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χατωτέρω, χατὰ τὸν χρόνον ὃν ἠχρίβωσεν παρὰ τῶν μάγων. ἐπληρώθη τὸ ῥηθὲν διὰ Ἱερεμίου τοῦ προφήτου λέγοντος ᾿ 18. Φωνὴ ἐν Ῥαμὰ ἠχούσθη, Κλαυθμὸς rai ὀδυρμὸς πολύς" ῬῬαχὴλ κλαίουσα τὰ τέχνα αὐτῆς; Καὶ οὐχ ἤθελεν παραχληθῆναι ὅτι οὐχ εἰσίν.
l'intérieur des limites constituant le territoire (cf. RB. 1899, p. 422 ss.; 4900, p- 435 s.). |
Holtzmann a prétendu que cette cruauté dépasse tout ce que Josèphe a raconté du vieux roi. C’est méconnaître le peu de cas que faisait l'antiquité païenne des enfants nouveau-nés. Chacun d'eux risquait d’être condamné à périr par la volonté du père, et l'autorité publique pouvait les condamner en bloc. Suétone, dans la vie d’Auguste (τοῖν, 3) : Auctor est lulius Marathus, ante paucos quam nasceretur menses prodigium Romae factum publice, quo denuntiabatur, regem populo Romano naturam parturire; senœéum exterritum censuisse, ne quis illo anno genitus educaretur; 605. qui gravidas uxores haberent, quod ad se quisque spem traheret, curasse ne senalus consultum ad aerarium deferretur. On peut douter de l'exactitude du fait, mais l'historien ne s’en étonne ni ne s’en indigne, et si les futurs pères détournent le coup, c'est par ambition.
Le massacre eût été combien plus horrible à Rome! Autre cas non moins significatif. Une comète ayant apparu sous Néron (Suér. Nero, xxxvi), anœius ea ve, ut ex Balbillo astrologo didicit, solere reges talia ostenta coede aliqua illustri expiaré atque a semet in capila procerum depellere, nobilissimo cuique exitium destinavit. Les enfants furent compris dans ces exécutions : damnatorum liberi urbe pulsi enectique veneno aut fame; constat quosdam cum paedagogis et capsaris (esclaves qui portaient le matériel scolaire) uno prandio pariter necatos, alios diurnum victum prohibitos quaerere. Pesez le solere reges, et le massacre de Bethléem devient la précaution normale d’un despote oriental, tel qu'Hérode l'était réellement. Si l’astre fut une comète, Hérode ne craignit pas seulement pour le trône de ses fils, mais pour le sien. Il fallait verser du sang pour éloigner de lui le fléau; la visite des Mages indiquait un objet à sa fureur. D'ailleurs nous ne saurions regarder comme une allusion distincte et positive le texte de Macrobe (Sat. IL, 1v, 11), au ve siècle : cum audisset inter pueros, quos in Syria Herodes, rex ludaeorun, intra bimatum iussit interfici, flium quoque eius occisum ait, melius est Herodis porcum (ὧν) esse quam filium (υἱόν). Le jeu de mots d’Auguste s'explique par la mort d'Antipater (Ant. XVII, vu, 1), et c’est par suite d’une confusion que Macrobe ἃ mis Antipater parmi les enfants dont 1] connaissait le massacre par Mt., comme l'indique ἐμένα bimatum, bimatus étant un terme rare.
17) Au lieu de ἵνα, Mt. écrit τότε, sans doute pour éviter qu'on n’entende le massacre comme un fait directement voulu de Dieu (Klost.). Mais le mal luimême est ramené à ses desseins. Cette fois le prophète est nommé, c’est Jérémie, tandis qu'Isaïe, Michée et Osée avaient été cités sans nom propre. Condamin ad Jer. xxx, 45 : « Ce n’est pas une simple accommodation des
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Mages. {Alors fut accompli ce qui avait été dit par le prophète Jérémie : | |
‘8Une voix a été entendue dans Rama, lamentation, et maint gémissement : Rachel pleure ses enfants et n’a pas voulu être consolée, car ils ne sont plus.
