‹ Évangile selon saint MatthieuChapitre 200 sur 350 · CHAPITRE ΧΙ · texte numérisé non relu

CHAPITRE ΧΙ

# LE, τῇ ἡμέρᾳ ἐκείνῃ ἐξελθὼν Τησοῦς τῆς οἰκίας ἐχάθητο παρὰ τὴν τς DA eo). Σχαὶ συνήχθησαν ἥξο: αὐτὸν ὄχλοι πολλοί, ὥστε αὐτὸν εἰς πλοῖον ἐμβάντα χαθῆσθαι, χαὶ πᾶς ὁ ὄχλος ἐπὶ τὸν αἰγιαλὸν εἱστήχει. 5 χαὶ ἐλά- Ἐς λησεν αὐτοῖς πολλὰ ἐν Mn ons λέγων ᾿Ιδοὺ ἐξῆλθεν ὁ σπείρων τοῦ σπεί- | pet. ἐχαὶ ἐν τῷ σπείρειν αὐτὸν ἃ μὲν ἔπεσεν παρὰ τὴν ὁδόν, nai ἦλθεν τὰ + “πετεινὰ χαὶ κατέφαγεν αὐτά. ὅ ἄλλα δὲ ἔπεσεν ἐπὶ τὰ πετρώδη ὅπου οὐχ εἶχεν 31 πολλήν, χαὶ εὐθέως ἐξανέτειλεν διὰ τὸ μὴ ἔχειν βάθος γῆς, " ἡλίου δὲ

à δὲ ἔπεσεν ἐπὶ τὴν γῆν τὴν χαλὴν χαὶ ἐδίδου καρπόν, ὃ ἑχάτὸν ὃ δὲ ἑξήχοντα ΠΥ 4. ηλθεν τα πετεινα και (T) plutôt que ἤλθοντα τα πετεινα (HSV).

π ἢ. Τ᾿ (HV) ou επνιξαν (TS). LÉ

Le τ}

014<9. Le SEmEUR (Me: 1v, 4-9; Le. vi, 4-8).

4) Notez le cas tout à fait exceptionnel où Mt. ἃ deux traits concrets qui manquent à Mc. Jésus vient de sortir de la maison, cette maison dont Mt. parle olontiers (cf. Introduction, p. Lxxvi s.), et de plus il était d’abord assis sur le pc rd de la mer, circonstance oïiseuse, puisqu'il enseignera de la barque. Quand s'agit de Mc. nous reconnaissons à ces traits le témoin oculaire, pourquoi as dans Mt.? Il serait tout à fait contraire à son génie de les avoir ajoutés de

… l'intention formelle de placer tant de discours le même jour? .

rendue élégamment par αἰγιαλόν, qui se dit dans les papyrus du bord des lacs d'Égypte (MM).

3 | au lieu de trois.

— τοῦ avant σπείρειν (Mc. et Le. σπεῖραι) avec Le., Done plus fortement le but.

Parler en paraboles est assurément très sémitique; cependant on peut rapprocher Par. Rep. 3178 ἃ; les aventures des dieux οὔτ᾽ ἐν ὑπονοίαις πεποιημένας

ἀνατείλαντος. ἐχαυματίσθη vai διὰ τὸ μὴ ἔχειν ῥίζαν ἐξηράνθη. ἄλλα δὲ.

parti pris. « En ce jour-là » doit être une date vague, car Mt. aurait-il eu

3) Plus concis que Mc., mais πολλά convient mieux à Mt. qui a sept paraboles

2) Comme Mec., mais moins naïf; dans une barque on est sur la mer, cela va __ sans dire. Ce point est donc passé sous silence. La situation des auditeurs est

à d ΤΙ À ξ | ἐν ι ᾿ ΠῚ) ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, XII, 4-8. 957

