale demande une certaine dextérité et de la pratique, il est .Yigisemblable qu’en chaque endroit il y avait comme aujourd'hui un mohel Pre en chargeait. Il est ici compris parmi ceux qui viennent, ou plutôt on vient avec lui.
L'usage de donner un nom aux garçons au moment de la circoncision pouvait s'appuyer chez les Juifs sur ce que Dieu changea le nom d’Abram et de Saraï en ordonnant la circoncision (Gen. xvir, 5. 19). D'ailleurs cela est dans la nature des choses. Les tribus qui pratiquent tard la circoncision changent alors le nom de l'enfant (Études sur les religions sémitiques, 2° éd. p. 243), parce qu'il com-mence alors comme une nouvelle vie religieuse. Quand la circoncision se pratiqua presque à 18 naissance, on dut donner le nom à ce moment. Le nom, ordinairement théophore, marquant un rapport de l'enfant avec la divinité, venait à propos au moment où il entrait dans son alliance, — ἐκάλουν (imparf. de conatu) s'entend sans doute du mokel et de ceux qui l’accompagnaient, qui déjà nommaïient l'enfant Zacharie, avant l'imposition du’ nom. — ἐπί, cf. Neh. va, 63 (11 Esdras, xvir, 63 ἐκλήθη ἐπ) ὀνόματι). Le fait de donner à l'enfant le nom du père était certainement rare (on cite Τοῦ. r, 9; Jos. Απί. XIV, 1, 3; Bell. V, xin, 2), car l'usage était général chez les Grecs et assez normal chez les Sémites de distinguer les personnes du même nom par le nom de leur père. On donnait bien plutôt le nom du grand-père (papponymie) ou celui de quelque parent. Peut-être pensait-on que Zacharie, âgé et infirme, ne comptait plus guère, de sorte que son fils ne serait pas plus confondu avec lui qu'avec un er -père.
0) Élisabeth prend la parole sans avoir été. interrogée ; ἀποκριθεῖσα est donc dns le sens sémitique de Που (cf. Infrod. p. ονι et Marc, Com. rxxxvn). Elle veut que l'enfant soit nommé Jean, pour obéir à l'indication de l’ange,.v. 13. D’après l'opinion ancienne la plus commune, elle est inspirée du Saint-Esprit. On ne ‘peut affirmer que ce soit la pensée de l’auteur. Zacharie était muet, mais il n’est pas nécessaire qu'il ait écrit sur une tablette tont le récit de l'apparition, il suffisait qu'il eût indiqué déjà le nom de l'enfant. Dans la Genèse, tantôt c'est la mère, tantôt le père qui donne le nom; mais il semble que 16 droit du père fut de plus en plus reconnu, car c’est plus récemment qu'il l'exerce, tandis que les cas de la mère semblent appartenir au fond le plus ancien des documents.
61) En fait, on ne cède pas au désir de la mère, ce qui prouve que l'ancienne
ἔστιν Ex τῆς συγγενείας σου ὃς καλεῖται τῷ ὀνόματι τούτῳ. 62 ἐγένευον δὲ
τῷ πατρὶ αὐτοῦ τὸ τί ἂν θέλοι καλεῖσθαι αὐτὸ. yat αἰτήσας πιναχίδιον
ἔγραψεν λέγων Todvns ἐστὶν ὄνομα αὐτοὸ. καὶ ἐθαύμασαν πάντες.
εὐλογῶν τὸν 05όν. 6 Kai ἐγένετο ἐπὶ πάντας φόβος τοὺς περιοικοῦντας s 5 κά
sn
coutume avait disparu, car Élisabeth aurait pu trouver un appui dans les noms des fils de Jacob qui n'étaient point empruntés à des parents.