paroles de Jérémie à un événement tout différent. Si Jérémie a pu représenter Rachel inconsolable au départ de ses fils pour l'exil, cette figure trouve une application réelle, et plus vive encore, pour peindre la douleur des mères israélites dont Hérode avait fait massacrer les enfants. » Cette pensée empruntée à Maldonat est plus judicieuse que le verbiage de Kn. qui introduit ici le deuil sur’ la ruine religieuse d'Israël par le rejet du Messie, etc. Mais si la ressemblance du deuil suffit, il est inutile d’ajouter avec Condamin que la citation de Mi. a été suggérée par la tradition qui plaçait le tombeau de Rachel près de
Bethléem (Gen. xxxv, 19). Dans ce cas Mt. n’eût pas écrit ἐν Payé, qui rappelait .
le voisinage de Béthel et la tribu de Benjamin (1 Sam. x, 2.3), où était le tombeau de Rachel. Son texte fait abstraction de la topographie. Mais il devait naturellement être interprété en faveur de la tradition juive qui, ne connaissant d'autre Éphrata que Bethléem, a glosé avant les LXX le texte de Gen. Xxxv, 19; xLvin, 7, et qui ἃ abouti au tombeau de Rachel actuel, près de Bethléem, un peu avant la bifurcation Hébron — Bethléem. Jérôme l’entendait ainsi : qui sepulta sit iuvta Bethleem in Ephrala, ea ex materno corpusculi hospitio matris nomen acceperit. Mais pour être logique, il commentait in Rama par in eæcelso, ce qui est un simple contresens dans la traduction de Jérémie, mais serait un non-sens dans la traduction de Mt. qui n’écrivait pas en hébreu.
Le texte de Jérémie parlait de la déportation d'Éphraïm; mais déjà le
Targum l’entendait de la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor (cf. Jér. x, 4}.
On pouvait faire un pas de plus vers le sud sans abuser de l'élasticité de ces applications.
18) On dispute si Mt. ἃ cité d’après l’hébreu ou d’après les LXX, et il faut bien convenir que dans les deux cas c’eût été librement. Le doute passe pour insoluble, d'autant que ni le texte hébreu ni celui des LXX ne sont assurés. Il semble bien que l'hébreu doive être corrigé d’après les LXX et pour une raison de rythme, en supprimant : « sur ses enfants », et en changeant « il n’est plus », en «ils ne sont plus » de facon à aboutir au texte de Condamin : « On entend une voix à Rama, lamentations, larmes amèrès : c’est Rachel qui pleure ses enfants, et ne veut pas se consoler [}, car ‘ils ne sont” plus »! Le texte de B est (xxx, 45) : Φωνὴ ἐν Ῥαμὰ ἠκούσθη θρήνου καὶ χλαυθμοῦ καὶ ὀδυρμοῦ. Ῥαχὴλ ἀποχλαιομένη οὐχ ἤθελεν παύσασθαι ἐπὶ τοῖς υἱοῖς αὐτῆς, ὅτι οὐχ εἰσίν. De sorte que Mt. est plus rapproché de l’hébreu, ayant seulement changé amérement en πολύς et ajouté καί avant ὀδυρμός. S'il existait alors un ms. des LXX semblable à A qui à MIS ἐπὶ των υτων αὐτῆς χαι AVANÉ οὐχ ηθελεν, puis παραχληθηναι au lieu de παύσασθαι, et omis ext τοῖς υἱοῖς αὐτῆς, On dirait que Mt. l’a suivi en remplaçant θρήνου par πολύς. Mais les mss. À et Q ont probablement été corrigés d’après les Hexaples. Nous pensons que Mt. n'aurait pas abouti à son texte s’il n’avait voulu conserver quelque chose de l’hébreu, ne fût-ce qu’en remplaçant le génitif (des lamenta-
ne % < 20 Se Rs
HIEU, 11, 19-21. τ
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μητέρα αὐτοῦ χαὶ πορεύου εἰς γῆν ᾿Ισραήλ; τεθνήχασιν Yap οἱ ζητοῦντες τὴν
αὐτοῦ nat εἰσῆλθεν εἰς γῆν ᾿Ισραήλ. ‘22 ᾿Αχούσας δὲ ὅτι ᾿Αρχέλαος βασιλεύει τῆς Ἰουδαίας ἀντὶ τοῦ πατρὸς αὐτοῦ “Ἡρῴδου ἐφοβήθη ἐχεῖ ἀπελθεῖν" χρηματισθεὶς δὲ χατ᾽ ὄναρ ἀνεχώρησεν εἰς τὰ μέρη τῆς Γαλιλαίας, 23 χαὶ ξλθὼν χατῴχησεν εἰς πόλιν λεγομένην Ναζαρέθ, ὅπως πληρωθῇ τὸ ῥηθὲν
22. του πατρὸς αὐτου Hpwèou (TH) ou H. τ. x. α. (SV). 23. Ναζαρεθ (T) où Ναζαρετ (HSV).