Sam

!En ce jour-là, Jésus, sorti de la maison, était assis au bord de la mer. ?Et des foules nombreuses se rassemblèrent auprès de lui, si Ἷ bien qu'il monta dans une barque et s’assit, et toute la foule se tenait sur le rivage. 8Et il leur dit beaucoup de choses en paraboles, disant : « Voici que le semeur est sorti pour semer. “Et pendant qu'il semait [565 grains}, les uns tombèrent le long du chemin, et les oiseaux vinrent et les mangèrent. SD’autres tombèrent sur des [endroits] pierreux, où ils n'avaient pas beaucoup de terre, et aussi- tôt ils levèrent parce qu'ils n'avaient pas de profondeur de terre, “#44 * Set le soleil s'étant levé, ils furent brülés, et parce qu’ils n'avaient

| pas de racine, ils se desséchèrent. D'autres tombèrent sur les | épines, et les épines montèrent et les étoufférent. SD’autres tombè- De

rent sur la bonne terre, et donnèrent du fruit, l’un cent, et l’autre

« ni si elles ont été composées comme des allégories » (cité par RecarD, Prépo- τὸ sitions… p. 236). -- & ss.) Mc. n’a pas nommé la semence, et l’a désignée par un neutre singulier, jusqu'au v. 8 où il a ἀὰ mettre le pluriel parce qu'il y avait plusieurs catégories. Mt. ἃ mis toujours le pluriel, ce qui est plus conséquent. Le. ἃ nommé la semence, mais ἃ passé au neutre sing. de Mc., sans y renoncer, car dans son dernier cas il n’y a pas de catégories. | r| 1 FINE 4) Plus élégant que Mc. par l’omission de ἐγένετο et du troisième καί au moyen +14 du participe ἐλθόντα, ce qui supprime la parataxe sémitique. 3 LR Les oiseaux mangent un peu partout, mais surtout le long du chemin où le Ke ἫΝ grain est plus en évidence. Luc ne s’est pas contenté de cette nuance, eta “ajouté κατεπατήθη. : US .5) Dans Mt. τὰ πετρώδη. au pluriel, en harmonie avec le pluriel de la semence. τὸ 6) ἡλίου... gén. abs. propre à Mt. Mais la ressemblance avec Mc.; — comparée à la manière vague de Le., — indique une dépendance littéraire ou une tradition très ferme. ἔν Ἴ ἐπί au lieu de εἰς est à peine une nuance; une fois étouffée, la semence ne pouvait donner de fruit comme Mc. l'avait noté expressément. er. 8) Plus concis que Mc., mais l’ordre de Mc. 30, 60, 100, est incontestablement … plus naturel; Mt. n’a pas dû le retourner à dessein pour suivre l'ordre de ΩΝ - dignité, car toute la parabole est conçue dans l’ordre du moins bon au meilleur. ἕ ᾿ ὃ μέν etc. répond ἃ ἕν dans Mc., en remplaçant une tournure sémitique par une grecque. En somme, on ne peut guère concevoir que Mc. ait écrit de la sorte δε s’il avait eu Mt. sous les yeux, et beaucoup de traits de Mt. s’expliqueraient bien au contraire comme une mise au net de Mc. Mais certains éléments de Mt. à au début et à la fin supposent une autre source, c’est-à-dire que le Semeur | faisait partie du même ouvrage que les autres paraboles. Peut-être l'importance - du semeur dans la tradition rend-elle compte de la ressemblance entre Me. ets Mt., peut-être le traducteur de Ma- y est-il pour quelque chose. ge ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU. 17

TR

nr ; ARE κυ τ εν RE γον DEEE AN ΑΛ jui Pr ΓΤ ἀπ ἐὰν»

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ὃ δὲ τριάκοντα. 3 Ὁ ἔχων ὦτα ἀκουέτω. 10Kot προσελθόντες οἱ μαθηταὶ εἶπαν αὐτῷ Διὰ τί ἐν παραβολαῖς λαλεῖς αὐτοῖς; 1 ὁ δὲ ἀποιρεθεὶς εἶπεν ὅτι Ὑμῖν δέδοται γνῶναι τὰ μυστήρια τῆς βασιλείας τῶν οὐρανῶν; ἐχείνοις δὲ οὐ δέδοται. 1Σόστις γὰρ ἔχει; δοθήσεται αὐτῷ καὶ περισσευθή-

Ν 2 A 5 4 7 = \ - ; σεται ὅστις δὲ οὐχ ἔχει, mai ὃ ἔχει ἀρθήσεται ἀπ᾿ αὑτοῦ. ᾿ϑδιὰ τοῦτο ἐν

10-18. Ῥουβικ BUT DES PARABOLES (Mc. 1v, 40-12; Le. νας, 9 5.).

