‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 116 sur 350 · εἰπεν (THV) et non λέγει · texte numérisé non relu

εἰπεν (THV) et non λέγει

illusion. Jésus ἃ répondu avec esprit, mais comme eût pu le faire un docteur très versé dans l'argumentation scripturaire. Les rabbins avaient assez souvent la réputation d’avarice. Satan espère tout emporter en offrant le monde. Sa défaite, déjà notable, n’en sera que plus complète. Le lecteur se dit qu'il ne sait plus du tout à qui il a affaire, qu'il va au-devant de la déroute. ᾿

— πάλιν, par rapport à celui du v. précédent, n’est qu’un crescendo rythmique sans rappeler-un même sens. Il se rattache plutôt à τότε v. 5.

— La montagne est à la fois dans les préférences de ME. v, 1; xv, 29; xvir, 1; xxvin, 16 et sûrement primitive iei, comme un belvédère (que Le. n'aura pas jugé suffisant) pour voir de loin.

Klost. cite Polybe fragm. 90 — 49 : ἐπί τινος ὄρους ὑψηλοτάτου ἀναδὰς rai πᾶσαν τῆν γῆν περισχοπήσας ὅσην ὀφθαλμὸς ἀνθρώπινος περιδλέπει... δωρεὰν παρὰ τοῦ βασιλέως πᾶσαν εἴληφε. Ο᾽οὐΐ été déjà un joli lot, mais ce qui était essentiel ici, c'était de bien montrer le pouvoir que Satan s’arroge sur tous les royaumes, spécialement dans leur pompe extérieure. Ils figurent donc ici, mais du coup ce ne peut être par une vision naturelle, comme Le. l’a mieux indiqué par la rapidité de l'apparition, tout en supprimant la montagne. Que Satan ait la prétention d’en disposer, Mt. le suppose, et cela résultera du v. suivant.

9) La proposition peu séduisante du v. ὃ avait besoin d’être corroborée par l'Écriture; ici l'attrait d'une offre aussi inespérée agira par lui-même, ce que Syrsin. a exprimé d’une façon pittoresque : « As-tu vu ces royaumes et toute leur gloire? Je te les donnerai », etc. — πεσών est du style de Mt. (π, 14), ce qui ne prouve pas que ce mot, de bonne allure sémitique (Dan. (1xx) 11, 3. 40. 11. 45. elc.), n’ait pas fait partie de Ma. (contre Harnack).

10) Gette fois Jésus met un terme à la conversation, et renvoie Satan. Le

nommer, c'était le démasquer et le vaincre. Ces mots conviennent donc bien

à la troisième reprise, et ils sont d'une parfaite convenance. Harnack les efface de sa source Q, sous prétexte que Le. ne les aurait pas omis. Mais il devait le faire, une {ois l’ordre interverti. De plus ὕπαγε est en effet du style de Mt., surtout à l'impératif (17 fois et Le. 2 fois), mais c’est une tournure sémitique, connue aussi de Me. (13 fois) et de Jo. (4 fois), qui convient parfaitement à la source araméenne. On le retrouve avec Satan (xvr, 23; Me. vu, 33), mais dans un sens figuré, qui ne peut guère avoir été l'origine du sens propre qu'on trouve ici. — Le γάρ après γέγραπται (DE. νι, 13), indique pourquoi Satan doit se retirer, c'est que l’adoration est due à Dieu seul; μόνῳ est ajouté aux LXX pour l’exprimer plus clairement, et προσχυνήσεις remplace φοδηθήσῃ, traduction littérale de l’hébreu, comme une réponse mieux adaptée à la proposition de Satan. La leçon προσκυνήσεις de Α et un cursif est sûrement introduite dans Dt.

leur gloire, ὃ οὐ il lui dit : « Je te donnerai tout cela, si tu tombes à mes pieds pour m’adorer. » 10 Alors Jésus lui dit : « Retire-toi, Satan,

car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu ne rendras

de eulte qu’à lui seul. » Alors le diable le laisse. Et voici que des anges s'approchèrent et ils le servaient.

d’après l’évangile. Jésus ne renonce donc pas à s'appuyer sur l'Écriture; il en.

donne ici le sens en l’appliquant à la situation.