62) On fait des signes à Zacharie pour qu'il tranche la question du nom de l'enfant; il était donc sourd aussi bien que muet, ou du moins passait pour tel. τὸ τί ἂν θέλοι, tout à fait comme 1x, 46 τὺ τίς ἂν εἴη. L'optatif avec ἄν ne se trouve dans le N. T. que däns Luc (cf. Introd, p. ex), soit au présent (Le. 1, 62; 1x, 40; xv, 26; ανπι, 36; Act. vin, 31; x, 17; xvir, 18), soit à l'aoriste (ντ, 41; Act. v, 23; xxv, 29). C’est donc une caractéristique de son style cultivé. L'optatif avait presque disparu dans la koiné; ἄν donne ici à l'interrogation {optatif potentiel) quelque chose de révérentiel (Moulton, 197). τό devant une proposition est aussi beaucoup plus fréquent dans Luc; cf. Mt. xx, 18; Μο, 1x, 98 mais Le. 1, 62: 1x, 46: τις, 48; xx, 2. 4, 93, 92. 37. Act. iv, 21: xxn, 30, et dans les épitres paulines.
63) πιναχίδιον, dimin. de πινακίς, dont l'hébrou rabbinique a fait Dpa9, tablette en bois enduite de cire, sur laquelle on écrivait à la pointe. λέγων ne- prouve pas qu’il ait encore recouvré la parole. Ce mot rappelle l'hébreu NS, qui ne signifie guère plus que nos guillemets; cf. IV Regn. x, 6; I Mac. vur, 31; Jos. Ant. ΧΙ, 1v, 7. Cependant le grec λέγω 56 dit aussi d'un écrit; cf. Tauc., en parlant d'une inscription (vi, 54) ypépuact λέγον τάδε et les édits romains qui débutent par λέγει (Drrrens. Or. 584, 2 etc.). L'étonnement des assistants s'explique par l'accord du père et de la mère sur un nom étranger à leur parenté; décidément tout ce qui touche à cette naissance a quelque chose d’inattendu; on soupçonne quelque mystère. Luc affectionne ce mot comme un reflet eliez les assistants du surnaturel dont ils sont témoins; cf. 1, 21; n, 18. 33; 1v, 22 etc.
64) Zacharie a écrit avec fermeté : « Jean cest son nom », ce qui renfermait une adhésion à l’ordre de l'ange (v. 13). La nuance ἐστίν et non ἔσται indique même que le père n'a qu'à enregistrer le nom donné par une autorité divine. Les Pères ont vu là un acte de foi dont Zacharie est récompensé en recouvrant la parole. Pour l'action surnaturelle d'ouvrir la bouche, cf. Dan. x, 16. La construction est embarrassée ; il eût fallu écrire ἐλόθη avec γλῶσσα (Μο, vir, 95), au lieu de bloquer (zeugma) la langue avec la bouche.
Le syrsin. a supprimé plusieurs difficultés en écrivant : « Et ils dirent aussi à son père comment il voulait qu'il fût appelé; et il demanda une tablette et il y écrivit : Jean est son nom, et en ce moment même le lien de sa langue fut délié, et il bénit Dieu, et tous s'étonnèrerit. » Mais ce ms. est précisément sus-
ta parenté qui s'appelle de ce nom. » δὲ Alors ils faisaient des signes à son père [pour savoir] comment il voulait qu’il s’appelât. & Et ayant demandé une petite tablette, il écrivit pour dire : « Jean est son nom. » Et tous s’étonnèrent. 640r aussitôt sa bouche s ouvrit, et sa langue, et il parlait, bénissant Dieu.
65 Et tous leurs voisins furent saisis de crainte, et dans toute la montagne de Judée toutes ces choses étaient l’objet des entretiens, 66 et tous ceux qui en avaient entendu parler y prenaient garde en leur cœur, disant : « Que sera donc cet enfant? » Et en effet la main
pect d’avoir arrangé les choses, comme D, à un degré moindre : και παραχρηµα ἐλνθη η Ύλωσσα αυτου at εθαυµασαν παντες ανεωχθη δε το στοµα.. αυτου mar ελαλει.