10) προσελθόντες est l'indice du peu d'importance que Mt. donne aux situations concrètes. Jésus étant dans la barque, comment les disciples pouvaient-ils s'approcher de lui? A-t-il pensé à des compagnons dans la barque, comme vi, 25? Mais ils ne pouvaient être nombreux et ils étaient déjà groupés par le fait même. Cest donc une simple indication d'aparté, moins nette que celle de Mc., et que Mt. emploie très fréquemment de ceux qui viennent parler à Jésus (προσέρχομαι environ 53 fois, 6 fois dans Me., 41 fois dans Lc.). — Mi. devant développer la réponse de Jésus, ἃ rédigé la question en vue de cette réponse, se réservant d'amener autrement l'explication de la parabole aux disciples euxmêmes. Comme ils ne prétendent pas avoir compris, ils auraient pu dire ἡμῖν au lieu de αὐτοῖς, mais ils comptent sans doute sur une explication. La parabole

| Jeur sera donc utile. Aussi ils demandent : pourquoi en proposer aux autres qui

ne peuvent comprendre? Le pluriel s'imposait; ἐν παραδολαῖς puisque la question tait devenue une question de principe. |

11) La réponse avec ὅτι, qui fait mieux ressortir que c'est une réponse, est formulée par un contraste contradictoire, ϑέδοται, — οὐ δέδοται, beaucoup plus met que la formule de Mc. suivi par Le. D'ailleurs le sens est le même. La tradition est donc très ferme sur ce point. Dans son enseignement, du moins en ce qui regarde les mystères du règne de Dieu, Jésus réserve la lumière à ses disciples. Les autres pourront donc savoir quelque chose du règne de Dieu, et c’est pour cela qu'il propose les paraboles, mais il ne leur est pas donné d'en connaître les mystères. Mt. comme toujours dit seul règne ou royaume « des cieux » et comme Le. il met le pluriel τὰ μυστήρια au lieu du singulier, avec γνῶναι, tandis que dans Mc. le mystère lui-même est donné. Comme il s’agit, même dans Mc., d'un enseignement, il n'y ἃ qu'une nuance. Le plurielne se trouve que dans I Cor. 1v, 4; χιπ, ὃ; χιν, 2. Il est donc très voulu ici, et le plus probable «est que Le. et Mt. ont une tradition commune qui pourrait bien être la plus authentique. |

C'est le mode traditionnel chez les Juifs. Le mot 51 pl. }7, qu'on dit d’origine persane, signifie un secret impénétrable, que Dieu seul peut révéler (Dan. π|, 28.29.47). C'est donc une chose qu'il est précieux de connaître, mais que les païens ne connaissent pas : οὐχ ἔγνωσαν μυστήρια Θεοῦ (Sap. 1, 22). On pourrait concevoir qu'un secret une fois révélé soit transmis à un autre, confié. C'est le sens de Me. Mais on ne le trouve dans l'A. T. qu'au sens de rite secret : παρέδωκεν... μυστήρια καὶ τελετάς (Sap. χιν, 45), où le père de famille confie à ceux qui dépendent de lui un rite particulier domestique. Tout en conservant au mot μυστήριον son sens «de secret, Paul incline à le considérer comme un dessein de Dieu mis à exécution et qui ἃ de la sorte une existence

soixante, et l’autre trente. °Que celui qui ἃ des oreilles écoute. » 1Et ses disciples s'étant approchés lui dirent : « Pourquoi leur

parles-tu en paraboles »? !0r il répondit et dit: « Parce qu'il vous

a été donné de connaitre les mystères du règne des cieux, mais à ceux-ci cela n’a pas été donné. Car celui qui a, on lui donnera, et il sera dans la surabondance; mais celui qui n’a pas, même ce