11) τότε (Mt. souvent); ἀφίησιν cf. πι, 15, dans un sens peu différent. Satan se relire, laissant à Jésus le terrain libre. — καὶ ἰδού (Mt. souvent). Les anges viennent après la tentation, comme pour donner raison à Jésus qui a remis à Dieu le soin de sa nourriture. C'est probablement en cela qu'ils le servaient; cf. var, 45; xxv, 44; Me. τ, 34; Le. iv, 39; xn, 37; xvir, 8; Jo. x, 2. Comme dans Mec. le service des anges paraît s'étendre aux quarante jours, il n’y ἃ probablement aucune dépendance. La tradition a dû conserver ce trait. Après προσέρχομαι, Mt. met l'impf. (vur, 2) aussi bien que l’aor. (vin, 25).

La tentation est très étroitement liée au baptême dans les trois synoptiques, mais si l'on envisage sa raison d'être, elle apparaît comme une sorte de préambule à la mission de Jésus. Le baptème a montré que le moment est venu, mais Jésus ne devait se mettre à l'œuvre qu'après avoir vaincu en combat

singulier celui dont il venait détruire l'empire. En même temps cette victoire.

nous éclaire sur l'esprit qui devait l’animer. L'Esprit le conduit et en même temps se révèle en lui. Ce n’est donc pas un appendice du baptême; c’est un prologue dans la sphère du monde invisible de ce qui va se dérouler sur la terre.

Satan est le « dieu de ce monde » (II Cor. 1, 4); il règne sur les royaumes de la terre dont il peut disposer. Il voit surgir un adversaire qui est déclaré fils de Dieu, et qui va donc travailler à son règne. Aussitôt il essaye de parer le coup en faisant tomber ce fils de Dieu, en le mettant d’abord peut-être à son insu, puis plus ouvertement, en contradiction avec Dieu lui-même. Or il est

vaincu, non que son empire soit déjà détruit, mais il n'a pu empêcher Jésus

d'entreprendre son œuvre selon les desseins de Dieu et dans les dispositions qu'il veut. ;

Comme tous les actes du Fils de Dieu, la tentation était à notre avantage. Par là Jésus apprenait à compatir avec nous et acquérait pour nous la force de vaincre (Heb. 11, 18: 1v, 15).

Cependant ce n’est pas nous qui avons été tentés en sa personne. C’est lui qui a été tenté. Si son exemple nous est souverainement utile, il ne s'ensuit pas qu'il ait essuyé les tentations communes à tous les hommes spirituels. Le démon avait un but précis, agissait dans une certaine circonstance, qui était l'entrée en scène du Sauveur pour une œuvre qu’il voulait empêcher. On ne saurait donc reprocher aux modernes d’avoir insisté plus que les anciens sur le caractère

messianique des tentations. Leur erreur est de prétendre qu'elles ont été

inventées pour répondre à des questions qui préoccupaient les premiers chré- * tiens : Pourquoi Jésus n’a-t-il pas fait emploi de son pouvoir au lieu de se laisser maltraiter et tuer par ses ennemis? Pourquoi n'a-t-il pas donné des

ΥΩ ὩΣ ως ν A ΝΎ lie Lu NL AT ALL no el?

Te x dent? PLEASE RTE

signes évidents de sa mission? Pourquoi n’a-t-il pas réalisé les Pan temporelles des Juifs? La tradition aurait imaginé de répondre : tout cela, c'était l'idéal du démon. Mais après avoir exposé ce système, J. Weiss finit par con-

Es

clure que la tradition populaire était incapable de construire un dessein aussi

artistement déduit, et que nous ne connaissons non plus parmi les disciples de

Jésus aucune personnalité douée d'assez de génie pour le réaliser. Et en effet,

dire .que la réponse aux tentations c’est tout lé programme de Jésus, équivaut à

. confesser qu'il ἃ émané de sa personne. Pour être comprises dans leur juste

… portée historique, comme l'ont fait les modernes, les tentations ne sont pas à

rayer de l’histoire : elles apparaissent comme une révélation de l’âme de Jésus qui nous éclaire sur sa conduite. -

L'idée maîtresse el générale, c’est que la victoire devait venir de Dieu seul,

selon l’ordre de sa volonté, sans essayer de la violenter ni de s’y soustraire, et

cette volonté était, comme les Pères l'ont bien vu, que Satan fût vaincu non ie par la puissance, mais par la patience et l'humilité.