65) Le syrsin. et D avec leurs lecons faciles ont négligé la gradation de Luc. En présence du miracle évident, l’étonnement devient une crainte sacrée (cf. sur v. 12). Il serait plus naturel d'écrire φόδος après ἐγένετο (D). Blass (p. 294) pense ingénieusement que ἐπὶ πάντας précède à cause du parallélisme avec ἐν ὅλη ct ἔθεντο πάντες. ι
— περιοικοῦντας a conservé sa valeur de participe, régissant αὐτούς (Zacharie et Élisabeth). Sur }ὀρεινή cf. v. 39. Cette fois Luc écrit comme toujours Ἰουδαία. — διαλαλεῖν à l'actif dans vi, 11 (+ dans le N. T.), « s’entretenir »; donc, au passif, « être l’objet des entretiens »; ῥήματα en grec « des paroles », mais τὰ ῥήματα ταῦτα est constaminent dans les LXX pour HoNA 11271 (avec πάντα aussi, par exemple Ex. 1v, 30), « ces choses ». C'est aussi le sens ici, tous ces événements, depuis le mutisme de Zacharie, jusqu'à sa guérison; il n'y avait aucune raison de s’entretenir spécialement des paroles prononcées, et on ne peut pas non plus dire qu’on s’entretenait de récits dont Luc n'a pas parlé. Pour des lecteurs des Septante, il n’y avait aucune équivoque (cf. sur v. 37).
66) Verset d'allure toute sémitique. ἔθεντο κ. τ. &. pourrait se justifier en grec par les locutions homériques τίθεσθαι ἐν στήθεσσι, ἐν φρεσί, ἐν θυμῶ, mais la ressemblance est encore plus étroite avec ἔθετο... ἐν τῇ καρδίᾳ αὐτοῦ (1 Regn. xxr, 12), traduction de 202 DU, tournure plus fréquente avec 0y (Is. Lvnr, 1, sans complément). λέγοντες, « se disant en eux-mêmes », comme en hébreu et en araméen; cf. v. 63.
— τί a été pris par la Vg.-Clém. dans le sens adjectival, au neutre, parce qu'il s'accorde avec τὸ παιδίον, quis.… puer. Mais il est plus conforme à l'usage classique de l'entendre comme attribut, tournant au substantif (les syrr. coptes), quid (WW). — ἄρα ne sert guère qu'à donner de la vivacité à l'interrogation; d'ailleurs ris ἄρα est fréquent (Kühner, $ 543, 8).
— καὶ γάρ indique une réflexion de l’auteur, et est bien traduit par efenim (contre Schanz, nam etiam); dans cette locution γάρ garde son sens propre et donne le motif de la phrase précédente ; καί sert à la détacher davantage (Kühner, $ 543 note 1); sans καί et”sans l’impf. ἦν, on croirait que cette incise fait partie des réflexions des voisins (syrsin.)' — χεὶρ πνρίου, propre à Luc, cf. Act. χι, 21; xur, 14, quoique d'autres passages mettent en scène la main de
ὅτι κ καὶ ἐποίησεν λύτρωσιν τῷ λαῷ αὐτοῦ, 69 at ἤγειρεν χέρας σωτηρίας ἡμῖν
ἐν οἵχῳ Au παιδὸς αὐτοῦ, 10 καθὼς ἐλάλησεν διὰ στόματος τῶν ἁγίων ἀπ᾿ αἰῶνος προφητῶν αὐτοῦ» Ἱὰ σωτηρίαν ἐξ ἐχθρῶν ἡμῶν καὶ ἐκ χειρὸς πάντων τῶν μµισούντων ἡμᾶς,
ποιῆσαι ἔλεος μετὰ τῶν 7 re ἠυῶν
«1 Les]
καὶ μνησθηναι διαθήκης ἁγίας αὐτοῦ, Dieu par ex. Heb. x, 31; µετά indique le secours (Act. αι, 21), ἐπί la punition (Acf. xur, 41). La réflexion était bien justifiée par les miracles qui avaient précédé et suivi la naissance de Jean. La dernière remarque de Luc insinue qu'on crut s’apercevoir aux premiers agissements de l'enfant que le Seigneur exerçait envers lui une Providence spéciale. Il ne semble pas qu'il soit question de mouvements extraordinaires comme dans certaines locutions de ΓΑ. T. (Ez. 1, 3; it, 14 etc.).