qu’il a lui sera enlevé. Et donc je leur parle en paraboles, parce

objective (Eph. τη, 9; Col. 1, 26 s.). C’est, semble-t-il, dans ce sens que le prend Mc., sens mystique, si l’on peut dire, et plus théologique, donc dérivé. Je crois avoir bien expliqué le sens de Mc. dans le Comm. de 1v, 11, mais il m’est impos-

sible aujourd’hui de le regarder comme primitif, Le N. T. n'a pas fait allusion

aux mystères païens dont parlait la Sagesse (xiv, 23). — L'influence de Paul sur Me. pourrait se reconnaître aussi au mot ἔξω (1 Cor. v, 12.13; Col. 1v, 5; I Thess. IV, 42).

12) ef. Mt. xxv, 29, où le contexte est excellent. Dans les deux passages de Mi. la surabondance résultant du don est'exprimée. À part cette nuance, l’idée

est la même dans Mc. 1v, 25 (Le. vur, 18), où le proverbe est placé plus loin. .

On pourrait donc soutenir qu’il s'explique mieux dans le contexte de Mc. et de

Lc. Cela est même si certain que nous le regardons dans Mt. comme une sorte

de parenthèse. La suite du v. 11 est au v. 13, exactement comme dans la suite

de Me. et de Lc. — Nous sommes très porté à croire que ce passage ἃ été

transporté ici par un copiste, qui l’a pris à xxv, 29. Mais si c'est Mt. lui-même

qui a fait ce transfert, on supposera que ce v. 12 a pour but de faire pressentir “une conséquence future de la pénurie constatée au v. 11 par οὐ δέδοται. Le proverbe exprime cette triste constatation : dans le monde, on donne au riche, alors qu'il a déjà bien assez; on arrache au pauvre le peu qu’il a. Rien de plus contraire à l'esprit de Jésus. Si donc il suppose l'application du proverbe dans l'ordre surnaturel, C'est, — ainsi que dans xxv, 29, — en suite d’une faute qui rend la pénurie volontaire et coupable. Le châtiment consistera à enlever à celui qui n’a rien le peu qu'il a; ce n’est donc pas une allusion à la proposition des paraboles, qui n’enlêve rien. 511 faut prendre cette privation à la lettre, c'est plutôt (Hilaire, Schanz, Kn.) le retrait des anciennes faveurs. En rejetant le Christ, les Juifs perdront même l'avantage de 14 révélation faite à Abraham et à Moïse. — Maïs on pourrait aussi penser (à cause de γάρ) que le proverbe vient ici surtout pour sa première partie : les disciples ayant éprouvé le désir de participer au royaume de Dieu recevront même la connaissance des mystères. La deuxième partie du proverbe, ne venant que comme le complément obligé de la première, n’aurait pas une application littérale de privation, et serait seulement représentée par où δέδοται. Le caractère même de la formule indique qu’elle doit être entendue cum grano salis, car, à proprement parler, à qui n’a rien, on n’enlève rien, ou comme dit le proverbe arabe : Aucun cavalier ne peut dépouiller un homme nu. On cite Juvénal (nr, 208 5.) : Nil habuit Codrus, quis enim negat : et tamen illud Perdidit infelix totum.nihil.

13) Dans Mt. Jésus dit clairement qu’il emploie les paraboles non pas : afin

‘ ζω ἢ ἢ Ἷ fé à él ge: " ἢ ΝΕ ἀν AU CPL ro a L x ὟΝ Σ MERS ἘΠ FEU NÉ ge ME: 960 ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, xt, 14-15. 42 HS à à τ : HA κ᾿ ; : | aide -" et , il L# 2 mapañolaïg αὐτοῖς λαλῶ; ὅτι βλέποντες οὐ βλέπουσιν χαὶ GROUOVTES οὐχ

᾿ 1 ω » # | ἀχούουσιν οὐδὲ συνίουσιν᾽ [ι χαὶ ἀναπληροῦται αὐτοῖς ἡ προφητεία Ισαίου ἣ ΓΝ 4 ; } ς ᾿ λέγουσα τ ἰΑχοῇ ἀχούσετε χαὶ οὗ μὴ συνῆτε; τ΄ χαὶ βλέποντες βλέψετε nai οὐ μὴ ἴδητε.