La première tentation est relative à la nourriture, mais il est clair que c’est un exemple typique. Satan demande au fils de Dieu de subvenir à ses nécessités par son pouvoir surnaturel. Ce n'était qu'un premier pas. Pourquoi ensuite se soumettre à des nécessités plus dures que celle de chercher sa nourriture, accepter les peines du chemin, les mauvais procédés des Scribes, tout ce qui gêne et fait souffrir l'homme ordinaire? A ce compte Jésus n’aurait pas bu le calice à la fin. Il coupe court : le manger et le boire ne sont pas le tout de l’homme et ne valent pas une telle déviation des voies humaines. IL faut pour tout cela, même pour le vêtement, s'en remettre à la Providence (νι, 25 ss.). Comment lui-même oublierait-il que la volonté de Dieu, manifestée par sa parole, est la véritable source de la vie?

Le deuxième artifice du démon est plus grossier, mais ce il ne manquait pas de gens, se disant plus ou moins le Messie ou le fondé de pouvoir de Dieu, qui essayaient de séduire le peuple par des prestiges (Act. vin, 140). Satan propose innocemment à Jésus de se confier à la Providence, mais de façon à lui imposer sa volonté au bénéfice de sa vaine gloire. Or il sait qu'on ne violente

pas le Seigneur. — Mais Jésus le sait mieux que lui, et qu'il ne sera pas dans sa

᾿ destinée d’éblouir les imaginations par des signes du ciel faits sur commande. La troisième tentation n'aurait guère de chances de succès adressée simple-

ment à un homme spirituel qui aurait déjà vaincu les deux autres. Mais dans la

situation de Satan, elle se comprend très bien. Il joue le tout pour le tout. Et elle se comprend aussi dans la situation de Jésus. Refusant pour lui les royaumes; il montre qu'il a vaincu dans l'intérêt de son Père. Dans toute sa conduite, il ne vivra pas pour lui, mais pour Dieu; il sera non pas un auxiliaire compromettant, mais un instrument docile. La première condition pour soumettre à Dieu le monde, c’est de n’en pas subir l'attrait. Son œuvre ne sera pas de régner avec une pompe qui est celle de Satan, mais de procéder toujours et partout par l’adoration de Dieu seul.

On ἃ allégué aussi, contre la réalité de la tentation, qu’elle ἃ été imaginée parce que la destinée du Messie devait être semblable à celle du Pepe conduit dans le désert pour y être tenté pendant quarante ans; D£. vin, 2 : ὡς ἂν χαχῴσῃ σε χαὶ ϑβεκει 88} σε, L'imitation, d’après Holtzmann, serait ici par contraste. Le’

de À

û δ Κλ À ἵ ἃς EVE s

peuple ἃ murmuré par le désir d'une meilleure nourriture, et il s’est laissé aller au plaisir de manger et de boire (Ex. xvi, 2-9; Num. ἐν xvu, 1-7; Num. χχι, 4-7). Enfin il s’est laissé aller ἃ l'idolâtrie (Ex. xxxr, 6). Et … tout cela était présent à la pensée de Paul (I Cor. x, 6-9). Mais Holtz. a été assez malavisé en citant Paul, qui ne fait pas allusion à l'épisode de Massa (Ex. xvui, 1-7), mais ajoute en revanche la fornication (Num. xxv, 1.9) et les

serpents (Num. xxr, 5 s.). Il est toujours aisé, avec dès livres, de faire des extraits qui coïncident, plus ou moins, car en somme les tentations des.

