‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 121 sur 350 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

: ss LEs BÉATITUDES (ef. Le. vi, 20-23).

Elles sont précédées d’une introduction à tout le discours (1-2). ΓΒ. Béatitudes sont comme le thème de tout l’enseignement de Jésus. Si

᾿ forment aussi un corps distinct. Le thème « heureux celui qui »... était connu par les psaumes (1, 1, ete.) ; mais ce qui est propre à Jésus, c'est d'avoir esquissé en même temps le bonheur du royaume des cieux et les conditions pour y parvenir, dans des phrases courtes et simples. Quelquefois la disposition morale f exigée et la récompense sont sur le même plan : la faim est rassasiée, la miséricorde obtient miséricorde ; mais cette coïncidence n'est pas systématiquement poursuivie. Il y ἃ comme un laisser-aller dans l'ordre et la correspondance

s termes qui exclut tout arrangement trop rigoureux. Quand on reproche à ésus de ne s’être pas expliqué sur le royaume des cieux, on oublie simplement es béatitudes. Explication qui ne pouvait être qu’une série d'indications analoues sur le bonheur le plus complet que les hommes puissent concevoir, le 1 le plus parfait qu'ils puissent posséder, une dignité plus haute que celle

‘ils pouvaient rêver. Et si ces termes n'étaient pas assez clairs pour donner

la justice, la miséricorde, la pureté du cœur trouveraient-elles la ou u Iles ambitionnent ailleurs que dans le Dieu de miséricorde et de sainteté? béatitudes sont le grand coup d’ailes qui place l'enseignement de Jésus au-dessus de tout ce qui est bonheur purement humain, gloire humaine, et qui engage les disciples à regarder vers la lumière de Dieu. Il n’est pas douteux

ἘΝ entrevu, et qu'il ne soit proposé comme une récompense individuelle, promise À à tous ceux qui seront pénétrés des dispositions requises. Ceux-là sont heureux, mais en espérance, cette espérance étant déjà pour eux un motif de béatitude,

7 arboris cum virescit frondibus : et aliter cum iam primordia fructuum incipiunt apparere (la Ile, q. Lxix, a. 2).

développer le v. 10. Cependant Augustin n’en comptait que sept, parce que le v. 10 ne serait que la confirmation des autres. Mais il ἃ sa raison d'être propre. Toutefois le nombre de sept est probablement primitif. Il semble que « les

l'idée d’un royaume divin, entièrement opposé aux espérances messianiques emporelles, les conditions imposées achèvent de faire pleine lumière : Ia soif

que le règne de Dieu ne soit transcendant, celui que le Judaïsme avait déjà rt

surtout pour ceux qui sont déjà exaucés : aliter enim habetur spes fructificationis

7 Les béatitudes de Mt. sont au nombre de huit, car les vv. 11 et 42 ne font que.

doux » (v. 4 ou 5) ont été ajoutés par le traducteur grec, car cette béatitude

1 Voyant la foule, il monta sur la montagne, et quand il se fut assis, R #

ses disciples s’approchèrent de lui, ?et ouvrant la bouche, il les

enseignait, disant : ᾿ ἣν

semble un emprunt textuel à l'A. T., sa place est douteuse, et elle paraît une seconde traduction de la première. Mais la critique va beaucoup plus loin et ne reconnait comme texte de sa source Q que les trois béatitudes correspondantes à celles de Le. : les pauvres, les affligés, les affamés (Harnack, etc.). De cette façon les béatitudes n’énumèrent pas « les qualités morales des disciples de l'Évangile, mais décrivent leur situation à l'égard du monde. Ils sont considérés comme actuellement et réellement pauvres, affamés, affligés.… » (Loisy, 1,

552; Wellh. etc.). Cependant ni Loisy, ni Wellhausen ne prétendent que Luc a

simplement esquissé un renversement des situations sociales : « Cette situation

n'exclut pas, elle implique plutôt l'esprit de pauvreté spirituelle, et la récom- ᾿ HE

pense promise, même exprimée sous la forme du rassasiement et du rire n’est

pas d’ordre vulgaire » etc. (Loisy, τ, 552). On pourrait donc concevoir que Jésus ait proposé ses bfatitudes sous une forme énigmatique, sous-entendant les ke-

conditions morales que ses disciples devaient supposer. Luc aurait conservé cette forme qui était celle de Q ou de Ma., et Mt. aurait dit explicitement les conditions morales en ajoutant « en esprit », à « pauvres », en disant faim « de