ς΄ ᾿δἐπαχύνθη γὰρ ἡ καρδία τοῦ λαοῦ τούτου, δ cr? - ᾽ . U ΝΖ χαὶ τοῖς ὠσὶν βαρέως ἤχουσαν; 4 τς ἐ à] Ν Σ] \ ΦῚῚ νῷ 2 4 τ:

- χαὶ τοὺς ὀφθαλμοὺς αὐτῶν ἐχάμμυσᾶν κι uh ποτε ἴδωσιν τοῖς ὀφθαλμοῖς χαὶ τοῖς ὠσὶν ἀκούσωσιν où τῇ καρδίᾳ συνῶσιν χαὶ ἐπιστρέψωσιν, 4 ù ΕΝ χαὶ ἰάσομαι αὐτούς.

, - N - e = ER ᾿ 16pudv δὲ μαχάριοι οἱ ὀφθαλμοὶ ὅτι βλέπουσιν, χαὶ τὰ ὦτα ὑμῶν ὅτι ἀχου-

que les gens ne voient pas, mais : parce que tout en écoutant ils ne compren- nent pas. Et il ne faut pas oublier qu'il parle des mystères. Les paraboles seront . encore très utiles pour comprendre les conditions du règne de Dieu.

— ὅτι après διὰ répond exactement à la question διὰ τί : Jésus parle en para- __… boles parce que les Juifs n’ont pas compris et ne comprendraient pas un enseiο΄ gnement plus clair, — dont ils se sont d’ailleurs rendus indignes. Les paroles

font allusion à Is. νι, 44, qui va être cité textuellement. La forme est encore plus paradoxale que dans Mc.: « voyant ils ne voient pas », c’est-à-dire ils ne.

veulent pas voir, ils n’appliquent ni leurs yeux ni leurs oreilles.

τ 414 s.) Mt. seul. Il n’y ἃ pas ἵνα πληρωθῇ comme lorsque Mt. parle pour son

compte, et qui pourrait s'entendre soit du présent, soit de la conduite de Jésus ἃ l'avenir (cf. χα, 17), mais, dans la bouche de Jésus, ἀναπληροῦται : c'est dès maintenant que l'oracle est réalisé, et la prophétie est appliquée non à l'effet des paraboles, mais à la cause pour laquelle Jésus parle en paraboles. Le texte in extenso confirme ce qu'a dit le v. précédent qui en avait résumé la πο; doctrine. Mt. est donc très conséquent dans son dessein de mettre en relief la % ων faute des Juifs. Le texte est d'après les LXX, Is. vi, 9. 10; cf. Jo. χα, 39. 40. 4 D’après l’hébreu : « Écoutez bien, et ne comprenez pas; voyez bien, et ne “el connaissez pas! Endurecis le cœur de ce peuple, et bouche ses oreilles, et colle HS ses yeux; de peur qu'il ne voie de ses yeux, et n’entende de ses oreilles, que son cœur ne comprenne, qu'il se convertisse et soit guéri »! Il semble qu’en citant d’après les LXX Mt. ait adouci le sens de l’'hébreu ; le futur et le passé au lieu de l'impératif diminuent la causalité divine. Mais les Septante ne pouvaient guère procéder autrement en présentant cette harangue sémitique à des Grecs. Dieu fait choix d'Isaie pour tenter un dernier effort auprès de son. peuple. Mais sachant d'avance que tout sera inutile, il lui dit : Va les endurcir,

. RSS

DS. qu'ils voient sans voir et entendent «sans entendre et sans comprendre; let en eux s’accomplit la prophétie d’Isaïe qui dit :

\ VAR ἡ ἨΣ

Vous entendrez bien, et vous ne comprendrez pas, et vous verrez bien, et vous ne saurez pas.

