‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 177 sur 350 · LEE · texte numérisé non relu

LEE

que vous partiez. 4 Quand vous entrerez dans la maison, saluez-la ἮΝ ἐν 18 et si la maison en est digne, que votre paix vienne sur elle, mais si elle n’est pas digne, que votre paix révienne vers vous. #4 Et si l'on ' refuse de vous recevoir et d'écouter vos paroles, en sortant de cette maison ou de cette ville, secouez La poussière de vos pieds. En y vérité, je vous le dis, il y aura moins de rigueur pour le pays de Sodome et de Gomorrhe au jour du jugement, que pour cette ville. 16 Voici que je vousenvoie comme des brebis au milieu des loups; soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes. HAN

14) L'acte de secouer la poussière doit être pratiqué quand les Apôtres ne sont pas reçus (Mc.); il s’agit de la poussière des places et des rues, tandis que dans les maisons il y a des tapis ou des naltes. Luc a retenu cette idée “même après avoir parlé comme Mit. du mauvais accueil qu'on pouvail recevoir dans une maison (à propos des 72), mais en ramenant l'accueil fait par la ville (x,.8 s.). Mt. a ménagé moins adroitement la transition et mis * sur le même rang la maison et la ville (hendiadyn), quoiqu'on voie bien au v.15

qu'il s'agissait surtout de la ville; il a donc rédigé selon son contexte immédiat, n'ayant de commun avec Mec. que le. sens des paroles du Sauveur conservées par la tradition; éxrivéfare comme Mc., mais χονιορτόν au lieu de χοῦν, sans εἰς μαρτύριον αὐτοῖς que Lc. ἃ conservé. LT VER 45) Ni dans Mc. ni dans Le. à propos des Apôtres, mais dans Le. x, 12 à propos des 72. ἐν ἡμέρᾳ χρίσεως (xt, 22. 24; ΧΙ, 36) est plus clair que ἐν τῇ ἡμέρᾳ, ἐκείνῃ (Le.), mais en mettant Sodome, Le. ἃ un parallélisme plus exact avec τῇ πόλει ἐκείνῃ. Dans Mt. γῆ, car le sol lui-même avait été secoué (Am. 1v, 41). Les deux villes sont au pluriel neutre, qui alterne dans ΤΆ. T. avec le fém. sing., ER d’ailleurs moins fréquent. Sodome, plus célèbre, est plus d’une fois citée seule 08 dans le N.T., mais non Gomorrhe, qui ne parait qu'ici dans l’'évangile et Rom. ΕἸΣ, 29 (citation); II Pet. π, 6; Jude 7. Sur ce passage, cf. Lament. 1v, 6: « l'ini- ” quité de la fille de mon peuple a dépassé le péché de Sodome ». ι TS MeNeile (J. th. 5., 4910, p. 559) ἃ pensé que ce versel avait été ajouté à M. d’après Le. x, 42, et de même à τῆς πόλεως ἐκείνης au v. 14. (sous prétexte que c’est un doublet de Mt. χι, 24). Mais aussi bien pourrait-on dire que χι, 24 a été ajouté d’après x, 45. S'il fallait retrancher quelque chose à Mi. ce serait τῆς οἰχίας au v. 14, comme ἃ fait D que nous n’osons suivre tout seul. Mais son omission prouve bien qu'il a compris la difficulté qui résulte de la rédaction trop

concise de Mt. | D

16) Pour la première partie du v., cf. Le. x, 3. Les termes indiquent bien un : discours actuel pour une mission qui va partir. Dans Mt. ce sont les Apôtres, dans Le. ce sont les 72. Dans Le. c’est le début du discours, dans Mt. c'est une

* transition entre les avis sur la mission et les avis pour supporter les perséeu- 4 . tions, et plutôt le dernier mot des premiers que le premier des seconds. D'ail- leurs puisque Le. a placé ces mots ailleurs, on peut croire qu'ils ont été ajoutés

+ QT Les ) ἣ MA és , , " Mrpocéyere δὲ ἀπὸ τῶν ἀνθρώπων παραδώσουσιν γὰρ ὑμᾶς εἰς συνέδρια, χαὶ Ν TEE À 5 CRE Χ a x τ ς΄ ἐν ταῖς συναγωγαῖς αὐτῶν μαστιγώσουσιν ὑμὰς" 18 χαὶ ἐπὶ ἡγεμόνας δὲ καὶ ΡΣ ; - ω PCR f 3 » 2 Lu ἣν. βασιλεῖς ἀχθήσεσθε ἕνεχεν ἐμοῦ εἰς μαρτύριον αὐτοῖς καὶ τοῖς ἔθνεσιν. 19 ὅταν : Va HA ici sans avoir fait partie à l’origine du même discours. D'autant que les Apôtres d’abord envoyés aux brebis sont ici des brebis. Il y à donc la même inconcin- nitas que pour les deux métaphores des troupeaux et de la moisson (1x, 36 et

- 81) également séparés dans Le. — Mt. a en plus de Le. ἐγώ qui met en relief la

personne de Jésus comme le pasteur des brebis, celui qui leur inspire confiance. ‘4 — πρόδατα est plus clair que ἄρνας où l’on a voulu à tort (ef. Comm. Le.) voir des béliers. D'ailleurs cf. Hérod. 1v, 149 αὐτὸν καταλείψειν οἷν ἐν Abxotot. Jérôme, avec

plus d’amertume que d’exactitude : lupos, Scribas et Pharisaeos vocat, qui sunt

Clerici Iudaeorum. Comme la controverse n'était pas encore engagée avec les Pharisiens, les loups ne les désignent pas allégoriquemeut. Envoyer des hommes ᾿- simples comme les Apôtres dans la mêlée des discussions et des partis, au ᾿, milieu des intrigants et des fanatiques, c'était les exposer à recevoir des injures et des mauvais traitements. Comment les prémunir ?

