‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 153 sur 350 · Le muet démoniaque · texte numérisé non relu

Le muet démoniaque

Ge quiattire surtout l'attention dans cette section, ce sont a miracles; et il est sûr qu'ils y ont la première place. Mais si elle n'était qu'un recueil de

miracles, pourquoi les n° 5, 9 et 40? Les miracles figurent ici comme des mani-

festations du pouvoir de Jésus et de sa bonté dans son rôle de Sauveur, souligné

au n° 4. Mais cette manifestation a son reflet dans les dispositions des hommes,

soit qu'ils montrent leur foi, n°° 4, 2, 44, 12, ou leur peu de foi, n° 6, ou leur

froide indifférence, n° 7, ou leur empressement, n° 9, ou leurs difficultés sur

cette manifestation, n° 5 et 40, ou une hostilité naissante χ 3. 41. 34).

La manifestation de Jésus comme Sauveur qui enlève les infirmités et qui guérit

lesâmes est donc l’idée qui rend le mieux compte de l’ensemble et de tous les

détails. C'est précisément la réalisation de l’oracle d'Isaïe reproduit 1v, 15 s.,

dans le passage où Jésus se fixe à Capharnaüm. Le théâtre de la manifestation

est bien Capharnaüm et l'au-delà du Jourdain, la Galilée des nations, où l’on

pouvait rencontrer un centurion; cette manifestation est une lumière, comme

le constate le dernier mot de la section : ἐφάνη (1x, 33). Les Pharisiens ne s’adres-

sent pas directement à Jésus (1x, 11) et la question sur le jeûne qui paraît

devancer la période des disputes avec eux est dans Mt. une question des disciples

de Jean, ayant pour but de faire rayonner la personne du Sauveur comme le

fiancé d’une époque heureuse. Le n° 5 souligne l'importance de ce moment. Si l’on se pénètre bien de l'esprit de ce morceau, on ne sera pas tenté de le subdiviser comme Allen en miracles de guérison (3), miracles de pouvoir (3),

sont particuliers, parfois en commun avec Le. NO

avant la belle-mère de Pierre (Mc. 1, 29-31). On peut dire, il est vrai, que c’est à

n'avait qu'à suivre le fil de Mc. si vraiment il tenait à garder son ordre comme

Étant nt Ph Ἢ montagne, des foules nombreuses le.

miracles de ἘΠ ΕΘΝ (2 (3), en tout neuf. On en compterait plutôt dix : nos 4,

- 2, 3, 6, 7, 8, 12, 13 et deux au n° 41. Ce chiffre était cher aux docteurs, dix à CR

paroles pour créer le monde, dix tentations pour Abraham, dix plaies d’ Égypte, Ἧς,

dix tentations dans le désert, dix miracles dans le sanctuaire etc. (Pirgé Aboth V). τὴ

Mais tout en s'arrétant au chiffre de dix miracles, Mt. n’a pas groupé que des ΠΗ,

miracles, car la vocation de Matthieu, avec ses conséquences, est un événement 4 Ἂ HER

beaucoup plus important pour lui que la guérison de la belle-mère de Pierre. I ἃ

semble donc qu'il ait voulu montrer le souverain pouvoir de Jésus sur des infir- D mités guérissables, comme la fièvre ou les maladies de la peau rangées sous le |

nom de lèpre; sur des infirmités douloureuses ou persistantes, comme la paralysie Ὁ

et le flux de sang ; sur des infirmités de naissance comme la cécité; sur les vents Ὁ et la mer; sur les démons; sur la mort; sur le péché. On ἃ même pensé que Mt. préparait ainsi la déclaration de Jésus aux envoyés du Baptiste (xt, 5) : τυφλοὶ ἀναδλέπουσιν χαὶ χωλοὶ περιπατοῦσιν, λεπροὶ καθαρίζονται χαὶ χωφοὶ ἀχούουσιν, καὶ νεχροὶ ἐγείρονται καὶ πτωχοὶ εὐαγγελίζονται. Et rien n'empêche d'admettre que quelquesuns des miracles aient été placés plus tôt dans ce but (Schanz), d'autant que les applications de Mt., même quand l'accomplissement est allégué expressément, ne sont pas très strictes: cependant cf. sur 1x, 27-34. te Notons encore les marques d’admiration données par le AS (var, 21; v 13008 x, 8.26.31.33), qui vont en se multipliant, tandis que l'impression Pros Dr sur les Pharisiens (vin, 34) amorce les discussions futures. (0 C'est après ces observations qu'il faut aborder la question des ne de % Mi. avec Mc. : STE Les nombreux partisans des deux sources de Mt. prétendent qu'il dépend dés HS Mc., et même-qu'il a suivi lordre de Mc. | 16 C'est un fait que sur les treize péricopes neuf sont dans Mc. Le couette + montre que les textes sont fort différents, et que si Mt. n’a pas le plus souvent . les détails qui rendent si vivants les récits de Μο., il a quelques traits quilui