67) On admet généralement que le Benedictus a été prononcé au moment de la naissance du Baptiste. Cependant Luc a distingué bénir Dieu, probablement le remercier de la guérison (v. 64), et prophétiser (v. 67). Ce n’est pas sans motif qu'un écrivain aussi délicat a mis une pause entre la naissance du Baptiste et le Benedictus. Le cantique de Zacharie, en effet, n’est pas consacré entièrement à l'enfant; la première partie regarde le salut comme commencé. Si Marie était présente et si sa présence a inspiré Zacharie, comme le pensait Origène (Hom. 10), il α pu faire une allusion actuelle à sa situation comme à la naissance de Jean. Mais Luc a insinué que Marie n'était plus là, et qu'il y a un certain intervalle entre la naissance de Jean et le cantique. Le cantique est donc la réponse de Zacharie à la question qu'on se pose pour Jean, et cette réponse comprend tout ce que la présence de Marie a révélé aux deux époux.
68-79. Le cantique se compose de sept distiques (Grimme, Die Oden Salomos, 149 s.); tout le monde reconnaît d’ailleurs qu'il y a une pause après le v. 76.
Les quaire premiers disliques reprennent l’idée du Magnificat, en laissant de côté tout ce qui était propre à Marie, en insistant sur ce que le salut est déjà commencé, et sur ce qu'il a été promis aux pères.
68) Premier stique. Cf. εὐλογητὸς Κύριος ὁ 0:06 Ἰσραήλ, à la fin du premier livre du psautier (x (στ), 44), et les autres clausules, rxxr (Lxxn), 48; Lxxxvur (Lexuix), 53; ον (ον), #8 et pour le second demi-stique : cx (cx1), 9 : λύτρωσιν &xésτειλεν τῷ λαῷ αὐτοῦ. L'idée de la « visite » est empruntée à l'A. T. Dieu visite soit pour secourir, soit pour juger. S'il visite ses amis (Gen. L, 24. 25; Ex. τη, 16: ΣΠ, 49; xxx, 12), c’est le salut, quand bien même il y aurait à pardonner (Is. xxut, 17). Aussi attendait-on la visite (Sap. mm, 7), une visite de miséricorde : ἅτι ἠλέησεν 6 θεὸς Ἰσραὴλ ἐν τῇ ἐπισχοπῇ αὐτῶν (Ps. Salomon, x, 2); c'est aussi ce que parut être la manifestation de Jésus (Le. vir, 16). Le verbe est employé au
du Seigneur était avec lui. (7Et Zacharie son père fut rempli de l’Esprit-Saint, et il prophétisa, disant :
58 « Béni soit le Seigneur, le Dieu d'Israël, parce qu’il est venu parmi nous, et qu’il a opéré la délivrance ἳ [de son peuple,
et qu'il nous a suscité une corne de salut, dans la maison de David, son serviteur,
7 comme il l'avait dit par la bouche de ses saints prophètes d’autrelois :
1 pour nous sauver de nos ennernis, et de la main de tous ceux qui nous haïssent,
73 faire miséricorde à nos pères, et se souvenir de sa sainte alliance,
moyen ici et Eccli xxxir (xxxv), 21, sans régime, comme une sorte de terme technique « faire la visite » (ef. Act. xv, 14). λύτρωσις est le rachat, la délivrance des ennemis, si souvent opérée par Dieu dans le cours des siècles, afin que le peuple puisse mieux servir le Seigneur, cf. v. 75. Les aoristes, semblables à ceux du Magnificat, montrent le salut déjà commencé.