ΒΡ δ 100) propre à Mt.; une de ses perles. — φρόνιμος prudent, avisé; ε᾽εβϑί dans Mt...

nt

+ l'épithète des cinq vierges sages (xxv, 2 ss.). Ce n’est point une allusion au 4 serpent de Gen. 1, 1, rusé et perfide (comme ont dû penser les traducteurs ee. Ἂν syriens), mais aux serpents en général, qui se dérobent aux poursuites par la fuite. — ἀκέραιος, « intact », au moral, innocent. Ce doit être le sens ici. Même

Be Jérôme y ramène le mot simplex : per simplicitatem non faciant malum. — cf. ἣ; Rom. xvi, 19. Les colombes par leur blancheur sont un symbole d’innocence. . D dm him a δι. 1 A

; 4 de Une conduite innocente, répugnant à l’intrigue et qui n’excite pas les soupçons __‘ des méchants, est une des meilleures conditions pour demeurer en paix, même au milieu des discordes et au contact de gens puissants et sans conscience. IL

A ᾿ faut y joindre la prudence, qui préserve l'innocence des pièges où elle pourrait

Πα être entraînée, et Die acute ete Ds les δ: servira au moivs devant Dieu. On cite Cant. 17 ») de R. louda bar Simon (envi-

ον, ron le 1ve siècle ap. J.-C.) : « Dieu dit des Israélites : Envers moi ils sont

“δ᾽ sincères comme des colombes, mais avec les Gentils ils sont rusés comme

des serpents. » Et cependant la colombe était le symbole de l'oiseau qui ne se

il laisse pas pr rendre (Genes. r, p. 39, 384). Qui n’a vu des colombes cheminer

d’un air candide, comme si elles allaient se laisser attraper, et qui au moindre τς prennent leur vol? Le sens serait : innocents, mais comme des colombes.

“οἱ (ἀν D’après Philon, la colombe était le type de la sagesse humaine, opposée au "a logos, représenté par la tourterelle (Quis rer. div. heres, 25 et 48, Wendl. 126 et

234; mal à propos cité par MeNeile, d'après Holtz. malgré Comm. Me. p. 42).

4 17-23. PERSÉCUTIONS CONTRE LES DISCIPLES (Mt. xxiv, 9.43; Mc. x, 9-13; Le. ὰ ΧΧΙ, Ἐ29117.19 οἵ, εἴ, x, 11. 42).

; 441 Ce passage n’a d’analogue dans Mc. et 1,0. que les passages cités du discours : eschatologique avant la Passion, où Μί. n’a que quelques mots de résumé. On

Ç convient que cette perspective des persécutions dépasse l'horizon de la première 4 mission. C’est donc Mt. qui aura composé ainsi son discours, dont une partie | n’a pas dû être prononcée dès lors (même Knab.). De plus, tandis que Le.

" “ Pro , > "+

je μῶν ἃ

17 Mais tenez-vous en garde contre les hommes; car ils vous livre- 008 ront aux tribunaux, et ils vous flagelleront dans leurs synagogues ;

Set vous serez-conduits à cause de moi devant des gouverneurs et “10 des rois, pour rendre témoignage en face d'eux et des gentils. %0r ἢ

s'écarte assez du texte de Mc., en particulier pour l'intervention de l'Esprit 1

Saint qu’il ἃ placée ailleurs (xn, 42), Mt. et Mc. ont à peu près le même texte. Des critiques (MeNeile etc.) prétendent que Mt. a écrit d’après Me. Mais aurait-il déplacé ce morceau, bien à sa place dans Me., sauf ἃ le remplacer plus tard ἢ par un résumé? Cette hypothèse ἃ quelque chose de contradictoire, car la substitution d’un résumé prouve que Mt. jugeait ce passage à sa place dans le ‘45e - discours eschatologique. Alors pourquoi l'en faire sortir pour le placer ailleurs? 10 Il est plus simple de supposer, ou bien que 18 Mt. araméen ayant placé la péricope dans 16 discours de mission parce qu'il aimait ces longues compositions synthétiques, a néanmoins répété quelque chose quand il en est venu au grand discours de la fin, ou bien que le traducteur grec, obligé de respecter la com= position de Ma., ἃ répété quelque chose du premier discours pour se conformer à Mc. ; ANTENNES D'ailleurs la rédaction de Mt. est plus coulante que celle de Me., ce qui peut 4 ΕΣ être le fait du traducteur. Comme il s’agit de paroles de Jésus, la ressemblance. de Mec. et de Mt. peut s'expliquer par la même tradition orale. ‘1 47) Mc. emploie assez souvent βλέπω dans le sens de prendre garde, faire attention : 1v, 24; vor, 45; χπ, 38; χιπ, 5. 9. 23. 33, tandis que Mi. ne l'emploie que xuv, 4 exactement comme Me. x, 3. Ici il dit προσέχετε comme dans xvr, 6 ‘04 (au lieu de βλέπετε, Mc. vi, 18). — Le δέ n'est pas adversatif; ee n’est qu'une transition. — ἀπὸ τῶν ἀνθρώπων, surtout comme explication de l'image du v.16, est beaucoup plus naturel que ὑμεῖς ἑαυτούς de Me. — De même ἐν ταῖς συναγωγαῖς, 3 est plus correct que εἰς συναγωγάς qui suivait le mouvement de la phrase sans prendre garde au verbe suivant. — De même encore le second actif pastrywaouowy est plus coulant que le passage au passif δαρήσεσθε. C'est le même sens, car si δέρω peut signifier seulement battre, maltraiter, ce peut être du fait de l'autorité publique (Oxyrh. IL. 653 δ), qui emploie la flagellation. : F 18) Pour δέ après καί, cf. Ρ. Hib. 1, 54 (245 av. J.-C.) καὶ τὸ αὥμα δὲ εἰ συνείληφας Me παράδος αὐτό (MM.). | | À == Ve