Quant à l’ordre, ce n’est pas celui de Me., et l'on ne saurait en donner la 1 raison, si Mt. avait eu le dessein de suivre Mc. TES Outre l’omission de Me. 1, 23-28 (le premier démoniaque) et de Me. 1, 35-38 ΠΝ ou 39 (la retraite de Jésus), qui sont dans Le., Mt. ἃ mis le lépreux (Mc. 1, 40-45)

cause du point de droit sacerdotal, qui dépendait du discours précédent, et dans cet épisode le rapprochement avec Mc. est plus sensible. Après le n° 4, # thème général, Mt. aurait passé à Mc. τν, 36. De toute cette série, il aurait omis ur, 23-1V, 34 parce qu'il ne voulait ici que des miracles. Mais il ἃ employé dans an notre section l'équivalent de Mc. n, 1-22, et il est impossible d'expliquer pour-,

quoi il n'aurait pas laissé ces faits à leur place dans Mc. au lieu de les insérer | MC:

au retour du pays des Gadaréniens. Sans doute Mc. n, 1 est à Capharnaüm δῖ comme Mec. v, 21, mais Mt. était à Capharnaüm avant le passage en Pérée, et il ἐδ

on le prétend. La hardiesse avec laquelle Mt. aurait placé les n°° 8, 9, 40, au τ relour de la Pérée et non avant serait une preuve évidente qu’il ne se souciait ὃ ÉVANCGILE SELON SAINT MATTHIEU, | 11 ; ἷ DA

2 Καὶ ἰδοὺ λεπρὸς προσελθὼν προσεκύνει αὐτῷ λέγων Κύριε, ἐὰν θέλῃς δύνασαί με καθαρίσαι. ya ἐχτείνας τὴν χεῖρα ἥψατο αὐτοῦ λέγων Θέλω, χαθαρίσθητι. wat εὐθέως ἐκαθερίσθη αὐτοῦ ἡ λέπρα. 1 χαὶ λέγει αὐτῷ ὁ Ἰησοῦς Ὅρα μηδενὶ εἴπῃς, ἀλλὰ ὕπαγε σεαυτὸν δεῖξον τῷ ἱερεῖ, καὶ προσἔνεγχον τὸ δῶρον ὃ προσέταξεν Μωυσῆς εἰς μαρτύριον αὐτοῖς.

pas de l’ordre de Mc. — autant dire que Ma. ne l'avait pas eu sous les yeux. Lui qui se préoccupe si peu de chronologie et qui compose plutôt des séries de sujets analogues, a pris soin de:lier étroitement les faits depuis le retour de Pérée, ce qui n’est pas le cas de Mc. Et comme un de ces faits est la vocation de Matthieu

- que la tradition regardait comme l’auteur du premier évangile, il est vraiment

raisonnable de voir là l'expression d’un souvenir, ou à tout le moins un ordre original.

:L’acolouthie de Mc. se se rencontre que dans l’ordre des n° 3 et 4; 6 et 4;

8:9.40; et dans le lien qui unit les deux faits du n° 11. Mais la tempête apaisée et le pays des Gadaréniens, la fille de Jaïre et l'hémorroïsse ne pouvaient être séparés. La tradition a pu lier de même sorte quelques autres péricopes, quelle qu’ait été leur place chronologique dans la vie de Jésus. Il serait étrange que

Mt. ait emprunté à Me. ces petites sections toutes faites, mettant la première

dans l’ordre de Mc. 1, 29 pour passer ἃ Mc. av, 35, revenir à Me. u, 1 et retourner à Mc. v, 21. — Le seul cas où la coïncidence de l’acolouthie suggère une dépendance littéraire, n° 4 après le n° 3, appartient aux passages où Mi. reconnaît un accomplissement de l'Écriture, ce qui est de son thème propre.

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