15 Car le cœur de ce peuple s’est épaissi,

et ils ont fait la sourde oreille

et ils ont à demi fermé les yeux; ES:

᾿ pour ne pas voir de leurs yeux et ne pas entendre de leurs oreilles, Ξ et ne pas comprendre par le cœur et se convertir, et [alors] je les aurais guéris.

16Quant à vous, heureux vos yeux, parce qu'ils voient, et VOS 000 2 ΠΥ ᾽ 1 à

oreilles, parce qu’elles entendent. !’Car, en vérité je vous le dis, beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir les choses que

vous voyez, et ils ne les ont pas vues, et entendre les choses que

vous entendez, et ils ne 165 ont pas entendues.

va les perdre! et dis-le leur bien ! C'est le langage de l'amour, un suprême appel de la miséricorde : voilà donc où vous allez! Vous m'obligez à renoncer δ à tout ce que je souhaite, vous guérir! Cette deprecatio passionnée étant ρρό-

sentée dans Mt. comme un fait type de l'avenir, le mode des LXX convenait beaucoup mieux et même seul. Même la version syriaque a rendu le v. A5 par le passé. Il est peu probable que Ν. 5. ait cité les Septante. Si Mt. avait ajouté

là citation comme une explication du v. 43, il n'aurait certes pas dépassé les limites permises alors à l'historien le plus consciencieux. — μή ποτε (LXX) est

une traduction trop littérale de l’hébreu, et convient moins après les aoristes

qu'après les impératifs de l’hébreu, car il est plus naturel de dire : « colle L A leurs yeux, de peur qu'ils ne voient ». — que de dire : «ils clignent des yeux de

peur qu’ils ne voient »; ἐκάμμυσαν ἃ passé pour l’aor. avec syncope de καταμύω, mais l’existence de χαμμύω est confirmée par le blâme de Phrynichus (MM). 16) Le contexte est excellent, avec le double contraste de voir et d'entendre.

Mt. devait souligner par δέ l'opposition entre les Juifs et les disciples.

17) A peu près comme Lc., avec en plus ἀμήν qui èst sûrement original, mot hébreu souvent évité par Le., et δίκαιοι au lieu de βασιλεῖς. Harnack veut que

βασιλεῖς soit le terme de Q, changé par Mt.; mais les justes sont associés AUX

prophètes dans x, #1, texte qui ἃ bien l’air d'être sous sa forme primitive. Les

rois n'étaient pas, comme les prophètes et les justes, qualifiés par leur titre

même pour le désir de voir l'avènement du règne de Dieu. Probablement Le. aura pensé aux psaumes après les prophètes (xxiv, 44) et à David leur auteur. On prétend que Mt. a délibérément remplacé le reproche aux Apôtres (Mc. 1v,

nn

Ve Ἂν

nl

EX Le

eu

Dans Le. x, 23. 24 il n’est question que de la vue et des choses présentes au v. Ὁ 23, mais le v. 24 ἃ aussi l'audition, qui devait être en parallèle dès le début. | %

UN

2 "de

202 ἣ ÉVANGILE. SELON SAINT. hand. ΠΕ, 1041.

13) par un éloge. Mais son éloge fait partie du tissu de sa péricope, en harmonie avec le début de Mc. lui-même.

Note sur le but des Paraboles d'après Mt. et d'après Mc.

Il semble que dans Mi. 16 chapitre des paraboles sur le règne de Dieu est comme le pendant du discours ser la montagne. D'abord Jésus avait parlé aux foules

ouvertement, leur expliquant ce qu'il était venu faire : donner à la Loi de

Moïse sa perfection. Mais le peuple, du moins lorsqu'il subissait l'empire de ses chefs religieux, ne s'était pas soumis de bon cœur à sa doctrine. Le moment était venu de ἜΗΙ un choix, ou plutôt il était déjà fait, celui des Douze, auxquels se joindraient d’autres disciples. ἃ ceux-là ils révélerait le secret du règne de

Dieu; aux autres il le proposerait en paraboles. Ces derniers n'étaient donc

pas exclus. Le choix des paraboles permettait de donner à tous un certain enseignement sur le règne de Dieu, qui pouvait devenir plus clair aussitôt qu’on entrait résolument dans le groupe des disciples. Cette distinction est si