ἀχθήσεσθε est aussi plus simple, mais moins pittoresque que σταθήσεσθε,, ss Ἀ

tenir debout pour rendre témoignage. — On voit ici clairement combien le Ε Ξ ἝΩ Ἢ

perspective dépasse la première mission des apôtres, même si l'on entendles rois seulement des princes juifs. Dans ce cas αὐτοῖς signifierait les Juifs, et toi ἔθνεσιν les gentils qui habitaientle pays juif. On pourrait encore étendre l'horizon, de sorte que les tribunaux juifs d’une part, et d'autre part les tribunaux des

gouverneurs et des empereurs (Kn.) où rois étrangers seraient représentés par A. αὐτοῖς et τοῖς ἔθνεσι, mais le premier sens est plus probable, car Mt. a dû tenir

un certain compte de son cadre. Aussi ne parle-t-il pas comme Mc. (x, 10) de 1

la prédication à toutes Jes nations; il y viendra à l’endroit correspondant Er.

(Mt. χχιν, 14). | 19) πῶς ἢ τί est plus complet que τί (Me.); τί ἢ πῶς paraîtrait plus chronolo-

[ὡς Dont.

Ca ᾿ς +

k hs : > τ φὸν εἰς θάνατον χαὶ πατὴρ τέχνον, χαὶ ἐπαναστήσονται τέχνα ἐπὶ γονεῖς χαὶ

ὀλει ταύτῃ, φεύγετε εἰς τὴν ἑτέραν' χἂν ἐν τῇ ἑτέρᾳ διώχωσιν ὑμᾶς, - φεύγετε εἰς τὴν ἄλλην. ἀμὴν γὰρ λέγω ὑμῖν, où μιὴ τελέσητε τὰς πόλεις ΞΡ Τ᾿ x © Da € ex -" λ 3 τ TRE τς, τοῦ Ἰσραὴλ ἕως ἔλθῃ ὁ υἱὸς τοῦ ἀγθρώπου. 51! Οὐχ ἔστιν μαθητὴς ὑπὲρ τὸν 23. om. αν à. ελθη (TH) ou add. (SV). — nav εν τὴ etepa διωχωσιν ὑμας, φευγετς εἰς τὴν ο΄ ἄλλην ou om. (THSV). |

ο΄ gique, car il faut savoir ce qu'on doit dire avant de se demander comment on le > ge dira. Mais il y a bien crescendo dans la recommandation : ne méditez trop ni sur la manière de dire, ni même sur ce que vous aurez à dire; pour μεριμνάω dans le sens de méditer; cf. νι, 34. — 19b combien plus coulant que Mc. — En revanche ὅταν δὲ παραδῶσιν ὑμᾶς de Mt. est très concis, car ce n’est pas au moment où l'on est livré qu'on ἃ à préparer sa défense, mais quand on est conduit evant le juge, ce qu’exprime Me. par ὅταν ἄγωσιν ὃ. παραδιδόντες. Luc (xrr, 11) : one t encore plus explicite et mentionne la comparution, en distinguant la défense ὦ et les simples réponses aux interrogations. | = 20) 202 d’abord comme Mc. xt, 11°; mais 20b atténue Mc. Ce n'est pas l'Esprit-Saint qui parle au lieu des disciples, c’est l'Esprit de votre Père qui parle en vous. Luc atténue encore plus : l'Esprit-Saint enseignera ce qu'il faut dire. Mais l'expression « l'Esprit de votre père » est sans doute plus originale, n’ayant rien de stéréotypé, et la formule de Mc. qui paraît si abrupte pourrait bien être selon Rom. vi, 26. — Au fond d’ailleurs, aucun évangéliste n'a promis une émission miraculeuse de paroles, sans la éonscience et la volonté humaines, pas même Mc. qui avait atténué d'avance au v. 110 ce que ses derniers mots pouvaient avoir de trop absolu. La présence de l'Esprit dans les disciples n’en

est pas moins certaine, mais comme principe divin de leurs paroles à eux. 21) Comme Mc. sauf δέ au lieu de χαί.

32) idem. La seconde partie est répétée xxiv, 13, ce qui prouve bien que Mt. [n'avait pas voulu dire que la fin était prochaine au temps de la première = |mission. C’est un propos de portée générale qui a sa raison d’être dans toutes τς \les circonstances. Si l’on veut être sauvé, il faut tenir jusqu’au bout. :

