‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 135 sur 350 · AR · texte numérisé non relu

AR

€ ὌΝ “ἴ LA ἁγιασθήτω τὸ ὄνομιά σου,

quera-t-onpar un hasard que la prière «enseignée par Jésus n'avait pas ἃ être changée pour devenir la prière de teus les chrétiens, juifs ou gentils ?

ΠῚ faut dire aussi un mot du Qaddich.'Elbogen (4. ἰ. ῬὉ. 92 ss.)-estime.queles deux idées principales de cette prière sont antérieures à la ruine de Jérusalem, quoique, comme prière liturgique complète, le Qaddich n’apparaisse que vers J’an 600.:Ces idées sont celles de :sanctification de Dieu et d’avènement de son ‘règne.; ét leur ancienneté est bien assurée, puisqu'elles sont exprimées dans Dan.u, 20; Ps. exur, 2. Ge qui ressemble vraiment au Pater, c'est le début-du -Qaddich actuel : «Que son grand nomsoit magnifié et sanctifié (ΕΖ. xxx, 23) dans le monde qu’il ἃ créé selon son vouloir; qu’il fasse régner son règne »... Mais ce pourrait:bien étre une facon plus développée et plus récente de-dire : « que son grand mom soit :béni à jamais », formule:de José b. Khälafta, vers 150 (dans :Siphré Deut. $ 306 [132 Bis cité par M. Elbogen), qui serait le noyau du‘Qaddich.

On voit que le Pater se rattache à l'A. T., c’est-à-dire à la révélation divine, ce qui ne saurait étonner, :mais il.est libéré de toute attache à l'esprit propre du judaïsme. C'est:à tel point qu'il pourrait être la:prière .de quiconque croit ‘en Dieu. Mais ce qu'il y ἃ d’admirable, «c'est que son sens profond, que Les disciples me pouvaient encore pénétrer, convient auxichrétiens les plus parfaits. Lies mêmes mots peuvent être la substance d’une prière simplement méditée-et “conduire à da ‘contemplation. C’est une prophétie des sentiments qui-devaient animer les âmes saintes dans l'Église née de la Rédemption; c’est le‘breviarium “totius evangelii (Terr. De orat. 1).

La prière contient d’abord rune captatio benevolentiae (Aug. Thom.), 9b; puis -six formules en ‘deux ‘séries, les ‘trois premières étant des vœux relatifs à la gloire deDieu, 10; les trois dernières étant des demandes relatives aux hommes, 44-43. Mais on:pourrait aussi regarder les premiers mots comme un hommage

‘spontané parti du cœur.

.9) οὕτως avec un futur impératif; Jésus indique dont formellement la prière que les disciples devront dire. La Didachè (vnr) ordonne même :de réciter «cette prière trois fois par jour. Docet sic orure, mais : non prohibet aliud ab hoc orare

(Thom). Dès:le temps de Justin (1 Apol. ταν) l'Église faisait encommun d'autres

“prières.

Toute:prière:commence par 465 louanges; le Chemoné ‘esré ne manquait pas à-cétte règle, et le nombre en augmentait toujours, car c'était le moyen.de se concilier la bienveillance de celui qu'on priait. Jésus réduit eette louange.à quelques mots : « notre Père qui est dans les cieux » (Aug.).-Encore n’est+ce ‘pointiici un procédé pour se faire bien voir, mais un encouragement pour.celui qui prie. Requiruntur duo ad :dantem, quod possit, et velit…si.enimiest pater, vull utilitatem filiorum... si :enim est in coelis, patest quod vult :(Thom.). Père était chez les:Grecs et les Romains un titre d'honneur pour la divinité, plutôt qu'un appél au sentiment paternel. Depuis les temps de Moïse, Dieuétait le

