om. οθεος ὦ. o πατὴρ (TS V) et non add. (H
Do une allusion aux frais .d'éloquence que faisaient les païens pour persuader les dieux : et hoc nugatorii studii genus etiam ad Deum prece flecten- dum transferre conantur, arbitrantes sicut hominem tudicem verbis adduci in tal sententiam (Aug.). La littérature, étant sous l'influence de la philosophie, blämait qu'on fatigudt les dieux (SÉN. ep. xxx, δ), mais c'était bien le courant ° de la dévotion païenne (Martial, vn, 60. 3 etc. cum votis sibi quisque te fatiget, LUE poscat dare, quae, dei potestis), dévotion plus familière que celle des Juifs, mais moins consciente de l’éminence de la nature divine. Les Juifs priaient longtemps, mais ils savaient qu'il ne faut pas beaucoup de mots (Eccle. v, 1. : Eccli. vu, 14 etc.). Aussi bien Jésus recommandera une prière instante, qui À 7 pourra être longue (Le. xvin, 1 ss.). En même temps qu’il inspire la confiance filiale, il relève l’omniscience de Dieu qui n’a pas besoin d’être informé de tout ce qu’on désire. Peut-être quelques prières récentes tombent-elles sous le reproche ici formulé, mais l'office liturgique et le rosaire non pas, car ce ne || sont point des prières où chacun plaide sa cause auprès de Dieu avec tous Ÿ [165 artifices de la persuasion; ce sont des élévations où chacun s'associe à 54 |l'Église pour louer Dieu et lui exprimer des besoins très généraux dans des |termes traditionnels.
8) Prise à la lettre et isolée, cette sentence pourrait conduire à ne rien . demander du tout. Et cependant Jésus va enseigner à demander le pain. Ce - qu'il condamne ici, c'est donc bien la prétention d'informer Dieu par de longs discours : aliud est enim narrare ignoranti, aliud scientem petere. In illo indix cium est, hic obsequium (Jér.). Nous ne lui faisons pas connaître nos besoins, nous en prenons conscience, une conscience souvent douloureuse, qui nous oblige à recourir à son secours.
a + 9-15. L'ORAISON DOMINICALE (Le. XI, 2-4).
Fi Sur les différences entre Mc. et Le., voir le commentaire de Le., où nous AE essayons de montrer que c'est lui qui ἃ abrégé; le texte de Mt. est donc ENT primitif.
NE On continue à prétendre que le Pater n’est point une prière propre aux
D chrétiens, mais une prière inspirée par l'esprit juif. Or si Jésus n'a point exclu | d’autres formules de prière, il a bien entendu remettre à ses disciples la forme qui leur convenait le mieux. Il ne pourrait être question de chercher partout dans les écrits rabbiniques des points de contact isolés. Les Juifs ont aussi une prière, qui est la prière par excellence (Tephillah); c'est elle qui peut servir de point de comparaison. D’après le Talmud (Meg. 110) cette prière, | nommée les dix-huit bénédictions (chemoné-‘esré) malgré l'addition d’une dixὺ ἥ neuvième, ἃ été ordonnée par Simon, simple ouvrier, 501} la commission de 4 R. Gamaliel IT à Jabné, donc après la ruine de Jérusalem. M. Elbogen (Der Jüdische Gottesdienst in seiner geschichtlichen Entwicklung p. 28 ss.) croit que
les éléments δὴ sont plus anciens, mais le groupement doit bien dater au plus tôt de cette époque. Les deux recensions, palestinienne (dans Le Messianisme.… Ὁ. 338 ss.) et babylonienne ne diffèrent que par des détails. La prière commence par un hymne (ἡ à Dieu, le Dieu des pères, etc. ; (nr) qui guérit,ress suscite; (ur) est Saint. Viennent ensuite les demandes : (1v) de science et d'intel Ὁ ligence; (v) implorant le retour à Dieu; (νὴ le pardon des péchés; (vm) lui demandant de juger la cause d'Israël; (vur) de guérir ses plaies: (1x) de le bénir au temporel et au spirituel; (x) de rassembier les tribus d'Israël; (x1) d'établir son règne; (xn) de punir ses ennemis, surtout les hérétiques; (x) de récompenser les justes; (iv) d'instaurer Jérusalem et le règne de David. Une instance Ὃ générale pour être exaucés (xv) est suivie d’actions de grâces οι de bénédictions | TRS (vi-xv (xx). } CU (Re Qu'il soit impossible de ramener les demandes à un certain ordre, c'est ce # que concède M. Elbogen, en attribuant le désordre à l'existence antérieure de * certains morceaux; on l’expliquerait aussi par la préoccupation intense des d τα destinées d'Israël qui reviennent toujours au premier plan. C’est éminemment | 54 une prière nationale. je 1 Qu'y a-il de commun entre la Tephillah et le Pater? La succession de l'hymne et des» demandes, thème obligé de la prière chez les Juifs (Dan. mm 25 ss. ; 1x, 4 ss. etc,). Encore le Pater ne contient aucun éloge ide Dieu, invoqué seulement comme Père du ciel, et il passe immédiatement à la prière. Il est ἢ vrai que la sainteté de Dieu et son règne sont des idées dominantes dans les deux prières. C'était tout le fond de l'Ancien Testament. Mais nous sommes τ ὦ ἶ ici à la bifurcation d’une voie. Chez les Juifs la sanctification de Dieu lui viendra d'Israël, et son règne sera le règne d'Israël. Jésus parle d’une façon très ἊΝ générale, ramenant tout à l’accomplissement de la volonté divine. #5E Les deux prières demandent à Dieu des avantages temporels et surtout spiri- à 150 tuels, à savoir le pardon des péchés, la perpétuelle supplication des prophètes. Mais le pardon des péchés pour les Israélites depuis le temps des Juges, est Dr le point de départ obligé de la prospérité accordée à la nation; il n'exclut pas le désir de la vengeance, tandis que le disciple ne sera pardonné que s’il par- L à donne tout d’abord. Ge Donc non seulement le Pater est plus ordonné, plus concis; ce ne sont que des avantages de forme. Il est conçu dans un esprit tout différent. Si Jésus a connu une tephillah semblable à celle de Gamaliel, il l’a donc expurgée soi- 48 gneusement de tout élément nationaliste. Pouvait-il le faire s’il n ’avait eu une ᾿ conception tout autre de l’enseignement des Écritures? Et alors ne faut-il pas conclure simplement qu'il ἃ interprété l'Écriture autrement que les Rabbins? Qu'il y ait une source commune à la base des deux prières, cela est évident. ἣ Mais on peut dire que cette source elle-même ἃ été épurée par Jésus, comme les éléments législatifs de la Loi, et que sa prière est conçue dans un autre esprit, celui qui apprend à ses disciples à prier Dieu comme père. Il s'en faut beaucoup que l’idée de paternité ait la même importance dans la Tephillah, et ΗΝ elle n’est pas la même, puisque notre Père y signifie le père des Juifs, Expli-
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