la justice ». Mais il faudrait encore supposer que Mt. ἃ ajouté de son crules

autres béatitudes, et c’est ce qu’on ne saurait ni prouver, ni admettre. Car elles sont l'essence même de l’enseignement de Jésus ; et plutôt que d’en attri-

buer l'invention à Mt., il faudrait s'étonner que Jésus ne les ait pas répétées 5

souvent. Étant le créateur de cette formule merveilleuse, comment ne l’aurait-il pas variée sous toutes ses formes, tantôt en piquant l'attention, tantôt en faci-

litant l'intelligence des termes, tantôt en quelques mots, tantôt d’une façon

plus développée? Il est vrai que Mt. aurait pu prendre ailleurs des sentences de Jésus pour les ajouter au texte de Ma., mais le chiffre de sept et l’inclusio du v. 10 conviennent parfaitement à un évangile araméen. Le texte de Le. ne. prouve pas que Ma. ne contenait rien de plus (cf. Comm. Lc.). Harnack lui-même

reconnait que la proposition à la troisième personne, avec la reprise de αὐτοί

{Mt.) est primitive par rapport ἃ l’allocution à la deuxième personne (Le.).

1) On dirait bien que Jésus monte pour mettre les foules à l'épreuve : suivra

qui voudra. — A la montagne; quoiqu'on ne doive pas insister trop sur l’article, il indique assez naturellement la montagne prochaine, dans le cadre de 1v, 15,

+ non loin de Capharnaüm (var, 5). Qourn Haftin n’est indiqué que depuis le xne siècle. On peut songer à la colline qui domine la plaine au nord-ouest du lac. Les simpliciores de Jér. nommaient le mont des Oliviers, probablement à cause du Pater. Comme d’ailleurs Jér. lui-même propose le Thabor ou une ‘autre montagne élevée (ce qui n’est pas dit), la tradition n'était sans doute pas très ferme.

Jésus s’assied, indice d'une certaine intimité. Il eût fallu être debout pour parler à une foule. Nouvel indice, les disciples s’approchent comme pour former son auditoire. Les disciples ne sont pas seulement les quatre appelés (tv, 18-22), et il n’a pas été encore question des Douze. Ce sont donc les disciples en géné-

nn ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU. 6

SCT NE

3 Mandpror οἱ πτωχοὶ τῷ πνεύματι, ὅτι αὐτῶν ἐστὶν ἣ βασιλεία τῶν οὐρανῶν.

ral, ceux qui ont assez vu et entendu Jésus pour être décidés à faire ce qu'il leur enseignera. Jér : Dominus ad montana conscendit, ut turbas ad altiora secum trahat. Sed turbae ascendere non valent. Et sequuntur discipuli, quibus et ipsis non stans, sed sedens et contractus loquitur. 1 ÿy a donc beaucoup d’exagération à dire que Mt. « a voulu représenter Jésus sur la montagne, comme Moïse sur le Sinaï, les disciples auprès de Jésus, comme les anciens autour de Moïse, et le peuple au bas de la montagne » (Loisy, 1, 542). Si Mt. a pensé au Sinaï, il a bien plutôt voulu changer la mise en scène. Pas de barrière entre le peuple et la montagne, vient qui veut. Le discours ne s'adresse qu'à ceux qui veulent être disciples, mais la foule a pu entendre (vi, 28); il n’y a pas non plus d'éclairs ni de tonnerres; tout est simple et la parole accessible à tous. — Comme construction, le gén. absolu n’est pas conforme aux règles, puisque le sujet de l’action reparait ensuite comme régime.

2) La formule ἀνοίξας κ. τ. À. n’est point tellement solennelle; on peut en juger par les textes allégués dans ce sens Dan. x, 16; Job πι, 4; ΧΧΧΠΙ, 2: 4Act.

vin, 35: x, 34; xvin, 14. Elle marque seulement un discours long et important.

- αὐτούς, les personnes présentes, c’est-à-dire ceux qui se sont détachés de la foule et se présentent comme disciples, non pas les disciples et la foule (Schanz).