‘ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, vi, 9. "27 besoin avant que vous le lui ayez demandé. ° Vous done, priez ainsi :

père d'Israël (RB., 1908, p. 481 ss.), el avec le progrès dela religion individuelle, chaque Israélite pouvait user du droit de le nommer son père : ce n’était le cas qu’assez rarement (Eccli. xxm, 1, 4; Sap. τι, 46; xiv, 3; Tob. xx, 4; Jubilés 1, 24), et jamais, semble-t-il, sans évoquer plus ou moins le souvenir d'Israël. Dans la formule de Jésus, notre a paru secondaire et ajouté par Mt. Mais c’est précisément l'intermédiaire entre.le Pére de Luc, plus intelligible aux gentils, et le Dieu père d'Israël. Jésus :s’adresse à la nouvelle communauté des siens, sans la limiter par aucun exelusivisme national, si bien que tout homme peut prononcer ces mots, à la’condition de se regarder comme le frère des autres hommes. Mais combien leur sens-est:plus plein pour le chrétien, car «celui-qui nomme Dieu son père confesse par cette appellation la-rémission des péchés, et la remise du châtiment, et la justice, οἱ la sanctification, et la rédemption, et l'adoption, et le ‘titre d'héritier, et celui de frère du Fils unique, et la divettidn de l’Esprit-Saint » (Chrys.). — 6 ἐν “τοῖς. οὐρανοῖς (om. par 1.0.) est l'araméen ΝΞ. Dans Me. xr, 25; ef. Le. x1, 13, tandis que Mt, emploie “cette formule ou une équivalente :vingt fois. Dira-t-on qu’il l'a empruntée à l'usage juif, ou n'est-il pas beaucoup plus vraisemblable qu'il a conservé plus -textuellement le langage de Jésus? Chrys. et Aug. ont pris soin de montrer .que’si Dieu n’est pas renfermé dans ile ciel, comme tout Israélite le savait (έν. xx, 24),eette expression est utile aux imaginations simples. Les parfaits ‘trouvent Dieu ‘en ‘eux-mêmes, maison peut bien qualifier la prière d'élévation, -parce que les choses spirituelles sont comme un domaine supérieur (métaphore “inévitable ἢ) aumonde des corps. ‘Le ciel, élevé au-dessus de laiterre, est-en quelque sorte leur région, et par conséquent le séjour de Dieu. Ge fut un grand progrès de la -pensée ‘religieuse de mommer Dieu'le Dieu du ciel, c'était le dégager.dettoute attache avec le:monde que nous ‘habitons,le mettre dans une atmosphère transcendante, reconnaître son domaine souverain. Jésus ἃ donc conservé cette désignation, conforme à notre :manière de sentir : “πάντες τὸν "ἀνωτάτω τῷ θέέῳ τόπον ἀποδιδόασι (ARISTOTE, De coelo, 1, 3), qui n’est qu'une invitation à concevoir des idées moins indignes de ‘Dieu : tolerabilior ‘est .opinio eorum.…. ‘in cœlopotius credant esse, quamin terra : ut eum.aliquando cognoverin ἢ dignitatem animae cœleste etiam corpus excedere, magis eum quaerant in anima, quan in corpore-etiam eælesti (Aug.). Aussi pour un Augustin, in cœlis signifie in sanctis; pour toutle monde c'est un appel à sortir de leur ambiance misé- ‘rable, et à s'élever plus haut, vers le:Père.

— Après-cetteinvocation au Père, ou cettezadoration du Père, vient l'expression de trois vœux. Ce sont des demandes puisqu'on s'adresse à Dieu, le succès dépendant de lui, et parce que nous y sommes intéressés. Mais on peut aussi envisager en ‘première ligne, l'honneur et -en quelque facon le bien de ‘Dieu. L'âme humaineme:peut pas s'élever plus haut que par cet amour de bienveillance, cette véritable-amitié qui excite, en elle des désirs en faveur du-souverain ‘bien qu’elle aime.