ἘΝ Es
tions) par le nominatif, et en faisant de χλαίουσα une apposition (comme dans l'hébreu), suivie de la copule. Le retour aux quatre hémistiches au lieu des deux périodes des LXX ne peut être fortuit. On ne sait comment expliquer le changement de amérement en πολύς : Mt. aurait-il écrit πιχρός, mal lu à une date
très ancienne?
| 19-23. De L'ÉGypTE À ΝΑΖΑΒΕΤΗ.
19) D'après Schürer (Geschichte.. 1, p. #15, note 467), Hérode est mort entre le
27 mars et le 11 avril de l'an 4 av. J.-C., 750 de la fondation de Rome, peu de - jours avant la Pâque, qui tombait cette année le 11 avril (Ant. XVII, 1x, ὃ; . Bell. IL, 1, 3). Schanz note avec raison la simplicité de Mt. qui avait une si bonne
occasion de montrer dans la mort du tyran un châtiment divin ou tout au moins eût pu rappeler les exécutions qui ensanglantèrent ses derniers jours et qui auraient même suivi sa mort, si on lui eût obéi (Ant. XVII, vi, 5). C'était cinq jours après qu'il eut fait exécuter Antipater. Il avait essayé de se rétablir
aux bains de Callirrhoé au bord de la Mer morte, un peu au sud du Zerka- Mayin, et vint mourir à Jéricho. Entre la visite des Mages et sa mort il faut done
mettre au moins un mois, mais rien n'indique que la fuite en Égypte ait duré plus longtemps. ; -
La phrase est conçue sur le type du v. 19.
20) Même tournure que v. 14, mais de plus il est difficile de contester du moins une réminiscence de Ex. 1v, 19 τεθνήκασιν γὰρ πάντες οἱ ζητοῦντές σου τὴν ψυχήν. Le pluriel dans Ex. est tout naturel et justifié par πάντες. Dans Mt. il ne peut s'entendre que d'Hérode, qui vient de mourir; peut-être suppose-t-il que d'autres seraient entrés dans son dessein. Ζητεῖν τὴν ψυχήν, tournure hébraïque très fréquente; ef. Rom. x1, 3, citant ΠῚ Regn. x1x, 18. Enlever le principe vital, c'est enlever la vie. — « Le pays d'Israël » est le nom qu'ont repris les Sio- . nistes, ὉΝ 1)" y; il pouvait s'entendre de la Judée et de la Galilée.