. Israélites étaient beaucoup plus grossières. L'Ancien Testament, livre divin, contenait la réponse à ces tentations, et cette réponse ἃ pu être employée par Jésus. Mais les tentations suggérées à Jésus ne sont pas celles qui pouvaient

séduire le peuple, et témoignent plutôt d'une concepiion régnante sur le rôle du

Messie.

Ces prétendus emprunts de « la Communauté » à l'A. T. n’ont donc rien de

plausible. Les rationalistes comme Holtzmann reconnaissent que Jésus ἃ suivi ὃ

son programme sans hésitation depuis le moment où il l’a entrevu au baptême.

Pourquoi ne l’aurait-il pas arrêté après avoir repoussé des: suggestions con- Ν res sad τ a ar ΔΉ τοὶ traires? Et pourquoi n’aurait-il pas fait connaître ces suggestions à ses apôtres, avec les réponses destinées à montrer sa connaissance et son estime de la

* Parole divine? Que d'autres grands hommes, dans l’histoire ou dans la légende,

aient passé pour avoir connu ce débat, ce n’est pas une raison pour que «la

Communauté » l'ait attribué à Jésus de son chef.

La pensée des évangélistes est bien qu’une lutte réelle a eu lieu entre Jésus et

Satan. On ne saurait le nier sans affaiblir les termes, ce qui aboutirait à une explication rationaliste. Avec une suprême convenance, les textes ont exclu toute tentation qui serait venue de la chair, au sens paulinien, c’est-à-dire qui

fit supposer qu’une suggestion mauvaise ait pu partir de l’âme de Jésus, fût-ce :

dans sa partie sensible. La tentation ne pouvait venir que du dehors. Elle devait cependant, pour être réelle, s'offrir non seulement au regard du Sauveur, mais encore à son imagination et à son jugement, mettre en branle par conséquent les images qui servent, pour lui comme pour nous, à l'exercice de l'intelligence. Que cette suggestion sur l'imagination ait été opérée directement dans l’âme sensitive du Sauveur, ou seulement par l'intermédiaire d'objets vus ou de

paroles entendues, peut-être n’y a-t-il pas assez de différence pour que l'opinion

d’une vision intérieure soit condamnée au nom de la théologie. Mais nous avons déjà noté dans le Comm. de Le. que les évangélistes indiquent

plutôt une réalité concrète. Jésus a donc été tenté par Satan qui lui ἃ apparu,

probablement sous une forme humaine, puisqu'il lui a parlé. δ Mais l’a-t-il transporté ou conduit sur le pinacle et sur la montagne? Dans . une étude récente (Die Versuchung Jesu nach dem Berichte der Synoptiker, . Münster, 1918, imprimatur), que je ne connais qu’en retouchant le Comm. de Mt., ΟΝ. Ketter propose comme deux opinions également acceptables que le démon ait transporté Jésus dans les airs, ou que tout se soit passé dans le même lieu, le démon ayant opéré par ses prestiges le même effet que si l’on était sur le pinacle, etc. L'hypothèse que Jésus aurait été simplement conduit par le démon est rejetée comme une « remarquable comédie ». Cependant il n'est

XI, 4-10; Num. " xu, 33). Le peuple ἃ demandé un miracle avec impatience, et tenté Dieu (Ex.

ς τι ᾿ x  Ko χαταλιπὼν τὴν Ναζαρὲθ ἐλθὼν χατῴχησεν εἰς Kapapvaodu τὴν

12. ἀνεχωρησεν : dans 5. axeywonsev doit être une faute d'impression. 13. Ναζαρεθ plutôt que Ναζαρα (TH) ou Ναζαρετ (SV).

guère admissible que le démon ait transporté Jésus dans les airs. Par violence,

aucun Père ne l’a admis. Saint Thomas (IT p. qu. xt, ἃ. 1 ad 2um) s'appuie à la fois sur Origène et sur saint Grégoire le Gad: Non est mirum, ut Gregorius dicit ibid. (Hom. xvi in Ev.) « si se ab illo permisit in montem duci, qui se permisit a membris illius crucifigi ». Intelligitur autem ἃ diabolo assumptus, non. quasi ex necessitate; sed quia ut Origenes dicit Super Luc., homil. xxxr.. « sequebatur eum quasi athleta ad tentationem sponte proficiscens ». Si Jésus avait suivi le démon dans les airs, que pouvait signifier l'invitation à se jeter en bas d’une hauteur de quelques cent mètres? Jésus aurait déjà cédé au désir de Satan.