ἁγιασθήτω εο5. difficile. Le verbe ἁγιάζω n'existe pas en grec, mais, comme les verbes-en-&w, il doit avoir le sens factitif, donc sanctifier.

Or-s'ikest évident qu'on ne:peut rendre Dieu plus saint, on peut sanctifier son

χω ji ΓΝ D nt LE lo ee ΓΤ, FES qu Υ | Ἔ se:

Us

PSE.

4198, . τς ÉVANGILE SELON SAINT MATTRIEU, VI, 10... Ὁ

ὺ nom, c’est-à-dire reconnaitre sa sainteté. Le concept de sainteté a passé par différentes phases. Dans l'A. T. il signifie un attribut suprême et inaccessible

propre à Dieu, par lequel il est redoutable à ceux qui l’abordent, à moins qu'il ne les admette à sa familiarité. Dès lors ils lui sont consacrés, et par là même sanctifiés. En effet, quand Dieu se manifeste comme saint, cela est d’abord synonyme de redoutable : Lev. x, 3; Is. xxx, 23, même ΕΖ. xx, 41; xxvirr, 22.25. Cependant on trouve dans ΕΖ. xxxvi, 24.23 ss. une modification de l’ancien concept. La sainteté est la perfection morale absolue, et ceux que Dieu sanctifie sont rendus parfaits dans l’ordre moral. Lors donc qu'il ἃ exercé cette action purifiante sur les siens, ils le sanctifient, c’est-à-dire reconnaissent sa sainteté,

propagent sa sainteté. Ce sens de perfection morale est aussi celui des Ps. de

Salomon (xvur, 28.48.49) et du N.T.

Ce doit donc être le sens ici. Aug. id est, ita illis innotescat Deus, ut non existi-

ment aliquid sanctius, quod magis offendere timeant insiste trop sur la crainte.

En traduisant «soit glorifié », Chrys. se contente d’une idée vague. Manifestement l'évocation de la sainteté indique que le titre de Père doit être prononcé avec un

À . profond respect, mais la sainteté est un attribut positif qui consent à se communi-

quer. Chaque fois que Dieu agit dans l’ordre moral, c'est pour faire œuvre de sainteté. Il est souverainement désirable que l’homme reconnaisse ce rayonnement, et par là même souhaite de le voir réalisé, non in te, sed in nobis (Jér.). Dans ce sens le vœu est eschatologique, non qu'il ait pour objet la manifestation suprême de la sainteté de Dieu par le jugement, mais parce qu’il envisage désormais son action comme une œuvre de sainteté à laquelle les chrétiens seront associés. Cyprien a seulement un peu forcé la note en écrivant : sed quod petamus a Domino ut nomen eius sanclificelur in nobis.. id petimus et rogamus, ut qui in ‘baptismo sanctificati sumus in eo quod esse cæpimus perseveremus (De dom. orat.

Le « nom » de Dieu est précisément cet aspect par où l'être inaccessible se. manifeste à nous, et qui nous permet d'entrer en relations avec lui. ᾿

Les Pères ont donc compris ces mots comme une véritable prière, qui est dans notre intérêt, sans préjudice de la glorification désintéressée qui émane du pur

amour de Dieu. On peut désirer-le rayonnement de la sainteté de Dieu pour lui-

même, sans penser au profit spirituel qu'on en retirera.

40) Du principe de la sainteté, Jésus descend à l’ordre social où elle doit se réaliser parmi les hommes : c’est le règne de Dieu. Il faut demander sa venue. Ce souhait suppose que le règne est à venir, mais pas plus que l'avènement de la sainteté divine. Si l’action des hommes est supposée dans le premier vœu et dans le troisième, elle ne saurait être indifférente au second. La venue du règne dépend de Dieu, mais outre que la prière des hommes est déjà unepréparation à ce règne, il dépend d’eux aussi de le procurer, comme l'explique