3) Dans Mt. les paroles ne s'adressent directement aux assistants qu'à partir du v. 41. Le discours débute donc comme une sorte de déclaration générale. — μακάριοι est bien la traduction de l’hébreu “wx (à l’état construit) dans les

LXX, mais ce n'est pas une raison pour qu'il n'ait pas ici son sens grec, rendant

d'ailleurs assez bien celui de l'hébreu. Non pas « Salut à tel ou tel » (Klost.),

mais heureux dans la réalité. Certains se croient heureux, et le public les déclare heureux. Jésus proclame ceux qu’il faut dire heureux, quand bien même ils n'auraient pas eu jusqu’à présent conscience de ce bonheur, — Les πτωχοί sont qualifiés τῷ πνεύματι : non pas : pauvres en fait d'esprit humain, encore moins dépourvus d'Esprit divin, ni détachés de la richesse à cause de l'Esprit qui les anime, mais : pauvres selon leur propre esprit, οἵ, ταπεινοὺς τῷ πνεύματι (Ps. xxx, 49), et ici v. 8 καθαροὶ τῇ χαρδίᾳ.

« Les pauvres sont devenus dans fs. Lx, 1 et dans les Psaumes une notion religieuse οἱ élevée; ce ne sont pas ceux qui n’ont pas d'argent, mais les personnes pieuses qui se sentent désenchantées et opprimées dans Ἔ monde » (Wellh. 44), et qui par conséquent sentant leur impuissance, attendent tout de Dieu : adiunæit spiritu, wt humilitatem intelligeres, non penuriam (Jér. 1 est probable que c’est une véritable addition de Mt., moins nécessaire à Le. qui avait déjà cité (ιν, 18) le εὐαγγελίσασθαι πτωγ οἷς d'Isaie.

— ἐστιν au présent, quand tous les autres verbes seront au futur, parce que βασιλεία est ici le royaume où ces pauvres entreront, mais qui existe déjà pour eux. D'ailleurs l’araméen n'exprimait pas le verbe.

ὃς Bienheureux les pauvres en esprit, parce que le royaume des cieux est à eux.

*Bienheureux ceux qui sont doux, parce qu'ils posséderont la terre.

5 Bienheureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront Fe

4) Nous n'hésitons guère à conserver l'ordre de la Vg. avec Ti. contre HV et 8. Il estattesté par Tatien (Moes. p. 62) 33 À D Θ 700 565 28 544 latt (sauf ὃ q f r?) Syreur. Clém.-Al. Or. Bas. Grég. de Nysse; Aphraate (Hom. II, 19). Et cet ordre est confirmé par le texte même de cette béatitude qui ressemble tellement ἢ la première qu'on pourrait la prendre pour une seconde traduction.

Le πτωχός des LXX, lorsqu'il désigne le deshérité et l’humble qui est en faveur auprès de Dieu, traduit l’hébreu ἽΝ ou ὩΣ) qui avaient en somme le

même sens, et ce sont exclusivement ces mots que traduit πραύς. Les Syriens ont traduit πραεῖς par NY, « les humbles ». Il se peut donc

que πραεῖς ait été une autre manière que l'addition de τῷ πνεύματι, POUr tra-

duire le sens moral des πτωχοί que Jésus avait en vue. Dans le grec πραεῖς indique la douceur; c'est l'attitude des pauvres en à esprit

envers les autres; ils sont bons, indulgents, faciles. — La récompense estaussi :

la même que dans la première béatitude, car elle ne promet pas que les doux posséderont la terre qu’ils habitent, ni sous le régime actuel, ni sous un ordre plus parfait, mais le lieu, quel qu'il soit, qui est le royaume des cieux. Le psalmiste (xxxvi, 11) disait : οἱ δὲ πραεῖς χληρονομήσουσιν γῆν en parlant de la terre d'Israël, mais dans l’ordre du discours de Jésus, la terre n’est plus qu'un symbole. Tout est transposé. xAnpovouetv signifie hériter et aussi acquérir, à l'instar de son équivalent hébreu Ὁ}. Le psalmiste ne visait que la prise de

possession; l’évangile aussi, car le titre n’est pas encore manifesté. Plus tard on saura 416 c’est l'héritage. Le Fils de Dieu est l'héritier (Mt. xxr, 38), les fidèles seront héritiers avec lui (Rom. vu, 17), d'autant qu'ils seront nommés fils de Dieu (v. 9). C’est probablement pour marquer une suite logique qu’Aphraate (Hom. ΠῚ a l’ordre v. 3. 9.4.5.

Le vice opposé à la douceur est la dureté, ordinairement accompagnée d’avarice : « Le seigneur Harpagon est le mortel de tous les mortels le plus dur etle plus serré » (L’Avare, 11, 5). Les durs veulent. acquérir el. posséder pour eux seuls. Et ce sont les doux, prompts à céder, qui posséderont la terre!