21) L'exécution sur le rythme du v. 14. Si Mt. avait sous les yeux Ex. 1v, 20, il s’en est donc écarté délibérément en évitant de dire sa femme et son fils. Plusieurs touristes voyant les hommes sur leurs ânes et les femmes marchant
SE: | ÉVANGILE SELON SAINT. MATTHIEU, 11, 22-93. τ τ, 190ν Hérode étant mort, voici qu'un ange du Seigneur apparaît RC Ÿ en songe à Joseph en Égypte, disant : « Lève-toi, prends l'enfant - et sa mère, et va au pays d'Israël, car ils sont morts ceux quien ΤῊΝ - voulaient à la vie de 1 δηΐδηΐ. » ?! Lui donc se leva, prit l'enfant et 400 sa mère et entra dans le pays d'Israël. ?Mais ayant appris qu'Archélaüs régnait sur la Judée à la place d'Hérode son père, il craignit de s’y rendre, et ayant été instruit en songe, il se retira dans la … région de la Galilée, #et vint habiter dans une ville nommée Nazareth, afin d'accomplir ce qui avait été dit par le ministère des pro- LAS phètes, qu'il serait appelé Nazaréen. 130
à pied, même en portant un enfant, prétendent y voir l’image de la Ste Famille. | ᾿
Mais sans parler des sentiments de Joseph, on peut rappeler que dans l'Exode
Moïse fit monter sa femme et ses enfants sur les bêtes de somme : ἀναλαδὼν à ὃ Μωυσῆς τὴν γυναῖχα nai τὰ παιδία ἀνεδίδασεν αὐτὰ ἐπὶ τὰ ὑποζύγια, καὶ ἐπέστρεψεν εἰς à
> Αἴγυπτον. : [| ES 22) Mélange d’impressions humaines et d'assistance surnaturelle. Hérode avait fee # désigné Antipas pour son successeur. Peu de jours avant sa mort, il ftun 0 nouveau testament, et donna la Judée et la Samarie à Archélaüs avec le titre ὯΝ ᾿
de roi, la Galilée et la Pérée ἃ Antipas, avec le titre de tétrarque (Ant. XVI, ER
vix, 1). Auguste refusa à Archélaüs le titre de roi, n’en faisant qu’un ethnarque. Mais Archélaüs n'en avait pas moins pris 16 pouvoir dès la mort de son père,
et avait été salué du titre de roi (Ant. XVII, vin, 2), qu’il espérait voir confirmer. ἊΝ : L'expression de Mt. βασιλεύει n’est donc point inexacte. Il eut pour ses débuts τες.
une guerre civile ἃ dompter, et passait. pour un tyran cruel (Ant. XVIF, x, 3). D'après Schürer (τ, 451), il ἃ la plus mauvaise réputation parmi les fils: ΣΝ d’Hérode. Si l’on joint à cela le sinistre souvenir du massacre des Innocents, on VE comprend les craintes de Joseph, et qu'il y ait eu lieu de préférer un autre 5... séjour, fût-il sous la domination d’un autre fils d'Hérode. -- L’avertissement 13 4
- n’est pas donné par un ange (cf. v. 12), mais toujours ‘en songe. 084 ἣ
23) Nous arrivons enfin à Nazareth. Le scepticisme moderne est allé jusqu'à ne
nier l'existence de ce bourg. Jésus ayant été nommé Ναζαρηνός ou Ναζωραῖος, on en aurait conclu à un bourg nommé Nazareth, mais peut-être était-il de Cho- Ὁ : razin (Burkrrr, The syriac forms of New Testament Proper Names, p. 175ss.). On objecte en effet que ni Josèphe, ni le Talmud ne nomment cette bourgade où RL: cette ville. Sans se prononcer sur l'existence de Nazareth, Lidzbarski ἃ essayé de donner une explication cohérente de tous les noms en question (Mandäische Liturgien, 1920, p. γι ss.). Jésus a été nommé 3 par le Talmud. C'étaitle ὃῸοθπ, désigner comme membre d’une secte des observants, m3. Ge mot a été | transporté tel quel en araméen (où la racine héb. 7x2 est représentée par 03) 0 RES - sous la forme Ν. ἽΝ et Ν ἽΝ} d'où les Νασαραῖοι et les Ναζωραῖοι, Les Mandéens Rs
se nommaient NYNYIYN2, qui n’a pu être emprunté au grec, mais à une forme 2 syriaque, désignant une ancienne secte, et non les chrétiens, telle que les ἐκ τ᾿
Ὶ ἢ τ NCIS h LALL Ar ὰ
fr br) Coca ac) MATTER NB PT τ ἌΝ Ἴ “μὴ ᾿ ; Lt) ὧκξ ἂν =
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Νασαραῖοι d'Épiphane (Haer. XVIII, τ, 4) antérieurs au çchristianisme. Les épithètes de Nazaréen et de Nazaréens n’ont donc rien à voir avec Nazareth. Mais on voit que Lidzharski ne s'étonne pas du changement de sadé en zéta, qui est le principal obstacle signalé par Burkitt.