Notre Père qui êtes aux cieux : que ton nom soit sanctifié, Duel

ton. règne arrive, que ta volonté se fasse sur la terre comme

au ciel; ‘donne-nous aujourd'hui notre pain de chaque jour:

la troisième demande, en faisant la volonté de Dieu. En effet le règne de Dieu existe déjà, et son exercice est parfait dans le ciel où les anges font la volonté

de Dieu; Ps. cr, 19 ss. à βασιλεία αὐτοῦ πάντων δεσπόζει... λειτουργοὶ αὐτοῦ ποιοῦντες,

τὰ θελήματα αὐτοῦ. On n'a pas à souhaiter que Dieu fasse sa volonté ; cela dépend de lui seul; mais on peut souhaiter que cette volonté soit obéie sur la terre, comme elle l’est dans le ciel. Cyprien : non ut Deus faciat quod vult, sed ut nos facere possimus quod Deus vult… oramus et petimus ut fiat in nobis voluntas

Dei. Le même développe admirablement ce que Dieu veut de nous, et comment | à

serait établi son règne : kumilitas in conversatione, stabilitas in fide, verecundia

in verbis, in factis iustitia, in operibus misericordia, in moribus disciplina…, Ὁ

Dominum toto corde diligere, amare in illo quod pater est, limere quod Deus est,

Christo nihil omnino praeponere. hoc est voluntatem patris implere (De Dom. or.

14 et 15).

Les stoïciens ont su engager l'homme à conformer sa volonté à celle de Dieu ; Sénèque (ep. 1x, 3, 20) : placeat homini quidquid deo placuerit ; Épictète (π, 47, 22) μηδὲν ἄλλο θέλε ἢ ἃ ὃ θεὸς θέλει, mais cet enseignement est singulièrement

obscurci par le déterminisme. Les Israélites savaient mieux qué l’homme doit

obéir au Dieu vivant. Juda fils de Theima disait : « Sois fort comme la panthère, léger comme l'aigle, vite comme la gazelle, héros comme le lion pour faire la volonté de ton père qui est dans les cieux »(Aboth, v, 20). R. Eliézer (commencement du second siècle) disait à Dieu : « Fais ton bon plaisir en haut, et donne le repos d'esprit à ceux qui te craignent ici-bas, et fais ce que tu as POLE agréable » (Berachoth 29 Ὁ) : Dieu commande, et lhanae obéit. |

- La prière du Qaddich demande plutôt : « que votre (ou leur) prière soit acceptée et que votre (ou leur) désir soit accompli ainsi que le désir de toute la maison d'Israël. » Dans la pfière de Jésus, le disciple a le sentiment que tout ce que Dieu veut est parfait, et qu'il est souhaitable que sa volonté se fasse en nous et par nous, car c’est ainsi que son nom sera sanctifié par notre sanctification (1 Thess. 1v, 3). Elle mêle dans une même œuvre l’action de Dieu et celle de l’homme. Et cependant un amour plus parfait, se servant des mêmes paroles, peut s'arrêter dans l'admiration et la contemplation de la volonté divine.

Sans doute cette troisième demande suppose que la volonté de Dieu ne s'accomplit pas aussi bien sur la terre qu’au ciel, mais, en même temps que le règne viendra, l'accord sera mieux réalisé. Sa perfection est entrevue dans l'avenir.

De sorte que les trois vœux ont bien un caractère eschatologique, mais qui :

n'exclut pas un temps intermédiaire, une préparation avant la consommation. Il n’y ἃ aucune raison de penser que Mt. aurait ajouté la troisième demande pour atténuer le caractère eschatologique de la seconde. Elle est de plus nécessaire au parallélisme de 3 +3. C’est donc Le. qui l’a retranchée. Les trois élévations descendent dans un ordre admirable de Dieu jusqu'à l'homme, qui va être plus directement en scène dans les trois dernières demandes. 14) Sur ἐπιούσιος cf. sur Le. xr, 3. L'opinion de Debrunner ἐπὶ τὴν οὖσαν, c'est-à- ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, ᾿ 9

den de: +

vai Re Lt €, ἐς SNS

LE

2 τ -- eu LES “- ἀλλὰ ῥῦσαι ἡμὰς ἀπὸ τοῦ πονηροῦ.

dire ἡμέραν (le jour actuel) ἃ été approuvée par Thumb:(Griech. Gram. de Brugmann, 4° éd., p. 675), qui trouve l'analogie très satisfaisante avec ërwñvtos (Polybe) «le mois courant ».

