‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 130 sur 350 · L’AUMÔNE · texte numérisé non relu

L’AUMÔNE

2) L'importance de l'aumône dans la religion juive résulte précisément du

sens d’aumône donné à ΠΡῸΣ qui signifiait « justice », et la même dérivation en.

arabe vient probablement des Juifs. Chez les musulmans comme chez les Juifs, l’aumône est très spécialement un devoir religieux. Celui qui donne « pour être

: vu » vise donc la réputation de pieux plutôt que de compatissant. C’est de

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l'hypocrisie; οἱ ὑποχριταί ne désigne pas les Pharisiens par leur nom; il pouvait

yen avoir d’autres, mais la mention des Synagogues indique bien une affectation de piété. σχλπίζω ici non pas « sonner », mais « faire sonner » de la trompette, ᾿ πριν

PS comme le héraut pour attirer l'attention sur ce qu'il va proclamer : cf. Achille

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Tatius vu, 40 (cité par Klost.) ὑπὸ σάλπιγγι... καὶ χήρυκι μοιχεύεται. Cette trompette est évidemment métaphorique (Chrys.); cf. buccina famae (Juvén. xiv, 152) et

Ἵ ῥΣ - . . , . - - L2 - ΄ τ΄ buccinator existimationis meae (Cic. Fam. xvi, A, 2). En Orient la curiosité,

l'oisiveté, la lumière font des rues et des places des lieux de spectacle; la Synagogue était le théâtre où se faisaient les réputations de sainteté. — ἀπέχω est l'expression courante des papyrus pour « donner reçu » (ἀποχή). On peut donc l'entendre ici au sens presque technique de celui qui a donné reçu de ce qui lui était dû. Le présent a le sens du parfait, à cause de la prépo-

sition. Dans les recus on trouve régulièrement ἀπέχω OÙ ἔσχον (MM.). Ovide -

(Fast. ur, 389) : merces müihi gloria datur.

3) Figure familière, charmante d'abandon. Cf. Épictète (ιν, 8, 17, citant j

Euphrates) : ἤδειν, ὅσα καλῶς ἐποίουν, ὅτι οὐ διὰ τοὺς θεατὰς ἐποίουν, ἀλλὰ δι᾽ ἐμαυτόν. Le stoïcien n’agit pas pour être vu du vulgaire, mais pour sa satisfaction personnelle. Épictète, le plus religieux des philosophes, ajoute Dieu : πάντα ἐμαυτῷ

?2Lors pret que tu fais l'aumône, ne sonne pas de la trompette

᾿ devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans

les rues, afin d’être loués par les hommes: en vérité je vous le dis, ils ont reçu leur récompense. Pour toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta main droite, ‘afin que ton aumône 501} dans le secret; et ton Père qui voit dans le secret, te le rendra. Et lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites; car ils aiment à prier debout dans les synagogues et aux angles des places, afin d’être vus des hommes; en vérité, je

χαὶ θεῷ. Le disciple de Jésus ne doit même pas savoir s’il a fait la charité.

L'union des deux mains est naturelle et signifie l'intimité de deux personnes dans Hamasa 422, 22 cité par Wellh., et interprété par Freytag : Et es

manus si de. a dextera salutem non assequitur. Le mot de Prov. xx1, 44 : « un don fait en secret apaise la colère » est d'une | politique avisée; ce texte mal compris ἃ fait dire à R. Eléazar (ne 5. ap. J.-C.) :

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« celui qui fait la charité en secret est plus grand que notre maître Moïse » ΝΣ '

(Baba bathra, 9".), car Moïse craignait la colère (Dt.1x, 19). On voit la différence des enseignements, même quand ils paraissent coïncider.

4) ἐν τῷ χρυπτῷ est le leitmotiv de toute cette triple péricope.

Le disciple doit agir dans le secret. Si la bonne action a son rayonnement utile (v, 16), la publicité ne doit pas être cherchée pour elle-même. Dans ce cas Dieu donnera une récompense. Pour cela il faut qu’il voie dans le secret, ce qui ” ne fait pas de doute, mais ce qui est dit pour un certain rythme de la phrase. Cela suffit. Cependant l'esprit sémitique(cf. Exod. rabba c. vx; Bischoff, p. 7). pouvait aisément être porté à un parallélisme par contraste, d’où l'addition : ἐν τῷ φανερῷ Diat.-ar. syrsin. pes. a ὃ ὁ g! et plusieurs mss. grecs du TA d’Antioche (W etc.). On serait plutôt tenté de dire que Dieu réndra dès ἃ présent. dans le secret, mais le second ἐν τῷ χρυπτῷ dépend de βλέπων qui sans cela demeurerait en l'air. Que Dieu voie tout, même dans les ténèbres, cela est dit Job. xxxiv, 21 s.; Ps. cxxxix, 12. La seconde locution ἐν τῷ χρυπτῷ étant com- mandée par la preMière, il est inutile de prendre ἐν comme représentant un beth sémitique après « voir ».

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