Zimmern (Zeitschrift der d. morg. Gesellschaft, 1920, p. 430) remonte aux Babyloniens, et prend la racine « garder » non pas pour garder des observances (ce qui serait un nom bien étrange pour les chrétiens), maisrde garder des mystères, alléguant nésir piristi « gardien de mystère » et même nisirtu, mysvères
C'est, sous une forme philologique plus exacte, la thèse de Benj. Smith (ef. RB., 1906, p. 645 ss.). On cite aussi, pour prouver l'existence des Nazaréens avant Jésus, la Nazerinorum tetrarchia près d’Apamée sur l’Oronte (Pline, H. N. v, 81).
Nier l'existence de Nazareth est puéril. La bourgade ou la ville — la différence n'importe pas beaucoup dans la nomenclature biblique — est nommée Ναζαρεθ ou Ναζαρετ, deux formes qui supposent une terminaison n, avec plus ou moins d'attention au son un peu sifflant qui était la prononciation correcte.
La forme Ναζαρα (seulement dans Le. rv, 46 et dans quelques témoins de Mi. iv, 13) est en soi une forme grecque au pluriel, comme Ἱεροσόλυμα, les deux pouvant s’employer au singulier. Mt. a le singulier féminin pour “Ἱεροσόλυμα (ur, 43) comme pour Ναζαρα. Jules Africain écrivait : ἀπό τε Ναζάρων rat Κωχαδὰ χωμῶν Ἰουδαϊκῶν, ce qui est une attestation de l'existence de Nazareth au commencement du troisième siècle, au plus tard, par quelqu'un qui connaissait très bien le pays. D'ailleurs si Je nom avait été inventé d’après l’évangile, on l’eût écrit avec un zaïn, comme ἃ fait la syriaque palestinienne, et non avec un sadé, restitué par syreur. sin. et pes. d’après le nom du lieu. Ces Syriens ont toujours ΤῚΝ, et les Arabes (premier témoignage connu vers l'an 730 d’après Noezoeke, Zeitschrift für Assyriol. xxx, 73 note 2) $,2L5. Ordinairement x ἃ été rendu par 5, mais on trouve le ζ par exemple dans Zwapé pour ἫΝ (Eusèse, Onom. V. βαλά). Ce changement admis, Ναζαρηνός était le gentilice normal de Ναζαρεθ ou Ναζαρα; c'est la seule forme que Me. ait employée; Le. la deux fois (ιν, 34 et xxiv, 19). Elle ne se dit jamais au pluriel dans le N. T. Tandis que Ναζωραῖος, qui se dit de Jésus dans Mt. (x, 23; xxvr, 71) dans Le. (xvuir, 37), dans Jo. (xvmi, 5. 7; xix, 19) et six fois dans les Actes, se dit aussi des disciples de Jésus : Act. xx1v, 5 πρωτοστάτην τε τῆς τῶν Ναζωραίων αἱρέσεως. L'origine de cette forme est la seule difficulté du sujet, car le talmudique nôsri pour Jésus, et nüsrim pour les chrétiens, comme le syriaque nüsrüyô ou näsräyä,; viennent très naturellement de Nâsrat, le syriaque ayant vocalisé le scheva, ensuite allongé. D'où vient donc Ναζωραῖος, qui n’a pas d'équivalent spécial en syriaque? Dans le Comm. de Le. p. 486, j'ai postulé avec Dalman une forme secondaire du nom de la ville, ΤΣ, mais elle n’a comme appui que le syr. palestinien ΤΣ sur Le. 1, 26, pour le seul ms. À, ce qui est négligeable.
