‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 152 sur 350 · ἐετελεσεν (THV) et non συνετελεσεν (S · texte numérisé non relu

ἐετελεσεν (THV) et non συνετελεσεν (S

26) Dans M. la maison est bâtie sur le sable. ἄμμος dans l'A. T. est qualifié le plus souvent de sable de la mer, mais c’est aussi une terre meuble comme celle de l'Égypte (Ex. π, 12; cf. Gen. xn1, 16). On peut songer en Galilée à ces terres ” légères qui sont au sud du lac ou dans la plaine de Genésareth. Choisir un pareil sol est insensé. C’est ainsi que la parabole de Mt. est parfaitement cohérente. Personne dans le pays ne se soucie de faire des fondations profondes : le sage bâtit sur la roche, l’autre sur un terrain peu résistant. — Luc qui avait insisté sur la peine prise pour asseoir le fondement sur la pierre n’est pas moins cohérent en notant cette fois l’absence de fondement; le premier constructeur a pris beaucoup de peine, le second ne s’en donne aucune. Et comme l'application se fait sur les œuvres, la parabole tourne un peu à l’allégorie, ce qui ne lui donne point une saveur plus primitive.

27) Parallélisme exact, selon les habitudes sémitiques, tandis que Le. ἃ évité de se répéter. — ἔπεσεν et πτῶσις, se rattachant à la même racine, consti-

tuent une négligence de style que Le. ἃ évitée.

Nous venons de suggérer la principale différence dans l'application entre Mt. et Le. Luc ἃ sans doute pensé que l'intelligence ne laissait rien à désirer de la part de celui qui ἃ non seulement écouté, mais pris le parti d’être disciple. Seulement il faut prendre de la peine. De même que quiconque n’a pas pris la peine de creuser des fondations est exposé à voir tomber sa maison au jour de l’inondation; ainsi celui qui ne pratique pas résolument ce que le Christ ἃ enseigné se laissera emporter par l'épreuve.

Mt. n'a pas dit expressément que l’auditeur avait déjà fait la démarche d’être disciple, mais il le suppose évidemment. L’auditeur ἃ cherché un abri dans la doctrine de Jésus, elle lui plait, il y veut adhérer.

Mais s’il ne pratique pas ce qu'on lui enseigne, iln'a même pas compris ce que Jésus lui demande, faire la volonté de son Père. C’est par là seulement qu'il κ sera tout entier fixé dans le bien, à l’abri des tentations les plus violentes.

Sinon il n’est qu'un esprit volage, sans consistance, et la moindre difficulté emportera même son instable conviction.

Dans l'entourage de R. Tarphon à Lydda, on discutait sur la valeur comparée

de l'étude de la Thora ou des œuvres, et quel devait être le fondement (Qiddou-

Chin 40b); Tarphon tenait pour les œuvres et Agqiba pour la doctrine. Vers le

| même temps (130 ap. J.-C.), Elicha ben Abouya disait : « Celui qui a beaucoup

Conde TS τὸ ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, VI, 28-99. ἀν

bd AE "

26 Et quiconque entend les paroles que je viens de prononcer et ne les met pas en pratique, ressemble à un homme insensé, qui ἃ Ἷ bâti sa maison sur le sable. 37 ΕΓ l’averse est descendue, et lestor-

rents sont venus, et les vents ont soufflé, et ils se sont jetés sur cette 4 ει maison, et elle est tombée, et sa chute fut grande. » ὍΝ

28 Et il advint lorsque Jésus eut achevé ces discours, que les foules δε: étaient dans l'admiration de sa doctrine; *car il les enseignait ΧΗ comme ayant autorité, et non comme leurs Scribes. ζ ἦν

de bonnes œuvres et sait bien résoudre les difficultés d’après la Loi, ἃ qui τ᾽ ressemble-t-il? À un homme qui en construisant .met d’abord des blocs de à a ς pierre, puis des briques. Les flots qui viennent battre la construction ne peuvent ἡ τῶ l'entraîner de sa place. Au contraire celui qui ἃ de grandes connaissances de % la Loi, mais peu de bonnes œuvres, à qui ressemble-t-il? Α un homme qQuiSén τ ΝΣ bâtissant met d’abord les briques, ensuite les blocs; le bâtiment tombe pour un peu d’eau. » Mais cela n’est que dans Aboth de R. Nathan (6. 24; pas avant 4e le vire s.), et comme l’a très bien vu Jülicher (x, 267), cette comparaison étudiée | ne peut être la source de la parabole évangélique. S'il y a dépendance, c’est Elicha qui a voulu préciser ce que Jésus avait dit fortement et simplement.

28-29. IMPRESSION PRODUITE PAR LE DISCOURS (cf. Le. va, 1; Me. τ, 22; Le. 1v, 32). TC

Deux parties : 282 est une formule stéréotypée de Mt. après les ‘discours importants, χι, 4 ; χπὶ, 53; xx, 1; xxvi, 1. Ensuite Mt. constate l'impression produite. | Luc n’y τς pas ici, ayant déjà noté cette impression au Les SDF ἃ ᾿ prédication de Capharnaüm dans le contexte de Mc. |

282) Cf. II Regn. σι, 19 : ἐν τῷ συντελέσαι πάντας τοὺς λόγους...

C’esten soi une transition qui amorce un nouveau récit, comme c’est le cas dans x1, 1; x, 53; xx, 1; xxvi, 1. Il est fort exagéré de ΠΣ (Klost.) que c’est " toujours le retour au fil de Me., puisqu'on ne le retrouve ni ici, ni dans xt, 1. | Luc a une formule presque semblable (Le. vu, 1), et il est à noter que dans Les deux évangiles on entre à Capharnaüm après le grand discours.

28.-29) Réflexion sur l'impression produite, qui convient admirablement au © discours sur la montagne, où Jésus ἃ parlé avec tant d'autorité personnelle. ἐπ Comment imaginer que Mt., qui ἃ su composer sans le secours de Mc. cet admirable discours, ait eu besoin de lui pour exprimer l'impression produite sur les foules, quand cette impression se présente si nettement comme la résul- 1

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tante du discours? Dans ce passage si caractéristique, ce serait plutôt Mc. (1, 22) Ἐν . dont l'appréciation n’est pas justifiée explicitement, qui dépendrait de Mt., où 000 plus simplement d’une tradition orale bien établie. D'ailleurs M. ἃ à pu subir ᾿ ἊΜ l'influence de Mc. pour 16 choix des termes grecs. M:

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