Quant à l'hypothèse de l'unité de lieu, elle suppose donc des prestiges diaboliques comme l'opinion d'une suggestion imaginaire, avec cette circonstance aggravante que Jésus aurait été dupe de ces prestidigitations, ou n’aurait pas été réellement tenté.

Il nous semble beaucoup plus conforme au texte d'admettre que Jésus ἃ réellement été conduit. par le démon, d’une manière ordinaire. C’est le sens de παραλαμθάνω comme le reconnaît Ketter. Quandles Pères latins disent assumptus; il ne faut pas aussitôt. prendre ce mot comme s’il. y avait in aera. La seule objection de Ketter, c’est: qu'on ne saurait infliger au Sauveur la compagnie de Satan pendant huit heures. Mais en quoi le Fils de Dieu en était-il atteint? Marc

parle bien, semble-t-il, de tentations durant quarante jours. D'ailleurs savons-

nous quel fut le théâtre de la tentation? On est dans le désert à une demiheure de Jérusalem. Si l’on prend le parti d'interpréter le texte tel qu'il est, il faut, être conséquent : παραλαμθάνει de Μί., ἀναγαγών et ἤγαγεν de Le. sont des termes parfaitement clairs pour les hommes entre eux. Si Satan a pris la forme humaine, il a dù se comporter en homme.

La tentation de Jésus n'a pu être connue que par lui. Mais on hésite à le prouver par l'évangile selon les Hébreux : ἔνθα αὐτὸς ὃ σωτήρ φησιν: ἄρτι ἔλαδέ με ἣ μήτηρ μοὺ, τὸ ἅγιον πνεῦμα. ἑν μιᾷ τῶν τριχῶν μου χαὶ ἀπήνγεχέ με εἰς τὸ ὄρος τὸ μέγα Θαδώρ (OriG. ἐπ Joh. τι, 13; οἵ, JÉR. in Mich. vu, Ἴ; ἴῃ 15. χι,, 9 ; in ΕΖ. χυι, 18).

TROISIÈME PARTIE : LA PRÉDICATION DE L'ÉVANGILE EN GALILÉE (ιν, 12-xn7, 58).

Préameuce (1v, 12-25). Cette petite section comprend l'installation de Jésus à Capharnaüm (12-16); la vocation des quatre premiers disciples (17-22); un coup d'œil sommaire sur la prédication et les miracles de Jésus (23-25). Ce premier tableau à grands traits est dominé par la prophétie d’Isaïe (var, 23;

πνιγμοῦ) 4 Ἐν. 4 … EP”, Ρ =

PEt ayant appris que Jean avait été livré, ilse retira en Galilée, Et ayant quitté Nazareth, il vint habiter à Capharnaüm sur les

ix, 4). Mt. aussi bien que Mc. laisse un certain intervalle entre le baptême (Suivi de la tentation) et le début du ministère en Galilée. Dans la catéchèse dirigée par Pierre, le mouvement avait été inauguré en Galilée après le baptême (Act. x, 37; cf. Act. τ, 22). C’est là que les Apôtres avaient été appelés. L'accord de Mc. et de Mt. sur ce point dépend donc de la construction primitive de l'enseignement. Mais leur soin à dater le retour en Galilée de l’emprisonnement de Jean laisse un temps libre sur lequel le quatrième évangile s’étendra (Jo τ. 19-171).

12-16. JÉSUS VIENT S'ÉTABLIR À CAPHARNAÜM (ef. Me. 1, 142; Le. 1v, 148; Jo. IV,1-3).