‘bien fondée sur les quatre évangélistes, spécialement sur ce que les synoptiques

disent de ces paraboles, qu’on ne saurait sans un scepticisme de mauvais aloi révoquer en doute une intention de Jésus. Tout ce qu’on peut dire, c'est que ie plan même de Mt., qui procédait par compartiments ou catégories, prête à la journée des paraboles une apparence um peu systématique dont om ne trouve pas trace dans Le. Il serait contraire aussi au texte de Mc. de fixer un moment où les paraboles ont pris naissance, et dans un dessein déterminé. En fait le Sauveur ἃ parlé en paraboles dès le début, et les paraboles postérieures de Le. ne sont pas les moins claires, il s’en faut. Si la foule ἃ montré d’abord plus d'enthousiasme, elle ἃ eu des retours d'extrême attachement. à la parole de Jésus. La vie dans ses manifestations conerètes, surtout des sentiments de Ja foule, ne procède pas: avec. une entière rigueur. Mais en groupant les faits pour les mettre. à un moment donné dans une certaine perspective, on en éclaire mieux le sens. C’est ce qu'a fait Mt.; encore n’a-t-il exposé sa doctrine qu’à propos des paraboles sur le règne de: Dieu. Le but est done. celui-ei : le peuple est trop mal disposé pour faire son. profit. d’un enseignement clair; ik voit sans comprendre. Il faut donc réserver: à quelques-uns ces clartés décisives, sans renoncer à une instruction générale qui aura encore son utilité.

Mais, il pouvait arriver ceci, que le peuple qui avait fermé les yeux à La lumière prendrait encore moins de goût à l’enseignement des paraboles, destinées à l’éclairer, mais toujours obscures par quelque endroit, tant que l'application n’était pas déterminée. Si l’on considérait ce fâcheux résultat dans les desseins de Dieu, il fallait. bien concéder qu’il avait été voulu de lui, puisque Jésus avait. choisi ce genre des paraboles. On se trouve ici en présence de ses insondables desseins. C'est la pensée exprimée dans Me. (ιν, 1 s.). Blle n’est pas en contradiction avee celle de Mt. Elle s'arrête moins à la considération du libre arbitre qu’à celle de la souveraine volonté de Dieu.

De: sorte que, la manière dont les choses sont, présentées dans Mt. met plus en relief la responsabilité humaine, mais ce n’est pas une raison de conclure. que c'est la nuance la moins rapprochée des. paroles: de Jésus, ou la, moins ancienne écrite dans la. tradition.

La plupart des critiques prétendent, il est vrai, que Μί. ἃ adouei et atténué de. parti pris la rigueur de la finalité. du texte de Me. Jésus ne parle plus en

paraboles pour qu’on ne voie pas, mais parce qu'on ne voulait pas voir. La

dépendance de Mt. leur paraît résulter aussi de quelques observations littéraires. -

1 Le κατὰ μόνας de Mc. 1v, 10 ἃ été remplacé par le banal προσελθόντες. Le verset 12 de Mt. ne convient pas au contexte, et n'est que le v. 1v, 25 de Mc. déplacé. Le « mystère donné » est une forme plus originale que « connaître les mystères »..

Nous avons vu au contraire dans le commentaire que « le mystère » pourrait. bien plutôt être une expression empruntée à Paul. — Le v. 12 de Mt. ne paraît hors du contexte que dans sa seconde partie. C’est un proverbe qui est pris tel quel, et qui ne s'applique pas à la situation par chacun de ses termes; mais le début du moins est en situation, et enfin, s’il est emprunté, il Pa été à Mt. xxv, 29, non à MC. — προσελθόντες n’est point une expression très heureuse, mais c’est celle que Mt. ἃ constamment sous la plume. Toute la péricope de Mt. avec son double but des paraboles est parfaitement équilibrée. Absolument parlant, elle eùt pu être composée par quelqu'un qui aurait connu Mc., mais il n’y a aucun indice positif de dépendance.

ss So nn + dé in -

IL y a plus, et il est beaucoup plus vraisemblable que Mc. a rédigé sous ᾿

ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU, XII, 10-{7. “π΄

l'influence de la tradition de Mt. Son v. 10 conduisait seulement à l'explication de la parabole, au v. 13. Pour cela il y fallait παραδολήν, comme ἃ compris Le.