69) Deuxième stique. La corne, symbole de force, emprunté au taureau; cf. ἵ Sam. 11, 10; Ps. xvmr, 3; cxxxn, 17; Ez. xxix, 21; cf. Horace, Carm. mi, 24, 48 addis cornua pauperi. Noter encore l’aoriste. Zacharie a appris que Le salut ést commencé par la visite de Marie; il fait donc allusion à la conception du Messie, et il regarde Marie comme élant de la maison de David; c’est du moins le sens le plus naturel. David est παῖς « serviteur » de Dieu, comme Act. 1ν, 25
70) Deuxième distique, premier stique. καθώς, comme v. 55; mais avant de remonter à Abraham, Zacharie rappelle les prophètes, dans les termes de saint Pierre : ὧν ἐλάλησεν 6 θεὸς διὰ στόματος τῶν ἁγίων ἀπ αἰῶνος αὐτοῦ προφητῶν (Act. τα, 24), mais par allusion à la promesse faite à David. C'est alors que commence le rôle des prophètes, en particulier celui de Nathan (II Sam. vi, 12). ἁγίων est une épithète des prophètes, comme Sap. ΧΙ, 1, parce qu'ils sont consacrés au service de Dieu; ἀπ᾿ αἰῶνος, Ὠ ο, pour un Lemps reculé comme celui de David; οἱ. Hés. Théog. 609.
7) Deuxième stique. σωτηρίαν en apposition avec πέρας σωτηρίας dont il est le
développement explicatif. Opposition parallélique entre les ennemis et ceux qui baïssent, comme Ps. cv (ον), 40 : καὶ ἔσωσεν αὐτοὺς ἐκ χειρῶν µισούντων, καὶ ἐλυτρώ-
. Garo αὐτοὺς ἐκ χειρὸς ἐχθροῦ (à propos des Égyptiens et du passage de la mer Rouge), ou comme Ps. xvir (xvin), 18 au futur. La délivrance de l'Exode est le type de toutes les délivrances futures; Dieu a toujours l’intention, en sauvant son peuple, d'en faire mieux son peuple, ainsi qu’au Sinaï.
72 et 73) Troisième distique. Tout à fait la même pensée que v. 54P et 55,
73 rt pal LA .
ὄρχον ὃν ὤμιοσεν πρὸς ei ο > τὰ» ασ 2 τοῦ δοῦναι ἡμῖν Τι ἀφδῥως Ex χειρὸς à:
LA - 76 Kai σὺ δέ, παιδίον, προφήτης ς se Ἀληθήση, |
µ + ESS κ προπορεύση γὰρ πρὸ προσώπου Ἰκυρίου ἑτοιμάσαι ὁδοὺς αὐτοῦ,
— < Et Q
75. πασας τας ημερας (Τ S V) et non πασαις ταις Ἴμεραις (H). 76. προ προσωπου (T 5 V) plutôt que ενωπιον (H).
avec les infinitifs consécutifs comme v. 54b, Ceux qui commencent une troisième strophe au v. 73 rompent cette symétrie.
L'alliance, d'après Lév. xxvi, 42, n'est pas seulement l'alliance du Sinaï, mais celle que Dieu a contractée avec Abraham, Isaac et Jacob (cf. Ps. cv, 8). Dans le passage du Lévitique, Dieu s’en souvient après que le peuple s'est repenti, ce qui explique la présence de μνησθῆναι après ποιῆσαι comme un développement ultérieur de l’action de Dieu. Il semble donc que 722 signifie pardonner les péchés des pères. D'autres (Schanz, Plum. etc.) supposent que les Pères sont associés au salut par sympathie : ἐπαισθόμενοι γὰρ τῆς εἰς ἡμᾶς εὐεργεσίας, κοινωνοὶ γίνονται τῆς εὐφροαύνης (Cafena).
— ὅρκον 6v (Blass-Deb. $ 295) n’est pas l'attraction ordinaire du relatif, qui serait τοῦ &ozou οὗ, mais ce n'est pas non plus l’attractio inversa, dans laquelle le substantif se met au cas du relatif, car dans ce cas ce substantif commande la phrase, tandis qu'ici il dépend de ce qui précède. C'est un hébraïsme comme δν DVD (Gen. xxxix, 20 etc.)