Mi. n'a en commun avec Me. que le retour en Galilée après que Jean eut été mis en prison, dans ses termes à Jui (xiv, 13) non dans ceux de Me., mais tandis que la perspective de Mc. montre seulement le Sauveur arrivant au bord du lac comme s’il avait suivi le Jourdain, Mt. suppose qu’il est revenu à Nazareth pour s'installer ensuite à Capharnaüm qui sera comme le centre de sa prédication. Ne pouvant cette fois faire dépendre Mt. de Me., les critiques ne manquent pas de dire que cette mention de: Capharnaüm est-une invention de Mt. pour justifier une prophétie. Comme si Isaïe avait nommé Capharnaüm ἢ Comme on voit ensuite Jésus si souvent à Capharnaüm, pourquoi n’y aurait-il

| pas habité? L'essentiel pour justifier la prophétie, c'était la prédication au bord

du lac, qui était traditionnelle, et non un changement de domicile. Ce changement est d'ailleurs supposé par Mc. puisque la visite de Jésus à Nazareth sera un événement. Il faut le tenir pour parfaitement historique (Jo. 1r, 12), quoi que dise encore Schmidt (Der Rahmen… Ῥ- 8}:

D’après Marcion, le Christ s'était manifesté pour la première fois à Caphar-

naüm... τότε πρῶτον, ὥς φασιν ἐπὶ Τιδερίου χατελθὼν ἐφάνη ἐν Καφαρναούμ (A damanlius, Dial. τι, 19).

12) ἀκούσας avec ἀνεχώρησεν comme χιν, 13. Le participe indique la cause de l'action, tandis que Mec. indique seulement l'ordre des faits. — ἀναχωρέω ἃ sûrement comme dans n, 12. 44. 22; x, 15, le sens de se retirer pour chercher ailleurs un lieu plus propice. On en conclut que Mf. ne se soucie guère de l'histoire et n’a pas pensé qu’Antipas, le même qui a fait arrêter le Baptiste, règne aussi en Galilée. Cependant, d’après Josèphe (Ant. XVIII, v, 2), Antipas a craint un mouvement révolutionnaire (ἀπόστασις, τί νεώτερον), dont le théâtre eût été la rive du Jourdain surtout du côté est. Jésus n’a pas voulu y être mêlé. Les disciples de Jean une fois dispersés, on ne se souciait pas de les poursuivre où ils s'étaient retirés, Ce n’était pas renoncer à la prédication, ni se dérober à ses risques, mais la reprendre sur le terrain prédit par les prophètes selon le mode qui convenait à sa mission. — Sur παρεδόθη, cf. Comm. Me.; c'est le moment indiqué dans Mt. χιν, 3.

19) καὶ χαταλιπών, après l’arrivée en Galilée, et à l'aoriste, semble bien

indiquer que Jésus, revenu d'abord à Nazareth, l’a ensuite quittée. Lire Ναζαρεθ avec NWD 0, et non Ναζαρα (ΒΖ 33 af.), car Mt. ne peut avoir changé si tôt

MT ἐν ἘΠ

ÉVANGILE SELON SAINT MATTRIEU, IV, 11. ὃ

παραθαλασσίαν ἐν ὁρίοις Ζαβουλὼν χαὶ Νεφθαλείμ᾽ Hiva πληρωθῇ τὸ δηθὲν διὰ Ἢσαίου τοῦ προφήτου λέγοντος ἶ ς 15 D Ζαβουλὼν xai γὴ Νεφθαλείῳμ, ὋὉδὸν θαλάσσης, πέραν τοῦ ᾿Ιορδάνου, Γαλιλαία τῶν ἐθνῶν, ἰ 16 Ὃ λαὸς ὁ καθήμενος ἐν σχότει Φῶς εἶδεν μέγα, Kai τοῖς καθημένοις ἐν χώρᾳ al σχιᾷ θανάτου Φῶς ἀνέτειλεν αὐτοῖς.

11/Ard τότε ἤρξατο ὁ ᾿Ιησοῦς χηρύσσειν χαὶ λέγε. Μετανοεῖτε,

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