Peut-être Ναζωραῖος n’a-t-il été dit de Jésus qu'après que ses fidèles ont été appelés Ναζωραῖοι. Il serait élonnant qu'on ait tout d’abord employé simultanément Ναζαρηνός et Ναζωραῖος. Le premier nom était un gentilice tout indiqué, comme δαγδαληνή, mais le second convenait mieux pour désigner une secte; οἵ. Σαδδουχαῖοι etc. Les chrétiens n’ont jamais pris eux-mêmes ce nom, ils l’ont
peut-être recu de leurs adversaires dans la circonstance indiquée aux Actes (xxiv, 5). On comprendrait très bien que pour les disciples on ait employé en araméen la forme kafol, comme on disait N2an2 un scribe, ΝΥΝ un parleur, etc. de sorte que nasôraya eût été en même temps un nomen. agentis et un gentilice indiquant le lieu d’origine. Le second nom des Mandéens s’expliquerait bien de cette façon, comme le pluriel arabe nasära (d'où est venu le singulier nasräni). Les Nazerini de Pline, d'où sont peut-être venus les Nosairis n’ont rien à voir dans cette affaire. En parlant des Νασαραῖοι Épiphane les distingue des Ναζωφαῖοι (xxx, 6, 1). Il n’y a pas de raison de déduire la seconde forme de la première, ni par conséquent de rattacher les Ναζωραῖοι à une secte juive préexistante. Nous ne verrions aucun inconvénient à admettre que des ennemis aient risqué cette assimilation dans une intention de dénigrement, mais il n'y en a vraiment pas de trace. D'autant que peut-être Épiphane, qui est le seul à parler des Νασαραῖοι, s'est trompé en les croyant antérieurs au christianisme (Bousset, Zimmern ete.). Mais sûrement l'épithète de Ναζωραῖοι qui
rattachait les disciples de Jésus à la Galilée et à une bourgade qui n'avait pas.
d'histoire, était bien un sobriquet dans la pensée des Juifs.
C’est ce qui va nous expliquer la pensée de Mt.
Ï est constant que rien dans l’Écriture ne désigne le Christ comme devant être Nazaréen. D'anciens Pères supposaient un passage perdu; des critiques modernes supposent un apocryphe disparu. Mais Jérôme avait déjà parfaitement
compris que dans ce cas, à la différence des autres, Mt. ne visait pas un texte: déterminé ; nunc autem pluraliter prophetas vocans, ostendit se non verba de:
scripturis sumpsisse sed sensum. Cependant plusieurs (Schanz, Knab. Holtz.) supposent plus ou moins nettement une allusion à Is. xt, 4, où le Messie est nommé nésér, rejeton. Ce serait un jeu de mots assez bizarre, entre ce nésêr et la ville de Nazareth. Jérôme avait admis ce sens dans le Comm: de Mt. (en l'an 398), mais dans le Comm. d’Isaïe (en l’an 407-408) il objecte : sed sciendum quod hic NESER, per sade litteram scribatur.. Porro Nazaraei, quos LXX sanctificatos, Symmachus separatos, transtulerunt, per zain semper scribantur elementum. Mt. aurait donc fait allusion au nazir qui consacrait à Dieu sa chevelure pour sauver son peuple (Jud. xur, 5). On peut dire que les prophètes désignaient le Messie comme saint, (MeNeile), mais quel rapport entre la sainteté et Nazareth? Il faut donc (Zahn) prendre Ναζωραῖοι pour une épithète à la fois géographique et qualificative, dans la bouche des Juifs un terme peu reluisant. Chrys. : χαὶ γὰρ ἦν εὐτελὲς τὸ χωρίον" μᾶλλον δὲ οὐ τὸ χωρίον μόνον, ἀλλὰ καὶ ἅπαν τὸ
μέρος τῆς Γαλιλαίας. C’est quelque chose à Jérusalem comme un Béotien à Athènes
où un Philistin dans une université allemande. Or les prophètes avaient annoncé que le serviteur de Iahvé serait méconnu, méprisé (Is. im; Ps.
ταυτὶ, 9 etc.). Mt. a donc voulu montrer comment les origines de Jésus:
répondaient à deux données de la prophétie. Il était bien né à Bethléem, comme l'avait annoncé le Seigneur, et se rattachait ainsi à la maison de David, mais c'était aussi par une volonté du ciel, indiquée par les ‘prophètes, qu'il avait paru dans un pays dont on n’attendait rien de bon (Jo. τ, 46).
Note sur le caractère historique des faits.