Cependant μήν entre dans la composition de ce mot, tandis que ἢ οὖσα n’a pas été trouvé en sous-entendant ἡμέρα, alors que c’estile cas de ἣ ἐπιοῦσα (participe de ἐπιέναι). Aussi bien le sens doit être le même, car ἣ ἐπιοῦσα, « le jour qui vient » n’est pas nécessairement le lendemain (PLaron, Criton, 44 Α οἱ Lysias, 6. Eratosth. 11 καὶ ἐγὼ τοιαῦτα “πεπυσμένος, τῆς ἐπιούσης νυχτὸς διέπλευσα, c'est-à-dire : lanuit venue). Il suffit de supposer que la prière est faite le matin pour la journée. Le σήμερον de M. est très fort dans.ce sens. Il serait étrange de dire : donne-nous aujourd’hui notre pain de demain (cf. vr, 34).

L'araméen était probablement NAWT, « du jour », comme ἡ ἐπιοῦσα ἃ traduit pv dans Prov.:xxvr, 1. La question doit donc être résolue dans le sens de la traduction latine quotidianum (Cypr. Aug.) et de Ghrys. ἐφήμερον, contre le sens relevé d’Origène et de Jérôme (supersubstantialem, mais seulement dans le Comm. de Mt.). Sur l'évangile selon les Hébreux qui avait Mahar, «.du lendemain», cf. RB. 1922, Ρ. 321 5.

Le δός de Mt..implique que:chaque matin on fait cette prière pour la journée. Le5dov ‘avec καθ᾽ ἡμέραν (Ex. :xvi, 5) de Le. est plus général et suppose que la prière prévoit tout l'avenir, ce qui paraît bien être secondaire.

42) Ha formule de Mt. « nos dettes » garde l'image transcrite par Le. en « nos péchés ». Dermême « nos débiteurs » est moins élégant que παντὶ ὀφείλοντι ἡμῖν. Si l'on reconnait ces retouches de Lc., pourquoi ne pas reconnaître aussi ses retranchements? — L'idée de dette pour péché est tout à fait juive. « Les Targums ‘ont NW «dette » pour « péché » (Gen.xx, 9), « culpabilité » (æxvr, 40), « transgression » (xx, 36), «'iniquité » (Jer. xvr, 40) (McNeile). — &indique bien une comparaison, mais mon:pas une proportion exacte. Il faut avoir pardonné si l’on veut être -pardonné. Ilmn’est pas dit que Dieu pardonnera «-dans la mesure :où vous aurez pardonné », parce que Jésus exige de nous un pardon complet. ‘En rendant ὡς -καὶ ἡμεῖς par χαὶ γὰρ αὐτοί, Le.exprime la même ‘pensée avec nuance : si nous-mêmes pardonnons, combien plus Dieu pardonnera!

Mt. ἃ l’aor. ἀφήκαμεν pour bien marquer que le pardon doit être acquis. 1,0. emploie:le présent qui convient bien à καὶ γὰρ -αὐτοί, puisque ceux qui prient comparent ce qu'ils font en ce moment à ce qu'ils demandent de Dieu. Des deux façons le pardon doit être aequis comme l’expliqueront les :wv. 44 et'15 (ŒEccli. xxvnr, 2). L’aoriste et:le présent pourraient être deux traductions d’un participe présent araméen. La ‘traduction de isyrsin. (cf. Aphraate) « de sorte que nous:pardonnions » «est un contresens, peut-être d’après le Diatessaron.