ο΄ 38) Propre à Mt. Après ἑτέραν, Origène (1, 295) lisait : κἂν ἐχ ταύτης διώχωσιν ὑμᾶς φεύγετε εἰς τὴν ἄλλην, et de même, avec des variantes Or. 1, 380, D 6 L fam. 1. Syrsin. af. tt. et Tatien d’après Éphrem (Moes. p. 94). L'accord d’Origène qui cite littéralement, et de Tatien qui n’harmonise pas dans ce cas, nous paraît décisif, malgré les petites divergences. Cette leçon admise, il est clair que τελέσητε ne signifie pas : vous aurez achevé de prêcher ou de covertir, mais plutôt : vous

n'épuiserez pas les lieux de refuge (Éphrem. 1. 1.). Et si l'addition n’est: pas originale, elle est du moins une preuve qu'on entendait ainsi. — De sorte que

quand ils vous Jivreront, ne vous perdez pas en réflexions sur la r manière de parler ni sur ce que vous devrez dire; ce que vous aurez à dire vous sera donné dans ce moment-là ; ? car ce n'est pas vous qui parlerez, mais l'Esprit de votre Père parlant en vous. Le frère livrera son frère à la mort, et Le père son enfant, et les enfants … se dresseront contre leurs parents et les feront mourir. ? Et vous serez haïs de tous à cause de mon nom; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin sera sauvé. # Mais lorsqu'ils vous poursuivront dans une ville, fuyez dans une autre, (et s’ils vous chassent de celle là, fuyez dans une autre); car je vous le dis en vérité, vous n’aurez pas achevé les villes d'Israël avant que vienne le Fils de l'homme. À

2 Le disciple n’est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-

le verset ne s'adresse pas particulièrement à des apôtres en mission. On pour. rait à la rigueur supposer que les Apôtres auraient pu s'enfuir avant d’être livrés, mais les termes évoquent plutôt une communauté de fidèles vivant en paix, contre lesquels une persécution se déclare, et auxquels le Seigneur donne avis de fuir, cf. Mt. xxiv, 45 s., ce qui n'empêche pas que l’avis ait été donné aux apôtres, comme chefs. Nous avons ici un nouvel indice que tout 1 passage sur les persécutions, et spécialement ce verset, n’était pas en réalité dans le discours du Sauveur lors de la première mission. C’est donc à tort que Schweitzer a donné au verset tant d'importance pour prouver que Jésu attendait la fin de tout pour le temps de la moisson (Gesch. der Leben-Jesu- Forsch. p. 400 ss.). Même dans le cadre de Mt., comme le retour des Apôtres n’est pas mentionné, la perspective n’est pas tn Les disciples, persécutés dans les villes d'Israël, auront toujours un refuge avant que vienne le Fils de l’homme, c’est-à-dire Jésus lui-même. Mais cette venue n’est pas nécessairement la parousie qui termine l'histoire du monde. Le Fils de l'homme vient lorsqu'il exerce un grand jugement surtout tel que la ruine de Jérusalem. Si on le | prenait de la parousie suprême (Kn.), il faudrait entendre par les villes d'Israël les Juifs de la dispersion, contre le sens naturel des mots. Schanz : « La venu du Fils de l'homme commence à la résurrection et se termine avec la Parousie (cf. Comm, Le. CXLIT).

24-33. NE CRAINDRE NI LA CALOMNIE NI LES MENACES DE MORT (Cf, LC. γι, 40; parallèle à Le. x1r, 2-9 et cf. Mc. vus, 38 et Lc.,xr, 26). Tout cet ensemble ne peut s'entendre que du rôle des Apôtres après la mort || du Christ. C’est alors que le mystère caché devra être révélé, et que les Apôtres || seront menacés de mort s'ils confessent Jésus. On en conclut (même Κη.) que ces paroles n’ont pas été prononcées lors de la première mission, mais leur TR authenticité est attestée à la fois par Le. et par Mt. On conçoit très bien quelMt. τὸ les ait placées dans un discours de mission, puisqu'il aimait ces grandes COMposi- : 140

2" rar, “τ "ἢ FR μ᾿, σοι κ᾿ ET

206 ÉVANGILE SELON SAINT as x, 24-95.

διδάσχαλον οὐδὲ δοῦλος ὑπὲρ τὸν χύριον αὐτόν! 25 ἀρχετὸν τῷ μαθητῇ ἵνα γένηται ὡς ὁ διδάσκαλος αὐτοῦ, καὶ ὁ “δοῦλος ὡς ὁ χύριος αὐτοῦ. εἴ τὸν οἰχοδεσπότην Βεελζεβοὺλ ἐπεχάλεσαν, πόσῳ μᾶλλον τοὺς οἰχιαχοὺς αὐτοῦ. My οὖν φοβηθῆτε αὐτούς᾽ οὐδὲν γάρ ἔστιν χεχαλυμμιένον ὃ oùx

ἀποχαλυφθήσεται, nat χρυπτὸν ὃ οὐ γνωσθήσεται. 776 λέγω ὑμῖν ἐν τῇ

tions qui groupaient autour du thème principal les paroles prononcées par le Sauveur dans diverses circonstances. Cependant les vv. 25 et 26 n’ont qu’une ressemblance de forme avec Le. vi, 40, et l'introduction de Le. χη, 2 a dans son contexte une pointe un peu différente.

Dans Mt. il ya comme deux parties : les apôtres seront exposés à la calomnie, comme leur Maître, mais ces calomnies ne doivent pas les empêcher de révéler l’enseignement qu'il leur aura donné dans le secret. Alors les adversaires recourent aux menaces de mort: cela non plus ne doit pas empêcher les

apôtres de confesser Jésus. L'importance théologique très grande de ce passage,

c'est que la vérité révélée par Jésus est précisément relative à sa personne, objet central de la foi, car c’est lui que les apôtres auront à confesser. — La Providence qui veille sur les disciples intervient comme une vue complémentaire afin de les encourager. Leur mort n’est point indifférente à Dieu, puisque même leurs cheveux sont comptés.