5) πενθεῖν n’est pas seulement se lamenter en cas de mort; c’est déplorer un malheur ou un mal.-Après que Sion eut été ruinée, l’état subséquent parut

aux Israélites comme.un stage douloureux, que Dieu changerait en joie; le rôle de l’Oint du‘Seigneur-devait être παρακαλέσαι πάντας τοὺς πενθοῦντας (Is. Lxr, 2 et ss.). Le ps. cxxv oppose à la mélancolie des semailles La joie de la moisson. Jésus ne parle ni du deuil d'Israël ni de ses espérances, mais de tous ceux qui sont dans la tristesse. C’est le lot des serviteurs de Dieu, puisque ici-bas le mal l'emporte sur le bien. Ils seront consolés et cette promesse répand déjà sur leur deuil un rayon de bonheur. Mais la promesse divine s'étend encore. plus loin, à

Mi 9 4 ETS = Υ υαγχάριοι OÙ ειρηνοπο

8 μαχάριοι οἱ χαθαροὶ τὴ χαρδίᾳ, ὅτι αὐτοὶ τὸν θεὸν ὄψονται. vo, ὅτι αὐτοὶ υἱοὶ θεοῦ χληθήσονται.

tous ceux qui pleurent parce qu'ils souffrent, à la condition cependant qu'ils soient de ceux pour lesquels parle Jésus, qui sont ou veulent être ses disciples. 6) La faim et la soif se sont dites chez les anciens des sentiments de l'âme, mais plutôt des biens temporels convoités ou de l'exigence des passions; cf. Pur. De cohib. tra 11 (460 B) : τροφῇ μὲν γὰρ ὃ πεινῶν χατὰ φύσιν χρῆται" τιμωρίᾳ | δ᾽ 6 μὴ πεινῶν μηδὲ διψῶν αὐτῆς. Dans ΓΔ. T. cette faim et cette soif s'entendent de la parole de Dieu (Am. vin, 11) ou des biens spirituels donnés par Dieu (Is. Lv, 1; Jer. χχχνπι, 25: Ps. νι, 9); même de la soif de Dieu (Ps. xut, 2. 3). Mais pour la justice on devait la faire (ls. Lvr, 1; cf. Test. Lévi xx, 5). Jésus assimile donc la justice aux dons de Dieu. On doit en avoir faim et soif, toujours, parce que sur cette terre elle n’est jamais parfaite : ut sub hoc exemplo numquam nos satis iustos, sed semper esurire tustitiae opera intelligamus (Jér.).

> Ce qui ne veut pas dire qu'elle n’est pas réelle ici-bas. La nourriture la plus

solide ne calme pas la faim pour toujours. Et le don de Dieu n'exclut pas l'effort, car celui qui a faim et soif fait tout pour se satisfaire. Le rassasiement (Ps. vi, 9) est promis pour plus tard. Car le désir de la justice est le désir de Dieu, et la faim de justice sera donc apaisée par la possession de Dieu. La

justice n’est donc ici ni la justice de Dieu dont on souhaiterait le triomphe,

ni la justice qu'on serait disposé à rendre aux autres, ni la justice conférée au Jugement selon le mode luthérien, mais la perfection que Dieu donne à ceux qui la désirent de toute leur âme, jusqu'au moment où, étant rassasiés, ils ne désireront plus rien. |

1) Dieu donne largement sa faveur; quand elle s'étend à des pécheurs, il est dit miséricordieux (fn), quand sur des malheureux, il est dit compatissant

(pm); ces deux attributs sont rendus quelquefois ἐλεήμων; l'homme n’est

jamais ἐλεήμων dans ce double sens. Les Prov. x1, 17; xx, 6 (axvix, 22 en grec par erreur) emploient ce mot pour la bienveillance générale. Mais tandis que les stoïciens voulaient imitér la divinité en secourant les malheureux sans compatir à leur souffrance, le Fils de Dieu est devenu homme pour éprouver la compassion (Heb. n, 17). L'adjectif ne se trouve pas ailleurs dans ,0.Ν. 7. Mais le sentiment exprimé ici s’y trouve souvent. L'homme ἃ un besoin profond Ἷ constant de la miséricorde de Dieu. Il doit donc commencer par pardonner (Mt. νι, 14-15; xvin, 33), et d’une façon générale par compatir aux misères et aux souffrances des autres: cf. Prov. xvi, 5 : ὁ δὲ ἐπισπλαχνιζόμενος ἐλεήθησεται, Jac. τι, 43, et surtout le bon Samaritain Le. x, 37. J. Weiss : ? « L'apparence extérieure d'uniformité entre la prestation et la récompense paraît étrange à notre sentiment évangélique formé par Paul et par Luther. » Et il prouve qu’en effet il n’y ἃ pas parité; 16 don de Dieu dépasse l'œuvre

ΡΥ P tes

6 Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, parce qu'ils à seront rassasiés.