43) Deux membres distincts. Sur:le premier, οἷ. 'Lc. x, 4. iL'exégèse :a tou jours été préoccupée de deux pensées : Dieu ne peut faire la proposition du

ΤΣ δὲ remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes remettons à ceux qui nous doivent; 18 οἱ ne nous induis point en tentation, mais

mal; l'épreuve peut être bonne, et même la tentation peut avoir de bons résultats. Alors on ἃ traduit ou expliqué : « Ne nous laissez pas.succomber.à la tentation », ce qui affaiblit le sens de εἰσενέγκῃς, ou encore : « ne nous engagez pas dans une tentation trop forte » (Hi. “έν. Aug.), ce qui ajoute au mot πειρασμός, On peut éviter ces deux inconvénients en entendant πειρασμός NON pas d'une épreuve, mais d'une occasion de péché..Il faut toujours souhaiter et demander à Dieu de n’y pas être placé. Car il est la cause première et souveraine qui conduit tout. En nous induisant par le jeu des circonstances. dans une occasion de péché, il ne nous induit pas en tentation comme ferait le démon, qui nous solliciteau mal. Nous lui demandons néanmoins -de faire plus pour nous, par une providence ‘spéciale, : d'arranger:notre vie de facon à ce que nous nesoyons pas ‘trop induits à -pécher. Îlest impossible que nous n'y soyons pas exposés de quelque manière; nous recommandons nos intérêts à notre Père. — La deuxième partie est, d'après Origène, virtuellement con-

tenue dans la première, et c'est pourquoi Luc l'aurait omise (Desorat.xxx, 1).

Ce’serait en effet le cas:si on entendait comme lui τοῦ“ πονηροῦ ἀπ démon, -avec Chrys. Tert. (De: ἔσαν pers. 969 c, sed erue nosia maligno),;sa. Dans:ce cas en effet, être délivré ou préservé des embûches ‘du malin, serait ne-pas succom-

ber à la tentation. Un grand nombre de:modernes (même-Schanz) entendent |

aussi ὁ πονηρός (comme xt, 19. 38; Jo.:xvu, 15; Jo. τι, 13; 11, 12; ΒΡ. νι, 46).

Cependant le démon m'est certain:pour Mt. que dans le seul casode xt, 19,

et dans LXX cet adjectif ne s’entend jamais-du ‘démon; “τὸ πονηρόν y figure

souventpour signifier le-mal, et: ce doit être ranssi le cas ici,-c’est-à-dire toute

espèce de mal-moral : ῥύσεταί με 6 κύριος :ἀπὸ ἔργου "πονηροῦ (IL Tim. 1v,:48).:Be , verbe ῥόομαι peut bien signifier préserver, mais il:a-plus ordinairement le sens

de délivrer, à tout le moins d'un danger très imminent ,;si:ce n'est d'un mal 1qui

ait déjà-atteint sa victime.

Enfin si ἀλλά me marque pas une opposition ‘absolue, puisque ce sont ‘deux prières, il indique cependant -quelque »chose de plus. Non :seutement Dieu:ne nous induira pas dans une occasion dangereuse, mais encore-äl nous délivrera durmal qui toujours nous menace. et:qui peut-être déjà va nous atteindre. La première proposition étant négative équivaut presque à où un peu comme s'il avait où μόνον... ἀλλὰ καί.

‘La ‘deuxième clause a ‘donc un sens αἰδβίϊποι ide la : première, mais-nousne saurions y voir une septième demande (Awg.). Car elle estsi-étroitement liée pour la forme et pour le:sens avec la sixième, qu'on doit n’en faire qu’une seule! (Orig. Chrys.); composée de ‘deux aspects qui :se:complètent. Sans: cette espérance positive qui nous:montre en: Dieu un libérateur, la:sixième demande aurait quelque chose d’incomplet et daisserait. sur une impression: mélancolique, on ‘dirait presque sur:un ton-mineur. [L‘importe, aumoment où nous sentons le “plas:motre faïblesse, de ne: pas borner le rôle :du Père à ‘quelque chose de négatif.

