ἐστῆσεν (THV) et non tornotv
4) Sollicité de faire emploi de son pouvoir, Jésus ne veut même pas faire étalage de son esprit; loin de se poser en thaumaturge, il se range parmi les
disciples de l’Écriture. Il cite Dt. vin, 3, avec un à-propos saisissant, car le
peuple avait éprouvé la faim comme Ἂν εἰ c'est alors que Dieu lui avait donné
la manne, montrant bien qu’il est en son pouvoir de nourrir l'homme avec
tout ce qu’ordonne sa parole créatrice, que ce soit du pain ou autre chose. Mais celui qui était venu donner à la Loi sa plénitude (v, 17) n'était pas
obligé de s’en tenir au sens littéral strict (contre Knab.), qui équivaudrait à
dire qu'il se nourrirait aussi bien de manne que de pain. Si le pain est l'aliment de la vie physique, l’homme ne vit pas seulement de pain, parce qu’il y a pour lui une autre vie, et cette vie s’alimente de la parole de Dieu, c’est-à-dire de sa volonté exprimée, dès lors connue. C’est déjà la pensée de Jo. 1v, 34 : Euthym. πᾶν ῥῆμα, ἐκπορευόμενον διὰ στόματος Θεοῦ ἐπὶ τὸν πεινῶντα, δίκην τροφῆς συνέχει τὴν ζωὴν αὐτοῦ, Jér : si quis ergo non vescitur verbo Dei, iste non vivit. — La citation
est d’après les LXX, ζήσεται doit être entendu comme un présent, selon le sens de l'hébreu. Elle est plus complète dans Mt., qui cependant n’a pas répété
ζήσεται ὃ ἄνθρωπος après Θεοῦ. Les critiques, d'une seule voix, prétendent que c'est Mt. qui a complété la citation. Ce peut être en effet le traducteur grec de Ma.; Le. n'aurait pas écourté, puisqu'il a complété au v. 40.
5) L'ordre de Mt. est primitif. Car le diable a dû répéter sa formule « si tu es » etc., deux fois de suite, plutôt que de la reprendre après l'avoir quittée. Et
sûrement aussi, étonné de ce recours à l'Écriture, il a voulu montrer son esprit
en faisant lui aussi une citation. Cette promptitude à répliquer, qui d'ailleurs ne lui réussit pas, est un des traits de Satan dans l’histoire des saints.
— παραλαμδάνω, déjà employé six fois par Mt. n'indique nullement en soi un transfert miraculeux (cf. xvn, 1). — ἣ ἁγία πόλις de Mt. seul dans le N.T. (encore xxvu, 53), Où l’hébreu n'avait que la racine TP, le grec avait ἅγιος
et ἱερός, et préférait incontestablement ce dernier pour les lieux, de même Josèphe, à ἱερὰ πόλις (Ant. IV, τν, 4 etc.) et Philon à ἘΡΤῸΝΣ (De leg. 36 etc.).