24) Du principe que le disciple n’est pas au-dessus du maître, Le. (νι, 40) ἃ déduit qu’il devait s’imposer certaines règles, et Jo. (xur, 16) a dit plus clairement qu’il devait s’efforcer de l’imiter. Mais Mt. ici et Jo. (xv, 20) l’ont employé autrement. C’est un avis aux disciples de ne pas s'étonner s'ils ne sont pas mieux traités que le Maître.

Manifestement le dicton peut être appliqué des deux facons, et l’on ne peut pas dire que la forme de Le. soit la seule primitive, la seule que Jésus ait eue en vue. Le fait que Jo. contient les deux facons indique plutôt que le Maître

s’est servi plus d’une fois de cette maxime: Dans Mt. il y ἃ de plus le seigneur

et le serviteur, ce qui marque l’appartenance et le rang social, et communique cette nuance à la première comparaison. Jésus ne parle pas de l'excellence

intellectuelle à laquelle pourra atteindre le disciple une fois formé, mais de sa situation du temps qu'il est disciple, et spécialement auditeur d’une doctrine

religieuse, plus exposée à la contradiction sociale qu'une doctrine purement

philosophique. En acceptant l’enseignement du maître, il s'engage à suivre sa destinée. Comment ferait-on plus de cas de celui qui est son disciple ou son

serviteur ?

25) C'est beaucoup, et il doit lui suffire, qu'il atteigne dans l'opinion publique, au même rang que son maître. La phrase est assez mal construite, car ὁ δοῦλος devrait être au datif, comme en syriaque, où elle est parfaitement coulante ;

l'inconcinnitas vient donc de la traduction en grec et ne prouve pas que le

second exemple ait été surajouté par Mt. Il est bien en situation avec ce qui suit et avec la perspective ultime de la confession du maître, laquelle-montre que les disciples sont des serviteurs. — ἀρχετός très rare sinon unique au sens adverbial s'explique comme une traduction de 112. — Dans Mt, l'accent est sur la seconde comparaison. Jésus est le maître de maison, oëxodeoxérns'(sept fois

vos Lt ait 2 Sam nn, D er

ne.

TR

| ÉVANGILE SELON SAINT MATHIEU, x, 26-97.

. dessus de son seigneur. 85 C’est assez que le disciple soit comme son maitre, et le serviteur comme son seigneur. S'ils ont appelé le ἡ maître de maison Béelzeboul, combien plus ceux de sa maison! 26 Ne les craignez donc pas; car il n’est rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu. 57 Ce que je

dans Mt., une fois dans Mc., quatre fois dans Le.), c’est-à-dire historiquement le véritable Seigneur d'Israël, que les prétendus maîtres spirituels des Juifs S

ont nommé Béelzeboul. — ἐπεκάλεσαν, pluriel indéterminé, qui s'explique par x, 34, dont l'authenticité est ici confirmée, car on paraît avoir été d'accord pour donner au prince des démons le nom de Béelzeboul (xt, 24; Le. xt, 15). D.

Sur ce nom cf. Comm. Mc. p. 64. La lecture Βεεζεθουλ est préférée par HW ensuite d’un attachement excessif pour N B. — πόσῳ μᾶλλον, car si le serviteur ne peut être mieux traité que le maître, il a chance de l'être plus mal. Si Jésus, avecle suprême ascendant de ses vertus, de ses miracles et de sa docirine, aétéinsullé, on se gênera encore bien moins avec ceux de sa maison. 4: Le 26) Le début est propre à Mt. Le mot οὖν doit s'entendre de ce qui Hé À ΕΝ Puisque vous devez être calomniés parce que mes serviteurs, ne craignez done pas. La pensée de partager le sort de Jésus est le meilleur des encouragements ὯΝ (Chrys.), d'autant que le Maître de maison doit avoir le dernier mot. ΕΓ — Ce qui suit ἃ son parallèle dans Le. χπ, 2-9. Chez les deux, le point de ΠῚ départ est une appréciation fâcheuse des adversaires, actuelle dans la situation de Le., prévue dans Mt. Dans Le. la révélation paraît être relative surtout à. l'hypocrisie des Pharisiens qui sera démasquée. Le sens de Mt. est moins clair, ἜΤΙ D'après l'opinion commune, c’est l'innocence des Apôtres qui sera reconnue, ; soit au jour du jugement (Jérôme), soit après le triomphe de l'Évangile (Chrys. Schanz, Κη. etc.), et ce second mode est en tout cas préférable, pour maintenir une liaison avec le v. 27. — Mais on peut penser que cette liaison est encore plus étroite. Ne les craignez donc pas, parce que votre cause est la mienne, et que cette cause est celle de la vérité qui doit triompher. Par une disposition du Père, Jésus doit être méconnu, mais la vérité se fera jour, et ce sera précisément le rôle des Apôtres de la faire connaître. En un mot: ne craignez pas, car la δ calomnie sera impuissante à empêcher votre action. Ce sens nous paraît plus .