Aug. lui-mêmea ‘bien montré l'union étroite des deux membres de phrase :

LA

PT UE OUT PR ER M EE ET SUITE 4 Ὁ: ναὶ in. F ΣΟΥ ἰὼ on L Ἵ!

ΔΩ ES PE RES ENT OR 1 Ἐὰν γὰρ ἀφῆτε τοῖς ἀνδρώποις τὰ παραπτώματα αὐτῶν, ἀφήσει καὶ ὑμῖν

ο΄ 15. τὰ παραπτωματα αὐτῶν (HV) plutôt que om. (TS). 16. om. ott ὦ. ἀπεχουσιν \TH) et non add. (SV).

Orandum est enim ut non solum non inducamur in malum, quo Caremus, quod sexto loco petitur; sed ab illo etiam liberemur, quo iam inducti sumus. Quod cum à factum fuerit, nihil remanebit formidolosum, nec omnio métuenda erit ulla. tentatio.

Aucune raison de penser que Jésus lui-même n’a pas enseigné ainsi la dernière demande. C’est plutôt Luc qui ἃ abrégé à son habitude.

14-13. CONDITION ESSENTIELLE DU PARDON (ef. Mc. xt, 25). Si Mt. avait suivi Mc. οἰ servilement, il eût dù placer au même endroit (à propos du figuier) ce qu'il dit ici du pardon. On pourrait concevoir qu'il a détaché cette réflexion du

contexte de Mc. où elle vient en surcharge, pour la placer dans un contexte

mieux choisi. Mais le plus simple assurément est de supposer que l’ordre de Mt. qui coule de source est aussi l'ordre primitif; οἵ, Introduction, p.cxLv. Après avoir enseigné à prier, spécialement à demander le pardon, Jésus indique la condition indispensable, en deux versets exactement parallèles. La pensée est dans Eccli xxvin, 2 : ἄφες ἀδίλημα τῷ πλησίον σον, χαὶ τότε δεηθέντος σου ai ἁμαρτίαι σου λυθήσονται. Il faut cependant noter que « le prochain » dont la notion était ordinairement restreinte à Israël est ici remplacé par « les hommes ». D'un côté le Père céleste, de l’autre tous les hommes qui sont ses enfants. Jésus reviendra sur cet important enseignement dans Mt. xvur, 24-35.

14) Le παράπτωμα est un lapsus, qui peut être de peu d'importance (Pap. Tebt. 5, 91); ici le sens est général; ce sont les manquements dont les hommes se rendent coupables les uns envers les autres. La promesse est positive et bien

consolante; il suffit de pardonner pour avoir l'assurance du pardon divin.

15) En revanche c’est se condamner que de ne pas pardonner. Cette fois les οἰχραπτώματα ὑμῶν sont les fautes envers Dieu. Il est sûrement plus élégant que { mot ne paraisse que deux fois, une fois envers les hommes et une fois envers Dieu ; cela suffit pour le parallélisme (Tisch. Soden avec N D fam. 1. laté. (sauf bfq), bo. (environ la moitié des mss.) fayoum etpes., Eus.). Peut-être cependant est-ce par élégance qu’on à supprimé après ἀνθρώποις : τὰ παραπτώματα αὐτῶν (H, avec Β W 8 etc. etc. bo. (codd.) sa. syrcur. Aphr.).

16-18. Sur τε πεῦνε. C'est la troisième partie, se rattachant au v. 6 du rythme

prononcé qui commence au v. 1 et qui ἃ été interrompu par l’enseignement du Pater. Le jeûne vient bien après la prière, car c'était pour les Juifs une manière de la rendre plus efficace, une sorte de violence faite à Dieu.