7 Bienheureux les miséricordieux, parce qu'ils obtiendront miséri-

corde. LR = SBienheureux ceux qui ont Le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu. | 9 Bienheureux les pacifiques, parce qu'ils seront appelés fils de |

Dieu. EN

de l'homme. Mais il faut bien reconnaître que l’idée luthérienne n’est pas celle de Jésus. Ce n’est pas tant pis pour Jésus. ; ; 1 ES 8) La pureté était nécessaire pour approcher de Dieu, et déjà le paganisme Ÿ comprenait que cette pureté ne devait pas être seulement extérieure et rituelle. ΝΠ A Délos, en 54 av. J.-C., on exigeait χερ]σὶν καί ψυχῇ καθαρᾷ (Mélanges Holleaux, k “p. 276), avant des abstinences rituelles. Jésus n’exige que la pureté du cœur, ἡ comme Ps. xxnr, 4, καθαρὸς τῇ χαρδίᾳ, cf. Ps. 1, 42, non point sans doute une 3 pureté absolue, mais quos non arguil conscientia nulla peccati (Jér.), ce qui n'est. pas en contradiction, ce qui est plutôt une bonne disposition à l'égard du désir de la justice. — La vue de Dieu avait déjà été promise aux justes, Ps. xt, 7; xvu, 15, mais un scrupule sur la transcendance de Dieu, d'essence ou de sainteté, avait engagé les LXX ou à faire un contresens formel (Ps. x1, 7) ou à intro-. duire l'intermédiaire de la gloire. Il semble que pour les apocryphes la vue de la gloire de Dieu (IV Esdr. vu, 91) ou même de Dieu (Jubilés, 1, 28) ne dépasse pas beaucoup la révélation de Dieu dans la nuée au temps de Moïse. Philon fait consister la suprême béatitude du sage dans la vue de Dieu (De Abrah. 122 Mang. n, 19 etc.), mais il donne à entendre (De posterit. Caïni 168 etc.) que le point le plus élevé de la connaissance humaine est de savoir que Dieu est incompréhensible et ne peut être vu. — Or la parole de Jésus-Christ est | formelle, et elle a été comprise selon sa teneur; cf. I Cor. xt, 12 ét 1 J0:.01,.25 0 2000 ef. Apoc. xxu, 4. Cette vue est promise ici comme une récompense. ya be. cependant une certaine convenance entre le mérite et la récompense : nam φῇ munditia oculi disponit ad clare videndum : unde mundis corde divina visio #4 3 repromittitur (1* u®, 4. LxIx, art. 1v). 102 9) εἴρηνοποιός ne se trouve qu'ici dans la Bible. C'est plus que le paisible, celui } y qui reste en paix. Ce n’est pas non plus le pacificateur, celui qui fait pour ainsi = “#0 dire son office de réconcilier les gens. C'est « pacifique », celui qui aime et 3 ΝΣ poursuit la paix comme Hillel (Abofh 1, 12) pouvait le souhaiter d'après αὶ ps. xxum, 15; qui la fait régner par son ascendant, au besoin en se dressant Fe contre l'injustice (Prov. x, 10 6 δὲ ἐλέγχων μετὰ παρρησίας εἰρηνοποιεῖ, hébr. autre ment), car la paix est le fruit de la justice (Is. xxxur, 17; Bar. v, 4). Dans ce’ “4 sens le règne du Messie devait être un règne de paix (Is. 1x, ὁ 5. Ez. xxxIV, 25. 29). Et de fait le Christ a établi la paix (Col. 1, 20; Eph. 1, 16), — Ceux qui ‘#4 participent à sa paix la répandent aussi autour d'eux. — κληθήσονται est presque ὃ | synonyme de ἔσονται (cf. v. 19; xxr, 13) d’après l'usage de l’A.T. On suppose que l'appellation répond à une réalité. Mais pourquoi les pacifiques sont-ils fils de Dieu? C’est peut-être simplement pour donner une nouvelle expression au

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