On ἃ sans doute raison de lire rapaéolds au pluriel avec Hort, Tisch., Heiz., Vogels, d'après NBCLA syrsin. boh. sah. le ms. Amiatinus. Mais Lachmann et Soden ont lu τὴν παραδολήν avec les autres mss. grecs, vg. pes., avec des minusc. et les latins ont τίς αὐτὴ à παραδολή. Ce sont peut-être des corrections. Mais si παραδολάς n’a pas été écrit par un copiste pour se rapprocher de. Mt, on peut bien croire que Me. lui-même n’a mis Le pluriel que parce qu’il convenait

mieux au but des paraboles, qu'il ἃ inséré. en interrompant un peu son fil. On

J ne peut nier en effet que le v. 11 de Me. (et le v. 10 de Lc.) ne se comprenne mieux comme une réponse à la question posée dans Mt. qu’à celle posée dans Me., qui ne peut avoir trait, comme a compris Le., qu'à l'explication de la para-

, bole du semeur.

D’autres critiques, plutôt conservateurs, de ce que Mt. accuse la responsabilité des Juifs, ont conelu que les paraboles étaient obscures par un parti pris de châtiment. C’est pousser sa pensée trop au noir. Son raisonnement est clair; il fait dive à Jésus : Je parle en paraboles au public, parce qu'il ne leur est pas donné de. connaître les mystères; c’est-à-dire je n’expose devant eux que le dehors de la question du règne de Dieu, ce qui se fait opportunément au. moyen de paraboles, lesquelles ne révèlent pas sa nature intime, mais le font connaître par des. comparaisons avec les choses naturelles. Pourquoi les mystères ne leur

LS

Éd de en ὡς.

sé

sont-ils pas donnés? Parce qu'ils ne veulent pas les comprendre. Cela est-il,

synonyme de dire : Je choisis un genre obscur pour les punir de m'avoir pas voulu comprendre quand je parlais clairement? Jésus n’avait pas encore abordé ex professo le thème du règne de Dieu; il ne l'avait donc pas expliqué plus ouver-

- tement. Il ne parlera pas désormais moins clairement à la foule ni aux Pharisiens, plus coupables qu’elle; rien n’est changé dans sa méthode, mais abordant un sujet particulièrement mystérieux, il inaugure un enseignement, plus approfondi, réservé à ses disciples. Les paraboles ne sont pas un châtiment. mais un genre: inférieur, surtout par rapport à ce thème, et la foule n’a pas mérité davantage.

᾿ LUS À 3 ᾿ 4 ἯΙ , ; : “ἢ Ἂ ᾿ ἈΚ, ᾿ : 4 5 ; 18 Ὑμεῖς οὖν. ἀχούσατε τὴν RECU τοῦ σπείραντος. 19 Παντὸς ἀχούοντος

US x Le ΄ ὃς

Οὐ τὸν λόγον τῆς βασιλείας nai μὴ συνιέντος;, ἔρχεται ὁ πονηρὸς χαὶ ἁρπάζει τὸ

ΐ - AL > ES

ο΄ ἐσπαρμένον ἐν τῇ χαρδίᾳ αὐτοῦ᾽ οὗτός ἐστιν ὁ παρὰ τὴν ὁδὸν σπαρείς. 706 δὲ Ἷ Al ;

; : ki 2 ᾿ ᾽ ᾿ ᾽ ἡ "4 = tt τὰ πετρώδη σπαρείς, οὗτός ἐστιν ὁ τὸν λόγον ἀχούων χαὶ εὐθὺς μετα χαρᾶς

ait

… λαμβάνων αὐτόν᾽ 31 οὐχ ἔχει δὲ ῥίζαν ἐν ἑαυτῷ ἀλλὰ πρόσχαιρός ἐστιν, YEVO-

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