en harmonie avec Mc. 1, 22 et Le. vin, 17. Il est plus dans le ton héroïque du morceau (cf. vi, 4. 6. 18), se sacrifier au triomphe de la vérité, que le développe- ΑΗ ment de Chrys. : « De quoi souffrez-vous? Qu'on vous appelle charlatans et maitres d'erreur? Mais attendez un peu, et l'on vous nommera sauveurs et

bienfaiteurs du monde. » — On peut supposer que Le. qui avait donné à la ὙΜΩ͂Ν parole de Jésus dans vur, 17 le sens de Me. 1v, 22, que nous croyons être celui de Mt., l’a placée dans une situation où elle revêtait une nuance plus person

nelle. Dansle pap. θα. 654, logion 1v, il s’agit aussi d’un mystère caché, mais 404 Jésus y parle à un seul disciple : [πᾶν τὸ μὴ ἔμπροσ-Ἴθεν τῆς ὄψεώς σου, καὶ τὸ ὃ χεχαλυμμένον] ἀπό σου ἀποχαλυφ«θ.»ἤσετ [αἱ σοι’ où γάρ ἐσ-]τιν κρυπτὸν ὃ οὐ φὰς [ρὸν γενήσεται,] καὶ τεθαμμένον ὃ ὃ ο[ύχ ἐγερθήσεται où ἐξορύξεται]. D . 27) Au lieu de comparer deux états de la ρρῤαϊρα ρῃ apostolique comme θ., Ν᾿ \ ᾿ + τρις

: d'Or 7 TA | 7 1 5 # DES 3 2, RE δῷ " νᾷ, ΑΝ ο΄ σχοτίᾳ, εἴπατε ἐν τῷ φωτί᾽ χάϊ ὃ εἰς τὸ οὖς ἀχούετε, χηρύξατε ἐπὶ τῶν δωμά-

Se LE

Γ΄ ἀπολέσαι ἐν γεέννῃ. 25 οὐχὶ δύο στρουθία ἀσσαρίου πολεῖται; nai ἕν ἐξ αὐτῶν

PAT, À 28. φοθηθητε 1° (H) plutôt que φοῦεισθε (TSV). — ἀποχτενγοντων (TV) plutôt que À gmoxreuwvovrwy (H) ou ἀποχτενοντων (S). — φοβεισθε (THV) plutôt que φοβηθητε (S).

Mt. exprime l’ordre donné par Jésus aux Apôtres de prêcher ouvertement ce qu'il leur enseigne dans le secret. Le lien est plus étroit avec le v. 26 qu'il ne l'est entre les deux vv. de Le. Dans Mt. on voit bien que ce qui était caché au = v. 26 est ce que Jésus enseigne actuellement dans les ténèbres, c’est-à-dire dans l'intimité du cercle apostolique, comme l'explique la seconde partie du verset, selon le parallélisme sémitique. L’oreille (au singulier) indique une confidence

De très secrète. Le. ἃ ajouté : « dans les celliers », en opposition avec les toits, ce qui doit être original, et a pu être supprimé par Mt. comme superflu. En revanche ἀκούειν εἰς τὸ οὖς est unique et sûrement primitif; cf. avec le pluriel et le datif ἐν τοῖς ὠσίν σου ἄχουε (ΕΖ. xL, 4). ; RSA

28) L'accusation de complicité avec Béelzeboul n’était pas seulement infa-

τ mante; elle pouvait entraîner la mort. Dans l'antiquité où la religion et l'État

ο΄ élaient étroitement unis, la prédication d’une doctrine nouvelle devenait aisément un crime Capital. Jésus avertit ses disciples, et leur enjoint en même temps de ne pas craindre. L'opposition entre l'âme et le corps est plus claire- . ment exprimée que dans Le. avec la formule légèrement paradoxale « tuer l'âme », sûrement originale. Avec la mort, le pouvoir des hommes est épuisé.

ῷ Is ne peuvent même séparer à jamais l'âme et le corps, car Dieu peut les.

réunir; χαί — καί, « les deux à la fois »; cf. Jo. 1v, 36 (et non pas : « même », à la manière de vi, 27). Ce que le verset a de mystérieux doit s'expliquer d’après la religion des Hébreux. C’est Dieu et non le diable qu'ils devaient Τὰ craindre,-et ils ne pensaient pas, du moins comme doctrine reçue (Vorz, Jüd. Eschatologie, 287 s.), que tout l'être humain dût être anéanti, ni que le corps fût jeté dans la géhenne avant la résurrection; cf. IV Esdr. vn, 32 : Et terra

à à reddet qui in ea dormiunt, et pulvis qui in silentio habitant, et prumptuaria reddent quae eis commendatae sunt animae. — ἀπολέσαι ne signifie donc pas __ détruire, mais rendre misérable. Noter φοδεῖσθαι avec ἀπό quand il s’agit des ne. hommes, avec une nuance d'éloignement, exclue en parlant de Dieu, qui est à l'accusatif. De même dans les LXX on ne trouve jamais ἀπό quand il s’agit de ἄν craindre Dieu (McNeile). La crainte de Dieu doit conduire à Dieu, tandis que

la crainte des hommes suggère la fuite. — H (et Hefzen.) écrit φοδηθῆτε 1° et ê τς φοδεῖσθε 20; Soden l'inverse; Ti (et Vogels) deux fois φοδεῖσθε, Les mss. sont en ἫΝ tout cas pour φοδεῖσθε 20, et nous lisons φοδηθῆτε 19 {avec D, af Or. Chrys.).

ve

Dies à l'oreille, prêchez-le sur les toits. 38 Et: ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme; craignez Ἂν plutôt celui qui peut perdre et l’âme et le corps dans la géhenne. 39 Est-ce que deux passereaux ne se vendent pas pour un as? Et pas un d'entre eux ne tombe à terre sans [l’assentiment de] votre Père. 30 Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.

L’aoriste 1° loco indique ici : ne craignez pas dans l’occasion, sous la menace, tandis que φοδεῖσθε 20 mais craignez toujours Dieu. Nous lisons ἀποχτεννόντων

avec NX C D W etc. (Ti Vog. Hetz.) et non ἀποχτεινόντων (H), c'est-à-dire une ï

nouvelle forme et non la forme classique.