Le ch. n de Mt. forme un tout, contenant les récits de l’enfance. La réalité
| enaété, en est encore mise en doute, même par ceux qui reconnaissent celle | des faits du ministère de Jésus et qui s’inclinent devant la conception surna- turelle comme devant un dogme. On peut indiquer trois chefs de difficultés.
a) C’est précisément parce que Jésus ἃ été reconnu pour le Messie d'Israël à cause de ses miracles et de sa résurrection, qu'on a entouré son enfance d’une auréole qui assimilait ses destinées à celles d'Israël et de son roi. Le roi attendu
| re était figuré par une étoile, et c'est une étoile qui guide les Mages; Israël avait : ο΄ ἐἰό appelé d'Égypte, de même Jésus; Rachel avait pleuré sur la déportation 00 d'Israël : elle pleure encore sur le massacre des innocents. Le caractère fictif Fra des événements, imaginés pour donner à Jésus le caractère messianique, même EVE dans son enfance, est souligné par la citation répétée des prophéties. Secon- dairement l’adoration des Mages est une réponse à l'incrédulité d'Israël. lb) Les faits se rangent aisément dans une catégorie bien connue du folk- __ lore, les dangers courus par un grand homme, et auxquels il échappe comme par miracle, ou par miracle. On cite Sargon, Cyrus, Romulus, etc. Chez les
se An
Juifs il suffisait de rappeler Moïse sauvé des eaux, dont l’histoire est racontée
par Josèphe en termes qui se rapprochent de ceux de Mt., précisément parce
qu’il introduit le thème de l'enfant menaçant pour le tyran, qui recourt en vain à des mesures cruelles (Ant. 11, 1x, 2) ; τῶν ἱερογραμματέων τις,.. ἀγγέλει τῷ Basiket
᾿ τεχθήσεσθαί τινα nat’ ἐχεῖνον τὸν καιρὸν τοῖς Ἰσραηλίταις, ὃς ταἀπεινώσε: μὲν τὴν Αἰγυπτίων ἡγεμονίαν... δείσας δ᾽ ὁ βασιλεὺς κατὰ γνώμην τὴν ἐκείνου χελεύει πᾶν τὸ γεννηθὲν ἄρσεν ὑπὸ τῶν ᾿ἸΙσραηλιτῶν εἰς τὸν ποταμὸν ῥιπτοῦντας διαφθείρειν... Une tradition rabbinique alléguée par Nestle (ZnTW, vin, p. 74 ss.) met en scène
faudrait le tuer. C’est le petit Abraham que Tharé cache durant trois ans. La ressemblance avec Mt. est très étroite, puisque l'étoile est jointe au thème du péril de l'enfant. C Ἂς: c) Si ces objections sont surtout. modernes, les anciens se sont déjà préoc- NS cupés de concilier Le. et Mt. D’après Le., Joseph est de Nazareth et y retourne aussitôt après la présentation de l'enfant au Temple; il n'est question ni des . Mages, ni de fuite en Égypte. D'après Mt., Joseph paraït être chez lui à Bethléem, τΑς … οἱ 51] s’installe à Nazareth, c’est à la suite d’un avertissement divin et de faits Ne qui l’empêchent de regagner son domicile. La difficulté n’est pas seulement de faire entrer ces deux ordres de faits dans le cadre de la réalité : ce sont deux τ conceptions distinctes des origines de Jésus. | À On ne saurait nier que ces difficultés sont impressionnantes. La critique historique pourrait incliner à reconnaitre à ces récits un caractère légendaire sans rien sacrifier de la carrière surnaturelle de Jésus. C'est, dirait-on, parce qu'il s'est fait reconnaître pour le Messie d’après ses miracles, que Jésus a été sur ce point assimilé aux héros les plus illustres de l'histoire. Si cela était nécessaire, on verrait dans ces récits un genre littéraire, ayant ses lois propres, qu'il faudrait interpréter d'après ces lois, même dans une histoire inspirée, Comme un hors-d'œuvre, une introduction symbolique à l’action de Jésus, __* sauveur d'Israël et des Gentils, méconnu par Israël, reconnu par les Gentils. ἐξ Mais il ne faudrait en venir là que si les récits avaient vraiment un caractère % d'invraisemblance qui les classerait dans une des deux catégories : du folk-lore,
165 conseillers de Nemrod; ils ont vu une étoile qui annonce un conquérant. Il
ou d’une création littéraire artificielle permettant d'y reconnaître un symbole
intentionnel. Les critiques ne distinguent pas nettement ces deux hypothèses. 115 n’osent prétendré que Mt. a créé ces histoires. Elles existaient donc dans la
AUS En ÉVANGILE SELON SAINT. MATTHIEU, li, 19-93, VA
tradition. Mais une tradition populaire leur aurait-elle donné ce cachet scrip-
turaire? Assurément non. Il faut donc que Mt. ait tablé sur une tradition reçue, sa part consistant à montrer le rapport de ces histoires avec le plan divin. On
ne peut donc objecter contre leur réalité cet aspect de démonstration providen- |
tielle, et il reste seulement à constater si elles sont en elles-mêmes invraisem-
blables, ou si elles peuvent avoir été transmises par une tradition authentique.