ὃ manquements, votre Père céleste vous pardonnera aussi, 5 mais si

délivre-nous ss mal. — 14 Car 5 si vous remeltez aux hommes leurs

vous ne remettez pas aux hommes leurs manquements, votre Père ne vous remettra pas non plus vos manquements. εὐ 10 Lorsque vous jeûnez, ne soyez pas comme les hypocrites, assombris, car ils prennent une mine défaite, pour faire voir aux ni hommes qu'ils jeünent; en vérité je vous le dis, ils ont reçu leur récompense. {Pour toi, lorsque tu jeûnes, parfume ta tête et lave .

Sur le jeùne, voir Comm. Marc τι, 18. Les disciples de l'entourage immédiat de ᾿ Jésus ne pratiquaient point les jeûnes que s’imposaient les disciples de Jeanet les Pharisiens, et Jésus a justifié leur conduite. En fait de bons Israélites φῇ croyaient honorer Dieu - par cette privation, et Jésus ne les en détourne pas; il leur demande seulement de pratiquer le jeûne, comme l’aumône et la prière, en vue de Dieu et non pour exciter l'admiration des hommes. Il n’y a donc pas de contradiction entre ce passage et ce que Mt. dira plus loin (1x, 14 58.) comme 4 Mc. On constate une fois de plus que Jésus n’est point le fondateur de secte qui se préoccupe d’édicter des règles de vie précises pour les siens; il pose les

grands principes pour des actions qui peuvent être bonnes ou mauvaises. Si les

de travailler, de prendre des bains, de s’oindre avec des parfums, de ΡΟΣ à

disciples ont conscience de posséder avec eux l'époux, la joie les empêche de F: jeûner; quand ils l’auront perdu, ils jeûneront. Et quoi qu'il en soit, si Non jeûne, ce ne doit pas être pour faire valoir sa sainteté. τ À 16) σκυθρωπός, à la figure sombre, renfrogné. ἀφανίζειν (jeu de mots (?) avec ἪΝ φανῶσιν) faire disparaître, gâter, défigurer : cf. ὅστις νεκρὰν πρόσοψιν ἀφανίσει téxvov ni) (Kaïbel, Epigr. gr. 316 cité par MM.). On croit voir la mine allongée et défaite de gens qui souffrent de la faim, en même temps que l'air contrit des pénitents ; car jeûner, en hébreu, ὁ c'était s’humilier. Dans les jeûnes les plus sévères, il * était défendu de se saluer, et pour cela on marchait la tête baissée et même voilée (Sota 122 cité par Bischoff); mais ce n'est pas ce que veut dire ici ἮΝ È Notre-Seigneur. . "ΩΝ 7 5.) Dans les jeûnes du second degré pour obtenir la pluie, il était interdit

des chaussures (Ta‘anith, 1, 6).

Ce n’est pas non plus à ces prohibitions que Jésus fait allusion ici. Avec un We TS ton agréablement paradoxal, il veut qu’on prenne l'attitude de ceux qui sont invités à un festin, le visage soigné et la tête ointe d'huile parfumée. Tant il à importe de ne Soint étaler aux yeux des hommes ce qu'on ne doit faire que pour Dieu seul! — Dans ce verset, comme au v. 6, la deuxième personne du singulier succède au pluriel, parce que le jeûne, comme la prière, était un. acte de communauté dans certaines circonstances. Le disciple ne doit pas suivre l'allure des hypocrites, c'est-à-dire des Pharisiens, auxquels le Talmud lui-même reproche souvent leur n2 (pl. nn), littéralement leur coup, mais dans le sens de coup de Jarnac, ruse (Lévy traduit Hinterlist!). Il y avait une hypocrisie plus coupable. Alexandre Jannée disait à sa femme : « Ne crains ni

Le

ERP

Page 1