29-31) La calomnie était plus aisée à supporter en considéralion de ce qu'a

souffert le Maître. Cette fois encore Jésus joint une consolation à l’austère

devoir de sacrifier sa vie. Dieu n'intervient pas seulement après la mort, comme si sa Providence se désintéressait de la vie temporelle des siens. Non il TS sur eux, ils lui sont chers. S'il ne les délivre pas, c’est sans doute qu Ἵ vaut mieux pour eux affronter le supplice.

Même suite dans Le. χη, 6-7, avec la transition si peu attendue des passereaux Ὁ

τ aux cheveux.

29) cf. Comm. Le. Le passereau qui tombe à terre, non pas sans la permission

de votre Père, est une image plus sensible que la réflexion de Le,, et dans sa

. simplicité elle touche plus à fond le problème. Pourquoi le petit oiseau tombet-il de froid ou d’épuisement? Dieu le sait ef le permet. En effet ἄνευ mc

plutôt « sans le consentement de » que « en l'absence de »; cf. Pap. Par. 45, δ΄ (453 av. J.-C.) ἄνευ τῶν θεῶν οὐδὲν γίνεται (MM). La glose τῆς βουλῆς (d'après des:

mss. latt.) touche donc le sens. Et Celui d’où dépend la vie des passereaux

est votre Père! Cette manière exquise est le charme de Mt., et l'on croit entendre les paroles mêmes de Jésus. Aussi est-il invraisemblable que Mt. ait été influencé par Am. πι, 5 εἰ πεσεῖται ὄρνεον ἐπὶ τὴν γῆν ἄνευ ἰξευτοῦ, et ἐπὶ τῆν γῆν ne signifie pas « dans un piège » à cause de l’hébreu d'Amos (contre Wellh.). Le futur πεσεῖται est probablement dû à la tes araméenne du présent, . rendu en grec par le futur, d'autant que εἷς... où, pour οὐδείς est bien une

tournure sémitique, quoique le grec offre des és analogues (Deb. 8 302),

mais avec une expression voulue, et sans ἐξ αὐτῶν, + L'aphorisme analogue récent de Ber. rab. 79 : « Si un oïiseau n’est pas capturé sans le ciel, combien moins la vie d’un homme », est probablement en,

relation avec l’hébreu d’Amos ur, 5 : « le passereau tombe é il dans le filet placé ET:

à terre »... — D lit τοῦ ἀσσαρίου où l’article est regardé comme un sémitisme primitif par Wellh. (Einl. 26) et même Moulton (Pro. 236); mais n'est-ce pas plutôt d’après Origène (τ, 122)? | 30) Comme Le. xu, 7 mais en mettant ὑμῶν en tête par un contraste saisissant, et avec le temps composé ἠριθμημένοι εἰσίν, qui équivant même en grec à ἠρίθμηνται, mais qui est peut-être influencé par l’araméen. ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU. 14

CE ἐκ LP PRE LRO ONE ’ T'AS ΟΣ Res, δ , = ARR | ἀν στιν

ee À Lake: n ὃ ἂν ν᾿ . ν ‘ TT ἡ αν ΤΥ

χεφαλῆς πᾶσαι ἠριθμιημέναι εἰσίν. 9! μὴ οὖν φοβεῖσθε᾽ πολλῶν στρουθίων διαφέρετε ὑμεῖς. ὅ31Πὰς οὖν ὅστις ὁμολογήσει ἐν ἐμοὶ ἔμπροσθεν τῶν ἀνθρώπων, ὁμολογήσω χἀγὼ ἐν αὐτῷ ἔμπροσθεν τοῦ πατρός μου τοῦ "ἐν οὖραvois” 38 ὅστις δ᾽ ἂν ἀρνήσηταί μὲ ἔμπροσθεν τῶν ἀνθρώπων, ἀρνήσομαι χἀγὼ αὐτὸν ἔμπροσθεν τοῦ πατρὸς mou τοῦ ἐν οὐρανοῖς. Ὁ: Μὴ γομίσητε ὅτι ἦλθον βαλεῖν εἰρήνην ἐπὶ τὴν YA’ oÙL ἦλθον βαλεῖν εἰρήνην

32. om. τοις α. οὐρανοῖς (TSV) plutôt que add. (H). | 33. δ᾽ av (TSV) plutôt que δε (H). — xxyw aurov (THV) plutôt que αὐτὸν xayw (S). — om. τοις Cf. v. 32. ἢ

34) Comme Le. xn, ἼΡ. — Mi. ἃ en plus οὖν, qui répond à οὖν du v. 26, el due, mis en relief à la fin comme ὑμῶν au commencement (v. 30), inutile en grec, et indice d’un original sémitique. — On doit concéder à Wellh. (Harn. Klost. etc.) que ‘10 placé après « passereaux »-pouvait être pris non seulement pour un adjectif, «de nombreux passereaux » COMME ont Le. et Mt., mais aussi comme un adverbe, « plus que des passereaux ». Mais si ce dernier sens répond mieux à vi, 26, ce n’est pas une raison pour le préférer ici en attribuant un contresens à Mt. et à Le. (ou à leur source d’après les critiques). La véritable opposition est entre un (v. 29) passereau et plusieurs passereaux. — D’après un nouveau fragment du décret de maximum de Dioclétien, dix passereaux ne devaient pas se vendre plus de seize deniers (de cuivre, valant 2 centimes 1/4); le prix avait donc augmenté, ce qui est naturel (ΘΕΙΒΒΜΑΝΝ, Licht.… 197).