Venons au détail. Les objections a) insistent sur le caractère artificiel scripturaire. Mais si le fait évangélique avait été imaginé pour réaliser la prophétie de Balaam (Num. xuv, 17) ou d'Isaïe (1x, 6) ou d’un psaume messianique (Lxx1, 45), comment se fait-il que ces endroits ne soient pas cités? Beaucoup de Pères, ilest vrai, ont vu dans l’astre un accomplissement de la prophétie de Balaam,
mais ce fut à la condition de s’écarter de son texte, car elle parlait seulement
par métaphore, l’étoile étant le roi futur, non son signe. C’est l'unique inter-
prétation des trois Targums dits d'Onkelos, de Jonathan et de Jérusalem. De δ
même dans le Testament de Juda, χχιν, 1. Dans le Testament de Lévi, χυπι, 3, l’astre n’est plus le roi, mais le signe du roi, seulement Νἰρξορβοία δή en manifeste, καὶ ἀνατελεῖ ἄστρον αὐτοῦ ἐν οὐρανῷ ὡς βασιλέως vient mal après que le grandprétre nouveau a déjà exercé la justice, et avant la comparaison : οὗτος, ἀγαλάμψει 6 ὡς 6 ἥλιος. La prophétie de Balaam pouvait aboutir ἃ Barkokébas, non à un astre, signe de la naissance d’un enfant. Ce trait, nous l'avons YU; était courant dans la gentilité, mais précisément pour cela la démarche des Mages
est plausible. Si les premiers chrétiens avaient pensé aux rois de Saba et
d’Arabie ‘de la Bible, ils n'auraient pas mis en scène des Mages qui ne sont
pas des rois. L'exégèse subséquente montre ce qu'eût été le récit primitif, s’il
eût été créé d’après l’A.T. .
Jésus n’a pas été qualifié d'astre, ce qui convenait au Messie. Il est vrai que
la fuite en Égypte l’assimile à Israël, mais où était la nécessité pour le Messie
de suivre les* mêmes destinées? Le messianisme du temps ne s’en doutait pas. Et si l’on voulait créer une réalisation aux prophéties, il n’en manquait pas d'assez précises et glorieuses. Pourquoi Mt. a-t-il été chercher des textes s'appliquant au passé? Que ses applications à lui aient quelque chose de subtil, on le lui a reproché. C’est donc que les faits étaient là, et qu'il leur Here
des analogies dans le passé qui pussent projeter leur lumière sur eux. Γ᾽ ado- -
ration des Mages était bien un reproche pour Israël, mais un reproche muet,
qui suppose Israël en possession de la vérité prophétique. Son aveuglement
actuel n’est point autrement relevé.
b) Les récits ne sont donc point une œuvre littéraire de polémique ou d’apo- ᾿
logie,. mais une tradition qui ἃ pris sous la plume de Mt. une teinte d'histoire providentielle. La tradition a-t-elle été plus créatrice? Si elle tenait du folk-lore, ‘on le reconnaîtrait à un cachet d'invraisemblance, comme dans la légende de Romulus et de Rémus nourris par une louve, ou dans l’historiette de Nestle, tirée du Séfer hayyächär, du xme siècle de notre ère d’après M. Fraenkel (ZnTW, vi, p. 241). Il n’est point rare que des enfants échappent à la mort comme par miracle. On le note des grands hommes, mais ce n'est point une raison pour le nier à leur propos. Le fait de Joas n’est pas invraisemblable.