LE RECOUVREMENT
Cet épisode si simple, si vraisemblable, a été naturellement rejeté comme uue légende par un certain nombre de critiques. Parmi les parallèles cités, Alexandre (Prur. 4. v, p. 6669), Auguste (Suét. χοιν, 6), le plus remarquable est celui d’un enfant nommé Si-Usire (Grirrirx, Stories of the High priests of Memphis, 1900, 1, 11 ss. 1, 27, cité par Klost.), à cause de l’âge de douze ans. Mais M. Radermacher (Reïinisches Museum, 1920 p. 229 ss.) a montré que ce chiffre de douze, comme celui de trois, revient trop souvent pour qu’on puisse soupconner un rapprochement littéraire. Et sans doute lorsqu'un homme a montré du génie, on se plaît à envelopper ses premières années d'une auréole, à lui prêter une intelligence précoce. Mais c'est que telle est en effet la loi du génie ou même du talent; le plus souvent il se manifeste de bonne heure. On jugera que Luc a été plutôt réservé dans son esquisse du développement intellectuel de Jésus à douze ans. Que l'on compare les apocryphes et tant de sottes légendes sur l'enfance des grands hommes, ou même Josèphe l'historien, et ce qu'il nous
ÉVANGILE SELON SAINT LUC, Il, 40-41, 93
4 Cependant l'enfant grandissait et se fortifiait, se remplissant de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. H Et ses parents allaient chaque année à Jérusalem pour la fête
dit très sérieusement de lui-même : « Lorsque étant encore presque enfant, j'avais environ quatorze ans, tout le monde louait mon application aux lettres; les chefs des prêtres et les principaux de la ville se réunissaient toujours pour s'informer de moi avec plus d'exactitude sur les points de la Loi. » (Vita, 2). Luc n’en dit pas tant du Fils de Dieu! Aussi bien tout ce tableau paraît moins destiné à mettre en relief l'intelligence de Jésus que la soumission de l’Enfant-Dieu à son Père, en nous donnant le pressentiment de sa mission future de Maître en la parole de Dieu, qui devait dominer sa vie et qui se présentait déjà à sa pensée.
Cette péricope commence et se termine par une remarque sur le développement de Jésus. Ce n’est point ici le lieuü de traiter du progrès de la science du Christ. Les termes de Luc affirment un certain progrès, sans dire lequel; on peut l'entendre avec saint Thomas du progrès de la science acquise (IR pars. q. ΣΠ, 8. 1).
40) Le mot πνεύµατι après ἐχραταιοῦτο n'étant pas authentique, mais emprunté à 1, 80, les deux premiers termes doivent s'entendre de la croissance physique, accompagnée d'une vigueur correspondante. πληρούμενον, part. passif présent n'est point synonyme de πλήρης et signifie que Jésus était rempli chaque jour davantage de sagesse, c’est-à-dire que son intelligence s’ornait de plus en plus dans un certain ordre. Étant parfaitement homme, il se développait, mais sans aucun des obstacles du péché ou d’une hérédité plus ou moins viciée. N'étant pas moins homme par l'âme que par le corps, et étant donnés les rapports du corps et de l’âme, on ne comprendrait guère un développement unilatéral; d’ailleurs Luc à bien entendu l’exclure. La grâce de Dieu, ou sa complaisance, reposait sur Lui, qui était Fils de Dieu par sa nature divine, et le chef-d'œuvre de la nature humaine (cf. Act. τν, 33).
Tout système devra donc tenir compte des textes de saint Luc, « qui établissent l’un et l’autre une corrélation si évidente entre le développement physique et le développement moral, qu'il semble difficile d'admettre que l'un fût réel et l'autre simplement apparent » (Μεν Le Cauus, La Vie de N.-S. Jésus- Christ, 6° éd. 1, 236).
ZA) οἱ yovete, même dans les mss. qui ont mis aux vv. 27, 33 et 43 Joseph et Marie, ou Joseph et sa mère; ce qui prouve que les corrections n'étaient point. le fait d'un dogmatisme intransigeant (Plum.). Cependant ici beaucoup de latt. ont Joseph et Marie. Syrsin. a la traduction étrange « ses parents » dans le sens. de proches parents, non de père et de mère, ΠΤΙΦΑΝ. — κατ᾽ ἔτος est l'expression grecque; dans les LXX ἐνιαυτὸν at” ἐνιαυτόν (Dt. τιν, 22; [-Regn. 1, 7; 1 Macch. 1v, 59 etc.). — τῇ ἑορτῇ, à l'occasion, au moment de la fête, pour la fête, datif de temps. Avec ἐν ce serait « durant la fête ». L'expression telle quelle, Jo. xu1, 4. Il est étrangé que Luc suppose ici cette fête connue, tandis qu'il la présente à son public xxu, 1; c’est un indice qu’il suit ici une source,
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χε 3 η ο πάσχα. Kai ὅτε ἐγένετο ἐτῶν δώδεκα, ἀναβαινόντων αὐτῶν κατὰ τ
ὃ ἔθος τῆς ἑορτῆς ral τελειωσάντων τὰς ἡμέρας, ἐν τῷ ὑποστρέφειν αὐτοὺς
€ 2 7 ὑπέμεινεν "Too υς ὁ Tac ς ἐν Ἱερουσαλήμ, za οὐχ ἔγνώσαν οἱ γουεῖς αὖ τοῦ.