32 5.) Depuis le v. 47 il est question du témoignage à rendre à Jésus par les Apôtres. C'est ce qui justifie le οὖν de Mt. Comme le lien n’est pas étroit avec

66 qui précède, Le., qui n’a pas ce contexte éloigné, n’insiste pas sur la liaison.

__ Toute autre considération gardant sa valeur, l'essentiel est que. celui qui confesse le Christ sera confessé par lui. La tournure ὁμολογεῖν ἐν est araméenne;

Pl n'y a donc pas à y chercher des mystères, soit de l'union avec le Christ

(Héracléon, Origène, encore Schanz, Kn.), soit du secours du Christ (Chrys.),

. d'autant que la seconde fois le verbe est avec ἐν αὐτῷ, désignant le fidèle. Le

texte est assez important sans cela, montrant que la prédication des Apôtres

aboutit à confesser le Fils. Celui-ci à son tour confessera les siens devant son

Père. ΠῚ ne fera donc pas en cela fonction de Juge (vn, 21-23; xvr, 21: TXT; 34); c’est un autre aspect du jugement (Rom. vin, 33 s.), qui semble iei l'office du Père. Dans Le. les anges remplacent le Père, ce que Harnack juge primitif, sans donner de raison, et on ne saurait en concevoir. Le Père qui est dans les cieux est sûrement au contraire une formule primitive (cf. v, 16). — Mi. dit je au lieu de « Le Fils de l’homme », qui ne doit pas être primitif ici, d'autant que le passif ἀπαρνηθήσεται, destiné dans Le. à éviter la répétition de ce vocable, est peu naturel.

Tandis que Mt. x, 32 s. et Le.vr, 8 5. ont un rapport littéraire certain, malgré les divergences indiquées, il est clair que Mt. ne doit rien à Mec. vi, 38, quia

SF ; ΠῚ

1 Ne craignez donc pas; vous valez mieux que beaucoup de passe-

reaux. Quiconque donc me confessera devant les hommes, je le

confesserai moi aussi devant mon Père qui est dans les cieux ; 38 mais

quiconque me reniera devant les hommes, je le renierai moi aussi devant mon Père qui est dans les cieux.

* Ne pensez pas que je sois venu jeter la paix sur la terre; je ne servi de source à Le. rx, 26, et l'on ne saurait prétendre non plus que Mc. dépende de Mt. ou d’une source prétendue de Mt. En fait d’ailleurs les paroles de Jésus n’ont pas le même objet précis, car Mc. vmr, 38 ne prévoit pas une confession solennelle des apôtres, mais seulement la disposition des auditeurs à rougir de Jésus et de ses discours. Ce sont donc deux paroles distinctes, mais ce cas permet de constater une double dépendance de Le. : 34-39. SÉPARATIONS ET RENONCEMENT (cf. Le. xn, 51-53; χιν, 25-27; χυῃ, 33).

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, x, 34. AU

Chacune des cinq idées exprimées dans Mt. (34. 35 5. 37. 38. 39) se retrouve ξ dans Le., maïs dans trois endroits différents, et sous une forme trop différente

pour suggérer une dépendance littéraire.

Nous aurons à parler, à propos de Mt. xvi, 24 8. qui renferme les deux dernières idées, de la ressemblance avec Mc. γι, 34 8. et Le. IX, 23. 24. On remarquera la forme très sémitique des sentences, débutant par : celui qui fait telle et telle chose, Eccli xx, 8. 41 etc. Le. ἃ varié le style.

Dans Mi. la suite des idées est parfaite et le tout se comprend comme un complément de l'annonce des persécutions. En ce temps, à l'ordinaire, on prenait parti par clans, même dans l'ordre religieux, et c'était une consolation de lutter et de périr ensemble. Maïs l’évangile s'adresse à chacun en particulier. Recu de chacum ou rejeté, il divise donc les familles, et il faut à

l'occasion prendre parti contre les siens. Il faut même marcher au supplice,

pour trouver la vie véritable dans le sacrifice de la vie temporelle. Le secret des persécutions s’explique par des dissensions, et il faut envisager un renoncement total. Après cela, Jésus n’a plus rien à recommander à ses apôtres.

34) Chalom, « paix », était un des noms qu’on donnait au Messie, par un juste sentiment de la portée de Is. 1x, 5, et de tant d’autres textes qui faisaient du Messie un roi pacifique (Zach. 1x, 10; Ps. Lxxnr, 7 etc.). Jésus lui-même est venu donner la paix (Lc. π, 14), il était pour les premiers chrétiens l’auteur de la paix et la paix même (Eph. 1, 14). Et cependant il dit ici qu'il n’est pas

venu donner la paix... Rien ne prouve mieux avec quel respect les paroles du \,

Maître étaient conservées, sans souci excessif d'harmonisation et sans esprit de système. Jésus créait la paix avec Dieu, mais parmi les hommes sa parole était un glaive, car elle séparait. Ce n’est pas la description traditionnelle d’un grand désordre (ef. sur Mc. χπι, 12), employée par les Apocalypses (Hénoch €, 1 ss; IV Esdr. vi, 24) pour compléter l'horreur des temps qui précèdent le jugement dernier, et par les rabbins pour les douleurs qui précèdent le Messie (Sanh. 97, Sota 490); c'est l'affirmation — que l'événement vérifie depuis tant de. siècles —, de la résistance que rencontrera la doctrine de Jésus (ef. Le. τι, 34). C'est elle qui est l'épée (Heb. 1v, 12; ef. 15. 1x, 7; τιν, 11). — βάλλω ne signifie ,

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