‹ Evangile selon saint LucChapitre 88 sur 300 · επισχεψεται (A) plutôt que execxebaro (T S V · texte numérisé non relu

επισχεψεται (A) plutôt que execxebaro (T S V

dans la rémission des péchés. Si σωτηρία est employé dans un sens différent du v. 74, c'est précisément parce que l’ancienne prophétie sera expliquée au sens moral. Irénée (ur, 40, 3) Schanz et Knab. rattachent ἐν ἀφέσει à γνῶσιν σωτηρίας, ce qui revient presque au même. B. Weiss rattache ἐν ἀφέσει à δοῦναι, en prenant γνῶσιν moins au sens de « notion » qu’au sens d’ « intimation »; Jean ne remet pas les péchés; il annonce que le salut est commencé et que la période de la rémission est ouverte, prélude du salut final. Et en effet il prêchera le bapόπιο de pénitence en vue de la rémission des péchés (Mc. 1, 4). L'idée est juste, mais paraît moins près du texie. |

78) La preuve que c’est Dieu qui remet les péchés, c’est que cela vient des entrailles de sa miséricorde. σπλάγχνα Éleous comme σπλάγχνα οἴκτιρμοῦ (Col. ur, 12), tournure hébr. par le gén. de qualité, quoique cette expression ne se trouve pas dans l'A. T. Les entrailles, comme chez 165 Grecs et comme en latin et en français, sont considérées comme le siège de la compassion. — ἐπισχέψεται est attesté par NBLG W syrsin. pes. copt. arm.; ἐπεσκέφατὸ par Le correcteur de N, A G D, le torrent des onciaux et des minusc. απο.-ἷαί. vg. Ir. (in, 10, 9), syr.-phil.

L'impf. doit avoir été introduit pour se contormer au v. 68, ce qui donnerait en effet une inclusio plus parfaite. Mais le futur, plus difficile à entendre, cadre mieux avec le rythme du cantique. Si la première partie regarde le salut comme commencé, la deuxième partie en suit la réalisation dans l'avenir. Plum. cite le Test. des XII patriarches, Lévi, 1v, 4 ἕως ἐπισχέφεται Πόριος πάντα τὰ ἔθνη ἐν σπλάγχνοις υἱοῦ αὐτοῦ qui ne se trouve pas dans la première recension de la version arménienne et ne peut être qu'une imitation de notre verset. — ἀνατολή (Lévi, 1v, 3 : καὶ ὡς ἥλιος ἔσῃ παντὶ σπέρµατι Ἰσραήλ), littér. « lever », du soleil ou d'une étoile. C'est le soleil, plutôt qu’un astre, comme dans Mal. πι, 20; cf. Is. 1x, 1. 2.

79) Septième distique. ἐπιφᾶναι au lieu de ἐπιφῆναι (aftique). Infin. consécutif, suivi d'un infin. final, τοῦ κατευθῦναι, comme aux vv. 72 et 74 L'ombre de la mort est simplement une ombre très épaisse, car il faut ponctuer l’hébreu προς et non no. La traduction grecque suit la ponctuation massorétique. D'après ce qui précède, cette ombre et cette obscurité sont celles du péché,

comme dans le Ps. cv1 (ον), 40 : καθηµένους ἓν σχότει καὶ σχιᾷ θανάτου. — C’est cette ombre que vient éclairer la lumière messianique; cf. Is. 1x, 2 ἐν onéret, ἴδετε

8 ensuite de la miséricorde du cœur de notre Dieu, qui l’amënera parmi nous, astre levé d’en haut,

7% pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort, afin de mettre nos pieds dans le bon chemin, sur la voie de la paix. »

80 Or l’enfant croissait et se fortifiait en esprit, et il était dans les déserts jusqu’au jour de sa manifestation à Israël.

. φῶς μέγα … ἐν χώρᾳ σχιᾷ θανάτου, φῶς λάμψει. On dirait de voyageurs qui se sont assis parce qu'ils craignent de s’égarer durant la nuit, et qui attendent le lever du jour pour se mettre en marche. L'image n’exige rien de plus, quoique, dans les textes semblables, ceux qui sont assis dans l'obscurité sont en prison et ont des entraves aux pieds (Ps. cvu, 44; Is. χω, 7). — La lumière suffit pour diriger dans le droit chemin (cf. Ps. xxxix (xL), 3); Ἰατευθύνω indiquant déjà qu’on est dans là bonne direction, sk semble marquer le but; ὁδὸς εἰρήνης n'est donc pas seulement un chemin tranquille (Is. ως, 8), mais la voie qui conduit à la paix indiquée déjà aux vv. 74 et 75. Les deux parties du cantique se terminent sur la même note.

La division en strophes du Benedictus n'est pas plus certaine que celle du Magnificat. Klostermann en compte cinq : (68-69); (70-72); (73-75); (76. 71); (78. 79). Même si l’on considère l'unité de la période comme 16 principal élément qui fait l’unité de la strophe, il n’y a ici que deux strophes, puisqu'il n'y a que deux phrases : 68-75; 76-79. |

Le cantique de Zacharie ne fait pas plus allusion que celui de Marie à la carrière humaine du Messie. Mais il insiste davantage sur les temps messianiques, et, ce qui est assez naturel, sur le rôle de Jean. Or le personnage auquel Jean doit servir de précurseur n'est autre que Dieu lui-méme. Comme Zacharie a affirmé cependant que le salut était commencé, et dans la maison de David, et, comme l'indique la place du cantique selon l’histoire, dans le sein de Marie, il faut conclure qu’il a pris très littéralement la parole de l'ange à Marie, que son fils serait nommé Fils de Dieu. A tout le moins il confond absolument l’action du Messie avec celle de Dieu.

80) Le début comme n1, 40. Dans Jud. στ, 24, καὶ ηὐξήθη (A) au passif, parce que les LXX emploient toujours αὐξάνω au sens transitif, comme [ Cor. τη, 6.7 etc., tandis que Luc l’emploie toujours au sens neutre, cf. αῃ, 27; πι, 49; Act. vi, 7; να, 17; τι, 24; χι, 20. ηὔξανεν indique la croissance physique; ἐκραταιοῦτο est déterminé par πνεύµατι. Son esprit, lui aussi, grandit et domine sa conduite. ἐν ταῖς ἐρήμοις. Le. emploie encore le plur. fém. v, 26; vu, 49, quand il s'agit d'un point indéterminé : Jean n'avait point de résidence fixe. Ces déserts ne peuvent être que ceux qui s’étendent à l’est d'une ligne tirée de Jérusalem à Hébron, les déserts de Juda. L'endroit qu'on montre comme le désert de saint

Jean, à trois quarts d'heure au sud-sud-ouest de ‘Aïn Karim n'est point un désert. Rien n'indique que l'enfant ait eu un rapport quelconque avec les Esséniens. On dirait qu'il est dans le désert, comme le peuple à sa sortie d'Égypte, pour être plus livré à l'influence de l'Esprit de Βίοι. Luc donne ainsi à entendre qu'il n’a eu aucun rapport personnel avec Jésus, — malgré tant d'aimables chefs-d'œuvre de la peinture —, jusqu’au jour où il se montra publiquement à Israël; ἀνάδειξις, action de proclamer un magistrat; ici manifestation. C'est Jean lui-même qui se manifestera, mais c’est aussi Dieu qui le tient en réserve pour

le manifester (II Mac. u, 8) au moment voulu.

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