Le serment fait à Abraham comprenait sa bénédiction pour sa race : multiplication, possession de la terre promise (Gen. xxn, 17). .
τά et 75) Quatrième distique. Nous avons enfin le terme et la finalité de cette longue période; tandis que les infinitifs précédents étaient consécutifs (5. ent. ὥστε), τοῦ δοῦναι marque le but que Dieu se proposait. Si l'idée précédente du salut est reprise sous sa forme négative de la délivrance des ennemis (ῥυσθέντας à l’acc. malgré ἡμῖν à cause de λατρεύειν dont il est sujet) comme un point déjà acquis en perspective, on atteint enfin le point culminant, qui est de servir Dieu en sainteté et en justice. τοῦ δοῦναι dépend donc directement de ὤμοσεν (Jér. xt, 5), mais aussi de toute la période antécédente. — ἀφόδως est à rapprocher de λατρεύειν, servir sans crainte, après avoir été délivrés.
Chacun profitera de cette délivrance sa vie durant; la perspective messianique est indéfinie. La sainteté et la justice se trouvent en Dieu (Sap. 1x, 3); dans l’homme la première indique plutôt la disposition intérieure de l’âme, la seconde la pratique des vertus, car il ne s'agit pas de religion envers Dieu et de justice envers le prochain; c’est la justice du v. 6, devant Dieu, c’est-à-dire
3 du serment qu'il a juré, à Abraham notre père,
me
afin de nous permettre, 7’ exempts de crainte, délivrés des mains de nos ennemis,
de le servir 5 en sainteté et justice,
en sa présence, durant tous nos jours.
16 Et toi-mème, petit enfant,
* tu seras nommé prophète du Très-Haüt; car tu marcheras devant la face du Seigneur, pour préparer ses voies,
7 afin de donner la connaissance du salut à son peuple, en la rémission de leurs péchés,
l'accomplissement parfait de ses préceptes. Cetle perfection morale n’était pas contenue explicitement dans la promesse faite à Abraham; c'était l'idéal messianique des âmes religieuses, délivrance des ennemis, paix, règne du bien. La personne du Messie est beaucoup moins en relief que dans Ia plupart des documents contemporains (cf. Le Messianisme.. passim); le Benedictus observe la même réserve que le Magnificat. |
76) Deuxième partie du cantique; cinquième distique. Καὶ où δὲ (cf. Esch. Prom. καὶ σὲ δ᾽ ἐν τούτοις λέγω) indique que l'idée est différente et cependant connexe. Zacharie s’adresse à l'enfant pour donner plus d’accent à ses paroles, sans qu'il soit nécessaire de lui prêter la raison. L'ange n’avait pas dit que Jean serait prophète; mais un autre Élie ne serait-il pas prophète? L'enfant sera donc prophète, alors que depuis longtemps il n’y avait plus de prophètes (Zach. x, 2), et sans doute le dernier des prophètes, car il précédera immédiatement la venue du Seigneur, comme l'ange l'avait annoncé (v. 17), conformément à Malachie (nr, 1). La réminiscence d'isaïe (αι, 3) ajoute le rôle de préparer les voies; cette idée serait un peu disparate si l'auteur l'avait entendue comme dans le contexte d'Isaïe de faire matériellement les routes, selon l'usage oriental encore actuel, avant l’arrivée des princes; mais peut-être pensait-il au courrier qui précède le prince et fait préparer les gîtes; d’ailleurs ce sont des voies spirituelles, comme l'explique le v. suivant. Le Seigneur est Dieu, comme au v. 47, et non le Messie comme tel (contre Schanz); car le rôle humain du Messie n’est pas ici mis en relief. Les faits devaient révéler le vrai sens de la prophétie. - . ù
Τη εἰ 78) Sixième distique. τοῦ δοῦναι, marque la finalité, mais explique en même temps le rôle du précurseur. Ce rôle est, très difficile à déterminer avec précision. Holtz. et Plum. rattachent ἐν ἀφέσει à σωτηρίας. Le Baptiste apprendra au peuple que le salut ne consiste pas dans un succès politique national, mais